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  • LE MARIAGE ROYAL DE KATE ET WILLIAM : UN NON EVENEMENT

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    LE MARIAGE ROYAL DE KATE ET WILLIAM : UN NON EVENEMENT

    J’ignore vraiment si vous pensez comme moi, mais je trouve prodigieusement ennuyeux et lassant tout ce battage fait autour d’un mariage qui ne durera pas plus que les autres de la famille royale britannique. En plus, voici deux personnes qui vivent ensemble depuis près de 9 ans avec, il est vrai, quelques interruptions, et on se met à fêter à l’échelle mondiale la régularisation de leur situation.
    Un autre point  m’intrigue dans toute cette affaire : mais pourquoi donc les gens simples comme nous se réjouissent-ils des événements d’une classe sociale qui n’est pas la  leur ? Leurs vies seraient-elles à ce point vides et dénuées d’intérêt au point de devoir se raccrocher au carrosse princier dans lequel ils ne monteront jamais ?
    Et puis les Britanniques qui sont un peuple intelligent et courageux, n’ont-ils pas d’autres divertissements, d’autres distractions que d’aller regader ce mariage qui ne concerne que la famille royale e qui va coûter tant d’argent aux contribuables britanniques ?
    Je pense  à cette phrase d’une grande lucidité d’Ernest Renan : l’humanité est incurablement dupe…
    Franchement, en quoi ce mariage nous concerne-t-il ? Mais bon, allons, souhaitons leur tout de même de rester ensemble un peu plus que ne l’ont fait leurs frères et sœurs, cousins et cousines…

  • LA FRANCE ET L’IMMIGRATION DE TUNISIE ET D’AILLEURS…

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    LA FRANCE ET L’IMMIGRATION DE TUNISIE ET D’AILLEURS…

    M. Henri Guaino, le conseiller spécial du Président Nicolas Sarkozy a explicité la position de la France quant au respect des accords de Schengen : il ne s’agit pas d’en suspendre l’application mais d’en préciser les modalités dans des circonstances exceptionnelles. Henri Guaino a nettement expliqué la position de la France.
    La question qui demeure est, cependant : que pouvons nous faire pour ces hommes, ces femmes et parfois aussi ces enfants qui bravent une mer déchaînée pour rejoindre des rivages devenus inhospitaliers ? A l’évidence, nos pays ne peuvent plus, ne veulent plus accueillir une émigration qui fait peur, nourrit (à tort ou à raison) l’insécurité et complique la vie des nationaux dans les pays concernés.
    Mais alors n’existe-t-il qu’une solution, à savoir le rejet, le renvoi de ces victimes de la misère et de la tyrannie ? Non point, il nous faut trouver une autre solution qui permette de maintenir tous ces gens chez eux. Comment ? En généralisant l’ingérence humanitaire soutenues par des interventions armées… Il n’est pas normal, par exemple, que l’ONU intervienne en Libye et pas en Syrie où le même phénomène existe : un régime autoritaire et corrompu tue sa propre population. Depuis hier, l’armée syrienne se comporte chez elle comme sur un champ de bataille à l’étranger. Elle a investi Dera’a avec des blindés et des chars d’assaut, arrête les opposants à tour de bras et ne s’embarrasse guère  du respect des droits de l’homme. Pourquoi laisse-t-on le régime de Bachar al-Assad agir de la sorte ? On nous répond que ce pays agressif dispose de maints leviers régionaux qui assurent sa survie…
    Ce raisonnement relève de la Realpolitik et tourne totalement le dos à l’éthique la plus élémentaire. Au nom de ce même principe cynique, on a laissé la Syrie occuper le Liban pendant plus d’un quart de siècle. Allons nous continuer dans cette voie ?
    La force éthique doit primer sur tout le reste. Ce n’est pas un rêve. Les Suisse eux même le savent bien, eux qui abritent le centre de la Croix Rouge et jadis la Société des nations. Eux aussi s’inquiètent à juste titre des dangers d’une immigration incontrôlée…

  • LES GENERAUX EGYPTIENS ET ISRAËL

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    LES GENERAUX EGYPTIENS ET ISRAËL
    On a déjà eu l’occasion de souligner dans ce même blog que les généraux égyptiens qui se sont constitués en un Conseil suprême des forces armées commettaient erreur sur erreur en livrant leur ancien chef, Hosni Moubarak, à la vindicte populaire. Ils n’ont pas encore réalisé qu’ils ont ouvert la boîte de Pandore et surtout que le peuple ou la vox populi est quelque chose d’irrationnel et de cruel. Certes, sur l’injonction insistante des chefs américains, notamment du Pentagone, ils s’empressèrent d e dire, au cours de la révolution, qu’ils respecteraient les engagements internationaux de l’Egypte, comme s’ils avaient eu d’autre choix… Mais le dernier événement en date montre que ces militaires ne sont meilleurs que leurs collègues d’autres pays arabes : ils sont permis que l’on brûle un drapeau israélien sur la fameuse place Tahrir…
    Décidément, on se demande ce que peuvent bien vouloir les Arabes. Alors que leur monde explose en raison de ses propres contradictions trop longtemps passées sous silence, Israël est un principe explicatif fort commode : En somme, la chute de Ben Ali en Tunisie, celle de Moubarak en Egypte, celles, prochaines de el-Assad en Syrie et de Khadafi en Libye et de Saleh au Yémen seraient le résultat de je ne sais quelle machination sioniste. Toujours cette théorie du complot à laquelle recourt les régimes arabes lorsqu’ils se trouvent dans une impasse.
    Le fait d’avoir brûlé un drapeau israélien pourrait coûter très cher aux Egyptiens qui devraient se méfier de la réaction des USA dont les subsides leur permettent de vivre. L’armée égyptienne, si mal équipée et si peu entraînée, serait dans un bien pire état si les USA suspendaient leurs livraisons gratuites d’armement. Les généraux le savent bien, eux qui, pour sauver leur tête, n’ont pas hésité à livrer celle de celui qui les avait promus, nommés et protégés.
    Un fait avait donné l’éveil il ya quelques semaines : lors de la révolution, les généraux égyptiens ont attendu cinq semaines avant de reprendre les livraisons de gaz à Israël… Aujourd’hui, ils parlent de revoir tous leurs contrats avec tous les pays, y compris Israël.
    C’est leur droit le plus strict mais sous peu Israël exploitera richement les gisements découverts au large de Haïfa et ne dépendra plus de personne.
    ON a du mal à cacher son irritation quand on voit qu’Israël ne cessera donc jamais d’être considéré commun bouc émissaire dans la région.
    Au lieu de se retrousser les manches, de faire redémarrer l’économie, notamment le tourisme qui leur permet de vivre, ces pauvres généraux égyptiens n’ont rien appris. Ils devraient méditer ce que maintes confrontations militaires avec Israël leur ont coûté.

  • A L’ABBAYE DE FONTEVRAUD (OU FONTEVRAULT)

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    A L’ABBAYE DE FONTEVRAUD (OU FONTEVRAULT)

    Quelle somptueuse abbaye ! Quel accueil et aussi quelle météorologie merveilleuse sur ce site couvrant près de 14 hectares et magnifiquement entretenus ! Vraiment, mon séjour dans cette abbaye me laisse des souvenirs inoubliables. Nous sommes accueillis par Monsieur Bertrand Ménard qui me semble être l’intendant supérieur de l’abbaye et qui se porte à notre rencontre pour nous conduire dans nos quartiers, un très beau studio portant le nom et de Rabelais, voisin d’un autre nommé Mérimée … Bertrand est la cheville ouvrière de cette belle demeure, le premier levé et le dernier couché. Il ne marche ni ne court mais vole. IL a tout préparé, tout arrangé, ce qui explique que tout se soit très bien passé.
    Notre colloque s’est tenu devant une assistance nombreuse et attentive et portait sur la notion de résurrection. Cette notion était représentée par des membres des trois religions.
    En fait, qu’est ce que la résurrection ? Ce n’est ni un retour sur terre comme on pourrait se l’imaginer, ni une réincarnation, c’est, sauf erreur de ma part, le fait de quitter la mort pour revivre à une vie d’une autre nature. Cela veut dire aussi que pour les Chrétiens, l’être qui représente leur espoir et leur avenir dans l’au-delà, n’a pas fini de cette mort ignominieuse et que D- n’aurait pas laissé celui qu’il avait choisi, se faire tuer de manière si scandaleuse et cruelle… En gros, la résurrection signifie que l’être en question n’est pas simplement mort mais qu’il revit quelque part sous une forme que nul ne peut connaître et qu’il se manifestera à nouveau à la fin des temps… C’est une illustration bien particulière du messianisme juif, avec, assurément, des ingrédients venus d’horizons plus païens…
    Je dois vous dire un mot du concert qui s’en suivit sur la Passion du Christ selon Saint Jean. De prime abord, on pourrait s’étonner qu’un homme comme moi ait frénétiquement applaudi un texte si peu aimable pour les juifs, leur grand prêtre et leur religion en général… Mais tout le monde connaît la dureté du récit johannique et quand à moi je n’ai fait que rendre hommage à la prestation musicale de l’orchestre même si je suis séduit par la langue allemande de Jean Sébastien Bach. Le souper qui clôtura cette longue soirée, bien après minuit, fut des plus conviviaux : les concertistes, les cantatrices (fort belles) se sont joints aux autres convives pour déguster cet excellent repas.
    Et le lendemain, nous eûmes l’insigne honneur d’être invités à déjeuner par Monseigneur Gérard DEFOIS, ancien archevêque de Reims, en charge par la suite de l’évêché de Lille et qui a célébré la messe de Pâques ce matin à 11 heures dans l’église abbatiale de Fontevrauld… Nous sommes en Normandie depuis hier mais avons échangé des mèls avec Monseigneur DEFOIS qui nous a, à son tour, souhaité de joyeuses Pâques juives comme nous le faisons respectueusement pour lui, à l’occasion des Pâques chrétiennes.
    Au cours de ce déjeuner pris dans un magnifique restaurant La licorne, nous avons joint de la spiritualité à une très haute gastronomie. Nous n’ignorons pas que l’homme ne vit pas que de pain, mais comme le rappelait sournoisement Voltaire, il en vit aussi…
    En bref, tout s’est très passé, n’était une petite décharge de batterie qui fut raisonnablement réparée. Mais comme nous l’enseigne un dicton talmudique,  tout contre temps, tout obstacle peut avoir des conséquences bénéfiques : kol ‘aqqava le-tova.
    Joyeuses Pâques aux uns et aux autres

  • LE DRAME DU PEUPLE SYRIEN

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    LE DRAME DU PEUPLE SYRIEN
    En vérité, le régime syrien ne peut pas changer, la violence lui est congénitale, et de ce fait il est en train de hâter sa chute tout en obéissant à sa nature profonde. Vous rendez vous compte ? Près de 100 morts tués par des snipers juchés sur les toits surplombant un immense cortège d’hommes, de femmes et d’enfants, se rendant aux obsèques des martyrs de la veille…
    Incroyable ! Le président syrien signe la levée de l’état d’urgence et rien ne change puisque son propre frère dirige la répression d’une main de fer.
    Ce qui est encore plus frappant, c’est que le pouvoir syrien ne peut rien faire pour stopper la violence tant sa seule existence équivaut au meurtre et à la violence de toutes sortes ! Je sais que lze mot est dur mais il est malheureusement avéré.
    Et maintenant que va-t-il se passer ? Il est peu probable que les autorités syriennes actuelles  partent d’elles-mêmes. Il est tout aussi improbable que les puissance occidentales les mettent sous pression comme elles le font depuis quelques semaines pour la Libye. Pourtant, l ;a mise de ce régime conduirait à la neutralisation tant attendue du Hezbollah et ferait décroître la tension dans la région. Je pense aussi au Hamas et à l’Iran qui ne disposerait plus de tête de pont sur place.
    Mais le plus triste, ce sont ces centaines de morts innocents qui ne éclament qu’une chose : vivre libres.

  • LE STUPEFIANT PROCES D’ADOLF EICHMANN A JERUSALEM

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    LE STUPEFIANT PROCES D’ADOLF EICHMANN A JERUSALEM

    Ceux qui suivent ce blog régulièrement sont déjç vu une notice sur le même sujet. Mais si j’y reviens, c’est suite à la diffusion par France 2 d’un récapitulatif du procès vivant… Où l’on voit des témoins porter témoignage en pleurs, ces hommes ne supportent pas d’être face à leur bourreau et tombent à terre, évanouis. D’autres crient leur indignation de voir juger un tel homme qui méritait une simple exécution sommaire, tant ses crimes sont incalculables et  dépassent l’imagination humaine.
    Mais ce n’est pas cet aspect qui m’a le plus frappé, ce qui m’a stupéfié, c’est l’aplomb d’Adolf Eichmann, sa pugnacité, ses tics faciaux, les clignement de ses yeux, son attitude de non-compassion, bref un homme qui ne regrettait rien. Non, disait-il avec véhémence, je n’ai fait qu’obéir aux ordres, j’étais chargé d’assurer le tran sport, le reste ne me concerne en rien. Ce qui est arrivé à ces personnes une fois rendues à leur destination ne me regarde en rien. Les vrais criminels sont les concepteurs du projet, les auteurs du génocide, pas moi. En aucun cas…
    Le procureur général lui rétorque qu’il était présent lors de la conférence de Wannsee de l’été 1942 lorsque fut décidée la solution finale du peuple juif. Eichmann n’est pas ému et rappelle qu’on l’avait requis. Le procureur lui signale qu’il fut le secrétaire de la conférence Protolland, celui prenait note, en somme le greffier de la réunion… Rien n’y fit.
    Le président lui demande quels sentiments il avait éprouvés lorsqu’on lui signala le sinistre abattage des chambres à gaz et des fours crématoires ; Eichmann a le front répondre qu’il garde pour lui ses sentiments profonds/ Le président insiste et précise sa pensée : l’œuvre effectuée par les Nazis était plus là pour porter témoignage, c’est donc au procureur d’y suppléer et de parler en leur nom…
    L’un des hommes torturés et tatoués dans les camps nazis a porté témoignage : quand il était, tout jeune adolescent au camp, il était chargé de répartir les cendres des morts dans les ruelles afin que les soldats ne glissent pas en marchant. Ces amas de cendres humaines avaient la taille de véritables collines. Or, lorsqu’il fut chargé en pleine nuit de répandre les centres d’Eichmann en haute mer, il fut étonné de constater combien peu de choses pouvaient rester d’un homme… C’est alors qu’il fit le rapprochement avec l’usine de mort  où il se trouvait : pour atteindre une telle hauteur, les collines de cendres devaient avoir le cimetière de centaines de milliers d’êtres humains…
    Quelle inhumanité ! Fallait-il exécuter Eichmann ou fallait-il le maintenir en prison pour le restant de ses jours ? J’avoue ne pas hésiter dans le choix de ma réponse.bien de nature purement criminelle, oui ou non ? Le Nazi refuse de répondre et persiste : cela ne regarde que lui…
    Je pense que c’est à ce moment là que le procès a basculé et que le sort du criminel nazi fut désormais scellé. Par la suite, l’homme tenta de faire valoir qu’il avait maintes fois demandé d’être dessaisi de ses fonctions. Refus de ses supérieurs. Mais le dossier de l’accusation était solide et le procureur a pris au début le ton du prophète vengeur : le sang, dit-il de millions de morts, morts sans sépulture, crie devant la justice. Ces témoins ne sont

  • Concert de Gustav Mahler à la FENICE de Venise…

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    Concert de Gustav Mahler à la FENICE de Venise…

     

    L’autre vendredi soir, grâce aux bons soins des concierges clés d’or du D—i, nous avons pu assister à un concert de Gustav Mahler : la sixième symphonie dirigée par le chef israélien Eliahou Inball… Ce fut extraordinaire !

    On se demande souvent ce que la musique apporte au monde ; à encore le philosophe allemand Arthur Schopenhauer, la musique n’a pas besoin du monde mais le monde ne peut se passer de musique.

    Au Moyen Age, on établissait une hiérarchie de sens et on plaçait l’ouïe au tout premier car c’était l’instrument de la Révélation au pied du Mont Sinaï : les Hébreux ont entendu mais n’ont rien vu, aucune forme, aucun corps, seulement des sons.

    C’est que les autres sens comme la vue, le toucher et le sentir sont trop grossiers par rapport à l’ouie où seul un son heurte la paroi interne de l’oreille et provoque l’audition. Alors que l’œil doit recevoir un contact avec la forme de l’objet, sans même parler du toucher (dont Aristote dit dans l’Ethique à Nicomaque que c’est un opprobre pour nous) et encore moins du sentir et du goûter…

    Mahler, comme chacun sait, est un peu spécial, et pour moi je préfère Das Lied der Erde mais ce fut merveilleux. Surtout ce chef israélien qui semblait connaître son affaire à la perfection et diriger les yeux fermés.

    Encore un miracle à Venise

  • la résurrection dans le judaïsme Tehiyyat ha-Métim

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    Conférence devant êprononcée à l'abbaye de FONTEVRAULT le vendredi 22 avril à 18 heures (D- voulant)

     

    la résurrection dans le judaïsme

    Tehiyyat ha-Métim

     

    Remarques préliminaires :

    La résurrection des morts est une doctrine cardinale du judaïsme biblique et rabbinique, même si on en a sévèrement restreint l’application par la suite, en raison, principalement en raison des contestations judéo-chrétiennes axées autour de la Résurrection de Jésus.

     

    Dans la Bible :

     

    Deut. 32 ; 39 : je fais mourir et je fais vivre (mémit u-mehayyé). D- apparaît comme le seul qui ait le pouvoir de faire revivre après avoir fait mourir. C’est donc bien de résurrection qu’il s’agit ici.

    I Rois 17 : Elie ressuscite le fils de la veuve de Sidon

    II Rois 4 : Elisée ressuscite le fils de la Shounamite… Mais là se pose un problème de taille : comment un cohen et le prophète en était un, a-t-il pu se rendre volontairement impur au contact d’un cadavre ? Conclusion, l’enfant n’était pas vraiment mort…

    Isaïe 26 ; 19 : Tes morts revivront, comme mon cadavre ils se lèveront. Réveillez vous er chantez vous, vous qui vivez dans la poussière.

     

    Mais c’est dans le livre de Daniel, modèle de toute apocalypse juive classique, que se trouve la référence la plus claire : 12 ; 2 : Et beaucoup de ceux qui gisent dans la poussière se réveilleront… Bizarrement, ce livre de Daniel est classé parmi les Hagiographes et point parmi les prophètes.

     

    En fait, la résurrection est presque toujours reliée à l’ide de justice et d’éthique universelles. Ce qui ouvre la porte à un processus de spiritualisation…

     

    On peut encore citer un verset des Psaumes : we-hu yenahgué al mot (ou mawet) Il conduira par dessus ou par delà la mort. Mais s’agit-il du substantif MORT ou d’u mot d’une divinité païenne ?

     

    LE PROBLÈME DE LA RÉSURRECTION DES CORPS

    C’est un phénomène plus complexe car il succède au passage dans le tombeau. Les Sages répondent que D- a pu créer l’univers et l’homme à partir du néant, a fortiori pourra-t-il le faire à partir d’une matière déjà existante, même à l’état inanimé…

    Saadia Gaon (882-942) expliquait dans son Livre des croyances et des opinions (Sefer Emounot we-dé’ot) que même une personne, à moitié dévoré par un fauve pourrait ressusciter dans son intégrité première puisque D- a pu le créer à partir de rien. A fortiori à partir d’un corps même mutilé ou amputé…

     

    LE RÉSURRECTION FACE À L’IMMORTALITÉ DE L’ÂME :

    Excellent passage métaphorique du traité Sanhédrin 91a-b (allégorie de l’aveugle et du cul de jatte) : symboles respectifs de l’âme qu’on ne voit pas et du corps qui ne peut pas bouger… Le juge suprême les met l’un sur l’autre et les juges comme une entité unique. C’est un non dogmatique à la dichotomie grecque du corps et de l’âme, de la matière et de l’esprit.

    A elle seule, l’âme ne suffit pas et le corps contribue lui aussi à l’identité de l’homme.

    Donc rejet de la vision grecque la personnalité humaine… Disons aussi que pour les Grecs la Résurrection est une pure vue de l’esprit…

     

    La résurrection, une expérience vécue :

    Berachot 58b : si je ne revois pas un ami pendant 30 jours, je dis la bénédiction suivante en le rencontrant : Shé héhéyanou (qui nous a fait revivre, et après 12 mois : mehayyé ha-métim (résurrecteur des morts)

    ET DANS CE CAS, IL FAUT COMPRENDRE NON PAS DES MORTS MAIS DES MORTELS. Ce qui change entièrement la perspective.

     

    Dans la liturgie : omniprésence de l’idée de résurrection

     

    Dans la prière matinale, il est question de celui qui restitue l’âme à des corps inanimés (ha-mahazir neshamot li fegarim métim.)

    Une légende talmudique enseigne que durant notre sommeil nocturne nous sommes inanimés, comme morts. Et au lever D- nous a redonné vie… en nous rendant notre âme.

     

    Intéressante dialectique entre MORTS ET MORTELS

     

    Ce qui sert de réminiscence scripturaire à cette idée n’est autre qu’un verset du rouleau des Lamentations (3 ;23) : hadashim la-beqarim (Nouveaux ou renouvelés au matin)

    Beréchit rabbi 78 ;1 : Rabbi Simon ben Abba : parce que tu nous renouvelles chaque matin, nous pouvons te faire confiance pour faire revivre les morts pour nous

     

    UNE RÉSURRECTION SPIRITUALISÉE : LA THÉOPHANIE DU SINA

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  • Les révolutions arabes : le cas spécifique de la Syrie

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    Les révolutions arabes : le cas spécifique de la Syrie

     

    Suivi hier sur LCI lors de l’émission de Michel Field qui avait invité quelques spécialistes du monde arabo-musulman pour évoquer les suites de la révolution en Egypte, l’éventuel procès de Hosni Moubarak et les développements inquiétants en Syrie.

    Commençons par le pays des Pharaons dont on a déjà parlé ici même : les généraux ne rendront pas le pouvoir et ne peuvent pas lutter efficacement contre le système qu’ils entendent dénoncer puisqu’ils ont contribué puissamment à le mettre en place et à le maintenir en vie. Ils commettent une erreur fatale en offrant à la populace quelques têtes pour, provisoirement, sauver la leur, mais s’ils persistent dans cette voie glissante, leur tour viendra. Enfin, au plan de la démocratie, on n’a jamais vu des militaires arabes rendre gentiment le pouvoir aux civils d’autant que l’oligarchie en Egypte est, avant tout, constituée des chefs des forces armées, le Djich étant la seule force organisée du pays… Traduire en justice les hauts dignitaires de l’ancien régime, aujourd’hui déchu, est, je le répète, une erreur.

    La Syrie, elle, constitue un cas à part et son régime ne s’effondrera pas comme cela fut le cas en Egypte ou en Tunisie : ici, les forces de sécurité et l’armée ont derrière elles une longue tradition de féroces répressions : on l’a vu lorsque Bachar el-Assad est intervenu devant le parlement comme un pantin hilare qui n’avait pas pris la mesure du changement. Et voilà qu’après des centaines de morts et des jours entiers de troubles et de manifestations, il est contraint de lever l’état d’urgence… Ce qui ne plaît pas à tout le monde dans son entourage immédiat. On sent que le front gouvernemental se lézarde et que les durs du régime tiennent encore la corde… Espérons pour eux qu’elle ne servira pas plus tard comme instrument de potence.

    Les USA et l’Arabie Saoudite, deux ennemis de la Syrie baassiste, ne cherchent pas, dans l’immédiat, la chute du régime d’el-Assad car si ce régime tombait brusquement, c’est toute la région qui se déstabiliserait, voire sombrerait dans le chaos. Même Israël observe la situation avec une certaine inquiétude car le régime actuel , pour sanguinaire qu’il soit, préserve le calme à la frontière, même si, par derrière, il arme deux ennemis jurés d’Israël, le Hamas et le Hezbollah.

    L’Arabie Saoudite est engagée dans une terrible guerre de succession : le roi actuel est âgé et peine à se rétablir d’une longue maladie qui le tint éloigné des affaires. Or, les Saoudiens ont été effarés de voir avec quelle insistance les USA ont réclamé le départ d’un homme, Hosni Moubarak, qui a tout fait pour eux au Proche Orient, voire même réclame sa tête sans bouger le petit doigt… Ils ne veulent donc pas subir le même sort et c’est ainsi qu’ils bravé l’interdit US en envoyant des blindés à Bahreïn… C’est dire si la confiance règne. Pour leur part, les USA expliquent à qui veut les entednre qu’ils ne permettront jamais l’émergence d’un nouvel Iran…

    Enfin, restent le pétrole et les sources d’approvisionnement des USA et de l’Europe pour lesquels les nations sont souvent partis en guerre… Les Américains jouent leur petit jeu perso en dialoguant avec toutes les parties, y compris les Frères Musulmans, qu’ils essaient d’amadouer en leur promettant de ne pas les contrer s’ils ne franchissent pas certaines lignes rouges : la sécurité d’Israël et l’approvisionnement en pétrole. C’est de bonne guerre, mais tout de même.

    Et quand on voit que M. Obama est en retrait en Libye uniquement pour favoriser sa réélection, on se demande à qui on a à faire…

    Ceci conduit à penser que les USA tiennent en réserve toutes les options possibles sur le cas syrien : pour le moment, ils ne soufflent pas sur les braises et observent, mais dès qu’ils repéreront un homme ou un parti susceptible de l’emporter, ils tenteront d’avoir barre sur lui, à la seule condition qu’il s’engage à respecter les deux points signalés supra

    Et pendant ce temps, les Syriens se font tirer dessus et les civils à Misrata comptent plus de mille morts. Qui dit mieux…

  • La semaine sainte: Pâques et Pessah

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    De la sortie d’Egypte à la Résurrection…

    Comment sommes nous passés d’une célébration consacrée à la sortie d’Egypte à un événement de tout autre nature, la Résurrection de Jésus? Juifs et chrétiens célèbrent, qui la semaine sainte, qui Pessah ; cette fête a débuté lundi soir et durera sept jours, au cours desquels on ne mange que du pain azyme, la matsa. Comme toutes les fêtes religieuses, cette célébration trouve son origine dans la ronde des saisons, en l’occurrence, le printemps. A l’origine, il y avait deux célébrations, très proches l’une de l’autre, et qui finirent par fusionner : celle du pain azyme et celle de l’agneau pascal. Bergers et cultivateurs se réunissait pour un grand repas au cours duquel on immolaiait un agneau ; cette réunion fusionna ensuite avec la fête du pain azyme qui marque l’Exode d’Egypte lequel constitue le premier événement national des hébreux en tant que peuple.

    L’Exode relété par la Bible hébraïque, et la Résurrection de Jésus, lue dans les Evangiles, sont des événements majeurs de l’Histoire sainte. de «mythes fondateurs» qui gisent au fondement même de la foi.

    Alors que la fête de Pâque renvoie à un épisode biblique unique, sa commémoration diverge profondément selon qu’il s’agit de la tradition juive ou de la tradition chrétienne. Chacune voit dans cette célébration pascale un épisode crucial de son vécu religieux..

    Le nom de la fête de Pessah, la Pâque juive, provient, selon l’étymologie biblique d’une verbe signifiant passer, enjamber. Ce serait donc un rituel de passage d’un état à un autre, de l’esclavage à la liberté, en l’occurrence.

    Après la Passion, l’Eglise primitive revisita son histoire dans laquelle elle projeta son vécu religieux immédiat. L’Eglise, encore juive, pouvait puiser dans son nouveau terreau un autre événement, tout aussi important aux yeux du judaïsme ancien, la Résurrection. Vu la proximité de Pessah et la terrible déception qui s’était abattue sur les Apôtres, la fête prenait une autre dimension et devenait celle de la Résurrection et Jésus, l’agneau pascal, l’objet même du sacrifice.

    Un passage très expressif du prophète Osée (6 ;2) contient tous les ingrédients de la Résurrection, telle qu’elle se lit dans les Evangiles: «Il nous fera revivre après deux jours ; au troisième jour il nous ressuscitera et nous revivrons devant lui…» Comme la communauté de Jérusalem baignait dans un environnement exclusivement juif et que des hommes tels que Jacques étaient de fins lettrés, est-il concevable que ces juifs aient ignoré un tel verset prophétique ? Or ce verset commence par évoquer les blessures subies et que Dieu vient justement guérir…

    Dans le sillage de Philon d’Alexandrie, l’exégèse patristique est allée dans la même direction en allégorisant la prescription majeure de la fête pascale : la consommation de pain azyme qu’elle interprète comme une exhortation à la modestie et à l’humilité alors que le pain levé, couramment consommé, évoque un cœur humain gonflé d’orgueil. Quant à l’Egypte ancienne prétendument esclavagiste, Philon d’Alexandrie n’y voit que l’allégorie d’un espace dénué de spiritualité et d’amour du prochain. Ne devrait-on pas s’inspirer d’un si haut exemple ?