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  • Yom ha-Shoah : le souvenir de l’holocauste

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    Yom ha-Shoah : le souvenir de l’holocauste

     

    Chaque année, l’humanité civilisée et pensant –pas les juifs uniquement- se rassemblent pour commémorer cette journée du souvenir : six millions de morts sans sépulture, partis en fumée depuis les cheminées des crématoires d’Auschwitz, ce qui fit poser aux survivants l’angoissante question suivante : Où était Dieu ? Que faisait Dieu alors qu’on gazait homme, femme, vieillard et enfant ? D’aucun ont même parlé de l’éclipse de Dieu… Question sans réponse tant les interrogations sont interminables.

    Mais comme l’expliquait le philosophe judéo-allemand Hans Jonas dans un livre très suggestif et impressionnant, même la double chute de leur temple à Jérusalem, les juifs n’ont pas modifié l’essence même, le noyau dur de leur théologie : leur vision, leur conception de Dieu est restée la même. Ils sont juste composé des prières spécifiques pour la reconstruction du temple de Jérusalem et le rassemblement des exilés sous la férule de D- lui-même.

    Pour la Shoah qui dépasse en nombre les victimes de Nabuchodonosor et de Titus réunis, on instauré un Yom ha-Shoah et célébré (parfois à contre cœur des offices religieux, les rabbins se méfiant de cette main mise des laïcs dans leurs affaire internes). En Israël, la Kenését a donné un nom spécifique à ce jour du souvenir puisqu’elle le nomme désormais le jour de la catastrophe et de la bravoure (Yom ha-Shoah wé-ha-Gevourah), signe que le peuple ne se laissera plus mener à l’abattoir sans défense mais qu’il enverra, lui, ses bourreaux en enfer.

  • EST-IL PERMIS OU SIMPLEMENT CONSEILLE DE GIFLER LES ENFANTS ?

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    EST-IL PERMIS OU SIMPLEMENT CONSEILLE DE GIFLER LES ENFANTS ?
    Notre époque détient un record, celui de passer du coq à l’âne ! On est passé d’un mariage prétendument princier à un authentique procès en béatification. Du profane au sacré ! C’est un indéniable progrès, mais voici que le débat qui retient l’attention, du moins en France, roule sur tout autre chose : est-il permis d’user de châtiments corporels à l’égard des enfants ?
    C’est une publicité à la télévision qui a déclenché ce débat : on y voit une enfant assise à table et qui renverse par inattention un gobelet. Sa mère, hors de ses gonds, se précipite sur elle et la gifle à toute volée. La grand mère, assise à l’arrière-plan, se lève et, le visage triste, prend sa fille (l’auteur de la gifle) dans ses bras et lui demande pardon… L’intention est claire : pour gifler, il faut avoir été soi-même giflé : la grand mère reconnaît par là que si sa fille a giflé sa propre fille, c’est en raison des gifles qu’elle avait elle-même reçues !
    Cette campagne vise à mettre un terme à toutes les maltraitances, qu’elles soient domestiques ou d’autres provenances.  Mais en France, le débat s’est focalisé sur les enfants. D’où la question : est-il permis de battre les enfants pour les éduquer et leur inculquer une bonne conduite ? La réponse est évidemment non, mais se pose alors la question de savoir par quel autre moyen éduquer les enfants. C’est alors que certains dénoncent le sacre de l’enfant roi, l’art de magnifier indûment la jeunesse (die Verherrlichung der Jugend),  bref l’attitude qui consiste à tout accepter ou à tout laisser passer.
    C’est une question grave qui met en cause l’idée même d’autorité. Lorsque les règles ne sont pas respectées, étant entendu qu’on ne peut pas vivre sans règles en société, comment réagir ? Quelle forme doit prendre la sanction ?
    Faut-il toujours tout expliquer, user de persuasion ? Et lorsque cela ne suffit pas, comment faire ? Céder face à une permissivité de mauvais aloi ?
    Selon moi, il ne faut pas céder mais il ne faut pas, non plus, recourir à la violence.
    Aristote écrivait dans l’Ethique à Nicomaque que nul n’est méchant s’il n’est malheureux… En fait, ce qui nous désole, ce sont les maltraitances entre époux où les femmes sont généralement les victimes désignées de maris jaloux ou acariâtres…  Selon des statistiques, des femmes meurent chaque année en raison de mauvais traitements subis dans le cadre conjugal. Et ceci est intolérable.
    Pour ce qui est des enfants, il ne faut pas  séparer le comportement agressif des parents d’un certain contexte social. Pour la petite histoire : j’ai vu un jour une femme d’un excellent milieu social consulter un avocat pour se plaindre de son mari, un haut fonctionnaire connu et respecté, qui la battait régulièrement.