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  • La crise libyenne : le passsage du témoin à l’OTAN

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    La crise libyenne : le passsage du témoin à l’OTAN

     

    On ne comprend pas très bien l’empressement des USA à transmettre le commandement des opérations en Libye à l’OTAN, structure militaire de l’alliance de l’Atlantique Nord, où, de toutes manières, ce sont ces mêmes USA qui détiennent le pouvoir, en raison de leur engagement massif. Mais pourquoi tout ce désordre et cette apparence d’instabilité au sein de la coalition ?

    Ces craintes semblent émaner de la raison suivante : l’OTAN serait considérée par les musulmans et les Etats arabes comme le bras séculier de l’Occident chrétien et pourrait mobiliser contre la coalition à l’œuvre en Libye la rue et l’opinion arabes.

    C’est difficilement compréhensible puisque cette même OTAN est à la manœuvre en Afghanistan, et dans une certaine mesure, en Irak. Et enfin, il faudrait que l’opinion publique arabe cesse de se choisir des champions qui tyrannisent leurs peuples. Quand on regarde les banderoles déployées tant en arabe qu’en langues étrangères dans les rues de Benghazi et d’autres cités rebelles, les résistants demandent , voire exigent le respect des droits humains. Ni islam, ni islamisme, ni nationalisme panarabe. Au fond, on assiste à une prise de conscience des peuples arabo-musulmans qui comprennent enfin qu’on a opposé artificiellement les valeurs orientales aux valeurs démocratiques de l’Occident judéo-chrétien. Il faut cesser de se poser en s’opposant. Depuis le début du XVIIe siècle, date de l’essor de l’Europe judéo-chrétienne et du décrochage de l’empire ottoman (l’homme malade de l’Europe), la civilisation arabo-islamique semble marquer le pas et prendre un retard qu’elle n’a jamais pu rattraper depuis. Il faut que cela change : et alors nous enregistrerons avec satisfaction le retour de la civilisation arabo-musulmane, brillante à ses débuts, dans le concert des nations. Cette nouvelle mentalité facilitera le retour de cette culture dans le giron de la mondialisation.

    Ce fait est remarquable et n’a pas été assez souligné par les media.

    Un autre point mérité d’être signalé ; l’attitude de la Turquie que les membres de la coalition ont su convaincre de jouer un rôle plus actif au sein même de l’OTAN dont elle est membre. Il est vrai que le cartésianisme n’est pas le bien commun de tous : M. Erdogan suit parfois des logiques qu’on a peine à comprendre. Mais enfin ? L’essentiel, c’est le résultat.

    Et le plus grand des résultats, c’est d’abréger les souffrances inouïes du peuple libyen, de lui rendre la liberté de s’autodéterminer et de rejoindre enfin le concert des nations autonomes, tournant définitivement le dos au terrorisme et au népotisme.

  • Mais que se passe-t-il en Syrie ?

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    Mais que se passe-t-il en Syrie ?

     

    Les Etats voyous peuvent-ils se régénérer, s’amender ? Cela paraît impossible. Et la Syrie en offre un exemple frappant. Jacques Chirac, mû par ses amitiés libanaises, avait à juste titre ostracisé le régime syrien (qui maintient l’état d’urgence et suspend les libertés depuis 1963), soupçonné d’être pour quelque chose dans l’assassinat de Rafic Hariri, le père de l’éphémère Premier Ministre Saad Hariri. Ce jeune dirigeant politique est tombé à la suite d’une manœuvre du Hezbollah, véritable marionnette entre les mains de ses maîtres libanais et syriens. Et c’est justement dans le pays de Bachar el Assad que cinq manifestants au moins ont été tués hier par les forces de l’ordre, dans la ville de Dera…

    Il semble que le reste du monde, je veux dire le monde civilisé, n’accepte plus que de tels régimes continuent de sévir contre leur propre population et à nourrir le terrorisme international. Dans des pays comme l’Iran et la Syrie, ce modus operandi est devenu une politique d’Etat. Mais voilà, une réalité nouvelle s’est imposée à la vitesse de l’éclair : l’Egypte est tombe, la Tunisie est tombée, la Libye est en train de tomber, le Yémen va tomber et ne veut plus d’un dirigeant sanguinaire qui a fait tuer tant de manifestants désarmés. Aujourd’hui, c’est le tour de la Syrie ui réagit comme à l’accoutumée, au lieu de tirer des leçons des événements récents.

    Aucun pouvoir ne peut tenir face à un soulèvement populaire : le temps n’est plus où le père de Bachar elAssad pouvait faire tuer en plein jour des dizaines de milliers d’hommes et de femmes entrés en rébellion contre lui… De telles exactions ne sont plus possibles.

    Il est vrai aussi que les pays occidentaux nt mis un terme à cette complaisance désastreuse face aux pays arabes, même si ceux ci ont du pétrole…

    Si nous parvenions à développer des énergies nouvelles et à nous passer des hydrocarbures, nous priverions les pays en questions d’une arme et d’un chantage insupportables…

    Le salut viendra peut-être des masses arabes, enfin conscientes des bienfaits de la démocratie et de la nécessité de vivre en paix avec tous leurs voisins. Leur intégration dans la mondialisation est à ce prix…

  • LE TROUBLE A L’UMP APRES LA PERCEE DE MARINE LE PEN

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    LE TROUBLE A L’UMP APRES LA PERCEE DE MARINE LE PEN

    On n’en finit pas de parler des répercussions des élections cantonales qui étaient pourtant, jusqu’ici, des consultations de moindre importance. Cette fois ci, elles pèsent de tout leur poids sur l’avenir du pays et notamment sur les élections présidentielles de 2012. Que va faire la droite, c’est à dire l’UMP, pour le second tour ? Va t on demander de voter pour le PS ou prôner l’abstention, voire le bulletin blanc ?
    Il y a un grand flottement dans les plus hautes sphères de l’Etat : le secrétaire général de l’UMP refuse la notion de front républicain car il ne veut pas que son électorat prenne l’habitude de voter pour le PS. C’est aussi la position du président de la République. Mais ce n’est pas celle du Premier Ministre ni celle de M. Jean-Louis Borloo qui appelle clairement à se défier du FN, en arguant que ce parti n’est pas un parti républicain… Mais la grande inconnue, ce sont les candidats : quels mots d’ordre vont ils donner ? Et, enfin, les électeurs, seuls propriétaires de leurs votes : vont ils suivre ? Vont-il s’en remettre à leur seule conscience ? Nul ne sait. Tout ce qu’on peut dire, c’est que le FN a tourneboulé le paysage politique en ayant eu la malice d’exploiter les tiraillements de la société française.
    Il y a des problèmes réels de la vie quotidienne dont les partis traditionnels ont refusé de se saisir au motif que le FN s’en était emparé : ce fut une erreur fatale que Lionel Jospin a fini par payer en 2002 en étant éliminé au second tour de la présidentielle…
    De 2002 à 2011 : 9 années se sont écoulées et les partis de droite ont constamment hésité à parler sérieusement de trois choses : l’immigration, la criminalité et l’insécurité. Et ce n’est pas tout : les couches populaires de notre pays ont constamment, à tort ou à raison, imputé la responsabilité de tous ces maux à une certaine culture, une certaine immigration, une certaine religion, trop différentes des leurs. On n’a pas réagi et le résultat c’est la montée en flèche du FN.
    Il faut souhaiter que cette radicalisation soit de courte durée !
    Un exemple qui m’a laissé transi : il y a quelques semaines, je me trouvais dans une banlieue de Seine Saint Denis et je discutai avec une trentaine d’habitants qui se plaignaient en termes très vifs de la détérioration continue de leurs conditions de vie, de la précarisation de leurs habitations et de l’insécurité… L’un d’entre eux s’est levé pour dire devant tout le monde qu’il n’y avait plus un seul restaurant vraiment français, un seul café vraiment européen dans sa ville qui ne se trouve pourtant qu’à 25 km de la tour Eiffel…
    Je n’avais encore jamais entendu cela. J’étais sidéré. Et je le fus encore plus en lisant les résultats du premier tour dans cette ville…
    Est-ce étonnant ?

  • L’ALLIANCE, L’UNIVERSALISME ET LE PARTICULARISME

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    L’ALLIANCE, L’UNIVERSALISME ET LE PARTICULARISME

    Je viens d’achever la lecture attentive du dernier numéro de la revue SENS, qui traite des relations judéo-chrétiennes. Il s’agit du numéro 357, de ce mois de mars 2011.  C’est  André Neher, l’éminent professeur de pensée juive de l’université de Strasbourg, celui qui donna aux matières hébraïques leurs lettres de noblesse en France, qui constitue la trame principale de ce numéro. Tout d’abord un de ses disciples italiens, Raniero Fontana, lui consacre une belle étude sur les relations entre la Tora, issue de la Révélation du Sinaï et apanage exclusif du peuple juif et les sept lois des fils de Noë, les Noachides, sensés incarner un minimum de conduite éthique, même sans avoir reçu la doctrine révélée. Cela pose évidemment la question des relations entre l’humanité monothéiste juive, ce que Samson-Raphaël Hirsch nommait der Mesnch-Isroel et l’écrasante majorité du reste de l’humanité, non-juive.
    ON a limité à sept les commandements donnés à l’humanité non juive mais acquise aux idéaux du monothéisme : adorer D-, respecter ses parents, ne pas tuer, ne pas commettre d’adultère, instaurer des cours de justice et ne pas consommer de membre d’un animal encore vivant… 
    Grande fut la tentation, en raison de sanglantes persécutions anti-juives, de voir les enfants d’Israël vouer aux gémonies leurs oppresseurs idolâtres ou athées. De même qu’il existe pour les juifs une question chrétienne, il existe aussi pour eux une question de l’(humanité non-juive.
    Neher qui remit les écrits du célèbre Maharal de Prague à l’honneur, y puise les ingrédients de sa démonstration, notamment dans le Puits de l’exil (Béér ha-Gola), en l’occurrence le septième puis, le dernier où le maharal synthétise admirablement bien sa thèse humaniste sur la question. On ne doit pas rejeter celui qui ne croit pas comme nous, voire celui qui ne croit pas du tout car lui aussi a été créé à l’image de Dieu. Il y a là une réaffirmation du monogénisme biblique qui veut que l’humanité a beau être diverse et variée, son origine n’en demeure pas moins unique. Comment ? Les ages enseignent que D- n’a créé qu’un seul ADAM afin que nul ne puisse jamais prétendre qu’il est d’une lignée supérieure à celle d’un autre congénère.
    Mais ce n’est pas tout. Le chercheur italien nous fait l’aubaine d’un inédit de Néher que ce dernier lui avait remis lors d’une rencontre. Le texte, déjà paru en italien, figure dans ce numéro de Sens, en langue originale.
    Je n’ai jamais été un néherien, même si j’ai consenti jadis à publier l’un des textes dans la collection que je dirigeais aux éditions du Cerf. Mais je dois lui reconnaître un certain talent dans l’illustration d’une philosophie vivante, qui ne sombre pas dans les travers ou les affres de l’historicisme.
    Ceux qui veulent s’élever et apprendre, ceux qui jettent par dessus leur épaule la haine gratuite de soi-même ou des autres, doivent méditer cette belle leçon d’André Néher.

  • PAR QUOI S’EXPLIQUE LE SUCCES ELECTORAL DE MARINE LE PEN AUX ELECTIONS CANTONALES ?

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    PAR QUOI S’EXPLIQUE LE SUCCES ELECTORAL DE MARINE LE PEN AUX ELECTIONS CANTONALES ?

    Cette fois ci, l’effet Marine est incontestable, son père a beau tenté de dire qu’il a lui, préparé le terrain et semé les graines du succès : c’est bien la fille qui a damé le pion au père. Et c’est bien là le problème. Avec plus de 15% au premier tour des élections, marquées par une abstention record, le FN confirme ce que les sondages du début annonçaient : une radicalisation de l’électorat français, surtout dans les régions om il y a beaucoup d’immigrés : le Var, le sud ouest, les bouches du Rhône, Marseille etc…
    Ce qui frappe, c’est le comportement de la population française qui se sent menacée par l’islam et rend les Arabes responsables de tout ce qui ne va pas en France, de toutes les difficultés que l’on rencontre dans la vie de tous les jours.
    Est-ce juste ? Non point.
    Mais les partisans du Front National se réjouissent aujourd’hui d’un élément nouveau : le vote qui se porte sur eux ne serait plus de protestation mais d’adhésion. Si un tel constat était avéré, il y aura tout lieu de s’inquiéter. Mais interrogeons nous sur ce malaise de la société française qui doute d’elle même et se méfie de tout.
    Il y a en tout premier lieu une poussée de l’aile extrémiste de l’islam dont l’attitude agressive et invasive inquiète les gens. Tant de Français tentent de quitter les villes de Seine Saint Denis en raison d’une surreprésentation de populations non françaises dont les modes vestimentaires et la mentalité en générale suscitent l’étonnement, pour ne pas dire l’hostilité.
    Il y a aussi la criminalité et la délinquance, les trafics en tout genre que le Français moyen associe à ces gens. Et pour finir, il y a cette pratique religieuse qui inquiète par ses excès, c’est ce que le pouvoir tente de désamorcer par ce fameux débat sur la laïcité…
    Comment faire pour nous sortir de cette mauvaise passe ? Les esprits les plus objectifs et les plus démocrates préconisent une double solution : stopper net toute immigration,  pendant quelques années au moins, et renforcer les tentatives d’intégration. Les Français ne veulent plus de signes ostentatoires religieux dans les rues, les places publiques (la dernière fois on m’a dit que des gens faisaient la prière sur des tapis en bordure de l’autoroute du sud…)
    Nous devons demander aux autorités musulmanes de mettre un peu d’ordre et de raisonner leurs coreligionnaires. C’est l ’unique solution et la dernière chance.
    Car dans un pays démocratique comme la France on peut ignoer sauf la volonté du peuple. On peut tout dissoudre, sauf le peuple, organse souverain suprême d’où tout pouvoir tire sa force.
    L’islam doit devenir une religion comme toutes les autres. Ce n’est

  • AUJOURD’HUI, PREMIER JOUR DE FRAPPE CONTRE LA LIBUE, C’EST POURIM

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    AUJOURD’HUI, PREMIER JOUR DE FRAPPE CONTRE LA LIBUE, C’EST POURIM

    Depuis hier soir et encore ce matin même, les juifs religieux ou simplement traditionalistes, fêtent Pourim, terme originellement persan qui signifie le tirage au sort, le destin. Etant entendu que la thèse théologique du rouleau d’Esther (Meguillat Esther) est que seul Dieu est capable d’inverser la tendance, de rabaisser les puissants et d’exalter les pauvres et les petits…

    Ce rouleau qui prétend mettre en scène des gens, en l’occurrence Mardochée, qui seraient les descendants des exilés par Nabuchodonosor (_-586), est, avec hanoukka, la seule fête non prévue par la Bible mais décrétée par les rabbins.

    De quoi s’agit-il ? Il s’agit d’exposer le mécanisme interne de tout antisémitisme, ancien ou moderne : un tyran ou un être malfaisant, rongé d’ambition et travaillé par tout ce qui ne se soumet pas, décide d’exterminer tous les juifs d’un vaste royaume, celui d’Assuérus qui contrôle plus de 129 provinces qui ont toutes des langues et des écritures différentes.

    Cette belle histoire qui a des aspects légendaires, est remarquablement bien construite et trahit un auteur dominant souverainement l’art dramatique : tout commence par un fait divers, le reine refuse d’obtempérer à l’ordre du roi, son époux, qui lui commande de s’exhiber devant une foule d’invités, censés admirer son incroyable beauté. Offusqué, le roi décide de la destituer et de la remplacer par une autre femme, plus belle et plus jeune. Ce sera Esther, jeune fille juive, nièce de Mardochée : on noter que ces derniers prénoms n’ont pas de consonance juive mais bien persane.

    Mardochée rôde devant le palais royal pour avoir des nouvelles de sa nièce mais le premier ministre Haman s’offusque en voyant que l’homme juif ne lui rend pas l’hommage requis ; il décide de s’en prendre non point à Mardochée seul mais à tout son peuple. Une sorte de solution finale avant la lettre…

    Encouragé par la faveur du roi, Haman lui propose d’exterminer un peuple dispersé par ses autres sujets qet qui refuse de se conformer à ses lois. Assuérus, véritable roi fainéant, donne son accord… Mardoché l’apprend et proclame un deuil général. Il le fait savoir à la reine Esther qui doit faire auprès du roi, son époux, une tentative de la dernière chance. Habile manœuvrière ou fine guêpe, elle organise un festin auquel elle convie le roi et Haman. Soucieux de complaire à sa favorite, le roi lui demande ce qu’elle veut. Esther dit avec émotion qu’un être malfaisant, présent dans cette pièce, envisage d’annihiler tout son peuple. Outré, le roi sort prendre une bouffée d’air et en revenant dans la salle du festin trouve Haman aux pieds de la reine, priant d’avoir la vie sauve… Le roi est outré et croit que son Premier Ministre tentait d’abuser de la reine. Il exige une punition des plus sévères et du coup, la potence que Haman avait préparé pour pendre Mardochée va servir pour sa propre mise à mort

    On le voit, le point théologique du rouleau est le suivant : Dieu, à la toute dernière minutes sauve son peuple en renversant la situation : au lieu d’être exterminés, les juifs viendront à bout de leurs ennemis.  Haman qui souhaitait pendre Mardochée sera pendu par lui, de même que ses fils. Et tout cela, grâce aux prières et aux jeûnes des juifs, adressés à leur Dieu, le seul maître de l’histoire dont il fit dévier le cours au moment où tout semblait compromis…

    S’ensuit alors un immnese festin, le mishtéh de Poruim au cours desquels les gens s’invitent les uns les autres, s’envoient des friandises et aident les pauvres…

    Et la leçon théologique majeure est que le bien finit toujours par triompher et les méchants détruits. Mais toute ressemblance avec les événements de Libye ne serait que le résultat de la coïncidence la plus fortuite

    Pourim saméh !

  • NICOLAS SARKOZY, CHEF DE GUERRE

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    NICOLAS SARKOZY, CHEF DE GUERRE

    Chaque jour qui passe le confirme : c’est le président de la République qui a pris la tête politique et militaire de la coalition qui est mandatée par le Conseil de sécurité de l’ONU pour protéger les opposants à Kaddafi et venir à bout du régime libyen. On a vraiment changé d’époque et de mœurs : désormais, aucun tyran, si déterminé soit-il, ne peut massacrer son peuple impunément. Quand j’entends que Ban Kimoun a téléphoné au roi de Bahrein pour le mettre en garde au cas om il se ferait le boucher de son peuple, je n’en crois pas mes oreilles ! Débarrasser la terre de ses tyrans et de ses dictateurs, qui concentrent majoritairement dans le monde arabe, voilà un objectif que l’ONU aurait dû s’assigner depuis fort longtemps. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire.

    Au moment où je rédige, les télévisions annoncent que les bombardements se poursuivent à un rythme accéléré sur la capitale libyenne, visant des cibles militaires et aussi le bunker du colonel Kaddafi. En dépit de ses rodomontades, aucun pays arabo-musulman ne prend parti pour lui, tous attendent en silence la chute de son régime… De là omù je me trouve, je n’ai pas accès aux télévisions arabes d’Al-djazira et d’Al-Arabiya, mais je doute fort qu’elles le soutiennent.

    Au risque de passer pour un indécrottable optimiste, je maintiens quec e réveil du monde arabe marquera aussi une renaissance, une meilleure appréciation des réalités, un plus grand discernement dans la perception même de leur essence profonde. En d’autres termes, les peuples arabes, libérés de la chape de plomb à la fois des tyrans mais aussi de l’obscurantisme religieux, sauront faire le départ entre le spirituel et le temporel, l’Etat et la religion, et comprendront enfin la notion même de laïcité qui permet à toutes sortes de gens, différents les uns des autres, de vivre ensemble.

    Mais revenons, pour finir, au président Sarkozy qui a prouvé qu’il était en mesure de coaliser et de diriger, avec calme et efficacité, un effort militaire contre un oppresseur de son propre peuple. Cette occasion lui aura permis de montrer, à la face du monde entier, qu’il a l’étoffe d’un véritbale homme d’Etat : calme et déterminé.

  • Quand le monde arabe s'éveillera, le reste de l'univers tremblera

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    Libye, Yemen, Syrie : l’implosion du monde arabe

     

    J’attends avec impatience que les choses se calment pour pouvoir rester fidèle à la vocation première de mon blog, l’histoire des idées, la recherche philosophique et la critique des traditions religieuses. En gros, la diffusion des ingrédients devant servir à l’établissement d’un dialogue des cultures. Apparemment, nous en sommes encore loin.

    J’ai presque envie de changer l’intitulé d’une phrase célèbre en l’appliquant à cette crise terrible qui secoue le monde arabe dans ses profondeurs : Quand le monde arabe s’éveillera, tout le reste de l’univers tremblera…

    Comme vous, j’ai écouté attentivement et en direct, le discours du Pr Obama. Deux lignes force s’en détachent : grande détermination et excessive prudence. Pourquoi ? Le président US appartient au parti démocrate et se sent enlisé, d’une manière ou d’une autre, dans deux autres pays musulmans, l’Irak et l’Afghanistan. Il ne convient pas d’y ajouter la Libye dirigée par un déséquilibré qui serait prêt à tout entraîner, y compris son propre peuple, dans sa chute. C’est la raison pour laquelle les USA ont massé des moyens considérables aux portes de la Libye mais ont laissé les franco-britanniques monter en première ligne. C’est du reste ce qui va se passer.

    Au moment où j’écris, Kaddafi n’a pas respecté sa parole et a permis à ses troupes de pénétrer dans les faubourgs de Benghazi. Cette erreur lui sera fatale, c’est exactement ce qu’a dit B. Obama hier soir, c’est ce qu’ a répété son ambassadrice à l’ONU et c’est que disent S. Sarkozy et David Cameron.

    Le joueur de Poker de Tripoli a joué mais il va perdre car dès cet après midi, toutes ses infrastructures offensives vont être détruites, le vide se fera autour de lui et il devra chercher son salut dans la fuite.

    Les Occidentaux ont trop attendu : même hier, les cris de joie des insurgés de Benghazi dénotaient une grande naïveté, ce régime a toujours menti sur tout. Souvenez vous des infirmières bulgares et du médecin palestinien, des attentats de Lockerbie et du Boeing d’UTA…

    Mais souvenez vous aussi du Tchad et de la bande d’Aouzou que Kaddafi avait annexé de fait… Ayant construit une longue piste de décollage dans la région afin de ravitailler ses troupes, la France l’avait menacé de la bombarder s’il ne se retirait pas. Le colonel-pokerman avait dit à Roland Dumas : jamais vous n’oserez. La France a osé et Kaddafi est parti, s’est retiré.

    Je ne me souviens plus du nom de ce philosophe grec qui avait dit qu’aucun homme ne pouvait lutter victorieusement contre sa nature profonde, son caractère intime : le guide libyen est dans ce cas de figure…

    A cette différence près que cette fois ci, il a abattu le seul joker qui lui reste. Les escadrilles de la VIe flotte qui observent le pays depuis si longtemps en rongeant leur frein ne vont pas tarder à entrer en action. Et ce sera la fin.

    Mais dans l’intervalle, des civils vont mourir à Benghazi : est ce juste ? Est ce éthique ? Non.

    J’apprends aussi ce matin qu’au Yémen plus de cinquante personnes qui manifestaient pacifiquement ont été tuées… Des nouvelles tout aussi inquiétantes nous parviennent aussi de Syrie…

    Etrange, tous ces pays qui prétendaient être à la pointe d’un combat pour une cause arabe, mais, qui, au passage, opprimaient, voire martyrisaient leurs peuples respectifs.

    Il arrive que même les esprits les plus rassis, les plus structurés se demandent si ce n’est pas une intelligence cosmique qui est à la manœuvre dans ces bouleversements et sur laquelle nous n’avons aucune prise…

    Je le redis encore une fois : qui aurait pensé que 2011 marquerait la fin des régimes dictatoriaux du Proche Orient… Et cela ne fait que commencer.

  • L’ONU et la libye : le sursaut de la conscience morale

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    L’ONU et la libye : le sursaut de la conscience morale

     

    Avant même de saluer la décision du Conseil de sécurité de l’ONU, il convient de rendre hommage à la sagacité et à l’énergie d’Alain Juppé, le tout nouveau ministre français des affaires étrangères : la résolution est passée de justesse, mais elle est bien passée. Cela n’aurait pas été le cas sans la farouche détermination du chef de l’Etat , du chef de gouvernement et du chef de la diplomatie française, laquelle enregistre un succès marquant. Il y a lieu de s’en féliciter, sans chauvinisme aucun.

    Ce qui m’inquiète et me déçoit, en ma qualité d’ami de l’Allemagne, c’est son abstention lors du vote : c’est la première fois, je pense, qu’un gouvernement allemand se sépare de l’allié américain, craignant peut-être qu’un colonel Khadafi aux abois ne lance quelques dévastatrices attaques terroristes sur le sol allemand, comme par le passé, à Berlin notamment.

    Le plus important est que le printemps arabe ne s’arrêtera pas aux portes de Benghazi et qu’il poursuivra sa belle floraison dans la paix et le calme, jusques et y compris à Tripoli. On aura ainsi tourné la page de plus de quarante années de dictature.

    La France a prouvé une nouvelle fois, par sa détermination et ses convictions, qu’elle continuait à défendre victorieusement le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Alors que d’aucuns la moquaient et parlaient d’une diplomatie bling bling, suite à sa reconnaissance du conseil national libyen, elle fut la cheville ouvrière de cette résolution qui redore aussi le blason de l’ONU, réputée pour ses interminables palabres au moment même où des endroits du globe étaient jonchés de cadavres d’innocents. Elle n’a pas réagi aussi vite qu’on l’aurait souhaité, mais, pour une fois, elle n’a pas réagi trop tard…

    Des amis israéliens me disaient ce mois de février à Elat que si, un jour, par malheur, la fortune des armes leur était défavorable, l’ONU prendrait sûrement son temps avant de décider la moindre opération de sauvetage. Et de conclure qu’il ne fallait compter que sur soi-même pour assurer sa sécurité. C’est un peu l’enseignement à tirer de l’aventure libyenne…

    Certes, nous nous dirigeons vers des rivages incertains, c’est un saut dans l’inconnu : que vont donner toutes ces révolutions arabes dans des pays où la démocratie n’a que quelques mois ? Que va-t-il vraiment se passer ? L’histoire nous enseigne qu’aucune révolution n’est restée fidèle à ses idéaux initiaux et que des détours, parfois tragiques et inquiétants, ne sont pas à exclure. Voyez la révolution de 1789…

    Mais il n’est pas exclu que pour une fois, l’Orient arabe se mette à l’école de l’occident chrétien. Ce monde arabo-musulman devrait saisisr cette opportunité pour se réformer en profondeur, voire même se régénérer. Il lui faut revoir dans ce nouveau contexte ses relations avec autre que lui-même, en l’occurrence l’occident chrétien et Israël.

    Prenons l’exemple de l’Europe. L’Europe pourrait être une chance pour l’islam, sur notre continent pourrait se développer une religion musulmane en paix avec elle-même et avec son environnement non arabe. En Europe pourrait naître un islam libéral comme il existe, depuis le XVIIIe siècle, une théologie protestante libérale, un catholicisme social ou un judaïsme libéral et réformé.

    C’est aussi simple que cela. Et ce monde arabe, resté éloigné des idéaux démocratiques depuis des lustres, pourra alors prendre toute sa place dans la lutte contre l’obscurantisme, l’ignorance et la fanatisme.

  • Ethique et famille, colloque de la Fondation Ostad Elahi

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    Ethique et famille, colloque de la Fondation Ostad Elahi

     

    Le colloque qui nous réunit depuis hier en cette belle Mairie du XVIe arrondissement porte sur les relations dialectiques entre deux concepts majeurs :

    d’une part, l’éthique, inséparable de tout comportement humain et de toute présence au monde,

    et d’autre part, la famille qui, en dépit de tant de vicissitudes, demeure le noyau central de toute vie en société. C’est tout d’abord au sein d’une famille que nous venons au monde, que nous connaissons les processus de socialisation, d’intégration et d’acculturation

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