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  • LE REVEIL DU MONDE ARABE : DU RJET DES DICTATURES AU MULTICULTURALISME

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    LE REVEIL DU MONDE ARABE :  DU RJET DES DICTATURES AU MULTICULTURALISME
    La dictature, sous toutes les latitudes, ne permet pas le libre examen ni la liberté d’opinion. Cela va de soi car le moindre mouvement d’une pensée autonome s’en prenait au fondement même de ce système qui opprime les hommes.
    Faisons un pari et essayons de voir si la déferlante qui a balayé l’Egypte après la Tunisie est susceptible d’apporter cet oxygène de la pensée qu’est le  livre examen, notamment des textes religieux.
    Maintenant que tous les régimes dictatoriaux arabes se sentent menacés, et cela fait beaucoup de monde, est-ce que les hommes et les femmes de ces pays vont enfin jeter un regard scrutateur et critique (en somme un regard intelligent) sur les sources qui inspirent leur essence profonde ? Après s’être doté d’un régime politique convenable, des interdits théologiques d’un autre âge devraient progressivement disparaître car ils ne pourront jamais co-exister avec des idées démocratiques avances.
    Que pourrait-il alors se passer ? Probablement l’instauration d’un authentique dialogue des cultures permettant aux minorités non musulmanes de vivre, sans être inquiétées, dans un environnement majoritairement musulman. Mais aussi, au sein même de ce monde, le libre examen des sources religieuses, une sorte de critique textuelle comme elle existe chez les juifs et les chrétiens depuis Abraham ibn Ezra, l’Oratorien Richard Simon et le philosophe Bénédict Spinoza.
    Un prêtre maronite fort connu mais que je ne nommerai pas car il m’a prié de ne pas le faire, me confiait un jour que ce qui le heurtait le plus, lui chrétien vivant dans un monde musulman, teanit à deux choses : le refus absolu de toute critique des textes religieux et le confinement des femmes dans des fonctions subalternes.
    Et d’ailleurs, on a vu le rôle joué par les femmes dans la révolution égyptienne et aussi dans celle  de la Tunisie.

  • SANS SES AGRICULTEURS LA FRANCE N’EST PLUS LA FRANCE

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    SANS SES AGRICULTEURS LA FRANCE N’EST PLUS LA FRANCE
    Vu avec beaucoup d’émotion hier soir, samedi peu avant vingt heures dans l’émission de Thierry Ardisson, Salut les terriens, un agriculteur qui s’est opposé au ministre de la fonction publique. L’homme, indigné et au bord des larmes, expliquait comment il avait, acculé, pris la décision de faire arracher ses pommiers car il vendait aux grandes surfaces ses pommes à 17 cts d’Euros le kg alors que cela lui revenait nettement plus cher. Et surtout qu’il retrouvait ses pommes à plus de 2 € le kg dans ces mêmes grandes surfaces. C’était déchirant à entendre et à vivre.
    Il fut aussi question de ces agriculteurs qui se suicident, de ces productrices de lait qui travaillent à perte et de ces contrats envisagés par le parlement européen de Strasbourg qui ouvrent la voie aux produits d’Afrique du Nod et d’Amérique du sud. Ce qui va donner le coup de grâce à nos productions agricoles et laitières.
    Qu’on se le dise : la France sans ses agriculteurs, ses éleveurs et ses producteurs de lait ne sera plus la France. Aurait-on oublié la phrase frappée au coin du bon sens qui vantait les deux mamelles de la France ?
    Ceux qui admettent ce changement brutal, voire la mutation de la France qui irait d’un pays dévoué à l’agriculture à un pays comme l’Allemagne, spécialiste des industries lourdes et de pointe, arguent de la mondialisation. Qu’est-ce à dire ? Tout simplement que le travailleur africain ou arabe ou chinois se fait payer  nettement moins cher que l’ouvrier français… Cet argument n’est pas dépourvu de fondement : mais alors devons nous avaliser une baisse constante du pouvoir d’achat de nos agriculteurs ? J’avoue ne pas savoir.
    Ce que je sais en revanche, c’est que nous tenons tous à la France de notre enfance avec son lait, son beurre et ses excellents fromages. Je goûte aussi, cependant, le bon gruyère suisse…

  • UNE AUTRE LECTURE DE L’ACTION DU PR OBAMA DURANT LA CRISE EGYPTIENNE…

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    UNE AUTRE LECTURE  DE L’ACTION DU PR OBAMA DURANT LA CRISE EGYPTIENNE…
    Pour être équitable et donner la parole à d’autres sensibilités et tendances, différentes de la mienne, je veux bien prendre la question par un autre bout, plus favorable à l’action du Président US bien que de grands journaux tels Le Monde aient pris le même angle d’attaque que moi.
    Selon cette thèse, c’est le discours du président US l’année dernière au Caire qui aurait fait fonction de semence de la dissolution et de la disparition  soudaine du régime de Moubarak en Egypte et ouvert les yeux aux jeunes et aux femmes du monde islamique dans son ensemble.
    Le Président US y disait que le monde arabo-musulman n’avait rien à craindre de l’Amérique, que celle-ci ne serait jamais son ennemie et qu’il avait lui aussi, Obama, des musulmans dans sa famille. Soit dit en passant : une telle affirmation a conduit 30% de ses compatriotes à voir en lui, un non chrétien , étranger aux USA. M. Obama soulignait que l’islam était soluble dans la démocratie et que son milliard de croyants n’était pas condamné à vivre sous la dictature…
    Selon les partisans d’Obama, ce serait ce discours qui aurait fait des petits, s’immisçant insidieusement dans l’esprit des masses et des foules arabes, leur montrant la voie à suivre. Ce même discours aurait été, comme Fichte en son temps, un appel à la notion arabo-musulmane, comme le célèbre  professeur d’Iéna en avait appelé à la nation allemande, du temps des guerres napoléoniennes…  Les femmes, elles aussi, auraient été touchées par un tel appel et ont joué un rôle indéniable dans la révolution de –Meydane al-Tahrir
    Ce discours aurait mis plus d’un an à germer mais on en a vu les résultats en Tunisie et en Egypte. Selon les pronostics, le prochain maillon faible serait le Yémen, suivi soit par la Jordanie soit par l’Algérie.
    Selon cette interprétation très généreuse à l’égard de M. Obama, l’homme aurait su trouver le canal pour agir sur ce monde arabe si compliqué… C’est possible mais je ne suis pas convaincu. Je préfère –et de loin- le bel article publié par M Luc Ferry en cette fion de semaine dans Le Figaro.

  • LES SUITES DE LA RÉVOLUTION EGYPTIENNE : DU NATIONALISME AU BELLICISISME ?

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    LES SUITES DE LA RÉVOLUTION EGYPTIENNE : DU NATIONALISME AU BELLICISISME ?

     

    Ce matin, les radios et les télévisions se font l’écho des inquiétudes qui assaillent tous les esprits : que vont faire les militaires, détenteurs exclusifs du pouvoir ? En fait, le monde occidental est vraiment pris de court par tout ce qui arrive car il a toujours voulu, consciemment ou inconsciemment, ignoré les Arabes, leurs caractère, leur religion et leurs mœurs en général. Quand on entend certains commentateurs autorisés, même ceux venant du Quai d’Orsay, on se demande comment on peut être si mal informé de l’âme arabe, de ses réactions, de sa sensibilité et de son altérité par rapport aux valeurs occidentales. Seuls quelques universitaires de haut vol savant, mais on ne leur demande jamais leur avis. Et lorsque les catastrophes fondent sur le monde, on leur alors de les commenter. En latin cela s’appelle logificatio post festum

    Un exemple dans le cas égyptien qui nous occupe et nous préoccupe depuis quelques semaines : le rôle de l’armée, son ambiguïté, le jeu trouble joué par elle etc…

    On dit aujourd’hui qu’elle a pris le pouvoir, mais elle ne l’avait jamais rendu ni perdu. On peut simplement dire qu’elle agit désormais au grand jour et qu’elle apparaît en toute première ligne. Le président Moubarak n’a pas pu, à lui seul, tenir tout un pays de près de 85. 000 000 d’habitants s’il n’était pas relayé par d’innombrables infrastructures dont l’armée a toujours été l’âme. Depuis le début des années 50, aucun haut dirigeant de l’Egypte ne fut un civil, tous les chefs sont issus de l’armée de Naguib à Moubarak. S’il existe un pays où le complexe militaro-industriel est présent, c’est bien l’Egypte. Il est vrai aussi que même en Israël tant de premiers ministres ont fait une longue et brillante carrière dans Tsahal ; mais la différence, et elle est de taille, c’est qu’en Israël le régime a toujours été démocratique. Même David Ben Gourion a dû plier lorsque la majorité de Kenését lui retira sa confiance… Ce n’est pas le cas dans ce monde arabe en ébullition.

    Je ne redoute nullement une action militaire aventureuse contre Israël, ni même une mesure au profit du Hamas à Gaza car la haute hiérarchie militaire égyptienne ne veut pas le développement du Hamas ni son extension vers l’extérieur. Non, ce qui me préoccupe, c’est la renaissance d’un nationalisme qui pourrait aboutir à un bellicisme lequel ramènerait quatre décennies en arrière.

    L’Egypte va nous réserver bien des surprises dans les semaines à venir. Mais nous regardons avec une appréhension certaine ce qui va se passer ce samedi à Alger, ce qui risque aussi d’arriver en Syrie… Et dans ces deux pays où la situation est critique, le pire, hélas, est à craindre…

    L’armée algérienne n’est pas l’armée égyptienne. Elle ne reçoit d’ordre que de ses chefs et ne dépend de personne d’extérieur pour ses équipements. Les milliards provenant du pétrole et du gaz lui assurent une autonomie considérable.

    Mais après tout, peut-être existe-t-il une force, une intelligence cosmique qui favorise, sans qu’on le sache, l’émergence, la victoire de l’esprit et de la justice sur les forces maléfiques de l’oppression et de l’iniquité.

  • Le départ du président Hosni Moubarak, un homme d’Etat

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    Le départ du président Hosni Moubarak, un homme d’Etat

    Le président parti à Sharm El Sheikh profiter d’une semi retraite bien méritée, les problèmes de l’Egypte demeurent. Ce sont de véritables défis qu’elle va devoir relever avec des dirigeants qui resteront les mêmes , puisque M. Moubarak a rendu le pouvoir à l’armée qui le lui avait confié après la mort violente d’Anouar el Sadate. Il y a trente ans.

    Le président Hosni Moubarak a les qualités d’un homme d’Etat. Il part dans des conditions presque infâmantes car son armée avait, dé le début, sous estimé la détermination d’une foule privée de tout, de travail, d’avenir et d’espoir. Tous les régimes arabes autoritaires se refusent à y penser : leurs peuples respectifs qui doivent nécessairement être tenus par une discipline de fer , se jettent dans les bras des intégristes religieux par désespoir car leur vie est désespérante. Si le président Moubarak avait précédé ces événements dramatiques, s’il avait consenti à améliorer un tant soit peu l’ordinaire de son peuple (qui vivote avec moins de deux dollars par jour) on n’en serait pas arrivé à une telle extrémité.

    Mais il serait injuste de ne pas rendre justice à ce chef d’Etat qui ne sut pas partir alors qu’il était encore temps : il a lutté pour son pays, l’a dégagé après Sadate de la triste orbite soviétique, a fait la paix avec Israël, a épargné à son peuple les terribles coups de boutoir de Tsahal, a conclu avec les USA une alliance stratégique qui a sauvé les monarchies pétrolières et pérennisé les Etats arabes dits modérés, enfin, il a donné à l’Egypte une honorabilité qui lui manquait dans le monde. Le Président Sarkozy lui rendait hommage hier encore…

    Que va-t-il se passer aujourd’hui ? L’armée a en mains tous les leviers et toutes les commandes. Je la vois mal rétablir toutes les libertés démocratiques et permettre aux Frères musulmans de prendre en main l’avenir du pays. Les USA sont très proches de cette armée qu’ils équipent et dorlotent sans toutefois lui donner les moyens de la parité avec israël. Cette même armée garantit la validité des engagements internationaux de l’Egypte, consciente qu’elle est que le moindre aventurisme militaire lui ferait perdre tout ses acquis.

    La démission du président Moubarak va aiguiser les appétits des uns et des autres. L’armée va voir que de nouvelles perspectives s‘ouvrent à elle. Surtout, lorsque dans les prochains jours, la place de la Libération va se vider. On pourra alors faire les comptes et être réaliste.

    Comment voulez vous réformer la Constitution, dissoudre le parlement et organiser des élections présidentielles et législatives en 6 petits mois ? Impossible ! D’ici le mois de septembre, le pays des Pharaons n’aura toujours pas un nouveau président. Le régime militaire va durer sans le dire vraiment.

    Une ère d’incertitude s’ouvre devant nous. Un abîme qui pourrait être insondable. Souhaitons à l’Egypte une marche harmonieuse vers la démocratie et au Président Hosni Moubarak une retraite paisible. Il ne méritait pas une telle fin de mandat, même si l’on sait que son armée tient toujours à lui et le protègera.

  • Les soubresauts du printemps égyptien et les maladresses du Pr Obama

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    Les soubresauts du printemps égyptien et les maladresses du Pr Obama

    J’ai lu ou entendu quelque part un journaliste dire que l’actuel président américain était pire que son lointain prédécesseur M. Jimmy Carter. Cela pourrait s’avérer. Si l’on analyse, même sans approfondir le discours nocturne du Président Hosni Moubarak, on discerne qu’il se maintient pour faire pièce aux tentatives d’ingérences et aux pressions inacceptables des USA.
    Ces derniers, on le répète, sont obsédés par l’équation suivante : si le mouvement de la Place de la Libération devait perdurer, nul ne peut prédire qu’il ne virerait pas à l’iranienne, nul ne peut garantir que des agents de la subversion n’en prendraient la tête pour en tirer profit, frustrant ainsi la jeunesse égyptienne de sa révolution.

    En effet, à quoi se limite le programme des protestataires ? A un seul point, le départ immédiat de l’actuel président. Voulant les récupérer, le président US tente d’aller dans leur sens et réclame lui aussi le départ de l’homme fort d’Egypte. Ce dernier, fier général, d’une autre trempe que celle de Ben Ali, a redit qu’il mourra et sera enterré en Egypte, cette Egypte pour laquelle il a toujours vécu et s’est sacrifié.

    C’est vrai.

    Intervient alors une série de mesures dont l’Orient a le secret qui sont autre chose que ce pour quoi elles se donnent. Notre Occident, coulé dans le moule du cartésianisme, ne comprend pas cela, arc-bouté qu’il est sur les principes de l’identité et de la contradiction. Le Président égyptien transfère une partie de ses pouvoirs à son vice président, et parallèlement, l’armée dit qu’elle prend la situation en main. Et pour compliquer les choses, le Pr Moubarak prend la parole pour dire qu’il est toujours là et ne démissionne pas. Alors entre les mains de qui repose le pouvoir ? Nul ne le sait.

    Ou plutôt, si : entre les mains de l’armée qui manœuvre en finesse tout en renforçant ses positions pour évacuer le foyer de la contestation.

    Que retirer de tout cela ? Un nouveau fiasco de la diplomatie américaine au Proche Orient. Ce n’est pas le Pr Moubarak qui est le grand perdant, le grand perdant se situe de l’autre côté de l’Atlantique.

     

  • En Egypte, l’armée prend le pouvoir

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    En Egypte, l’armée prend le pouvoir

     

    Suivi cet après-midi sur Al-Djazira . Un journaliste visiblement en désarroi apprend qu’un conseil supérieur des forces armées a pris le pouvoir en Egypte. Lorsqu’il demande au correspondant au Caire ce qu’il est advenu du Président Moubarak, ce dernier ne sait que répondre mais souligne que c’est le chef de l’Etat égyptien qui a transmis à l’armée les pleins pouvoirs.

    En somme, l’armée siffle la fin de la récréation. Ayant vu que rien n’incitait les protestataires à quitter la Place de la Libération, l’armée s’est inquiétée des troubles de plus en plus graves qui gagnent l’ensemble du pays.

    J’ai entendu en direct le chef d’etat major de l’armée annoncer la nouvelle qu’il a motivé par la nécessité de défendre la patrie et les habitants de l’Egypte.

    Que s’est-il passé ? Hier, déjà, j’avais cru comprendre que le ministre des affaires étrangères était opposé à une révision de la constitution dont certains articles empêchent certains partis (i.e. les Frères musulmans) à se porter candidat à la présidence. Il semble que le pouvoir ait été moins désemparé qu’il n’y paraissait ou, en tout cas, qu’il ait repris ses esprits et organisé en douceur la reprise en main.

    Que va-t-il se passer à présent ? Si cela se vérifie, l’armée va administrer le pays, ce qui signifie la loi martiale, la suspension de certaines libertés pour hâter un retour à la normale. C’est que les pertes économiques sont déjà énormes et le tourisme, véritable poumon du pays, est exsangue. Mais l’armée ne reviendra pas sur certains acquis, même fragiles, de la révolution des jeunes (Thawrat al-Chabab).

    Au plan diplomatique, cela signifie une cuisante défaire du président Obama qui a dû céder devant ses propres conseillers et ses généraux du Pentagone. Lui qui voulait une transition démocratique en bon ordre et rapidement, en est pour ses frais. Que l’armée soit appelée à la rescousse n’est pas un bon signe et on la voit pas faire la courte échelle aux Frères musulmans, ses ennemis jurés.Cela n’augure rien de bon pour le renouveau démocratique.

    Je laisse à de plus experts que moi le soin de déterminer ce président US est en mesure de dénouer des crises ou simplement de les gérer au mieux.

    Il faut dire que ce mouvement avait de quoi inquiéter : dépourvu de chef, n’ayant aucun programme sinon le vide du pouvoir, il symbolisait l’aventurisme le plus dangereux. En outre, rien ne garantissait que la situation, si elle venait à perdurer, n’évoluerait pas à l’iranienne… L’obsession des USA et on les comprend. Finalement, c’est cette crainte qui a conduit à la décision de mettre l’armée en première ligne.

    Personnellement, je pense qu’après une certaine période, l’armée optera pour une timide libéralisation du régime, sans remettre ses bases en cause. Or, c’est ce que voulaient les manifestation de meydane al-Tahrir. Est-ce à dire que la révolution a échoué avant même que de commencer à récolter ses premiers fruits ?

    Attention à l’armée ! Vous vous souvenez de ce que disait Nikita Kroutchow : vous pouvez tout faire avec des baïonnettes, sauf vous asseoir dessus…

  • L’effondrement de la morale sociale : arracher son sac à une vieille dame…

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    L’effondrement de la morale sociale : arracher son sac à une vieille dame…

     

    Ce matin, je m’en veux un peu, je m’en veux d’avoir laissé échapper une nouvelle qui pourrait passer pour un fait divers mais qui dénote un malaise profond de notre corps social : vers la fin de ce mois de janvier écoulé, des jeunes gens de quize à dix-huit ans (arrêtés depuis) ont arraché à une dame de 73 ans son sac à main et l’ont traîné sur plusieurs mètres, provoquant son décès quelques jours après son hospitalisation. Cela s’est passé à Marseille.

    Le regard du philosophe éthique doit se porter sur de tels actes assez abominables mais qu’il faut analyser.

    Où sommes nous et dans quel monde vivons nous ? Comment des adolescents peuvent-ils se conduire ainsi face à une vieille dame qui pourrait bien être leur grand mère ? N’ont-ils jamais eu le moindre cours d’instruction civique ? Leurs familles ne leur ont elles jamais inculqué le moindre enseignement moral ?

    Il est vrai que notre société a depuis belle lurette divorcé de toute éthique qu’elle soit politique, sociale ou simplement humaine. Et pourtant, nous disposons aujourd’hui d’instruments de communications (réseaux sociaux) qui nous permettent de nous adresser à des millions de gens par un simple clic… A-t-on pensé à faire passer le moindre message dans ce sens, celui de la bonne conduite, de la morale, du respect d’autrui?

    Une chose m’inquiète particulièrement : en s’en prenant à des personnes âgées, à un moment où l’espérance de vie croît et où le vieillissement de la population est incontournable, on attise les conflits entre les générations et on désigne les futurs retraités comme des privilégiés insupportables, dotés de gros moyens, alors que des êtres jeunes manquent de l’essentiel. Ce raisonnement bien spécieux est en train de faire son chemin et dans mon arrondissement je vois maintes personnes âgées se faire accompagner par des adultes valides, de peur, justement, d’être agressées…

    Nous devons avoir honte de ce qui passe. Et nous devons absolument restaurer un minimum d’ordre moral ou éthique (appelez le comme il vous plaira). Mais les politiques peuvent-ils le faire ? J’en doute.

    Nous appelons de nos vœux l’émergence d’une autre force sociale qui unirait tous les courants spirituels de notre époque afin d’inculquer à la jeunesse des principes fondamentaux.

    Quand je pense que déjà le Deutéronome (622 avant JC : presque trois mille ans !!) prêchait le respect des personnes âgées…

  • Les vacances du premier Ministre François Fillon

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    Les vacances du premier Ministre François Fillon

     

    Au rsique de surprendre, on commencera ce billet par une remarque : avons nous encore une presse, d’information ou d’opinion, digne de ce nom ? Formulé autrement : les journalistes font-ils encore leur travail ? S’acquittent-ils vraiment de ce que l’on attend d’eux dans une société démocratique ? Je pense évidemment à la nouvelle qui occupe toutes les rédactions depuis hier en fin d‘après-midi : le Premier Ministre Français Fillon et son voyage sur les bords du Nil.

    Curieusement, personne n’a prêté attention au fait que le Premier Ministre a mis son déplacement à profit pour assister à une messe à Louxor, à un moment où les Coptes payaient un lourd tribut pour vivre conformément à leurs convictions religieuses. C’est dire combien une certaine presse, y compris, hélas, les grands quotidiens nationaux, ne s’intéressent qu’à ce qui défraie la chronique.

    Mais revenons à cette question si disputée alors qu’elle constitue en fait un non-événement : notre Premier Ministre se rend avec sa famille dans un pays du Proche Orient, en l’occurrence l’Egypte, pour y prendre quelques jours de repos (bien mérité). Après tout, bien que chef du gouvernement, il a lui aussi le droit de se détendre et ce qu’il fait pour l’ensemble des Français le justifie largement. Etant un chef de gouvernement en exercice, la courtoisie intergouvernementale veut qu’il soit, en quelque sorte, l’invité (entre guillemets) des autorités du pays où il se rend, et singulièrement lorsqu’il s’agit d’un gouvernement ami qui nous aide tant dans la politique méditerranéenne et facilite nos relations avec un monde arabe en ébullition depuis quelque temps.

    Je précise que François Fillon s’est rendu dans ce pays bien avant les troubles du 25 janvier et que rien , absolument rien, ne laissait prévoir un tel embrasement. Enfin, avant cette date fatidique, le président Hosni Moubarak n’était pas encore considéré comme un pestiféré mais jouissait d’une estime parfaite aux yeux de tous les gouvernements de la terre. Et ce ne sont pas les USA qui me démentiraient sur ce point, même si les récents événements ont quelque peu modifié leur approche…

    Que reproche-t-on à M. François Fillon , d’être allé dans un pays dont les autorités l’ont accueilli avec grâce ? Mais feu François Mitterrand avait fait de l’escale égyptienne sa destination de prédilection, et notamment à la même période des vacances de Noël … Et le Maroc ?

    J’ai moi-même passé des vacances dans un palace d’Agadir où je prenais mes repas aux côtés d’un ministre français en exercice, porte-parole du gouvernement, d’un autre haut dignitaire et de quelques célébrités (grandes actrices et grand cinéastes)… Et tout ce petit monde festoyait chaque soir, partait en excursion chaque matin, escorté par des voitures de la police locale… Etait-ce choquant ? Pas du bout ! Voulez vous que des membres d’un gouvernement circulent sans sécurité dans de tels pays ? C’est insensé ! Lors de ce même voyage à Agadir, on nous a refoulés à Taroudan lorsque nous avions voulu déjeuner dans ce beau restaurant La gazelle d’or… Savez vous pourquoi ? L’ancien chef de l’Etat s’y trouvait… Personne n’avait alors élevé la moindre protestation !

    Il y a peu d’années, une très haute personnalité française s’est rendue à Pétra, magnifique site nabatéen qui vous coupe le souffle lorsque vous arrivez en vue de son temple. La personnalité en question a précisé que c’était le roi de Jordanie qui avait envoyé son avion personnel le chercher pour ce week end passé dans le palais royal au bord de la Mer rouge.

    Alors que veut-on ? Economiser de l’argent, montrer que nos gouvernants ne nous coûtent pas un sou ou bien, leur reprocher d’accepter des invitations émanant de gouvernements amis ?

    Lorsque tel ou tel chef d’Etat ou de gouvernement vient se reposer ou se faire soigner chez nous, ne sommes nous pas tenus, par courtoisie, d’assurer sa sécurité, de mettre à sa disposition certaines facilités d’hébergement et de déplacement ?

    Notre pays devrait se ressaisir. La presse elle-même devrait être plus consciente de ses responsabilités éthiques. Nos gouvernants, quels qu’ils soient, ne sont pas nos ennemis. Nous les avons élus démocratiquement. Cette attitude qui consiste à dénoncer et à flétrir ceux qui nous dirigent relève de la haine de soi. Oui, retrouvons enfin l’estime de nous-mêmes et cessons de harceler un Premier Ministre honnête, courageux et travailleur.

  • ne grève du sexe en Belgique ?

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    Une grève du sexe en Belgique ?

     

    Nos amis belges ne cesseront donc jamais de nous étonner et de nous faire sourire. Ils avaient commencé par nous parler de la grève du rasoir : les hommes défilaient avec une belle pilosité et refusaient de se raser tant que le pays ne serait pas doté d’un gouvernement normal… C’était amusant et cela faisait sourire, comme toujours avec nos charmants voisins du nord. Et voici que depuis quelques jours, une sympathique sénatrice flamande, gynécologue de son état, a avancé une idée nouvelle ; allant chercher son inspiration en Afrique, précisément au Kenya, elle a préconisé que les femmes refusent toute relation sexuelle aussi longtemps que les partis politiques ne se seraient pas mis d’accord pour avoir enfin un gouvernement. Et cela dure depuis le mois de juin !

    Rassurez vous, pas la grève du sexe mais plutôt l’absence d’un gouvernement. Gageons qu’une telle menace brandie, qui plus est, par une gynécologue, va nous faire redoubler d’ardeur, faute de quoi la dame en question risquerait d’être au chômage technique dans quelques mois…

    Que pouvons nous penser d’une telle idée ? Tout d’abord, c’est une idée de femme, un peu comme si celles ci pensaient qu’ellee étaient moins dépendantes de relations sexuelles que les hommes.

    On a déjà entendu tant de choses sur les divergences entre les sexes. Selon certaines femmes, les mâles seraient plus «accrocs» au sexe que les femelles. Ces dernières accordant le plus souvent leurs faveurs à leurs maris, amis, ou amants, pour avoir la paix. C’est un point de vue qui paraît un peu orienté. Je crois, au contraire, que la recherche d’équilibre est égale dans les deux cas.

    En revanche, les hommes n’auraient jamais eu l’idée de dire aux femmes : pas de sexe tant qu’il n y aura pas de gouvernement. Assurément, on répondrait que le pouvoir, la politique et l’argent sont majoritairement détenus par les mâles depuis des temps immémoriaux. C’est vrai.

    Mais il est temps de reconnaître que ce sont les femmes qui sont le sexe fort et nous le sexe faible. Dans la femme qu’il aime, l’homme retrouve tout ce qui revêt une importance à ses yeux : l’amour, la tendresse, l’attachement, l’espoir et la foi en la vie.