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  • Comment financer la dépendance, le dernier âge de la vie ?

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    Comment financer la dépendance, le dernier âge de la vie ?

     

    Oui, voici un véritable problème qui constitue une difficulté réelle pour tous les pays évolués du monde qui souffrent ou souffriront du vieillissement de leur population… On voit bien que cette question ne pourra pas se régler dans un effort global et une politique d’ensemble.

    En France, Jean-Pierre Raffarin a tenté de résoudre l’épineux problème en se rabattant sur le lundi de Pentecôte dont le revenu, s’il était changé en jour ouvrable, devait participer au financement de la prise en charge de la dépendance. Et cela se révèle notoirement insuffisant. Il faudrait plus de 30 milliards alors que la mesure prise n’en rapporte que trois, soit dix fois moins !

    Que faire de nos parents, de nos personnes âgées, et que feront de nous nos enfants lorsque nous serons nous mêmes concernés ? Mystère. Certains disent qu’il faudrait supprimer la cinquième semaine de congés payés, ignorant par là même les valeurs suprêmes des Français pour lesquels les vacances sont la valeur la plus irremplaçable au monde. Que les vacances soient, le monde dût-il en périr ! C’est ainsi dans ce pays et on l’a vu lorsqu’il s’est agi de réformer les retraites. Plusieurs semaines de grèves et de manifestations pour lutter contre une réforme de bon sens.

    Au plan philosophique, on se rend compte que nous avons vécu dans l’insouciance la plus complète,n en dépit du bon sens, ignorant la sage déclaration du vieux penseur romain qui, s’adressant à la jeunesse, disait que l’inévitable (la vieillesse) est au-dessus d’elle, suspendu… Même si la médecine devait faire des progrès révolutionnaires, on ne pourrait pas, comme me le disait ironiquement un médecin, mourir en bonne santé. Il y a nécessairement une altération progressive ou une dégénérescence brutale.

    Comment faire ? Plus on avance, et plus les problèmes gagent en acuite. Le sociologue Georges Friedmann avait bien opposé jadis, du temps de nos études, puissance et sagesse. La seconde n’arrive jamais à rattraper la première…

  • Voulez vous vivre au-delà de 120 ans en bonne santé ?

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    Voulez vous vivre au-delà de 120 ans en bonne santé ?

    Miroslaw Radman et son livre Au-delà des limites biologiques : tel fut le sujet de Jean-Jacques Bourdin ce matin sur BFMTV dans l’entretien. C’était nettement mieux que les habituelles insipides interviews politiques de personnage de seconde zone. Là nous avions à faire à un scientifique, membre d’académie reconnues, et qui nous entretenait d’un sujet qui nous touche tous : pouvons nous vivre plus longtemps et mieux ?

    L’homme est né dans la défunte Yougoslavie dans une île, non loin de Split. Il a appris à lire à l’âge de quatre ans en déchiffrant sur la coque des navires leur nom et leur nationalité… Signe d’une évidente précocité !

    Le biologiste a expliqué que notre organisme avait en lui la faculté de vivre bien au-delà des 80-90 ans et que nous disposions de cellules capables de résister à l’oxydation et donc de maintenir en l’état nos protéines. IL a expliqué que l’usure de nos cellules provenait de la consommation de sucres par nos cellules, générant du gaz carbonique. Mais que si nous pouvions trouver une sorte de parapluie cellulaire mettant notre organisme à l’abri, on pourrait rester jeune plus longtemps. Car le savant a bien précisé qu’il ne s’agissait pas d’acharnement thérapeutique pour atteindre une longévité toujours plus grande, mais d’agir sur la durée de notre éternelle jeunesse : c’est-à-dire prolonger notre état au moment où avons vingt ou vingt-cinq ans.

    Cela m’a fait penser à une phrase hébraïque que les gens échangent entre eux. Vous savez ous que selon le livre des Nombres, Moïse a vécu 120 ans et qu’il était jusqu’au bout bon pied bon œil (lo kahta eyno we-lo nas léhyo). Pour dire puissiez vous vivre jusqu’à 120 ans, on dit : ad méa we-esrim. Mais on a procédé à un léger changement en disant : méa ké esrim : puissiez vous être à 100 ans comme à 20 !

    Amusant, non ?

  • L’insupportable répression en Syrie

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    L’insupportable répression en Syrie

    En Syrie, rien ne peut arrêter la folie meurtrière des frères Assad, Bachar et son frère Maher qui commande les brigades blindées à l’assaut de Jist al Shogour, au nord-ouest Du pays. Les soldats détruisent tout sur leur passage, les snipers s’en prennent même aux pauvres réfugiés qui fuient vers la Turquie voisine dont le Premier Ministre, malgré sa victoire aux élections, doit se mordre les doigts d’avoir renversé son système d’alliance et opté pour des bourreaux de leurs propres peuples, comme ses voisins syrien et iranien.

    J’ai entendu ce matin des femmes d’un certain âge parler de politique de la terre brûlée (siyassat al ard al-mahruka) : incendie des maisons, des récoltes, un homme a même affirmé que la troupe avait même rendu l’eau non potable en y déversant des substances impropres. C’est vraiment la guerre totale et le régime a traiter cette violente contestation comme la conséquence d’une intervention de bandes armées. Les citoyens qui fuient sont-ils des bandes armées ? Non point, ce sont des citoyens qui vivent sous le régime de l’état d’urgence (hal al-tawareg) depuis… 1963 !

    Bachar et Maher ont hélas de qui tenir… leur père Hafez et leur oncle Rifa’at avaient noyé dans le sang les révoltes des Frères musulmans à Hama et à Homs. A cette époque là, l’événement qui n(était pas pasé inaperçu n’a pas soulevé l’indignation ni la condamnation de l’ONU.

    Comment faire pour arrêter ce bain de sang ? J’avoue que je l’ignore tant la détermination de ce régime qui rattache sa survie à la menace d’un redoutable chaos régional est effrayante.

    Un dernier mot : comment donc les pays arabes et musulmans ont-ils été soudain la proie de tous ces bouleversements et de ces crises de régime ? Je ne vois qu’une cause générique, leur aveuglement dans leur politique anti-israélienne et leur embrigadement aveugle au service de la cause palestinienne. Forts de cela, les régimes dictatoriaux se sont maintenus durant des décennies, justifiant la mise entre parenthèses de la vie démocratie par leur guerre contre Israël… Et pour quel résultat ?

    Les masses arabes ont certes mis du temps à se réveiller, mais elles ont fini par ouvrir les yeux, et de quelle façon : la Tunisie, l’Egypte, la Libye, le Yémen, Bahrein, la Syrie… qui seront bientôt suivi par l’Iran et l’Algérie… N’oublions pas la petite Jordanie, menacée par les Frères musulmans et les Palestiniens sur son territoire. Le seul pays de la région qui semble épargné est, paradoxalement, le Liban.

    Après des décennies d’occupation syrienne, il était normal que la roue se mît à tourner.

    A quand la paix ? Saura-t-on tirer les enseignements qui s’imposent et choisir enfin la voie de la sagesse ? D- seul le sait…

  • M. Erdogan et son attitude face aux révolutions dans le monde arabe

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    M. Erdogan et son attitude face aux révolutions dans le monde arabe

     

    Selon toute vraisemblance, la population turque va devoir s’accommoder de M. Erdogan pendant une nouvelle législature. Dans tous les commentaires publiés dans la presse écrite et audiovisuelle, l’homme de l’AKP, parti islamiste déterminé, va remporter les élections législatives et fait un peu peur en raison de son autoritarisme et de ses idées en faveur d’une islamisation de la société. Mais ce qui frappe le plus les commentateurs, ce sont les sinuosités, les contours mouvants de sa politique étrangère, et notamment son attitude variable face aux bouleversements qui ont cours chez ses voisins arabes.

    L’opportunisme de cet homme saute aux yeux des commentateurs, lorsqu’au début de 2002 il entreprend un virage violent en politique étrangère : seul pays musulman de l’OTAN, ami des USA, la Turquie avait des liens militaires et sécuritaires solides avec Israël. L’Etat-Major turc et son armée dépendaient beaucoup de l’Etat hébreu qui pouvait effectuer des vols d’entraînement dans l’espace aérien turc. Arrivé au pouvoir et constatant que l’accès à l’Union Européenne était un mirage et que les Turcs ne seraient jamais membres de la culture et de la politique européennes, M. Erdogan lance de violentes diatribes contre l’Etat juif afin de devenir le champion de la cause arabe et notamment palestinienne… ON en est alors à deux doigts de la rupture des relations diplomatiques lorsque la Turquie prépare, finance et arme au travers d’une organisation-écran toute une flottille en direction de Gaza…

    Pourquoi toute cette agitation ? Parce qu’aux yeux de M. Erdogan, une place était à prendre, une place que l’ancien empire ottoman dont il se considère l’héritier, occupait il y a plusieurs siècles : prendre la tête du monde arabe en mettant en avant l’appartenance islamique. Pour cette affaire, M. Erdogan avait un concurrent sérieux, l’Iran. Peu importe, l’homme noua une alliance avec son voisin, prit position en sa faveur dans le seul but de le neutraliser et d’avoir le camp libre. Et en matière de rhétorique anti-israélienne, M. Erdogan devenait imbattable. Mais il n’allait pas tarder à déchanter car son revirement en politique étrangère n’avait pas été assez réfléchi, ce que les diplomates de l’ancienne école lui avaient expliqué et ce qu’il n’avait pas consenti à entendre : toute alliance avec le monde arabe reposait des bases fragiles en raison de l’instabilité chronique de ces Etats et des régimes anti-démocratiques qui le composent depuis toujours. Mais M. Erdogan est impulsif et croit en le volontarisme de sa politique. Et voilà que tous ces voisins s’effondrent les uns après les autres.

    Lorsque la Tunisie renvoie son président, M. Erdogan ne sait que dire, tant il est surpris, mais il ignore encore que l’effet domino va jouer. Ce fut immédiatement après, le tour de l’Egypte et cette fois, l’homme va jusqu’à demander le premier le départ de ce pauvre Hosni Moubarak. Notre homme pense que l’incendie a été circonscrit et les fondamentaux de sa politique étrangère restent valides. Malheur ! Voici venu le tour de son ami le colonel Kadhafi avec lequel il a d’immenses intérêts économiques, ce qui explique son silence embarrassé… M. Erdogan est pratiquement muet sur la Libye. Mais le pire est encore à venir ; cette Syrie sur laquelle notre homme fondait de très grands espoirs puisqu’elle est en guerre larvée contre contre son ancien allié israélien est déchirée par des émeutes sanglantes quotidiennes, son armée ne lutte plus contre l’Etat hébreu mais contre son propre peuple, et à sa frontière nord, le pays de M. Erdogan a déjà accueilli des milliers de réfugiés… Et voilà que M. Erdogan vire de bord, une nouvelle fois ; il accuse son ami Bachar d’atrocités contre des civils et il utilise contre lui une telle rhétorique que même après l’apaisement, aucune relation ne sera plus possible entre les deux pays : j’ai entendu ce matin sur France 24 M. Erdogan dénoncer ces soldats syriens posant devant les corps de femmes qu’ils venaient de tuer…

    Alors, le premier ministre turc ignorait-il vraiment la nature des régimes auxquels il s’allie ? En fait, il est rrop occupé à préparer de nouvelles flottilles en direction de Gaza… Et que va-t-il faire lorsque son allié iranien va connaître le même sort ? On dit que depuis le début de 2011 plus de 200 pendaisons ont eu lieu en Iran… Cela devrait émouvoir un Premier Ministre qui se dit effrayé par de telles atrocités…

    Dans la mesure où la tradition d’Atta turc se maintient encore dans de nombreux secteurs de son pays, M. Erdogan devrait prendre plus de précautions car certaines fores, particulièrement sourcilleuses sur la laïcité pourraient se réveiller et réagir…

    Mais il y a toujours la position de l’intelligence et de la sagesse : revenir à l’alliance avec le seul pays développé, démocratique et prometteur de la région : Israël. Là au moins, on ne pend personne et l’opposition n’est jamais muselée. Cela montrerait que M. Erdogan renoue enfin avec l’âge d’or de la grande diplomatie ottomane.

  • Quand l’islamiste turc fait la leçon à son ex ami le dictateur syrien…

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    Quand l’islamiste turc fait la leçon à son ex ami le dictateur syrien…

     

    Les USA exultent, Israël est soulagé : Damas se retrouve enfin seule, lâchée par son allié improbable turc. Un mot réusume toute cette rupture, clamée hier par Erdogan sur les télévision et les radios du monde entier : Wahchiya, en arabe atroce, horrible. Par cette épithète, le Turc qualifiait le type de répression à laquelle le gouvernement de Bachar el-Assad se livre contre son propres peuple. Les Turcs ont reçu à l’heure actuelle plusieurs milliers de réfugiés syriens qui ont tout perdu et n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. Ils font fui leur pays en direction de la frontière septentrionale, la Turquie. Erdogan qui adore faire la leçon aux autres et se prend souvent pour Soliman le magnifique du temps où la sublime porte (el-Bab el ali) représentait vraiment quelque chose, avant que la Turquie ne sombre dans une décadence abyssale…

    Que doit penser le Premier Ministre turc depuis hier après-midi en apprenant que les Syriens ont lancé des hélicoptères de combat contre les manifestants ? Plus de 28 morts, selon des estimations très inférieures à la réalité.

    On se souvient encore des déclarations enflammées de M. Erdogan lorsque Tsahal avait intercepté la flottille turque et fait usage des armes : bilan, environ 10 ou 11 morts qu’ils faut déplorer, mais qui ne sont pas comparables aux 1500 morts causés par son ex allié syrien qui ne peut se prévaloir désormais que de deux amis restants : la dictature iranienne et les terroristes du Hezbollah. Bien entendu, le régime syrien ne reste pas muet face à ces attaques verbales et remet en cause l’attitude turque durant les émeutes : selon Damas, les armes des insurgés sont passées par la frontière turque, donc avec une certaine complicité ottomane !

    Je n’en sais rien, mais je me demande tout de même comment une telle révolte a pu prendre de court les autorités de Damas qui ont de redoutables services de sécurité, capables d’étouffer tout mouvement de contestation dans l’œuf ? Et voici que les insurgés sont soudain capables de défier l’armée syrienne qui pourrait avoir à combattre sur plusieurs fronts à la fois ; l’intérieur et peut-être à l’extérieur s’il venait à Israël l’envie de lui asséner un grand coup. Je ne le souhaite pas mais les Etats ne font pas de sentiments…

    En conclusion, Washington se réjouit de ce retrait turc, aussi brutal qu’inattendu. Mais M. Erdogan nous a habitués à cela : souvenez vous de ce que disait cet homme à propos d’Israël… Il est vrai que la situation a changé et que le Turc n’a pas obtenu des Arabes la récompense qu’il attendait. Alors, attendons, car souvent Erdogan varie, bien fou qui s’y fie.

  • la bible et sa signification aujourd’hui Quel avenir dans un monde sécularisé ?

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    conférence-débat entre

    Jacques ATTALI et Maurice-Ruben HAYOUN

     

    la bible et sa signification aujourd’hui

    Quel avenir dans un monde sécularisé ?

    Introduction :

    La Bible est une vaste littérature, une véritable bibliothèque qui rassemble des pièces de longueur, d’intérêt, d’époques et de provenances très variés.

    La Bible est un document d’histoire sainte, d’histoire du salut et non pas une chronique historique fiable.

    Cependant, la foi ne saurait subsister sans un enracinement historique, faute de quoi tous les événements qui y sont relatés seraient fictifs, donc dénués de sens. Si l’on nie l’historicité de la sortie d’Egypte, de la Révélation, de l’installation en terre de Canaan, de la naissance et la mort du Christ, comment pourrait-on y croire ? Si les événements fondateurs n’ont jamais existé, comment faire pour asseoir notre foi ?

    En fait, la réponse à cette difficile question tient en une substitution : d’événements fondateurs on passe à la notion de mythes fondateurs. Mais même cette expression est un véritable oxymore : car, comment bâtir quelque chose de pérenne, de métaphysique sur des mythes ?

    C’est le paradoxe dans lequel chaque croyant est contraint de vivre. C’est le prix à payer pour sa foi. La foi n’est pas la science, l’ecclésiastique ne doit pas être un ignare, mais il ne doit pas confondre sa chaire avec une chaire d’histoire des religions au Collège de Franc

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  • La fête de chavouaoth, la Pentecôte juive.

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    La fête de chavouaoth, la Pentecôte juive.

     

    Les juifs du monde entier fêtent depuis hier et aujourd’hui encore (hormis Israël où l’on ne commémore qu’une seule journée) la fête de chavouoth. Ce terme hébraïque, utilisé au pluriel, signifie les semaines, en référence au sept semaines, 49 jours qui nous séparent de Pessah, la sortie d’Egypte. Le cinquantième jour, c’est la Pentecôte.

    Pour la tradition juive, c’est le jour de la remise des tables de la Loi à Moïse, donc du don de la Tora. Dans le rite synagogal on récite les passages de l’Exode (chapitre XX) parlant de la Révélation, donc du Décalogue. L’exégèse midrachique établit une nette différence entre la sortie d’Egypte et le don de la Tora. Le premier événement fondateur établit une libération tandis que le second marque la liberté. Pour la tradition juive, la Loi donne à l’homme la possibilité d’être libre, donc de ne pas être le jouet de ses sens. De s’élever. Pour vivre libre, il faut obéir à une loi divine qui vous fait sortir de l’animalité pour vous élever vers l’humanité. Se donner à une loi à soi-même et vivre en conformité avec elle, c’est presque imiter le fonction divine. En devenant son propre législateur, l’homme, obéissant à la loi de Dieu, transcende sa condition humaine. C’est ce que nous enseigne le grand philosophe juif néo-kantien, Hermann Cohen (ob. 1918).

    La Tora est censée nous aider à établir un ordre éthique sur terre. Pour cela, il fallut aider l’homme à se gouverner lui-même. A cet effet, l’assistance divine était indispensable. Mais qu’en est-il aujourd’hui, où les lois civiles régissent toutes les sociétés du monde civilisé et où la notion même de fait religieux est contestée ?

    La croyance a droit à notre respect, mais on peut dire aussi que la foi religieuse correspondait à un degré de connaissance de l’humanité. D’ailleurs, le juriste allemand du début du XXe siècle, Carl Schmitt avait expliqué dans son ouvrage Politische Theologie que tous les idéaux des sociétés laïques dérivaient de thèmes théologiques sécularisés. Cet éminent juriste qui avait flirté au début de sa carrière avec les Nazis était un partisan de la révolution conservatrice. Mais on oublie deux petites choses qui montrent que les choses ne sont pas toujours si évidentes : c’est ce même Carl Schmitt qui remarqua le jeune Léo Strauss, brillantissime philosophe juif allemand qu’il recommanda pour une bourse d’études au Royaume Uni, lui évitant ainsi une mort certaine en déportation s’il avait dû revenir dans l’Allemagne national-socialiste… Lorsque l’Etat d’Israël fut fondé, il y eut une certaine effervescence dans les bibliothèques universitaires spécalisées : on cherchait désespérément un exemplaire d’un livre du juriste Carl Schmitt (Théorie de la constitution, 1928) pour s’en inspirer dans l’écriture de la loi fondamentale du jeune Etat…

  • Pour ou contre l’assistanat social : RSA ou RMI ?

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    Pour ou contre l’assistanat social : RSA ou RMI ?

     

    L’approche des élections présidentielles en France provoque un certain nombre de débats salutaires. Vu la persistance, pour ne pas dire la pérennité de la crise, on en vient à se poser des questions sur la notion même de solidarité sociale, l’entre aide que les membres d’un même groupe social sont tenus, moralement, de se porter les uns aux autres. tous les Etats démocratiques ont adopté le système de l’aide sociale : l’assurance-maladie, l’assurance-chômage, l’assurance-vieillesse. Si vous perdez votre travail, si vous tombez malade et si vous êtes trop vieux pour continuer à avoir une activité professionnelle, vous devez avoir droit à un soutien émanant de la société dans son ensemble. C’est la charte même d’une humanité civilisée et cela s’appelle l’éthique sociale.

    Depuis quelque temps, l’UMP préconise que ceux qui, au titre du RSA, reçoivent une aide de la société, s’engagent à donner quelques heures de leur temps par semaine, en compensation de ce qui leur est offert. Par exemple, des travaux d’intérêt général. Est-ce une mauvaise chose ? Je ne le crois pas. Après tout, cela permet, sans déclassement ni humiliation, de réintégrer le circuit de l’emploi et de retrouver une certaine dignité à ses propres yeux. Certes, nul n’est dans le besoin de manière joyeuse, nul ne se réjouit d’être au chômage ou en arrêt-maladie… Mais la situation est devenue telle qu’il faut réagir.

    Sait-on que la France consacre 30% de son produit intérieur brut à des redistributions sociales ? Je trouve que nous devons être solidaires les uns des autres, ne laisser personne sur le bord de la route ni dépourvu de soins, mais dans la mesure où l’on est en situation d’offrir une contre-partie à la société dans laquelle on vit, il faut le faire.

    Le problème est qu’en France on ne peut jamais aborder sereinement ces problèmes qui sont pourtant d’un intérêt vital. Car il saute aux yeux que nous pourrons plus continuer sur cette lancée, en raison de la raréfaction des richesses, de la montée du chômage et du creusement des déficits sociaux.

    Que faire d’autre ? Je me le demande…

  • La Syrie, la fin du monolithisme granitique

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    La Syrie, la fin du monolithisme granitique

    Les incidents gravissimes qui se sont produits dans une petite localité du sud ouest de Syrie marquent un tournant dans les troubles qui secouent le pays. Le pouvoir en place déplore, nous dit-on, la mort de plus de cent membres des forces armées et des services de sécurité… Signe qu’il ne s’agit plus de simples émeutes mais d’une confrontation digne de ce nom entre des groupes armés, en mesure de mener des actions de guerre. C’est donc une mutinerie de certains régiments, voire de brigades entières, passées avec armes et bagages du côté des insurgés.

    C’est probablement le début de la fin et il n’est pas sûr que la Syrie continue d’ici le mois de juillet, à terroriser son petit voisin libanais ni à servir de tête de pont à son allié iranien dans la région. Le pouvoir a franchi le Rubicon, il ne peut plus engager de dialogue national avec l’opposition car cette dernière n’osera jamais engager des pourparlers avec des hommes aux mains maculées de sang. Cela prouve, si besoin est, que le régime d’el-Assad est vraiment unique en son genre dans cette région du monde : un gang de malfaiteurs qui ont pu s’emparer des services de sécurité (omniprésents) et des forces armées. Cette définition a été donnée par des membres de l’opposition.

    L’assurance-vie de ce régime se renforce dans sa capacité de nuisance au niveau régional, mais aujourd’hui trop, c’est trop ! Signe qui ne trompe pas, Alain Juppé et la France ont enfin demandé le départ de Bachar el-Assad et le changement de régime. Déjà, certains alliés terroristes de la Syrie commencent à migrer vers d’autres cieux. Hier, sur al-Arabiya, j’ai suivi une longue interview d’un membre du Hamas, Moussi Abou Marzoug, qui se trouvait au Caire. La journaliste lui a perfidement demandé si’l cherchait déjà un nouveau point de chute à son chef Khaled Mescha’al, car à Damas les choses ne sont plus comme avant… Ce n’est pas à exclure ! Reste le Hezbollah qui a du souci à se faire car après ce qui se passe à Damas, ce sera le tour de l’Iran d’entrer dans de grandes zones de turbulence. Il risque alors de se retrouver, seul et isolé, dans un douloureux tête à tête avec son puissant voisin israélien…

    Reste que cette soudaine flambée de la contestation en Syrie est entourée de mystère : comment un tel pays policier, foulant aux pieds les libertés démocratiques, ne reculant devant rien, aucun crime, aucune répression a-t-il pu laisser des groupes armés s’infiltrer en son sein et commencer un véritable travail de sape ? Mystère…

    Mais une chose est sûre : en Syrie, c’est fini pour la dictature et le monde arabe dans son ensemble n’est pas sorti de l’auberge. Quand donc la sagesse l’emportera-t-elle dans ces pays ?

    Les incidents gravissimes qui se sont produits dans une petite localité du sud ouest de Syrie marquent un tournant dans les troubles qui secouent le pays. Le pouvoir en place déplore, nous dit-on, la mort de plus de cent membres des forces armées et des services de sécurité… Signe qu’il ne s’agit plus de simples émeutes mais d’une confrontation digne de ce nom entre des groupes armés, en mesure de mener des actions de guerre. C’est donc une mutinerie de certains régiments, voire de brigades entières, passées avec armes et bagages du côté des insurgés.

    C’est probablement le début de la fin et il n’est pas sûr que la Syrie continue d’ici le mois de juillet, à terroriser son petit voisin libanais ni à servir de tête de pont à son allié iranien dans la région. Le pouvoir a franchi le Rubicon, il ne peut plus engager de dialogue national avec l’opposition car cette dernière n’osera jamais engager des pourparlers avec des hommes aux mains maculées de sang. Cela prouve, si besoin est, que le régime d’el-Assad est vraiment unique en son genre dans cette région du monde : un gang de malfaiteurs qui ont pu s’emparer des services de sécurité (omniprésents) et des forces armées. Cette définition a été donnée par des membres de l’opposition.

    L’assurance-vie de ce régime se renforce dans sa capacité de nuisance au niveau régional, mais aujourd’hui trop, c’est trop ! Signe qui ne trompe pas, Alain Juppé et la France ont enfin demandé le départ de Bachar el-Assad et le changement de régime. Déjà, certains alliés terroristes de la Syrie commencent à migrer vers d’autres cieux. Hier, sur al-Arabiya, j’ai suivi une longue interview d’un membre du Hamas, Moussi Abou Marzoug, qui se trouvait au Caire. La journaliste lui a perfidement demandé si’l cherchait déjà un nouveau point de chute à son chef Khaled Mescha’al, car à Damas les choses ne sont plus comme avant… Ce n’est pas à exclure ! Reste le Hezbollah qui a du souci à se faire car après ce qui se passe à Damas, ce sera le tour de l’Iran d’entrer dans de grandes zones de turbulence. Il risque alors de se retrouver, seul et isolé, dans un douloureux tête à tête avec son puissant voisin israélien…

    Reste que cette soudaine flambée de la contestation en Syrie est entourée de mystère : comment un tel pays policier, foulant aux pieds les libertés démocratiques, ne reculant devant rien, aucun crime, aucune répression a-t-il pu laisser des groupes armés s’infiltrer en son sein et commencer un véritable travail de sape ? Mystère…

    Mais une chose est sûre : en Syrie, c’est fini pour la dictature et le monde arabe dans son ensemble n’est pas sorti de l’auberge. Quand donc la sagesse l’emportera-t-elle dans ces pays ?

  • Pour la défebse de DSK

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    Pour la défebse de DSK

     

    Je me demande ce que diront les historiens lorsque tout ce bruit autour d’une présomption de tentative de viol sera retombé et oublié ! Les historiens, je ne parle pas des journalistes qui font leurs choux gras des rumeurs et ne vérifient pas avant de se lancer ! Ils diront que cet homme, Dominique Strauss-Kahn, l’homme qui a sauvé la Grèce, l’Irlande et le Portugal, a été le seul Français ayant eu l’oreille de la chancelière allemande au point de la convaincre de signer les chèques à tous ces pays pour sauver l’Euro. Ce n’est pas rien.

    Je n’insinue pas que cela suffirait à placer au-dessus des lois, certainement pas. Mais je m’insurge contre la façon que les USA ont de traiter cet homme : menottes, gardes armés devant sa porte, caméras dans toutes les pièces, interdiction d’aller au restaurant, au cinéma etc… Il est vrai qu’il a tout cela chez lui, mais tout de même, il y a des limites dans l’humiliation. Et aujourd’hui, comble de l’humiliation, ce sont des femmes de ménages, vous entendez oui, des femmes de ménages qui huent et chahutent le Directeur Général du Fonds Monétaire International… Oui, Monsieur, des femmes de ménage. Est-ce à dire qu’il est déjà condamné ? Il y a lieu de le croire.

    Sait-on combien il y a chaque jour à NY de tentatives de viol ?

    Mais DSK était très digne et très distingué avec son beau costume sombre, sa chemise de couleur bleue et sa cravate, enfin une cravate. Pardonnera-t-il, lorsqu’il sera tiré d’affaire, à ceux qui l’humilièrent de manière si inhumaine, eux qui disent défendre une pauvre femme qui l’accuse ? Je le répète, si DSK s’est mal conduit, il faudra qu’il rende des com^tes, mais pour le moment, je ne vois rien, c’est sa parole contre celle de cette femme.

    Et ce jugé, réputé fair play, qui lui rappelle à tout bout de champ que la liberté surveillée pourrait être révoquée à tout instant ! Comment coulez vous que cet homme puisse assurer sa défense ? Epié jour et nuit, surveillé comme jamais personne ne le fut, reclus aux arrêts domiciliaires, que lui fera-t-on de plus ?

    Et surtout, si, nous l’espérons, il était relaxé et déclaré innocent. Que diront et que feront ceux qui l’ont si gratuitement humilié ?