- Page 4

  • L’Iran et l’arme nucléaire..

    Imprimer

     

     

    L’Iran et l’arme nucléaire..

    Le monde entier et pas seulement les puissances occidentales, se demandent à quoi peuvent bien servir les discussions qui s’ouvrent à Genève pour contrôler ce que fait Téhéran dans ses usines secrètes.. Il est indéniable que les Occidentaux, aiguillonnés par les USA et la France ont renforcé des sanctions qui commencent à produire des effets dont le plus marquant est sans doute le taux d’inflation : autour des 20 %. Sans même parler de l’assèchement des circuits financiers, notamment dans le domaine pétrolier, véritable poumon du pays.

    Fidèle à son habitude, l’actuel président iranien n’en a cure et nie en bloc, mais il faut savoir qu’il y a moins de deux semaines, le parlement a demandé qu’il soit auditionné : était-ce les premiers timides d’une tentative d’empeachment ou de blâme, qui sait ? L’avenir nous le dira. Mais une chose est sûre : c’est la fin du monolithisme granitique du régime des Mollahs… Des cercles de plus en plus larges du pouvoir se demandent si cette aventure nucléaire ne va pas précipiter leur chute et leur faire perdre leur rôle dirigeant.

    Quant aux Occidentaux, ils n’ignorent plus que la technique iranienne est l’héritière de la casuistique persane, devenue proverbiale : on avance, on avance, on se défie de tout, les sanctions tombent, les menaces pleuvent, alors on dit qu’on veut parler, négocier, peut-être même s’entendre. Après quelques tours de piste, on n’a pas bougé d’un pouce, mais on a donné l’impression à l’opinion internationale ainsi qu’à la consommation intérieure qu’on veut l’apaisement alors qu’en réalité, on a gagné du temps…

    Mais il y a un hic et ce jeu est dangereux car pendant que les Iraniens avancent en silence, les USA et quelques autres pays pénètrent un peu plus le terrain : on en veut pour preuve la panne gigantesque qui touche encore les ordinateurs des centrales nucléaires, l’explosion gigantesque qui a ravage le site de missiles à longues portée, etc…

    Les récentes publications des câbles diplomatiques US ont montré que d’autres pays, notamment arabes, poussaient à attaquer l’Iran, certains sont même prêts à ouvrir leur espace aérien.. Il n’es pas exclu que cela se produise. A moins que la raison finisse par l’emporter..

    Mais on n’en prend pas le chemin.

  • Le petit traité de vie intérieure de Frédéric Lenoir (2010, Plon)

    Imprimer

    Le petit traité de vie intérieure de Frédéric Lenoir (2010, Plon)

    J’aime beaucoup ce que fait Frédéric Lenoir et ce sympathique petit ouvrage, écrit avec cœur et intelligence, m’a renforcé dans ce sentiment. Que vise-t-il dans ce petit traité de vie intérieure ? Ni plus ni moins à redonner du sens à l’existence de chacun d’entre nous, à s’assumer et à vivre heureux. Vaste programme, diriez vous mais O combien rassurant et chaleureux ! Il nous apprend aussi à nous déprendre de nous mêmes, à défier les apparences et vivre pleinement.

    Dès les premières pages l’auteur nous exhorte à dire oui à la vie. Cette formule m’a rappelé le titre d’un livre écrit par un psychiatre viennois de l’après-guerre, Viktor Frankl, rescapé des camps de concentration et qui avait rédigé ses souvenirs du camp auquel il avait justement donné ce titre, Zum Leben ja sagen (dire oui à la vie) mais il ajoutait, lui, en raison de toutes les épreuves subies, malgré tout (Trotzdem ja zum Leben sagen) . Cette façon d’être prend le contre pied d’un malaise qui a tendance à s’étendre et à contaminer toute le monde, la haine de soi (Selbsthaß) auquel un philosophe juif allemand, réputé par son antifascisme, a donné ses lettres de noblesse, Théodore Lessing.

    Frédéric Lenoir s’en réfère aussi aux philosophes de l’Antiquité grecque, notamment à Aristote qui enseigne que l’être est préférable au non-être et à la privation (steresis). Le même Aristote a commis une impérissable Ethique à Nicomaque où l’on découvre que le monde est ce qu’il est et que, si on ne réussit pas à le changer, eh bien, il faut changer nos opinions sur lui.. Au fond, c’est la sagesse même.

    La référence personnelle, voire autobiographique, m’a vivement touché et je pense qu’elle ne laissera pas les lecteurs indifférents : Frédéric Lenoir se livre à nous, dévoile quelles furent ses frustrations d’enfant et d’adolescence, bref tout ce que les psychologues nomment les blessures de l’enfance.

    J’ai bien apprécié le chapitre sur la confiance et le fait de lâcher prise. L’auteur y fait référence à un célèbre mystique allemand du XIIIe siècle, maître Eckhart, qui a parlé de déprise de soi-même, d’abandon à confiant à Dieu et a ainsi ouvert la voie à ses lointains continuateurs comme Jakob Böhme et ses disciples, Suzo et Tauler .

    J’ai découvert dans ce livre des renvois à la tradition juive, ce qui atteste aussi l’universalité de ce message. En fait, on retrouve cette pédagogie de soi-même, cette conduite intérieure de soi-même, dans toutes les doctrines éthiques. Ce pour cela que le message éthique, par son universalité, dépasse la portée du message religieux stricto sensu. Dans les Pirké Avot (Chapitres des Pères) sorte de raison pratique du judaïsme rabbinique, il est recommandé au fidèle d’abdiquer sa volonté face à Dieu afin que celui-ci en fasse de même à notre égard.

    Notre vie nous appartient. Nul autre que nous même ne saurait la vivre à notre place. Il ne faut donc pas la vivre par procuration : elle est ce que nous voulons bien en faire. C’est une vérité que nous avons parfois du mal à saisir en nous concentrant (trop, même) sur certaines difficultés ou restrictions. Ce qui conduit parfois à des inhibitions paralysantes et pour finir, à la dépression. Et comme antidote à cet état, peut-on trouver meilleur remède que Montaigne qui avait bien compris le sens de l’existence humaine……

    Philosophe, contraint de travailler seul et de fréquenter bien plus de défunts que de vivants, tant les célébrités contemporaines ont comparativement aux Anciens peu à nous apprendre, j’ai apprécié le chapitre sur le silence et la méditation. Evidemment, les jeunes d’aujourd’hui travaillent et préparent les concours avec des musiques assourdissantes : méditer en silence leur semble relever d’un autre âge… Et pourtant, c’est si nécessaire d’écouter sa voix intérieure vous parler comme à un autre soi même.

    Les chapitres sur la nécessaire connaissance de soi sont particulièrement bienvenus ; la fameuse maxime delphique Connais toi toi-même. Même le Moyen Age judéo-arabe a repris cette formule en l’adaptant. Sous la plume des philosophes arabes elle est devenue ceci : connais ton âme O homme et tu connaîtras alors ton Dieu (A’raf nafsaka ya insane wa-ta’raf rabbaka…)

    Quelle différence y a-t-il entre la connaissance et le discernement ? Le second incorpore quelque chose de nouveau à soi-même, à sa propre substance vivante, tandis que la première, certes, importante en soi, peut demeurer à la surface, ne pas nous changer. Quand nous étions des lycéens, on nous enseignait la phrase de Montaigne (encore lui !) science sans conscience n’est que ruine de l’âme..

    Evoquer Montaigne, c’est penser aussi à son amitié avec La Boétie. Quelle place doit être dévolue à l’amitié et à l’amour ? Qui peut vivre sans amitié ni amitié ? Personne. Qui peut vivre sans avoir parfois à pardonner, à comprendre et à oublier ? Personne.

    Je vous recommande aussi le dialogue platonicien d’un genre nouveau entre Socrate et Jacques Séguéla……

    Lisez ce livre, mais lisez le à tête reposée, par petites doses pour pouvoir en profiter vraiment. Il changera la perception que vous avez de votre existence.

    Maurice-Ruben HAYOUN

    (Tribune de Genève, ce matin 6 décembre)

  • L’appel d’Eric Cantonna : vider tous nos comptes bancaires ?

    Imprimer

    L’appel d’Eric Cantonna : vider tous nos comptes bancaires ?

     

    Tout le monde en France a entendu parler de l’appel d’Eric Cantonna, célèbre gardien de but, qui les adjure de vider leurs comptes en banque ce mardi 7 décembre 2010 afin, prétend il, de changer le système et de faire cesser l’exploitation des gens… par les puissances d’argent

    Disons d’emblée que nous trouvons sympathique ce garçon sémillant d’intelligence footballistique mais pas du tout doué d’un point de vue économico-financier. C’est une personne qui s’est reconvertie, comme on dit, avec talent : beaucoup de publicité, parfois même pour la bonne cause, c’est-à-dire au profit d’œuvres caritatives et de bienfaisance. Mais c’est un homme qui confond impulsion et intelligence. Il découvre soudain de quoi notre monde est fait et pense, en toute naïveté, pouvoir résoudre nos problèmes de société dès qu’il s’en saisit bruyamment dans les médias qui, jusqu’à aujourd’hui, lui prêtent une oreille complaisante..

    Plus sérieusement, de quoi s’agit-il ? On découvre soudain, à la faveur de la crise financière et des problèmes de la monnaie européenne, le rôle pas toujours sympathique ni vraiment honnête, des banques en général qui gèrent notre argent (que nous ayons peu ou beaucoup) et qui s’ingénient toujours à tirer leur épingle du jeu : quand il y a des problèmes, c’est toujours l’Etat, donc les contribuables, c’est-à-dire vous et moi, qui payons, alors qu’au moindre déficit, au moindre fléchissement, vous avez des aggios à payer, vous recevez des lettres recommandées, voire même des appels téléphoniques…

    Sur le constat, le footballeur d’origine corse n’a pas tort, mais il se figure des solutions par trop simplistes : vider les comptes en banque n’est pas réaliste car les banques ne vous rendront pas votre argent et, en plus, elles n’ont que 8 ou 12 % de fonds propres. Et quand bien même on ferait la queue devant les établissements bancaires, seuls les premiers arrivants seraient servis et au bout du compte, c’est notre vie économique qui serait saccagée. Ainsi, si l’on voulait punir les banques pour leur avidité et leur égoïsme absolu, c’est nous même qu’on punirait.

    Certes, il ne se passera rien demain ni plus tard. Mais ce qui est préoccupant, c’est que de telles idées germent dans les esprits. Le ressentiment ira alors croissant et il y aura un violent relent anti-banques comme il y en eut un contre les promoteurs immobiliers dans els années soixante-dix…

    Je sais bien que l’on ne change pas les comportement avec des mots mais il faut faire attention. Une conduite vertueuse s’impose.

  • LE TRÈS BEAU GESTE DU PRÉSIDENT MAHMOUD ABBAS À L’ÉGARD D’ISRAËL

    Imprimer

    LE TRÈS BEAU GESTE DU PRÉSIDENT MAHMOUD ABBAS À L’ÉGARD D’ISRAËL

    C’est un très beau geste que vient de faire le président palestinien à l’égard d’Israël en proposant d’envoyer depuis les territoires palestiniens des camions anti-incendie afin d’aider à éteindre le gigantesque feu qui a dévoré des centaines de milliers d’arbres et qui a été déclenché par l’inconscience de deux adolescents druzes.

    Je ne l’ai appris que ce matin en découvrant que le Premier Ministre Benjamin Netanyahou a remercié son homologue palestinien pour sa courtoisie et sa compassion.

    Et c’est en effet un très beau geste. Car généralement, durant l’ère de glaciation des relations entre Israël et les Arabes, et singulièrement les Palestiniens, ces dernier se réjouissaient des malheurs réels ou imaginaires qui fondaient sur leur voisin honni. Je me demande comment a réagi l’opinion palestinienne, encore pétrie de sentiments plutôt défavorables à leurs voisins juifs. Mais peu importe, ce qui compte le plus, c’est qu’une nouvelle page s’ouvre où s’inscrit en lettres lumineuses une solidarité absolument nouvelle entre Palestiniens et Israéliens et que nul n’aurait imaginé il y a une toute petite semaine. Des esprits chagrins rétorqueront qu’Israël fait tant pour ses voisins : électricité, soins médicaux, monnaie, circulation de marchandises, etc…

    Selon moi, ce n’est pas ainsi qu’il faut réagir : il faut, sans réserve aucune, saluer ce beau geste et espérer qu’il se renouvellera dans des moments de paix et de bonheur entre les deux ennemis d’hier.

    J’ai déjà eu l’occasion de féliciter la Turquie islamiste de M. Erdogan qui a retrouvé le sens de la mesure et de la solidarité avec son allié d’hier. Il faut poursuivre dans cette voie.

  • Mais que se passe-t-il en Israël depuis soixante-douze heures ?

    Imprimer

    Mais que se passe-t-il en Israël depuis soixante-douze heures ?

    Oui, que se passe-t-il à Haïfa, le troisième ville du pays, autour du Mont Carmel, si célèbre dans la Bible hébraïque ? Ce qui est hélas avéré, c’est le nombre de victimes, un peu plus de quarante personnes, bloquées, semble-t-il, dans un autobus qui a pris feu… Comment cet incendie ravageur s’est-il soudain déclaré, comment a-t-il gagné l’immense forêt à l’entour et donné naissance à un feu détruisant tout sur son passage, nous n‘en savons, pour le moment, rien. On m’a dit hier, lors d’un dîner avec des journalistes généralement bien informés, qu’il s’agissait de jeunes gardiens de prisons, d’origine druze majoritairement, mais nous n’en savons pas plus. Ce qui a suscité l’inquiétude, c’est l’appel au secours lancé par Israël pour éteindre un simple incendie, alors que ce pays est la plus grande puissance technologique de la région et que sa suprématie militaire aurait donné à penser qu’il pouvait maîtriser seul un tel incendie.

    Mais dans ce malheur, il y a tout de même quelque chose de positif : c’est qu’en dépit des tensions très vives entre Israël et la Turquie, ce dernier pays, pourtant gouverné par des islamistes et qui avait organisé en sous main le viol de l’embargo maritime autour de la ville de Gaza, se déclarait prêt à répondre à l’appel d’Israël et à envoyer, lui aussi, des appareils pour juguler cet incendie. Même si l’Etat hébreu avait aidé substantiellement les Turcs victimes de tremblements de terre meurtriers, Il faut dire merci à la Turquie et espérer, peut-être, que cette attitude marque un tournant. En d’autres termes, que la Turquie redevienne l’amie et l’alliée d’Israël, qu’elle s’éloigne du régime de Téhéran et qu’elle remette en avant ses intérêts bien compris et à long terme.

    L’incendie sera éteint, les forêts seront replantées, Israël en a vu d’autres : vers 1890, il n’y avait en terre d’Israël que du sable. Les haloutsim sont arrivés, ils ont asséchés les marais, vaincu la malaria, fait refleurir le désert, innové dans le domaine de l’irrigation, planté des forêts, des vergers, des palmeraies. Et fait du pays ce qu’il est devenu : une sorte de paradis sur terre, en dépit de cette terrible hostilité régionale.

    Au terme de ce blog, je forme le vœu sincère suivant : que les Arabes, je parle uniquement de ceux qui se veulent les implacables ennemis d’Israël, comprennent enfin où se situe leur intérêt bien compris et qu’ils changent de comportement. Qu’ils regardent aussi les bienfaits que représentent le retour et le rétablissement du peuple d’Israël sur sa terre ancestrale.

  • La fête de Hanukka

    Imprimer

    La fête de Hanukka

    Hier soir, une anecdote amusante dans un grand restaurant parisien où nous étions invités, le patron qui me connaît bien me demande sur un ton amusé : Alors, il paraît que c’est le Noël juif depuis avant-hier ? Je lui réponds sur le même ton enjoué ; oui, et chez les juifs, cela dure huit jours !

    Que veut dire la terme hébraïque hanukka ? Cela signifie inauguration, consécration d’un lieu. En l’occurrence, il s’agissait de purifier le temple de Jérusalem profané par les idolâtres grecs sous le règne d’Antiochus Epiphane IV vers 165 avant notre ère. La légende veut que l’on ait trouvé dans le temple une seule fiole d’huile sacrée, non profanée par les Grecs et leurs affidés, pour allumer la splendide ménorah du temple. Mais voilà, cette fiole ne devait tenir qu’une seule journée et le miracle divin a fait qu’elle a suffi pour entretenir la flamme huit jours durant… D’où le miracle de hanukka.

    La tradition juive orale a institué cette commémoration : pendant ces huit jours les juifs traditionalistes et pratiquants allument des bougies pour se souvenir de ce prodige et du salut accordé à leur temple et à leur nation.

    C’est une fête chérie des enfants mais aussi de leurs parents car elle tombe généralement aux alentours de Noël, on en profite pour s’offrir des cadeaux et faire la fête. Ce qui, par des temps de sinistrose, surtout après le long et sinistre mois de novembre, ne fait guère de mal.

    Mais que peut dire le philosophe de cette commémoration qui n’est pas d’extraction biblique mais simplement humaine ?

    Cet événement représente l’espoir, l’attente récompensée de voir un jour la lumière du printemps l’emporter sur l’obscurité de l’hiver, sur la brièveté des jours, les forces du bien l’emporter sur les forces du mal, la joie et la réjouissance sur la tristesse et le deuil, l’amour sur la haine, et la paix sur la destruction et la guerre…

    Ces faibles lumières de la menorah (dite aussi hanukkiya) de hanukka symbolisent aussi, au sens large, le destin et l’avenir du peuple d’Israël : il faut se promener dans els rues de Jérusalem et de Tel Aviv pour voir briller dans toutes les rues et sur toutes les places, ces menorot / hanukkiyot qui seront un jour les avant-gardes de la paix. Cela montre aussi la fragilité du destin d’Israël : une petite flamme que le moindre coup de vent pourrait éteindre n’en continue pas moins de luire dans l’obscurité, signalant sa présence et exhortant de continuer à croire. C’est le symbole d’un israël entouré d’ennemis implacables (i.e. les bourrasques) qui visent à l’éteindre, à le faire disparaître. Et le hasard, ou la divine Providence, comme on voudra, l’aide à se maintenir dans l’être et à persévérer dans l’existence…

    C’est cela le mystère de hanukka. Quand j’étais professeur à l’Université de Heidelberg, je me souviens de certains étudiants protestants fêtant avec nous hanukka qu’ils rapprochaient de Noël, en allemand Weihnachten. Or Weihnachten et Hanukka, cela donne Weihkukka.

    Amusant, non ?

  • LES CHRÉTIENS D’ORIENT ONT-IL UN AVENIR ?

    Imprimer

    LES CHRÉTIENS D’ORIENT ONT-IL UN AVENIR ?

    Je viens de suivre un reportage sur France 24 qui porte justement sur ce thème que j’ai mis en titre. Une spécialiste, ayant fait fonction d’experte de la question lors du synode spécial du Vatican sur cette préoccupante question a signalé avec raison que les chrétiens étaient dans ce Proche Orient ancien bien avant l’islam (du premier au VIIe siècle, il n y avait sur place que le judaïsme et le christianisme), que leur présence est vitale en tant que facteur d’équilibre, d’ouverture et de progrès et que, en tout état de cause, cette région fut le berceau de la religion de Jésus. Elle a aussi souligné que les Sunnites et les Chiites se détestent (ce sont ses propres termes) et que le départ complet des chrétiens, déjà amorcé par un exode massif, serait une catastrophe pour tous. Concernant la recherche des causes de cette hostilité qui va croissant, l’experte a été un peu courte puisqu’elle n’a évoqué que le conflit israélo-palestinien et la grande frustration que ce problème générerait dans les masses musulmanes. Ces gens jugent que la politique internationale est injuste à leur égard et trop inféodée aux israéliens… Voire.

    En fait, il s’arrêter un instant sur des facteurs internes à cette religion et à sa difficulté à s’insérer dans le processus de la mondialisation. Il y a aussi ce déficit de démocratie qui attise la violence et qui se cherche un exutoire dans le domaine de la politique extérieure. Enfin, il y a une volonté, peut-être inconsciente, d’être toujours en majorité et de ne pas tolérer de minorité qui ne s’assimile, en fin de compte, à la religion dominante. Ce sont des choses que l’Occident ne comprend pas très bien, lui qui lit dans les Evangiles la célèbre formule mon royaume n’est pas de ce monde ou dans le Lévitique aimez vous les uns les autres……

    Il y eut ensuite un poignant reportage sur une jeune maman pakistanaise de 42, avec son mari et ses petites filles… Cette femme, en détention depuis un an et demi et condamnée à mort par pendaison pour avoir enfreint la loi dite anti-blasphème, a refusé de céder aux pressions et de se convertir au culte établi dans une république islamique.

    On croit rêver, je veux dire, on se croit dans un cauchemar ! Au point de se demander si ces pauvres chrétiens persécutés dans tout le Proche Orient (Irak, Egypte, Liban, Syrie) mais aussi au Pakistan, ont un avenir sur une terre où leurs ancêtres vivaient depuis des temps immémoriaux. C’est incroyable !

    Et surtout cette façon de criminaliser l’autre au seul motif qu’il ne croit pas, ni ne prie comme vous, nous ramène au Moyen Age. Pourtant, l’islam officiel accepte le pluralisme religieux, ifraq al-Oudyoun, et devrait pourtant s’accommoder de la présence de minorités religieuses qui ne le menacent guère.

    A Cordoue, j’ai eu l’occasion de déjeuner avec le père Paolo Della Oglio qui appartient au rite syro-chaldéen, le plus ancien de tous puisqu’il parle l’araméen, la langue du Christ, et se trouve basé à Mar Mussa en Syrie : c’est une personnalité remarquable, animée d’un réel attachement à ses compatriotes musulmans et désireux simplement de servir Dieu dans un territoire qui vit naître sa foi chrétienne.

    Un dernier détail, l’experte a dit qu’à l’origine, avent l’islam et durant toute une longue période, ces Chrétiens d’Orient n’était pas moins de 350. 000. 000 d’âmes alors qu’aujourd’hui ils ne sont plus qu’une poignée de millions.

    Mais cela commence à bien faire ; les Coptes en Egypte, la jeune Iranienne condamnée à mort pour un adultère supposé et cette jeune maman pakistanaise condamnée à la pendaison pour blasphème alors qu’elle est chrétienne et souhaite le rester…

    La Bible et les Evangiles, le judéo-christianisme en général, nous pnt enseigné qu’il y a d’autres façons de vénérer Dieu et que Sa miséricorde est suffisamment vaste pour accueillir les différentes prières de tous ses enfants. Le Deutéronome, repris par Jésus, ne dit-il pas, vous êtes tous les fils de l’Eternel votre Dieu…

    Gottlob Ephraïm Lessing écrivait dans Nathan le sage : Dieu ne veut pas que tous les arbres de la forêt aient la même écorce… Sous entendu : sous cette écorce, on retrouve partout le même bois, la même humanité.

    C’est la signification de la célèbre métaphore, être créé à l’image de Dieu.

  • L’Euro, le froid et Hanoukka...

    Imprimer

    L’Euro, le froid et Hanoukka...

     

    Ce qui domine l’actualité en ce premier jour de décembre, ce sont deux choses : la santé de l’euro et la vague de froid. Pour la première chose nous pouvons agir et rétablir l’équilibre (et encore !) mais pour la météorologie, c’est plus difficile, voire impossible de corriger le tir.

    Une communication avec un important facteur décisionnaire m’a permis de me convaincre de ce que je savais déjà= l’Euro est un super mark allemand qui s’effondrera le jour même où les Allemands, premiers élèves de la classe européenne, refuseront de payer pour les cancres. Or, vous savez bien que madame Merkel qui est dans une situation délicate chez elle, a parlé des pays du Club med que ses conseillers ont placés dans un sigle générique peu flatteur : PIGS pour Portugal, Italien, Griechenland, Spanien…

    Les Allemands n’ont pas entièrement tort, mais la faute originelle fut d’inclure ces pays là dans la zone Euro. On ne devient pas fort en se croyant fort, il faut l’être avant même que d’entrer dans le club..

    La seule façon de sauver l’Euro sera sûrement de suspendre l’adhésion de ces pays à l’espace monétaire européen. Faute de quoi, l’Euro serait confronté à des difficultés réelle, comme on dit dans les cabinets ministériels .

    Quant au temps il suffit de biens e couvrir et d’attendre. Joyeux Noël par anticipation et bonne fête de Hanoukka qui commence ce soir.