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  • DSK : LA JUSTICE AMÉRICAINE EST ACCUSATOIRE

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    DSK : LA JUSTICE AMÉRICAINE EST ACCUSATOIRE

     

    Je regrette d’avoir à l’écrire et à reprendre la plume ce même jour, mais la justice américaine dans l’Etat de New York est accusatoire et instruit exclusivement à charge. La justice est synonyme d’équité !

    Je ne cherche pas à défendre DSK (pour lequel je n’aurais de toute manière pas voté) mais le monde entier est choqué par ces images montrant un homme mondialement connu, entravé, les bras derrière le dos, hirsute, s’apprêtant à passer la nuit (ou ce qu’il en reste) dans une cellule du commissariat de Harlem, et puis sortant de ce poste de police, les yeux hagards, encadré par des policiers comme un vulgaire délinquant.

    Or, si nous comprenons bien, on en est à l’instruction qui suit immédiatement un flagrant délit, on n’en est pas au procès, loin de là. Mais voilà, les centaines de millions de gens qui ont vu ces images humiliantes pensent dans leur écrasante majorité que l’homme a été reconnu coupable, que les preuves de sa culpabilité ont été apportées et qu’il a vraiment commis le délit ou le crime dont on l’accuse.

    Sans esprit chauvin, je suis heureux de vivre en France où la présomption d’innocence (je sais comment cela se dit en allemand mais pas en anglais , Unschuldvermutung) n’est pas un vain mot et où l’on n’est pas contraint d’apporter la preuve de son innocence.

    D’ailleurs, un principe talmudique, datant du IVe siècle de notre ère, stipule que c’est aux accusateurs qu’incombe la charge de la preuve (ha-motsi mé-havéro ‘alaw ha-re’aya). Je veux bien que l’on prenne au sérieux le témoignage de la dame réellement ou prétendument agressée, mais pourquoi avoir permis aux caméras de télévision de diffuser de telles images qui portent atteinte à l’intégrité d’un homme, brisent à tout jamais sa carrière et ne lui permettront probablement jamais de restaurer son honneur ? La justice corrige, la justice répare, la justice compense, mais elle ne doit pas broyer…

    Mais pourquoi donc la justice américaine agit-elle de la sorte ? Pour diffuser de telles images, il faut avoir préalablement rendu un verdict. Or, l’homme n’a même pas encore été présenté à un juge d’instruction…  Les média ne sont pas innocents dans toute cette affaire.

    Je ne crois pas à la théorie du complot ou alors il faudrait avoir mis en œuvre tellement de complicités que cela me paraît hors de portée, même d’un Etat puissant… Il est vrai que DSK s’est fait quelques ennemis en raison de la potion amère infligée (pour leur bien) à certains pays comme la Grèce, le Portugal et l’Irlande ! Par ailleurs, il y a bien sûr les prochaines échéances électorales françaises. Mais je vois mal comment on aurait pu monter un tel traquenard.

    Enfin, il y a, ne le nions pas, les faiblesses, sinon les vulnérabilités, de l’homme : aimant les femmes, l’argent, le luxe et bien sûr le pouvoir. Mais est-ce un crime, même si, à mes yeux, un homme politique responsable est aussi grand par son génie d’homme d’Etat que par son respect absolu d’une conduite éthique.

    Je suis extrêmement troublé par ce que j’ai vu et je vous le dis à vous qui avez été des milliers à lire et à commenter mon article d’hier…

    Rendez vous compte : en une nuit, le destin d’un être bascule : un homme de réputation mondiale, ayant, dit-on, des chances de remporter la plus haute charge en France, qui passe d’une suite dans un palace new yorkais à une cellule dans un sordide commissariat de … Harlem qui, comme chacun sait, n’est pas le quartier le plus huppé de NY.

    Et puis, il y a cette pluie de commentaires dont les plus terribles s’acharnent sur un homme à terre. C’est indécent.

    Cela me fait penser à un autre adage talmudique, moi qui suis philosophe de formation mais juriste de tradition : c’est au moment où le taureau est à terre que les couteaux se multiplient au dessus de sa tête : nafla tourta istaguy sakkinayhou… C’est de l’araméen, la langue du Christ, c’est ancien, mais bien d’actualité.

    Evidemment, je ne défends pas les criminels, mais attendons au moins que les preuves soient apportées et que l’accusé ait pu se défendre. Cela dit, si notre homme avait su se tenir et se retenir, il ne lui serait rien arrivé. Une vénérable tradition, elle aussi connue de Jésus, affirme ceci : qui doit-on considérer comme un héros ? Celui qui sait dompter sa nature… (Ezé hou guibbor ha-kovesh et Ytsro)

     

     

  • DOMINIQUE STRAUSS-KAHN : UN CAS DECHIRANT MAIS DES IMAGES TROMPEUSES

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    DOMINIQUE STRAUSS-KAHN : UN CAS DECHIRANT MAIS DES IMAGES TROMPEUSES

    Comme vous tous, je me suis précipité sur le poste de télévision pour apprendre les nouvelles de la nuit : et là, ce fut un choc insoutenable, un homme au visage défait après trente heures de garde à vue, les mains entravées derrière le dos, sans cravate, vieux de plus de dizaines ans en raison d’une nuit blanche et les traits fortement tirés ! Je m’attendais à une autre image de la justice américaine.
    Alors que s’est-il passé ? Petit à petit les amis de l’accusé s’organisent et commencement à pointer les invraisemblances de l’accusation : mais tous reconnaissent que la nouvelle les a littéralement assommés. Ils commencent tout juste à reprendre leurs esprits.
    Tout d’abor, une petite réflexion : les images peuvent être trompeuses : dans moins de deux jours, l’homme qu’ on a traîné dans une petite voiture encadré par des hommes à la mine patibulaire, aura revêtu ses plus beaux atours et apparaîtra sur les écrans de télévision, le visage reposé, la mine plus tranquille. La version des media qui nous ont harcelés hier et avant hier n’est pas nécessairement celle de la justice. Car, même si DSK, réussit à s’en sortir (je ne sais comment)  la justice américaine me déçoit et me fait peur. Souvenez vous des accusations lancées par des jeunes femmes contre des jeunes Kennedy un peu trop portés sur le sexe ! Rendez vous compte : si les choses se passaient ainsi en France, savez vous combien de centaines de jeunes hommes et de moins jeunes se retrouveraient le dimanche matin devant les tribunaux de flagrant délit ? Même le palais de justice de Paris n’y suffirait plus.
    Que l’on me comprenne bien : si cette jeune femme a subi le moindre dommage sur sa dignité ou son intégrité, il est normal que justice soit faite. Mais pour le moment, les images ont causé à DSK d’incomparables dommages que rien ne viendra jamais réparer ; Alors pourquoi tant d’images, d’éditions spéciales, de reportages, de rappels des faits etc… Un exemple : sur ce blog vous avez été près de 3000 à lire l’article sur DSK ! C’est incroyable.
    Comme les choses peuvent changer en un clin d’œil ! Mais le salut de Dieu peut lui aussi renverser des situations en l’espace d’un simple clin d’œil (u-teshu’at ha-Shem ké-héréf ‘ayin). Toutefois, dans ce cas précis, cela prendra du temps. Je suis saisi par la mise bout à bout de deux images à la télévision : DSK avec les grands de ce monde et DSK menotté, mal coiffé, hirsute…
    Que le destin est cruel !

  • MAIS QUI EST DONC VRAIMENT DOMINIQUE STRAUSS-KAHN ?

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    MAIS QUI EST DONC VRAIMENT DOMINIQUE STRAUSS-KAHN ?
    Si cela devait s’avérait, ce serait proprement incroyable, impossible même à imaginer ! Je viens de me lever, il pleut légèrement en Normandie, je mets mes lunettes pour regarder la télévision, mais ce que j’entends me bouleverse et me sidère : Dominique Strauss-Kahn, le Directeur Général du FMI a été arrêté dans un avion à New York en partance pour Paris. Les policiers l’ont extrait de l’avion d’Air France su motif qu’il aurait tenté d’agresser, de séquestrer et de violer une jeune femme de chambre du Sofitel de NY, âgée de 32 ans !
    Je vous livre les faits bruts, c’est incroyable, j’espère du fond du cœur que tout ceci est faux, même si je ne me prépare pas à lui accorder mon suffrage au cas où il se présenterait à l’élection présidentielle.
    Les commentateurs qui n’en demandaient pas tant s’en donnent à cœur joie ; tout y passe. Les diverses unions dissoutes, les adultères, les liaisons extra conjugales, même en tant que aptron du FMI, et là, le bouquet, si je puis dire, l’agression dans un hôtel de NY.
    Quoi qu’il arrive, la carrière politique de l’homme, du moins en France, est finie. Mais il y a plus, il y a les chefs d’accusation de tentative de viol qui pourraient entraîner des condamnations à des années de prison, si DSK ne parvient pas à prouver son innocence ou à se tirer d’affaire grâce au concours de bons avocats.
    Mais alors, et tout en souhaitant que toute cette affaire soit une pure mise en scène, combien y a t il de DSK ? S’agit-il d’un dédoublement de personnalité ? Franchement, si l’on ne peut se retenir, faut-il agresser les femmes ? Si l’on a des envies irrépressibles, il existe des officines qui permettent d’assouvir normalement de tels désirs, même si nous trouvons cela abject…
    Reste une hypothèse, peu crédible à l’heure qu’il est : le traquenard, le coup monté, le piège afin de compromettre définitivement un homme dont on connaît le penchant pour le sexe, et lui barrer ainsi la route à l’élection présidentielle… Pour le moment, une telle machination n’apparaît guère et l’affaire semble, au contraire, prendre la tournure d’une grave accusation contre l’ancien homme politique français.
    Cette aventure me rappelle une anecdote talmudique, étudiée quand j’étais jeune, et qui m’intrigue encore. On nous dit que si un homme ne peut triompher de son instinct sexuel (mi shé takaf alaw ytsro), doit alors quitter la ville où tout le monde le connaît, se rendre dans une autre cité et tout de noir vêtu, tenter d’assouvir son envie… Je me suis toujours demande pourquoi on ne condamnait pas purement et simplement
    L’homme peut-il s’amender, changer, combattre son instinct, sa nature ? Apparemment, pas toujours. Souhaitons cependant que toute cette affaire ne soit qu’un mauvais rêve.

  • LA LIBYE, LE CREPUSCULE DES DIEUX

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    LA LIBYE, LE CREPUSCULE DES DIEUX

    Les deniers développements en Libye trahissent une nouvelle stratégie de l’OTAN qui concentre ses attaques sur le Guide libyen, lequel n’est pas réapparu en public depuis la fin du mois dernier. D’après un ministre italien, démenti depuis, le Guide serait blessé et aurait quitté la capitale Tripoli. Signe qui ne trompe pas, on a aussitôt diffusé sur les ondes un message visant à rassurer la population sur le sort de son dirigeant.
    Mais il semble bien que l’histoire est en marche et que le bouillant colonel soit à la fin du troisième acte. Les rebelles, mieux encadrés et plus solidement armés, plus aguerris, avancent tant à Misrata qu’ailleurs. Comme l’armée libyenne subit un embargo sur les armes, elle ne pourra pas tenir indéfiniment. Par ailleurs, l’OTAN joue sur le moral de la population en s’en prenant chaque nuit au complexe présidentiel à Tripoli. Je ne vois vraiment pas ce qui pourrait œuvrer en faveur du colonel ni provoquer un spectaculaire renversement de situation.
    Une nouvelle Libye va naître et nous espérons qu’elle ne tombera pas comme un fruit mûr dans l’escarcelle des intégristes ou d’al-Quaida. C’est la seule raison qui explique les atermoiements des Occidentaux qui veulent éviter les erreurs de la CIA en Afghanistan : on arme les talibans contre les Russes et ensuite ces mêmes talibans se retournent contre ceux qui les ont aidés.
    Mais la chute de Kadafi aura un effet d’entraînement sur le Yémen et la Syrie. Décidément, les mouvements de l’histoire sont imprévisibles. Qui aurait pu y croire ? Ben Ali en fuite, Moubarak en prison dans un hôpital militaire, Madame Moubarak, l’ancienne première dame en détention préventive, Bachar el-Assad en sursis dans son palais à Damas, etc…
    Les vieux prophètes d’Israël qui aux VIII-VIIe siècles présidaient la chute de puissants empires hégémoniques (Egypte, Assyrie, Babylone) n’avaient peut-être pas tort.
    Ce n’est pas le genre humain qui fait l’histoire…

  • LAURENT BLANC, RETOUR SUR L’AFFAIRE DES «QUOTAS

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    LAURENT BLANC, RETOUR SUR L’AFFAIRE DES «QUOTAS«

    L’affaire ou ce qui s’en donnait l’apparence s’est bien terminée, Laurent Blanc a été blanchi de toute accusation, lavé de tout soupçon. En réalité, on n’aurait jamais dû publier, sans explication préalable, un simple débat dans une commission de travail où des mots à usage strictement interne ont été employé sans jamais avoir été repris dans un texte officiel pouvant accréditer l’accusation ou même le soupçon de racisme ou de ségrégation. En revanche, la personne qui s’est permis d’enregistrer la discussion devrait rendre des comptes, même si cette même personne jure ses grands dieux qu’elle n’est pour rien dans la transmission à Médiapart ni dans la diffusion de ce pseudo document. Mais ce n’est pas là l’essentiel. Ce qui compte dans cette affaire qui n’en est pas une, c’est ce qu’elle révèle. Et j’ai d’ailleurs déjà eu l’occasion d’effleurer le sujet. J’y reviens aujourd’hui puisque Laurent Blanc n’est plus en cause et qu’il ne sera pas inquiété même si certaines associations prétendent le contraire. Au fond, chacun a le droit d’ester en justice…
    Le flux migratoire de populations non européennes et n’émanant pas de la culture judéo-chrétienne a suscité plus que des débats, voire un solide soupçon, sur la possibilité de les intégrer à la socio-culture française. Qu’on en soit venu, même sans aspect normatif, à envisager que le public français s’interrogerait sur la réelle appartenance nationale de certains joueurs non européens trahit de manière criante l’émergence d’une suspicion, voire d’un rejet. Pourquoi la société française, l’opinion française, généralement tolérantes et généreuses, ont-elles soudain changé ? Et d’abord, est ce que cette mutation a vraiment été soudaine ?
    En fait, depuis 1998, des voix, toujours les mêmes s’étaient élevées pour dénoncer une équipe de foot ball cosmopolite qu’on avait du mal à identifier à une formation nationale. Mesurez l’évolution en moins de quinze ans ! Ce ,’est plus la même France et Marine Le Pen est passée par là. Je ne pense aps qu’il faille s’en prendre à elle ou à son parti politique, mais plutôt à l’équation de l’intégration à la française. On ne devrait pas recevoir les gens de cette manière, sans discernement ni application sérieuse à les intégrer correctement. En les regroupant dans de vastes banlieues ghettos à la lisière des grandes villes…
    Un tel traitement provoque chez ces personnes des sentiments mêlés, pour ne pas dire plus, et donnent lieu à des débordements. Les Français n’ont pas pardonné qu’on ait sifflé la Marseillaise, caillassé un Premier Ministre en exercice et provoqué la promulgation de l’état d’urgence…
    La meilleure façon de procéder à une intégration harmonieuse, si tant qu’elle soit encore à l’ordre du jour, c’est de stopper ce type d’immigration pendant un certain nombre d’années, le temps nécessaire d’intégrer ceux qui se pressent au seuil de la société française. Mais là aussi, il ne faut pas se tromper d’adresse : des deux côtés il y a des droits mais aussi des devoirs. Quand on vient chez les gens, on doit se soumettre aux lois et rester à sa place.
    Ceux qui disent ou écrivent le contraire se trompent et trompent ceux qu’ils font semblant de défendre.
    Je le répète, cette affaire des quotas est un signal d’alarme. Pour tous.

  • Stéphane Taponier, Hervé Ghesquière et Gilad Schalit : même combat

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    Stéphane Taponier, Hervé Ghesquière et Gilad Schalit : même combat

     

    Toute la presse en parle, la France, le monde s’émeut de cet abject commerce des otages que des gens, toujours les mêmes, pratiquent de manière éhontée.

    D’un côté, un jeune soldat israélien détenu depuis plus de 48 mois, sans aucune visite de la Croix Rouge, sans courrier, sans lien avec qui que ce soit, si ce n’est avec ses geôliers qui menacent de le tuer à chaque instant.

    De l’autre, deux journalistes français partis en reportage dans la vallée de Caprissa, l’une des plus dangereuses d’Afghanistan, et qui furent capturés par les talibans qui veulent les échanger contre d’importantes sommes d’argent et obtenir la satisfaction de leurs revendications politiques : libération de terroristes, évacuation des troupes d’Afghanistan opérant sous mandat de l’ONU, etc… On comprend que les puissances concernées hésitent avant de s’engager car si on donnait son accord, on serait confronté chaque jour que D- fait à ce type de chantage.

    C’est un dilemme moral insoutenable, un débat quasi cornélien ! Que faire ? Je ne sais, si ce n’est qu’il faut déployer des trésors d’ingéniosité diplomatique pour tirer ces pauvres captifs de leur lieu de rétention. Mais au plan philosophique, comment juger les preneurs d’otages ?

    Leur combat, leur cause, si sacrées soit-elle à leurs yeux, ne saurait justifier un tel acte, à la fois abject et barbare. On connaît le principe de la philosophie morale occidentale (mais que d’autres méconnaissent gravement) : la fin ne justifie pas les moyens. On connaît aussi le principe de la philosophie morale kantienne selon lequel on ne peut pas utiliser un être humain comme un moyen car il est une fin en soi. Il n’existe pas une seule doctrine morale qui permette de briser une volonté humaine pour la soumettre à la sienne propre.

    Inféoder une volonté humaine, intrinsèquement autonome, à des choix hétéronomiques vous place eo ipso à l’extérieur de l’humanité civilisée. La question qui se pose alors est la suivante : faut-il négocier avec les ravisseurs ? Ma réponse va en choquer quelques uns : non ! Car les criminels qui bafouent les règles les plus élémentaires de la morale récidiveront à l’infini. Il faudrait plutôt tenter un jour prochain un vaste coup de main pour détruire les ravisseurs ou enlever l’un de leurs chefs. Ceci contredit peut-être ce que j’écrivais un peu plus haut, mais là bas il s’agissait d’une attitude théorique, ici d’une attitude pratique, hic et nunc.

    D’aucuns diront que l’on se met au même niveau, que ce serait une victoire pour les barbares, etc… Certes, mais les principes philosophiques guident parfois nos actions. Ils ne sauraient s’y substituer.

  • Le 900. anniversaire de la mort du théologien musulman Al-Ghazali

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    Le 900. anniversaire de la mort du théologien musulman Al-Ghazali

     

    En cette année 2011 nous commémorons le neuf centième anniversaire de la mort du grand théologien mystique musulman Abuhamid al-Ghazzali qui se distingua par ses profondes spéculations religieuses et ses attaques contre la philosophie gréco-musulmane de son temps. Il attaqua sévèrement le legs intellectuel d’Aristote chez les falasifa. Il se gaussa aussi des allégoristes qui vidaient le Coran de sa substance et les traita de borgnes car, disait-il, ils ne voyaient que d’un œil. Il rédigea à ce propos une réfutation en règle contre ces penseurs qui déparaient, selon lui, le message islamique originel. Le titre arabe de ce traité est Kitab al-rad fi-fadayih al-batiniyya) Réfutation des scandales des allégoristes.

    Cet homme vit ses écrits traduits et commentés en hébreu, notamment par le grand philosophe averroïste juif Moïse de Narbonne (1300-1362). Il a aussi joui d’une certaine postérité en milieu chrétien médiéval où on le nommait al-Gazel.

    En cette année 2011 il convient de rendre hommage à un homme qui, certes, avait la dent dure contre les juifs et les chrétiens, mais dont l’œuvre atteste d’un profond amour de la vérité. La sienne. Il était donc juste que le spécialiste que je suis lui rende hommage.

    Au sein de la philosophie uive, le penseur qui lui ressemble le plus n’est autre que Juda ha-Lévi qui fut, à sa manière un adversaire très lettré et très érudit e la philosophie néo-aristotélicienne de son temps.

    Pour ceux qui veulent aller plus loin, je vous renvoie à La philosophie juive (Collection U, Armand Colin, 2004) ; Geschichte der jüdischen Philosophie (WGG, Darmstadt, 2005) ; Petite histoire de la philosophie juive (Ellipses, 2008) ; La philosophie et la théologie de Moïse de Narbonne (Tubingen, JCB Mohr, 1989) ; L’exégèse philosophique dans le judaïsme médiéval (Tubingen, JCB Mohr, 1991)

    ABUHAMID AL-GHAZALI (1058-1111)

    Al-Ghazali perdit son père à un assez jeune âge. Avant sa mort, celui-ci avait confié la garde ses deux fils à un ami soufi, d’où l’orientation future d’Abuhamid qui fut placé dans un pensionnat où il put, en compagnie de son frère, poursuivre de solides études en matières traditionnelles. Auteur fécond, il rédigea une autobiographie intitulée Al-munqid min al-Dalal[1] (littéralement : ce qui nous préserve de l’erreur). Ainsi que nous le verrons infra, toute l’action de cet homme consistait à parvenir à la certitude, à bannir le doute et avoir de Dieu la plus grande science possible qui fût…

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  • Et si le printemps arabe était le constat d’avoir fait fausse route ? La situation dans la Syrie actuelle

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    Et si le printemps arabe était le constat d’avoir fait fausse route ?

    La situation dans la Syrie actuelle

    Il est un point dont la presse parle très peu. Est ce une auto censure

    ou simplement un oubli ? Je penche pour la première solution car cet fai touche le soutien réel ou prétendu, apporté par la quasi totalité des peuples arabo-mlusulmans à la cause palestinienne. La marche désespérée de tous ces pays vers un peu de démocratie revient en fait à reconnaître qu’ils ont fait fausse route en privant leurs citoyens de tous les droits fondamentaux de l’homme en arguant de la nécessité vitale de combattre «l’ennemi sioniste». Comme si la présence de quelques millions de juifs sur quelques arpents de terre sablonneuse, berceau de leur civilisation ancestrale et lieu de naissance du christianisme, constituait une menace pour toute cette nation…

    Et dans ce contexte, le cas de la Syrie est emblématique ! Savez vous que l’on s’approche du millier de morts en quelques semaines ? Savez vous que l’on tire à l’arme lourde et au char d’assaut dans les villes de Homs, de Dera’a et de Banias ? Savez vous ( les USA l’ont dit publiquement) que l’on refuse là-bas de soigner les blessés, que les conditions de détention sont inhumaines, que les gens sont torturés et que le ratissage se fait maison par maison ?

    Et malgré tout cela, l’ONU se contente de tenir des discours au lieu de prendre des mesures énergiques.

    Il est vrai que la situation pourrait bien être pire si ce pays pivot venait à être déstabilisé. Car, ne nous voilons pas la face, son maintien arrange tant de pays : la Chine et la Russie sont ses alliées au Conseil de sécurité, Israël est tranquille sur le Golan, même si la Syrie alimente le Hamas et le Hezbollah en armes et en missiles.

    Mais l’impunité ne durera pas éternellement. Un jour ou l’autre, ce régime rendra des comptes comme d’ailleurs celui de Khadafi en Libye où les rebelles, restructurés et encadrés par des officiers US et de l’UE avancent et reprennent du terrain. Espérons seulement qu’ils ne seront pas noyautés par al-Quaida. C’est ce qui explique la réticence de l’Occident à leur livrer des armes qu’ils pourraient retourner demain contre leurs alliés d’aujourd’hui

  • Les mensonges du Premier Ministre pakistanais Gilano : la duplicité d’Islamabad

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    Les mensonges du Premier Ministre pakistanais Gilano : la duplicité d’Islamabad

     

    On ne dira pas que l’exécution de Ben Laden a créé plus de problèmes qu’elle n’en a réglés, mais force est de reconnaître que de multiples questions se posent. Et toutes convergent vers la Pakistan qui n’est pas un allié fiable. Et d’ailleurs les deux interviewas données par son Premier Ministre Gilani à Paris sont là pour le prouver, si besoin était…

    En lisant attentivement les réponses de cet homme, on se frotte les yeux car on n’en croit pas ce que l’on voit ou comprend. Selon lui, il est absurde de taxer son pays de complicité ou d’incompétence puisque tous les services spéciaux ignoraient tout de la cache du terroriste ! Evidemment tous l’ignoraient, sauf ceux auprès desquels il se cachait et qui avaient organisé son immersion ! Et dans quel environnement ! Rendez vous si près de la plus prestigieuse académie militaire, à 80 km de la capitale Islamabad, dans un complexe qui ne ressemblai guère à une HLM, derrière de hauts murs ( 4 mètres) hérissés de fil barbelé… Et avec en plus des voitures aux vitres teintes qui entrent et sortent ! Pas de téléphone, pas de connexion internet… Incroyable !

    Et l’armée ne s’est intéressée à cet édifice dans une ville garnison.

    Je pense que les Américains ont raison d’exiger une enquête et les Pakistanais doivent s’y plier.

    Il est vai que cette attitude si incroyable peut s’expliquer sans toutefois se justifier.

    Pour l’armée pakistanaise l’Inde est nettement plus dangereuse que les talibans afghans qui sont abrité chez eux Ben Laden et l’ont protégé. Livrer Ben laden eut équivalu à envoyer des signaux pouvant compromettre une alliance stratégique du Pakistan. Vous aurez beau expliquer aux Pakistanais qu’ils jouent avec le feu, qu’il faut suivre les USA et combattre sans relâche le terrorisme, ils vous diront que l’Inde leur a déjà administré de sévères corrections, soit directement soit par des intermédiaires et que pour eux l’Afghanistan offre une profondeur stratégique de premier ordre. Faute de quoi, ils seraient contraints d e combattre pour leur survie dans un environnement trop exigu…

    Mais cela ne saura justifier leur comportement ambigu ni leur duplicité.

     

     

  • Biographie de Léo Baeck

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    Voici le discours que je dois (D- voulant) prononcer dans moins d’une heure au Palais Beauharnais, devant une assemblée d’amis et de diplomates, à l’occasion de la parution de ma biographie de Léo Baeck (Armand Colin, mai 2011)

     

    Excellence, Monsieur l’Ambassadeur Schäfers,

    Madame,

    Monsieur le Directeur Général des éditions Armand Colin,

    Mesdames, Messieurs

    Chers Amis,

    Permettez moi, je vous prie, de commencer par rendre un vibrant hommage à la générosité et à la noblesse d’âme de Monsieur l’Ambassadeur Reinhard SCHÄFERS qui a tout de suite accepté d’organiser dans sa résidence privée, le palais Beauharnais où nous nous trouvons, cette belle réception pour honorer la mémoire d’un grand citoyen allemand du XXe siècle, Léo Baeck, né à Lissa en 1873 et mort à Londres le 2 novembre 1956. Grâce à vous, Monsieur l’Ambassadeur, Léo Baeck se retrouve un peu chez lui, ramené à sa première adresse, à la fois politique et intellectuelle, l’Allemagne de la culture et de l’esprit (das geistige Deutschland).

    En quelques phrases succinctes, je dois vous dire qu’avant 1992, date de la publication de ma traduction de L’essence du judaïsme, très peu de gens en France avaient entendu parler de cet homme. En 2002, j’eus la joie de publier la traduction d’un autre livre marquant de Léo Baeck, publié en 1938 par le Jüdischer Verlag de Berlin et dont les rares exemplaires parus furent immédiatement saisis par la Gestapo. Il s’agit de l’Evangile une source juive (en fait la traduction littérale du titre allemand donne : L’Evangile en tant que document de l’histoire religieuse du judaïsme.) Véritable bouteille à la mer, pathétique appel au secours demeuré sans réponse, Léo Baeck, conscient des nuages noirs qui obscurcissaient l’horizon de son Allemagne natale, y souhaitait ardemment un geste significatif de la solidarité judéo-chrétienne qui demeura, hélas, lettre morte

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