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  • Des morts pour un arbre

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    Des morts pour un arbre… L’un des officiers israéliens morts dans l’incident sanglant d’avant-hier à la frontière libanaise était père de quatre enfants et était originaire de Natanya. Sur la plage hier, les gens ne parlaient que de cela. Mais vers la fin de la journée, un sentiment de soulagement était nettement perceptible, quoique mêlé à de la tristesse. Enfin, le Département d’Etat avait donné raison à Israël et stigmatisé les tirs libanais que rien, disent les USA, ne justifiaient. Ce sentiment de satisfaction est allé croissant lorsque furent publiés les communiqués égyptien et jordanien concernant les tirs sur Aqaba et Eilat. Le souverain hachémite a expliqué que son pays disposiat de preuves que ces missiles provenaient du territoire égyptien. Enfin, l’agence officielle Mena a annoncé que les tirs provenaient bien du Sianï et que leurs auteurs n’étaient autres que des Palestiniens venant de Gaza. Ce qui est une manière diplomatique de désigner le Hamas qui tient cette bande côtière d’une main de fer.. Comment des terroristes auraient-ils pu déplacer depuis ce lieu un véhicule avec une rampe de lancement mobile à l’insu des chefs du Hamas sur place. Deux choses ne laissent pas de frapper l’observateur et promettent de ne pas rester sans suites : la première tient à la simultanéité des visites de M.M. Netanyahou et Pérés, respectivement en Jordanie et en Egypte. La seconde se trouve dans la dureté des communiqués. Les Egyptiens commencent à comprendre que l’ouverture même intermittente de leur frontière avec Gaza ne permet pas que le passage de l’aide humanitaire mais que des terroristes se permettent d’abuser de la bonté de leurs voisins. La question qui se pose est la suivante : le Hamas ne semble pas avoir compris la nécessité d’un agenda politique pour lequel optent la totalité des Etat arabes modérés de la région. Si de tels actes se reproduisent, qui peut prévoir la réaction d’Israël ? Il semble bien que l’Iran soit derrière cette absence totale de sens politique. Dans quel but ? Certainement pas celui de la paix.

  • Définir le peuple d'Israël

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    Comment définir le plus justement possible la notion de peuple d’Israël ?

    A chaque visite en Israël, on est intrigué par l’extrême diversité des visages, des attitudes et des accents d’une population qui regroupe un peu plus de 110 nationalités. Et pourtant, tout ce petit monde (car ce microcosme est vraiment un microcosme) parvient à vivre ensemble, alors que dans de nombreuses régions du monde, les êtres humains ne parviennent pas à s’entendre et encore moins à coexister.

    Quel est donc l’élément qui tient ensemble tous ces gens venus du monde entier ? Il faut bien reconnaître que cette question retient l’esprit de l’observateur sans qu’il réussisse à lui apporter une réponse qui résiste au temps, à la critique ou à un examen un peu approfondi. Je souris déjà en devinant les réactions intempestives et courroucées de ceux et de celles qui s’empresseront, comme dirait Maimonide, de décocher les flèches de leur ignorance, arguant que ce n’est pas la bonne question, que c’est une évidence, etc..

    Prenons donc le problème avec sérieux : comment tous ces individus disséminés sur la surface de la terre ont-ils pu, en dépit des vicissitudes de l’histoire juive, des persécutions, des déportations et des massacres, conserver une trace vivante de l’antique promesse, à savoir, qu’au moment de leur apparition sur la scène de l’histoire mondiale, un sort spécifique leur était réservé ? Et comment sont ils parvenus à s’y tenir en dépit de circonstances si peu favorables ?

    La monarchie davidique, qu’on la juge réelle ou fictive, remonte aux alentours de l’an 1000 avant l’ère chrétienne. Les deux destructions du temple de Jérusalem datent de – 586 et à 70 de notre ère. Après cette dernière catastrophe, c’est la période noire de l’exil et de la dispersion qui commence.

    Quels sont les éléments, les forces ou les idées qui ont permis à tous ces gens, rejetés et perdus sur la surface du globe, de conserver un lien, un véritable principe architectonique gisant au fondement même de leur existence ? Tant de peuples ont développés des mythologies, de grandes épopées héroïques, élevé des cippes, des monuments ou des temples comme le magnifique site nabatéen de Pétra : et ce ne fut pourtant pas la panacée contre la destruction et l’oubli.

    Quand vous écoutez les Israéliens d’aujourd’hui parler la langue hébraïque, l’idiome de leurs ancêtres, vous devinez immédiatement d’où ils viennent et eux aussi identifient votre provenance suivant votre accent. Dans toute conversation, quelle qu’elle soit, arrive un moment où fusent des phrase ou des mots en d’autres langues (arabe, français, allemand, russe, espagnol, etc..). Cette universalité de l’identité juive plongerait dans une perplexité abyssale les tenants des théories raciales du XIXe siècle, par exemple, qui se faisaient forts de reconnaître un juif au premier coup d’œil… Dans un même espace, une plage, un restaurant, dans le même grand magasin, vous trouverez aux caisses, dans les rayons, à la porte d’entrée, des russes, des yéménites, des éthiopiens, des séfarades, des ashkénazes etc.. Multiple identité juive, identité introuvable, indéfinissable.

    Est-ce la religion qui a aidé tous ces gens à se reconnaître dans l’antique promesse à laquelle ils vouent une fidélité à toute épreuve ? Il est indéniable que le fondement même de cette identité est de nature religieuse car les rabbins qui succédèrent aux docteurs des Ecritures furent les instituteurs d’Israël comme Homère et Hésiode le furent pour la Grèce antique. Comme eux, ils firent mémoire de tout ce qui était constitutif de cette identité. Un document de plusieurs milliers de pages a concentré en lui-même la vie et l’unité de ce peuple déracine. C’est le Talmud qui entendait tracer la voie à suivre et maintenir en vie cette conscience à la fois nationale et religieuse. Ce n’est pas sans raison que les destructions du Talmud par le feu jalonnent la vie des communautés juives du Moyen Age.

    Mais cette explication ne suffit plus à expliquer la survie du peuple d’Israël ni la fidélité à sa vocation. Car de multiples facettes sont apparues et la dimension religieuse de cette nation ou de ce peuple ne cesse de rétrécir au profit d’autres caractéristiques. Comment actualiser ce message d’un passé si lointain et, partant, comment définir cette identité juive ?

    Le sionisme est peut-être la dernière idéologie du XXe siècle à avoir survécu. Aucune autre idéologie n’a pu suivre le même parcours. Il n’est pas question uniquement du sionisme politique qui n’a fait que bâtir sur des fondements plus anciens, profondément ancrés dans l’âme juive, même si celle-ci a toujours été polymorphe. Tous les immigrants qui se rejoignent dans ce pays reconnaissent que le sionisme ou le post sionisme est fondateur d’identité et formateur d’opinion. Il se révèle aussi comme une doctrine d’un grand pragmatisme et d’un étonnant universalisme. Ni la couleur de la peau, ni les origines sociales ou ethniques ne sont venues en limiter la portée. Certes, ce ne fut pas toujours facile, mais les résultats sont probants.

    Quand on pense que ce pays n’est guère plus étendu que deux départements français de taille moyenne, qu’il était constitué d’étendues arides et désertiques, on se dit qu’il ressemble à l’identité juive elle-même. Etonnant et inclassable.

  • la tension aux frontièresz d'Israel

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    La tension aux frontières d’Israël

    Depuis quelques jours, Israël est l’objet d’une tension croissante à ses frontières. Un Israélien me confiait tout récemment la pensée suivante : dans la même semaine, une menace iranienne de mettre le feu à Tel Aviv en cas d’attaque américaine sur les sites nucléaires, une mise en garde syrienne du même genre, des missiles tirés contre Eilat, des missiles contre Askelon et Sdérot et enfin un grave et sanglant incident frontalier avec le Liban. Du nord au sud et à l’ouest, des ennemis, me disait, en ajoutant : comment voulez vous que nous ayons des comportements normaux ?

    Un rapide coup d’œil sur la presse de ce matin suffit à me convaincre. Un vendeur au marché, celui là même qui m’a recommandé son caviar d’aubergines, s’étonnait que je ne sois pas au courant de tout cela et me dit : Tu vis où, toi, dans ce monde ci ou dans l’autre… Il a raison.

    Ce qui frappe dans ce Proche Orient, c’est son caractère inflammable, si je puis dire : voila que le Hezbollah se prépare à faire face à des accusations concernant son implication dans le meurtre du Premier Ministre Rafic Hariri, et aussitôt on redoute des heurts sanglants entre les sunnites proches de la victime et son bourreau présumé. Et pourquoi ne pas compliquer une situation qui ne l’est jamais assez aux yeux de certains ? Le président syrien affirme au Liban, face au fils de la victime, qu’il faut fermer le tribunal onusien sur les crimes commis au Liban. Il dit cela devant le roi saoudien Abdallah.. Lequel est un alli é inconditionnel des USA alors que l’homologue syrien est ami de l’Iran.

    Bientôt le casse tête proche oriental dépassera le casse tête chinois.

  • Le marché de Natanya

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    Le marché couvert de Natanya

    Il s’agit d’une ville moyenne du littoral israélien, peuplée aujourd’hui d’environ deux cent cinquante mille habitants et qui s’étend chaque jour un peu plus, ce qui fait que ce qui était jadis le centre ressemble désormais à de la périphérie. Aujourd’hui, le front de mer est très prisé et c’est tout du long que se construisent délégants immeubles d’habitation. La municipalité déploie de gros efforts pour rénover le centre ville, érigé jadis à la hâte afin d’accueillir les nouveaux émigrants. Le marché de la ville est donc presque un lieu historique.

    Quand nous en parlons, les gens s’étonnent que nous y fassions nos emplettes car le lieu passe pour une survivance populaire des années difficiles. Alors, ai-je une certaine affection pour ce vieux marché où les gens sont plutôt d’allure modeste ? Parce que j’y sens un peu la pulsation ancienne du pays, j’y sens battre le cœur du vieil Israël, celui des nouveaux émigrants, des gens simples. Les venelles y sont sillonnées par des hommes vêtus de débardeurs, poussant des charriots d’un autre âge. Les vendeurs ne parlent pas mais hurlent car le tintamarre couvrirait leur voix. Au début, je ne pouvais pas y rester plus de dix minutes, depuis je m’y suis habitué et surtout je connais les vendeurs des échoppes qui admirent mon hébreu. Hier l’un d’entre eux m’a demandé comment et où j’avais appris un si bon hébreu. Je lui ai répondu que j’étais un universitaire. Comme tous les Israéliens qui ne s’en laissent pas conter, il a répliqué en demandant quelle était ma discipline, ma spécilaité ? J’ai répondu la philosophie médiévale et la philosophie judéo-allemande des XVIII-XIXe siècles. Il a continué à préparer les paquets que nous achetions et m’a dit textuellement ceci : tu vois, moi je ne suis pas un philosophe, mais j’ai à cour de te vendre de bons produits, notamment d’excellent caviar d’aubergine que ta femme et ta fille aiment tant. Intriguée par cet échange qdans une langue qu’elle n’entend pas, Danielle m’interroge et je lui traduit fidèlement. Elle éclate de rire et son rire devient contagieux : tout le monde rit.

    Mais les hommes dans ce marché ne sont pas tout. Il y a les odeurs et les saveurs. La propreté, les senteurs notamment de menthe fraîche, de cannelle, d’ambre et de toutes les épices d’Orient. Le poivron rouge en poudre donne aux sauces de notre enfance une saveur particulière. Ah, j’oubliais les étals de poissons, directement pêchés des rivages méditerranéens. On trouve une sorte de daurade unique en son genre. Les Israéliens la nomment dénis. D’où vient ce mot, je l’ignore, en tout état de cause, il n’est pas hébraïque. Les rougets aussi, les tout petits, qu’on ne trouve presque plus à Paris, sont disponibles ici, au marché.

    Mais l’animation la plus forte règne ici le jeudi après midi et le vendredi matin lorsque les gens viennent faire leurs emplettes pour le chabbat. Tout Israël est alors en mouvement, les soldats permissionnaires sont sur les routes, les enfants rejoignent leurs parents, les familles se reforment, bref, tout s’agite.

    Les Israéliens consomment en fait peu de viande fraîche. Ils optent pour du poulet, de la dinde et de la charcuterie. Mais ici, au moins, tout est cacher puisque seul l’abattage rituel est perms par la loi. Un jour, l’année dernière, je crois, j’ai commis l’imprudence de demander à notre vendeur habituel si sa charcuterie était cacher.. Il s’est tourné vers son père en s’exclamant : Eh, Abba, ce type nous prend pour des Russes…

  • cOMMENT j2SUS EST DEVENU dIEU

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    Comment Jésus est devenu Dieu de Frédéric Lenoir (Fayard, 2010)
    Voici un livre écrit dans un style élégant et sobre, clair dans sa formulation et bien documenté dans sa conception. Alors que le sujet est des plus ardus, Frédéric Lenoir a réussi à aller simplement in medias res. La démarche de l’auteur est simple, accessible à tous, sans jamais être simplificatrice. Il ne s’embarrasse guère de détails inutiles, surtout lorsqu’il s’agit de démêler cet incroyable écheveau d’ hérésies et de controverses des premiers siècles : Fr. Lenoir se saisit avec aisance de son sujet : comment Jésus, cet homme pétri de paradoxes, comme il l’écrit lui-même, a-t’il fini par être divinisé, en dépit de décennies, voire de siècles caractérisés par une certaine fluidité terminologique concernant son identité ?
    Le lecteur familier des Evangiles se souvient de l’habile réponse de Jésus sur ce sujet qui résiste encore victorieusement aux investigations aussi bien des savants que des théologiens. Nous nous trouvons ici au centre même du débat concernant les origines, voire l’essence du christianisme : comment une simple secte judéenne a-t-elle pu, par sa seule puissance spirituelle, vaincre l’empire le plus puissant de l’Antiquité ? Ou pour reprendre la célèbre formule, comment la rusticité a-t-elle pu vaincre l’éloquence ?
    Mais laissons là ce sujet plus général pour nous interroger à la suite de l’auteur sur cette mutation proprement extraordinaire : comment dans un milieu originellement et exclusivement juif en est-on arrivé à voir en un simple prédicateur galiléen parmi tant d’autres (et Dieu sait que l’époque n’en manquait guère !) une sorte de divinité ? Pour les juifs, même avant la cristallisation du judaïsme rabbinique en tant que tel, c’était un blasphème. Le statut de Jésus deviendra encore plus problématique lorsqu’il revendiquera lui-même cette filiation avec Dieu. Avant l’apparition de la doctrine trintaire, cette idée pouvait être admissible puisque maints passages de la Bible hébraïque parle des enfants d’Israël comme des fils de Dieu (banim attém la-Shem élohékhém). Mais voila il s’agit d’un pluriel collectif et non point d’une relation unique…
    De telles déterminations auraient dû, en théorie, être intrinsèquement étrangères à des esprits juifs, élevés et nourris, comme Jésus lui-même, dans le cadre de la tradition juive. Certes, les choses ont suivi une longue évolution historique et Frédéric Lenoir montre bien que la situation eut pu être radicalement différente. La grave crise traversée par le judaïsme de l’époque, les persécutions romaines, la destruction du royaume judéen en tant que nation et entité politico-religieuse, sans même parler de la chute du Temple, véritable coup de grâce porté à un peuple meurtri, tout ceci a contribué à entretenir une effervescence messianique incontrôlable : mais même si le peuple de Jérusalem et de toute la Judée était prêt à se jeter dans les bras du premier sauveur venu, Jésus fut celui qui servit de catalyseur à tous ces événements. Et l’œuvre dont il fut l’initiateur n’a peut-être pas suivi le chemin qu’il s’imaginait.
    L’auteur insiste sur le caractère inclassable et la nature proprement révolutionnaire d’un homme dont les principes du discours étaient encore entièrement enracinés dans le judaïsme mais dont la portée dépassait largement le simple cadre d’Israël. On se souvient de la distinction établie par les spécialistes néo-testamentaires : un Messie issu d’Israël à ne pas confondre avec un Messie pour Israël (exclusivement).
    Avec le concours de circonstances historiques particulièrement favorables, La portée de la prédication de ce Messie originellement juif a fini par dépasser –et de très loin- les limites de sa patrie. L’a-t-il voulu, l’a-t-il simplement cherché ? On trouve dans les déclarations que les Evangiles lui prêtent les deux réponses…
    Même si l’époque était en gésine d’un sauveur, d’un émissaire providentiel, même si des aventuriers ont tenté d’entraîner une multitude de fidèles dans leur sillage prétendument salvifique, aucune autre personnalité du Ier siècle de notre ère n’a connu un tel destin, en l’occurrence être considéré comme le fils de Dieu et -pour finir- comme Dieu. Geza Vermes, éminent connaisseur de la littérature talmudique et midrachique, cité dans la bibliographie, a analysé les similitudes entre un sage charismatique de la même époque Hanina ben Dosa et Jésus : or, jamais ce docteur des Ecritures, pourtant infiniment plus érudit que Jésus lui-même, n’aurait pu connaître un tel destin. Frédéric Lenoir avait bien raison de souligner le caractère inclassable et révolutionnaire du prédicateur de Galilée.
    Il existait des rabbins miraculeux à l’époque talmudique, même si l’institution rabbinique, telle que nous la connaissons, ne date que de l’époque médiévale, mais aucun n’est crédité d’autant de guérison merveilleuses de malades. Etait-ce un prophète, un homme de Dieu, doté de vertus de guérisseur ? En réalité, les Evangiles en font un être extraordinaire et polyvalent. Une appellation retient à juste titre l’attention de l’auteur : fils de l’homme (ben Adam). Cette expression est surtout récurrente dans le livre de Daniel qui est devenu l’expression classique de toute apocalypse juive. C’est dans ce livre envoûtant, partiellement écrit en araméen, que cette appellation connait le plus d’occurrences. Cette attente messianique des premiers judéo-chrétiens affleure bien avant dans cet écrit rédigé vers le milieu du IIIe siècle avant notre ère. J’en veux pour preuve cette superbe phrase araméenne, citée par l’auteur, qui parle de la royauté éternelle de Dieu et de sa domination sur tous les siècles (malkhoutéh malkhout alam we-sultanéh ‘im dar wé-dar)
    En sculptant la personnalité de leur héros, les apôtres et les membres de l’église primitive ne pouvaient que lui transférer des caractéristiques et des traits empruntés à la Bible hébraïque. Il n’y a rien d’étonnant à cela car tout leur vécu et leur penser en provenaient. Il suffit de comparer le qaddish et le Pater noster. Les ressemblances sont saisissantes pour la bonne raison que le premier a servi de moule et de modèle au second.
    Frédéric Lenoir, sans vraiment s’écarter de son sujet, consacre quelques pages très denses à l’action de Paul et au rôle déterminant qu’il a joué dans la séparation du rameau chrétien du tronc juif qui lui a donné naissance. Cela m’a fait penser aux deux volumes que Renan consacre à cette personnalité étonnante qui a fini par faire triompher le pagano-christianisme et à marginaliser les judéo-chrétiens. La Tora, imprudemment réduite par les pharisiens de l’époque à un simple ritualisme mécaniquement observé, a vu son sort scellé par un Paul (l’apôtre des prépucés, comme dit Renan) acharné à s’en débarrasser : plus de circoncision, plus de règles alimentaires et plus d’observance rigoureuse du sabbat. Pourtant, la lecture attentive des différents volumes, écrasants d’érudition, que John Paul Meier a consacré à Jésus montre que le prédicateur de Galilée n’aurait probablement pas suivi son zélé sectateur dans cette voie… Meier va jusqu’à écrire que la question de savoir si Jésus s’était séparé de sa religion d’origine est sans objet…
    Mais bien avant Meier, Léo Baeck, illustre penseur judéo-allemand mort en 1956, avait rédigé en 1938 un excellent petit ouvrage intitulé L’Evangile, une source juive (le titre allemand traduit littéralement donne ceci : L’Evangile, un document de l’histoire religieuse juive) où il démontre que les rédacteurs postérieurs, sans en arriver aux outrances futures de Marcion, ont eu à cœur de séparer la plante du terreau sur lequel elle a poussé. En fait, il y eut depuis le début du mouvement chrétien, une sorte de communauté de destin (pour parler comme les allemands) entre le judaïsme rabbinique en cours de cristallisation et une église tout juste née et à la recherche d’une identité. Certaines mesures vexatoires à son encontre de la part des Romains en font une sorte de juif de l’empire.
    Ces persécutions, le plus souvent atroces (on se souvient du cri : les Chrétiens aux bêtes !) font de l’histoire de l’église primitive une véritable martyrologie. A peu près à la même époque, alors que l’église se frayait lentement mais sûrement un chemin vers la religion d’empire, pour ne pas dire d’église triomphante, le judaïsme talmudique se fabriquait une sorte de carapace défensive, censée l’aider à traverser les siècles sans encombre ou presque. Pour ce faire, il a dû, entre autres, codifier le recours au martyre, une pratique devenue aussi chrétienne, qui m’a proprement impressionné. J’avais lu les déclaration réelles ou fictives de Paul avant son supplice mais je ne connaissais pas celles d’Ignace d’Antioche ni surtout celles de l’auteur anonyme de la Lettre à Diognète (pp 109-110).Le premier se veut carrément le froment du Christ, il veut que l’on broie ses os, que les bêtes fauves soient affamés pour le dévorer à belles dents.. Il est vrai que le christianisme trouve son origine et sa justification dans la crucifixion, un exemple qui n’a pas suscité beaucoup d’émules dans la religion d’origine, même si l’on parle dans le talmud des dix martyrs de l’empire romain (assara hérougué malkhout). Le contexte n’était plus le même, ce qui conduisit les sages du talmud à restreindre sévèrement le recours au sacrifice suprême. Trois cas sont spécifiquement prévus dans lesquels il faut trépasser au lieu de transgresser : si l’on vous contraint à adorer des idoles, à provoquer une effusion de sang et à vous livrer à la débauche.
    Une autre similitude, quoique partielle, retient l’attention : on pourrait presque dire que le christianisme a eu ses marranes avant la lettre. On pense aux relaps (lapsi) qui abjurèrent leur foi chrétienne en raison de terribles persécutions dont ile furent victimes, tout en christianisant en secret : une fois l’orage passé, ces êtres dépourvus de force de caractère (mais qui sait comment on aurait soi-même réagi dans de telle situations ?) voulurent réintégrer le giron de l’église qu’ils avaient quitté. Les autorités ecclésiastiques furent divisées quant à l’accueil à leur réserver, un peu comme à Amsterdam certains rabbins du XVI-XVIIe siècle, particulièrement intransigeants, vouèrent leurs anciens coreligionnaires à la damnation éternelle alors que d’autres adoptèrent une attitude empreinte de compréhension et de mansuétude.
    Mais cet exemple est de peu de poids comparé à toutes ces hésitations, ces controverses, ces ruptures et ces revirements, avant que n’émerge une orthodoxie chrétienne digne de ce nom. Pour éviter les schismes et les factions rivales, il fallut faire acte d’autorité, fulminer des anathèmes, prononcer des excommunications, résilier des fonctions ecclésiastiques, etc… Le phénomène n’est pas étranger aux autres confessions et notamment au judaïsme de l’époque qui mettait lui aussi en garde contre la multiplication des sectes, voire de Torot (shé lo yrbou Torot be-Israël).
    Il y a cependant un point important sur lequel je voudrais une précision, la fameuse malédiction qui figure dans les dix-huit bénédictions, la prière quotidienne statutaire. Je n’ai jamais lu dans un livre de prières le terme notsrim, Nazaréens (p 142) (i.e. chrétiens) mais toujours le terme minim qui désigne soit les judéo-chrétiens soit les idolâtres ou d’implacables adversaires doctrinaux des juifs auxquels ceux-ci décidèrent de fermer les portes de leurs lieux de culte. Il est possible, cependant, que la crainte de la censure chrétienne ait conduit à cette substitution, à une époque fort éloignée de la nôtre. Mais j’ai commis un Que sais-je ? intitulé La liturgie juive et cette mention là ne m’est jamais apparue…
    Mais si les juifs restés fidèles à l’enseignement de leur tradition ancestrale ont, eux aussi, décidé de s’éloigner de leurs anciens coreligionnaires, c’est précisément en raison des doctrines professées par la nouvelle religion. Je pense principalement à la forme divino-humaine de Jésus : cette épithète composite, cet oxymore, ne fait que nommer le problème sans apporter la moindre ébauche de solution. Dans quelle mesure Jésus était-il homme et dans quelle mesure Dieu ? Mais je ne m’appesantirai guère sur ce point où la limpidité de Frédéric Lenoir éclate dans toute sa richesse. Avec le plus grand respect pour la doctrine chrétienne et même doté de l’ ouverture d’esprit dont seuls les philosophes sont capables, je ressens quelque difficulté à concevoir ce qui est apparu à des esprits bien plus rassis que le mien comme une sorte de trithéisme. Je pense à ce qu’écrivait Juda ha-Lévi (XIIe siècle) dans son Cusari : les chrétiens, écrivait-il en substance, professent le même monothéisme que nous, simplement ils disent trois tout en pensant un. Quel admirable irénisme de la part d’un théologien qui n’avait pas la même tolérance à l’égard d’autres doctrines, notamment celles d’Aristote !
    On comprend mieux que les têtes pensantes du christianisme des premiers siècles aient éprouvé quelque difficulté à se mette d’accord sur une doctrine qui gisait au fondement même de leur propre religion.
    Et justement : comment fonde-t-on une religion ? Etait-ce le but visé par Jésus ? Et quelles furent les circonstances qui se nouèrent pour assurer son succès ? Dans le cas du christianisme, on peut dire que deux éléments de nature fort différente ont contribué sa pérennité : la disposition au martyre et le travail de sape qui ruina les fondements mêmes du paganisme romain au point que l’empereur Constantin finit par faire son incroyable volte-face. Certes, nous avons affaire à un empereur qui, loin d’être d’agir sous la grâce, est acharné à réaliser l’unité politique et religieuse de son empire : il a donc su instrumentaliser le christianisme ayant vu que cette religion avait pu gagner les cœurs de l’élite dans son propre camp. Sagesse politique ou opportunisme religieux ? Probablement, un savant mélange des deux puisque l’empereur n’hésite pas à mettre de l’ordre même dans les controverses théologiques qui font rage. Et dans ces âpres disputes, la principale pomme de discorde n’est autre que le statut du Sauveur : homme ou Dieu ? Les deux ? Dans quelle proportion ?
    Tant de synodes, de conciles, œcuméniques ou pas, se sont penchés sur cette épineuse question. Frédéric Lenoir nous relate avec une remarquable clarté les controverses si compliquées entre Arius qui voyait en le Fils de la sainte trinité un Dieu second et Alexandre, l’évêque d’Alexandrie qui tenait pour la thèse adverse et dont le successeur ne fut autre qu’Athanase. Ici aussi, le rôle du bras séculier si complaisamment offert par l’empereur Constantin fut déterminant. Et en effet, en 391 le christianisme avait franchi avec succès toutes les étapes menant au statut de religion d’Etat. D’une certaine manière, les héritiers du juif Jésus avaient conquis un empire qui était apparu à leur Sauveur comme le pire des maux et la quintessence de l’impureté idolâtre. Quel retournement spectaculaire.
    L’église a su conserver ses avantages et régler aussi la question -fort disputée entre ses propres tenants- de l’identité de Jésus. Il demeure, cependant, même s’il ne convient pas de se mêler de l’orthodoxie des autres, qu’Arius, pourtant condamné, n’avait pas tort. Encore plus intéressante est la réaction du moine Nestorius qui refusait d’accorder à Marie le statut de mère de Dieu. Ces moines nestoriens joueront encore un rôle de premier plan dans la transmission du legs intellectuel grec aux Arabes qui avaient étendu leur domination jusqu’à eux. Grâce à leur vaste mouvement traducteur, ils permirent l’émergence de la scolastique européenne.
    Mais le succès du christianisme d’Orient et d’Occident a été acquis au prix d’un éloignement sans cesse croissant de ses racines juives. Le code théodosien, par exemple, a carrément criminalisé les adeptes des autres confessions. Ce fut le sens de l’histoire : mais le christianisme a-t-il suivi le sens voulu et souhaité par son fondateur ? La question reste posée et cet excellent ouvrage nous aide à l’appréhender correctement.
    Il faut lire ce livre de Frédéric Lenoir que je vous recommande chaleureusement, tant il est clair et solidement documentée.

  • Anniversaire de Shimon Pérés

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    Le président Shimon Pérés souffle aujourd’hui ses 87 bougies !

    Voici un homme, venu en Palestine mandataire à l’âge de 13/ 14 ans, de sa Moldavie natale. Engagés très jeune dans les rangs de la Haganna, l’armée de défense juive, il est remarqué par le père fondateur David Ben Gourion qui loue ses talents d’organisateur et sa agilité intellectuelle. IL en fera son secrétaire particulier et son homme de confiance, l’homme des missions délicates et hautement confidentielles. C’est lui qui négociera, par exemple, avec le Commissariat à l’énergie atomique. C’est lui qui pilotera le ministère de la défense, secteur hautement sensible en Israël : la condition sine qua non de sa survie.

    Durant toute son existence, cet homme ira de la guache à la droite, fera le chemin inverse lorsqu’il le faudra et ne s’embarrassera guère de fidélité politique, ne pensant qu’à atteindre ses objectifs.

    Pour y parvenir, il n’a pas toujours été très regardant : quittant la gauche pour la droite, faisant le chemin inverse lorsque les circonstances s’y prêtaient, l’homme que son rival Itshak Rabin nommait gentiment le magouilleur est un animal politique absolument insubmersible.

    Son mentor politique, Ben Gourion, en fait l’homme des missions délicates depuis qu’il avait été l’un des responsables du ministère de la défense, secteur hyper sensible en Israël. Pour se faire une idée du genre de missions qu’il lui confiait, il suffit de rappeler que c’est Pérés qui conduisit les négociations avec le commissariat à l’énergie atomique. C’est encore lui qui s’occupa de mettre sur pied l’embryon du complexe militaro-industriel sans lequel ce pays n’aurait pu avoir raison de ses belliqueux voisins.

    Je ne compte plus les différents portefeuilles ministériels occupés par notre homme qui fut, si je ne me trompe, trois fois Premier Ministre.. C’est lui qui négociait avec Yasser Arafat qu’il appelait par son prénom et qu’il aimait bien visiter à Ramallah. On dit même qu’il aurait été pour quelque chose dans le sauvetage in extremis du Palestinien lorsque Tsahal attaqua le siège de l’OLP à Tunis. En effet, ce jour là, quelques minutes avant l’attaque, le Palestinien quitta son CQG sans rien dire à personne. Bref, un homme dont l’histoire personnelle se confond maintes fois avec celle de son pays.

    Polyglotte, membre de l’internationale socialiste, ami de la plupart des grands de ce monde, Prix Nobel de la paix, on peut dire qu’il est la dernière grande figure historique d’Israël. Dans le texte qu’il consacra à son maître en politique, Ben Gourion, il écrivit que ce dernier est mort rassasié de jours mais non point de projets, tant il en avait à profusion. En lui souhaitant longue vie, on peut dire qu’il en est de même pour lui. Pérés avait confié à un ambassadeur qu’il mourrait s’il devait cesser ses activités. On le comprend. Et d’ailleurs, en ce jour anniversaire, l’homme est au Caire en pleine négociations avec son homologue égyptien, le président Hosni Moubarak.

    Alors longue vie et bon anniversaire Monsieur le Président.

  • Anniversaire de Shimon Pérés

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    Le président Shimon Pérés souffle aujourd’hui ses 87 bougies !

    Voici un homme, venu en Palestine mandataire à l’âge de 13/ 14 ans, de sa Moldavie natale. Engagés très jeune dans les rangs de la Haganna, l’armée de défense juive, il est remarqué par le père fondateur David Ben Gourion qui loue ses talents d’organisateur et sa agilité intellectuelle. IL en fera son secrétaire particulier et son homme de confiance, l’homme des missions délicates et hautement confidentielles. C’est lui qui négociera, par exemple, avec le Commissariat à l’énergie atomique. C’est lui qui pilotera le ministère de la défense, secteur hautement sensible en Israël : la condition sine qua non de sa survie.

    Durant toute son existence, cet homme ira de la guache à la droite, fera le chemin inverse lorsqu’il le faudra et ne s’embarrassera guère de fidélité politique, ne pensant qu’à atteindre ses objectifs.

    Pour y parvenir, il n’a pas toujours été très regardant : quittant la gauche pour la droite, faisant le chemin inverse lorsque les circonstances s’y prêtaient, l’homme que son rival Itshak Rabin nommait gentiment le magouilleur est un animal politique absolument insubmersible.

    Son mentor politique, Ben Gourion, en fait l’homme des missions délicates depuis qu’il avait été l’un des responsables du ministère de la défense, secteur hyper sensible en Israël. Pour se faire une idée du genre de missions qu’il lui confiait, il suffit de rappeler que c’est Pérés qui conduisit les négociations avec le commissariat à l’énergie atomique. C’est encore lui qui s’occupa de mettre sur pied l’embryon du complexe militaro-industriel sans lequel ce pays n’aurait pu avoir raison de ses belliqueux voisins.

    Je ne compte plus les différents portefeuilles ministériels occupés par notre homme qui fut, si je ne me trompe, trois fois Premier Ministre.. C’est lui qui négociait avec Yasser Arafat qu’il appelait par son prénom et qu’il aimait bien visiter à Ramallah. On dit même qu’il aurait été pour quelque chose dans le sauvetage in extremis du Palestinien lorsque Tsahal attaqua le siège de l’OLP à Tunis. En effet, ce jour là, quelques minutes avant l’attaque, le Palestinien quitta son CQG sans rien dire à personne. Bref, un homme dont l’histoire personnelle se confond maintes fois avec celle de son pays.

    Polyglotte, membre de l’internationale socialiste, ami de la plupart des grands de ce monde, Prix Nobel de la paix, on peut dire qu’il est la dernière grande figure historique d’Israël. Dans le texte qu’il consacra à son maître en politique, Ben Gourion, il écrivit que ce dernier est mort rassasié de jours mais non point de projets, tant il en avait à profusion. En lui souhaitant longue vie, on peut dire qu’il en est de même pour lui. Pérés avait confié à un ambassadeur qu’il mourrait s’il devait cesser ses activités. On le comprend. Et d’ailleurs, en ce jour anniversaire, l’homme est au Caire en pleine négociations avec son homologue égyptien, le président Hosni Moubarak.

    Alors longue vie et bon anniversaire Monsieur le Président.

  • Shimon Pérés a 87 ans

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    L'anniversaire de Shimon Pérés,

     

    Le président israélien a aujourd'hui 87 ans. C'est l'insubmersible de la vie politique israélienne. Sa chance fut de rencontrer David Ben Gourion et d'en devenir le scrétaire. Depuis que de chemin parcouru. Trois fois premier ministre et mainets fois ministre. Ce Moldave est arrêté au sommet.

     

    Rabin qui ne l'aimait guère le traitait de lmagouyilleur. Mais tout de même, quel grand animal politique. Bon anniversaire Monsieur le Président.

  • préparatifs de noces au Néguev

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    Vendredi vers 13 heures : Rosine nous attend à l’entrée de la ville de Netivot, distante d’environ 100 km de Tel Aviv. Nous nous engageons dans la cité durant moins d’un km et puis nous obliquons vers un chemin de terre, une véritable piste comme au Sahara. La route nous prend environ 20 mn, mais j’ai le te temps de voir à travers la vitre un panneau annonçant l’entrée dans la ferme de mon petit cousin. Pour le moment, c’est un nuage de poussière. L’étendue est absolument plate et j’apprendrai plus tard que ce plateau, immense, sert aussi d’entraînement à Tsahal pour les véhicules blindés et les hélicoptères de combat. Mais pour l’heure, personne à l’horizon.

    Nous nous trouvons enfin face à une immense grille en acier trempé, un coup de téléphone et la grille s’ouvre. Et là nous nous trouvons dans une immense exploitation agricole ou plutôt une ferme. On nous fait visiter par l’ancien maître des lieux les chambres froides qui regorgent de fromages. Je pensais, après la visite, durant le repas, que nos bons fromagers de Suisse et de France auront du souci à se faire lorsque la concurrence israélienne aura investi leurs marchés respectifs. Mais nous n’en sommes pas là.

    Après les chambres froides, nous allons sous les hangars où pullulent brebis, chèvres, moutons et béliers de toutes sortes. Un petit enclos attire mon attention, on y voit de tout jeunes animaux. Le guide qui me parle pour que je traduise aux autres, m’indique qu’il s’agit d’animaux qui ont trois jours et qu’on nourrit au biberon. Et quand ils ont atteint le poids de douze kg, ils intègrent le reste du troupeau. Rosine et Danielle ne résistent pas à l’envie de prendre dans leurs bras ces tout petits animaux, mais Laura a peur et ne s’approche guère. Après, elle verra des chiots tout aussi attendrissants. Le guide me montre le lait en poudre que l’on sert aux bêtes après lavoir mélangé à de l’eau. Il m’indique aussi l’endroit hyper moderne où l’on trait les bêtes. Il me montre aussi les appareils qui servent à préparer le bon fromage. Figurez vous qu’ils tentent d’imiter même notre inimitable camembert !

    Quel toupet, ces Israéliens ! Chez eux, cela s’appelle de la houtspa…

    Je vois aussi autour de moi des hangars avec des bancs, des tables, des chaises. On m’explique que les enfants des écoles viennent passer la journée sur place, voir les animaux, traire les brebis etc.. En effet, cette ferme se spécialise dans trois domaines : l’huile d’olive, le fromage et le miel. Car j’ai aperçu près des vergers des ruches. Et leur miel est succulent.

    En raison de la chaleur torride, plus de 35° nous réfugions sous la tente préparée pour le repas, avec des tapis au sol, comme chez les Bédouins. Les fromages sont servis accompagnés d’un vin exquis, notamment du gamla et du colombus.

    Mais il y avait une seconde partie : un convoi de voitures s’arrête soudain à l’entrée de la tente : en descendent, entre autres, mon petit cousin Ran et sa fiancée Iréna. Suivis des futurs beaux parents et d’autres membres d la même famille. Etant le seul non Israélien à comprendre l’hébreu, je m’éclipse pour ne gêner personne. Mais mon cousin me rattrape pour boire une coupe de champagne. Je reviens donc et porte un toast aux futurs mariés. Je surprends cependant quelques paroles en langue russe (langue scellée de sept sceaux pour moi).. On me dit qu’ils s’étonnent de mon hébreu C’est toujours ainsi.

    Vers 17 heures, nous reprenons la route du mochav qui se trouve à une bonne demi -heure de là. Nous y arrivons et nous préparons pour le chabbat. Une bonne douche fut la bienvenue mais aussi la climatisation dans le beau studio que Rosine met à notre disposition, les autres, les enfants souhaitant être tous ensemble dans la même maison.

    Je me prépare car j’aime réciter tout le Cantique des Cantiques à la synagogue du Mochav. Cela me rappelle quand j’étais tout jeune enfant avec mon père. Depuis cet âge là, six ou sept ans, j’ai appris le Cantique par cœur . La récitation avec la cantilation prend une demi heure.

    Juste à ce moment là un enfant de sept huit ana entre dans la synagogue et vient s’asseoir auprès de son père. Quelle chance !

  • Incidents dans le Néguev vendredi soir et dimanche soir

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    Vendredi dans la nuit, alors que nous étions dans un mochav à 9 km de Gaz à vol d'oiseau, nous avons été réveillés par des explosions sourdes, des bruits de fortes détoantions. Je pris l'appreil pour demander à ma cousine ce qui se passait. elle me répondit que le Hamas ayant tiré un missile sur la ville d'Ashkélon, distante de 10 km, l'aviatioon isréalienne a réagi fermement. Le lendemain, j'ai entendu aux information que Tsahal avait bombardé durement des positions dans Gaza.

    Mais hier soir encore, dans la nuit de samedi à dimanche, cette fois vers trois heures du matin,  c'est la ville de Sdérot, distante de moins de 4 km de Gaza qui fut touchée. Même réaction de l'armée de l'air. Je dois dire que je n'étais pas très rassuré, surtoutr pour nos enfants. Dans la voiture qui nous ramenait vers Netanya, j'ai écouté les informations sur Kol Israël qui faisaient état de ce que je vous rapporte. Le prmeier Ministre a souligné qu'il le Hamas pour responsable de toute attaque venant de ce territoire.

    Je me sui demandé quand donc cela finira-t-ilo? Je commence à douter sérieusement....

    Je repartirai passer le chabbat et le week end dans le Néguev à 9km de Gaza. J'espère que les chose se seront calmées d'ici là.

     

    Et alors je vous parlerai des préparatifs de noces à la campagne auxuqels j'ai assisté vendredi après midi dans la famille de Rosine et aussi de la très belle ferme de son fils aîné que j'ai visité et où nous avons tous mangé.