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  • BERNARD TAPIE, LE RETOUR ?

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    BERNARD TAPIE, LE RETOUR ?
    S’il est un personnage qui déclenche les passions les plus impétueuses, en bien ou en mal, c’est sûrement Bernard Tapie. C’est un peu injuste. Certes, Bernard n’est pas un saint, mais ce n’est pas non plus le Diable en personne ! Or, quand on voit le déchaînement de passions que la résolution de son affaire a déclenché, on se demande si ce n’est pas une réaction propre à la France, à sa mentalité, à son éducation et à sa culture judéo-chrétienne.
    Comment caractériser la personnalité ou l’essence de Bernard Tapie ? Parti de rien ou presque, sans éducation particulière, mais rudement intelligent et hyper réactif (le contraire de nos énarques, bei allem Respekt !) il est passé de simple repreneur d’entreprises en difficultés, achetées au franc symbolique, à un poste ministériel (celui de la ville), et qui plus est, dans un gouvernement socialiste ! Ce qui ne lui a pas fait que des amis. La suite, on la connaît : une plainte d’un petit actionnaire que Bernard avait eu l’imprudence d’envoyer au diable,  certaines autorités  pas très bien intentionnées mais soucieuse de voir cette plainte prospérer, l’erreur impardonnable de fausser le match O.M. Valenciennes, et voilà tout ce bel édifice à terre…

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  • LE DÉCHIREMENT : LETTRES D’ALGÉRIE ET DU MAROC 1953-1958 (PARIS, FAYARD, 2008)

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    LE DÉCHIREMENT : LETTRES D’ALGÉRIE ET DU MAROC 1953-1958 (PARIS, FAYARD, 2008)
    C’est une aubaine que de pouvoir lire de nouveau Jérôme Monod. Il est rare que, recevant un livre (avec tant d’autres), j’en prépare le compte rendu dès le lendemain après-midi, après une lecture fort attentive, jusque tard dans la nuit. Croyez moi, quand vous prenez ce livre en main et que vous lisez les lettres de ce jeune appelé du contingent, quittant ses parents à 22 ans pour accomplir son devoir de conscrit en Algérie et ensuite au Maroc, deux pays en proie aux affres de l’indépendance, vous ne reposez l’ouvrage qu’après l’avoir dévoré d’une seule traite. Mais pourquoi donc ?
    Plusieurs raisons à ce véritable engouement : d’abord, le Président Monod parle de deux pays qui me touchent, même si j’était un bébé aux années que couvre son livre. Natif d’Agadir, chassé de cette ville  à peine âgé de 8 ans à la suite du tremblement de terre qui la ravagea, mes parents émigrèrent dans une Algérie encore française pour se fixer définitivement à Paris, peu de temps après.
    Mais cela n’explique pas tout. Il me semble que toute l’œuvre de l’auteur est sous tendue par les exigences d’une éthique protestante qui m’a toujours séduit et que je devine très proche de l’éthique juive. (il y a d’ailleurs une expression malheureuse à ce sujet, avec le verbe cramer…  Mais je ne détecte aucune intention désagréable). Avec son obsession de l’équité, son questionnement sans fin, son attachement à ses parents et la déférente affection qu’il leur témoigne (il faut voir l’extrême tendresse qui unit cette fratrie lorsque le jeune appelé, loin des siens, souhaite un bon anniversaire à sa jeune sœur, félicite son frère aîné pour son succès aux examen, rend hommage à ses parents et à leur amour), sa haine de la guerre, son tempérament mesuré (il se méfie de l’ambition dévorante de certains camardes de l’ENA) etc… Toutes ces raisons rendent ce livre extrêmement attachant.

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  • LA PREMIÈRE PANDÉMIE DU XXIE SIÈCLE

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    LA PREMIÈRE PANDÉMIE DU XXIE SIÈCLE
    C’est désormais officiel, la pandémie est bien là. Il suffisait de contempler ce matin, sur les écrans de télévision, les cartes de couleur rouge ou orange, pour s’en convaincre. L’OMS a décidé à Genève de passer à l’échelon supérieur, le sixième, qui est le plus haut, la France préfère, quant à elle, s’en tenir au status quo. En fait, le nombre peu élevé de cas avérés de grippe porcine et les moyens mis en œuvre pour les soigner, n’inspire pas, pour le moment, d’inquiétude.

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  • LES ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES EN IRAN…

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    LES ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES EN IRAN…
    J’ai un peu hésité avant de jeter mon dévolu sur le présent sujet : les élections iraniennes. Il y avait le retocage de la loi hadopi par le Conseil Constitutionnel en France. C’est tout de même important puisque cela porte sur l’outil qui permet d’entrer en contact, tous ensemble, chaque matin que D) fait… Puis, toujours en France, le procès de la triple infanticide qui vraiment me sidère et pour laquelle je prône une peine exemplaire, même si le sort des enfants qui réclament leur maman ne me laisse pas indifférent. Et il y a l’autre procès, tout aussi proche de nous puisqu’il se déroule  à Genève et touche au meurtre du banquier Stern…
    Mais c’est, comme toujours la politique internationale qui retient mon attention, car ce qui menace le plus, c’est le chauvinisme, le provincialisme, ce dernier pouvant menacer d’enfermement et de ghettoïsation, même le temple à savoir et de l’esprit, j’ai nommé l’université dont le nom couvre tout l’univers dont l’Iran fait partie.

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  • WINSTON CHURCHILL

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    WINSTON CHURCHILL DE FRANCIS KERSAUDY, PARIS, TALLANDIER, 2009
    Qui peut prétendre bien connaître la vie et l’œuvre de Sir Winston Churchill, député à l’âge de 26 ans, lui-même fils de député, maintes fois ministre, Premier Ministre durant la guerre, grand amateur (sa vie durant) de bon whisky et de gros cigares, et pour finir, Prix Nobel de littérature (oui, de littérature) en 1953, une bonne dizaine d’années avant sa mort ? Autant de choses et bien d’autres encore que nous apprend la lecture de ce beau livre, superbe biographie, agréablement écrite et solidement documentée, quoique un peu longue par endroits…
    Mauvais élève, scolarité médiocre, fils d’une mère insouciante et épouse volage (on doute même de la paternité de Lord Randoloph Churchill) tant Madame menait une vie mondaine… Le jeune garçon sera mis dans un internat réputé où il ne dut son passage en classe supérieure qu’au sens politique très affiné du révérend qui dirigeait l’établissement…

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  • L’APRÈS ÉLECTIONS EUROPÉENNES

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    L’APRÈS ÉLECTIONS EUROPÉENNES
    Si les élections étaient destinées, à l’origine, à pacifier les changements politiques et à ménager les transitions d’un parti à l’autre, d’une majorité à l’autre, on peut dire que l’après élections s’accompagne parfois de véritables secousses telluriques. Il suffit de voir ce qui se passe au Modem et plus spécialement au PS pour s’en convaincre.
    Mais, par delà quelques péripéties post-électorales, il y a un problème presque philosophique qui nous fait face : un être humain parvient-il à se dessaisir volontairement du pouvoir lorsqu’il s’est trompé et qu’il a fait perdre son parti ?
    Non. Telle est la réponse quand on considère le choix et l’attitude de Martine Aubry et de François Bayrou : tous deux, en généraux battus (je m’excuse de la dureté du mot final) , biaisent, rusent avec l’entourage, remettent à plus tard ce qui devrait être fait aujourd’hui, retrouvent soudainement les vertus du collectif alors qu’ils se sont rendus coupables de l’exercice solitaire du pouvoir, bref privatisent le pouvoir et socialisent les pertes et les échecs, bref rien que de très humain… Mais de départ, de démission, il ne sera jamais question. Ce qui fait que ceux qui veulent faire place nette sont, en conséquence, obligés d’ourdir des putschs, des coups d’Etat pour sanctionner les coupables de la défaite…

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  • GEORGES MANDEL, L’HOMME QU’ON ATTENDAIT DE JEAN-NOËL JEANNENEY

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    GEORGES MANDEL, L’HOMME QU’ON ATTENDAIT DE JEAN-NOËL JEANNENEY, PARIS, TALLANDIER, 2009.
    L’auteur cite une belle phrase tirée d’un livre de Jaurès : il est toujours permis à l’Histoire d’opposer des hypothèses au destin. Cette commande vraiment le projet éditorial de M. Jeanneney. Il s’interroger, en faisant défiler devant nous avec maestria, l’existence de son héros, ce qu’eût été la vie de Mandel s’il avait bien voulu accepter la proposition de Churchill, le Général Spears, de le suivre de Bordeaux à Londres !
    Le destin, ou simplement une gravissime erreur d’appréciation, de jugement, lui commettre la bévue qui allait lui coûter la vie. Maintes fois ministre, né en France d’un père tailleur (fils d’immigré allemand) et d’une femme de Lorraine (dont il reprendra le nom car son nom de naissance était Rothschild, la branche pauvre) Mandel fit une scolarité médiocre, s’y prit à deux fois pour réussir son bac et réussit à rentrer comme jeune rédacteur au journal L’aurore où sévissait un certain Clemenceau. Difficile cohabitation entre le Tigre et le jeune intellectuelle juif qui se vit demander par le futur Président du Conseil s’il était asiatique ou bien français… Les relations entre les deux hommes furent plutôt difficiles, même si Clemenceau ne manquait pas de témoigner un peu de considération à son jeune collaborateur. Lorsqu’il fut nommé au gouvernement, il ne le prit pas immédiatement dans son cabinet mais le relégua auprès de son secrétaire d’Etat. C’est plus tard qu’il dut recourir à ses services.

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  • WINSTON CHURCHILL, DISCOURS DE GUERRE

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    WINSTON CHURCHILL, DISCOURS DE GUERRE. EDITION BLINGUE. PARIS, TALLANDIER, TEXTO,  2009
    Après les journaux intimes de Joseph Goebbels, nous passons à Churchill et à ses mémorables discours de guerre qui avaient le don de mettre le ministre allemand de la propagande hors de lui.  A la Chambre des communes il avait eu la courage et la clairvoyance de comprendre que les accords de Munich entre Hitler, Chamberlain et Daladier ne tiendraient pas et que le chef nazi ne reculerait devant rien pour assouvir ses ambitions d’expansion et de domination.

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  • JOSEPH GOEBBELS, JOURNAL (1939-1942) , PARIS, TALLANDIER, 2009.

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    JOSEPH GOEBBELS, JOURNAL (1939-1942) , PARIS, TALLANDIER, 2009.
    Curieux personnage que ce Dr Joseph Goebbels qui fut, quand même, l’ultime héritier de Hitler auquel  il ne survécut que quelques jours puisqu’il se suicida avec son épouse, après avoir tué ses propres enfants, au motif que l’on ne pouvait pas vivre dans un univers d’où le national-socilaisme avait été chassé. Alors, pourquoi curieux personnage ? Simplement parce que dans les trois riches introductions qui présentent ce volumineux journal intime et le situent magistralement dans le contexte historique de l’époque,  on apprend des choses intéressantes sur la fragilité psychologique de l’homme : déchiré entre deux femmes, profondément choqué lorsque sa blonde épouse lui apprend qu’elle le trompe avec son secrétaire d’Etat depuis deux ans, il cherche son salut dans la fuite, se retire au festival de Bayreuth et tente de se remettre… Le plus inattendu est qu’il a la faiblesse de se confier du maréchal du Reich Göring qui se fera une joie d’aller tout raconter à Hitler qui joue les conciliateurs et entend dicter à son futur ministre de la propagande la conduite à tenir… Et ce n’est pas tout : Madame Goebbels fera de même puisque Hitler sera le premier à être au courant de son adultère. Etrange. On imaginait tout dans ces  sphères nazies, sauf ce type de problèmes.
    Goebbels tiendra une place importante dans le dispositif hitlérien malgré les rivalités qui l’opposa à d’autres coryphées du nazisme, et notamment le ministre des affaires étrangères Joachim von Ribbentrop qui tenta, maintes fois, de lui arracher des secteurs entiers de la propagande et de l’information relevant, en temps normal, de ses attributions.

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  • LA DISPARITION D’OMAR BONGO.

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    LA DISPARITION D’OMAR BONGO.
    Resté plus de quatre décennies au pouvoir, Omar Bongo est une personnalité des plus marquantes du continent africain. Certes, il n’a pas que des amis ni des thuriféraires de son régime. Depuis quelques mois, déjà, des plaintes ont été déposées contre lui pour corruption. Et dans le XVIe arrondissement, il y a une allée, devenue privée, qui abrite l’une de ses résidences controversées… Mais il ne nous appartient pas de porter d’appréciation puisque la plainte a, semble-t-il, été classe, par le Procureur général.

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