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  • DE LA CONSTRUCTION DE MOSQUÉES À LA PROFANATION DES CIMETIÈRES…

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     DE LA CONSTRUCTION DE MOSQUÉES À LA PROFANATION DES CIMETIÈRES…
        Depuis plusieurs jours déjà, je souhaitais consacrer un article à la fête musulmane de l’Aïd el-Kébir (la grande fête) qui commémore la ligature par Abraham de son fils. La Bible hébraïque affirme qu’il s’agit d’Isaac tandis que la tradition a opté, quelques hésitations initiales, pour Ismaël… C’est le donc le salut miraculeux de l’enfant qui est fêté et par-delà, le remplacement du sacrifice humain par un rite sacrificiel d’une bête. A une divinité sanguinaire succède une divinité amie des hommes et recherchant leur bien-être ;
        Je voulais aussi parler des mosquées qui se construisent en France, après de fortes oppositions de la part des municipalités et des riverains, toujours apeurés par un islam qui suscite tant d’appréhensions. La une du journal Le Monde portait justement sur cela. Je voulais le faire lorsqu’il y eut la nouvelle de ces gigantesques profanations de cimetières, notamment le carré musulman du cimetière d’Arras où reposent des milliers de dépouilles de soldats musulmans, morts pour la France.
        Profaner un cimetière, quel qu’en soient les occupants, est un acte abject. S’en prendre à des sépultures est une honte. Toutes les religions, toutes les spiritualités, toutes les doctrines éthiques, sans exception, recommandent, sans la moindre réserve, le respect absolu dû aux morts…
        Parlons à présent des mosquées. On sait que l’érection d’une mosquée pose plusieurs problèmes. On l’a vu ici même en Suisse, où des pans entiers de la population se sont dressés contre cette idée. On ne veut pas de minarets, pas d’appel à la prière des muezzins (ayouha la-salat) ; mais il fallait de toutes façons doter les communautés musulmanes de lieux de culte décents. Comme le disaient Jean-Pierre Chevénement et Nicolas Sarkozy, on devait en finir avec l’islam des caves et inviter l’islam à la table de la République.
        On attendait évidemment la réponse des intéressés. Elle semble être enfin venue, après quelques hésitations. Le vrai problème, en réalité, c’est de savoir si les Musulmans de nos pays se considèrent comme une communauté religieuse dans une structure nationale, un pays, ou s’ils considèrent comme une communauté nationale dans un autre communauté nationale. Rappelez vous le cri de l’Abbé Grégoire : tout aux juif en tant que religion, rien aux juifs en tant que nation…
        La même problématique se pose aux musulmans. A eux de choisir. Mais en aucun cas il ne faut profaner de cimétière.
     

  • L’ÉVACUATION D’UNE MASION D’HÉBRON PAR L’ARMÉE ISRAÉLIENNE : LA FORCE D’UN SYMBOLE

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     CECI EST LA 700ième note!!

    L’ÉVACUATION D’UNE MASION D’HÉBRON PAR L’ARMÉE ISRAÉLIENNE : LA FORCE D’UN SYMBOLE
        En fin de compte, l’armée a chassé les jeunes Israéliens de la maison d’Hébron qu’ils occupaient au regard d’un titre de propriété qui avait été contesté par des habitants arabes de la cité des patriarches. La cour suprême avait été saisie et elle ordonna cette évacuation, en attendant la décision définitive du tribunal saisi sur le fond.
        Cela peut paraître étrange, mais partout dans le monde on peut acheter et vendre des lieux d’habitations, pas à Hébron ni dans la vieille ville de Jérusalem où toute acquisition a nécessairement un arrière-goût ou une arrière-pensée politique. Les juifs qui ont acheté à Hébron sont soupçonnés de l’avoir fait pour accroître leur emprise sur la ville. N’oublions pas qu’un groupe d’habitants juifs résident dans l’endroit, qui se nomme aussi Kiryat Araba (la Cité des quatre), l’autre nom biblique de Hébron.
        Pourquoi donc Juifs et Musulmans sont-ils prêts à tant d’extrémités pour une cité attribuée aux patriarches ? Ils s’entre déchirent à cause d’Abraham, le père de toute l’humanité croyante et pensante, la personnalité charismatique qui a traversé tous les courants religieux… C’est l’homme qui marque les premiers chapitres de la Genèse (du ch. 12 à 25) du Coran et des Evangiles où il connaît environ 72 occurrences. Il entre même en concurrence avec Jésus, pour ce qui est de la filiation : fils d’Abraham ou fils de Jésus ?
        Nous voilà donc en 2008 en présence d’hommes qui sont prêts à tout pour garder à une cité biblique son caractère juif ou arabe, alors qu’ils se reconnaissent tous deux en cet ancêtre oublié et qui n’a, peut-être, jamais existé tel que la Bible est la première à nous le décrire…
        Mais c’est le symbole de cet être fictif et imaginaire que ces gens s’arrachent. On se demande même si les textes qui en parlent en avaient un souvenir fidèle : il aurait vers 1850 avent JC ; or les textes qui en parlent dans la Bible hébraïque, ne seraient que du VII-VIe siècles avant JC . Donc plus d’un millénaire d’écart ! Comment le savons nous ? Eh bien, en examinant à la loupe les descriptions : les contradictions de la vie nomade vue à l’aide des critères d’une société sédentaire et jouissant grandement de terres de culture, les bêtes aussi : on ne peut parler de chameaux que vers les VIII-VIIe siècle, date à laquelle ces animaux servent de bêtes de somme et monture ; les tentes dont on nous parle ne peuvent pas appartenir à de vrais nomades ; la même chose vaut de la possession d’esclaves : pourquoi faire ?
        Enfin, si ces fils d’Abraham se demandaient enfin d’où il venait ou provenait lui-même, cela calmerait tant d’ardeurs…
        Mais c’est tout le problème des identités ; identités négatives, positives, frontière, transgression, etc… L’humanité devrait agir avec raison comme Kant le disait : ich handle mit Vernunft…
     

  • LES FEMMES ET L’ISLAM

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    LES FEMMES ET L’ISLAM
        A tort ou à raison, le royaume saoudien passe pour le fondement même de la pratique islamique, même si ce modèle est de plus en plus contesté par certains musulmans modernes et progressistes. Ce qui me pousse à consacrer l’article de ce matin à la question des femmes dans le royaume wahabite, c’est le long reportage que lui consacre Le Monde 2 de cette fin de semaine.
        Je ne reviendrai pas sur ces pratiques connues, d’un autre âge, et qui, par leur aspect, finissent par ne plus nous interpeller d’u tout. Ce que je tente de comprendre, c’est la cause de ce retard, les raisons de cette fermeture, et le stade d’Œdipe mal liquidé qui cause tant de drames et d’incompréhensions. On s’est souvent demandé pourquoi des sociétés avancent, se développent et s’ouvrent aux autres alors que d’autres se recroquevillent sur elles-mêmes, se rabougrissent et stagnent, fermées à l’idée même de progrès et d’évolution ? C’est l’observation très subtile que nous a livrée Claude Lévi-Strauss dès son jeune âge.
        On fera, à l’aide de cette phrase, le rapprochement que l’on voudra, avec qui on voudra…
        Ce qui frappe l’homme moderne ou l’observateur objectif, c’est l’incompréhension totale dont font preuve certains qui sont allés jusqu'à instaurer une soi-disant police des mœurs qui épient et surveillent les femmes dans leurs activités quotidiennes.
        Il faut examiner de plus près le prétexte allégué par les rétrogrades pour  justifier leur traitement de la femme dans leurs pays : ils prétendent agir ainsi pour protéger cet être faible qu’est la femme dans un envionnement masculin non policé, violent et agressif. Si, disent-ils, on permettait aux femmes de vivre comme en Occident, à moitié nues, maquillées, bref belles et désirables, elles se feraient agresser ) chaque coin de rue. Ce n’est pas faux, mais raisonnement est spécieux. Voyons ! En Occident, il y aune grande permissivité, un considérable laisser-aller et les femmes ne subissent d’agressions que rarement (mais même une seule fois est une fois de trop). Mais dans ces pays répressifs, si l’on avait permis une relation plus harmonieuse des sexes, les hommes ne nourriraient pas à l’égard des femmes une telle rapacité ni un désir si exacerbé.
        N’étant ni psychologue, ni ethnologue, ni sexologue, je n’ai pas de conseils à dans ce domaine. Mais si les gens apprenaient à voir dans la femme un autre nous-même, une mère, une sœur, une cousine, une fille, une amie, bref un être humain qu’on aime et sans lequel on ne peut pas vivre, toutes ces règles de pacotille disparaîtraient… Mais nous en sommes loin.
        Je crains qu’il n’y ait ici qu’une angoisse face à sa propre sexualité, une peur panique devant les désirs que nous inspirent une femme belle et désirable.
        Lorsque le roi saoudien avait dit il peu de temps que l’évolution du statut des femmes ne prendrait pas plus d’années que le nombre de doigts d’une seule main,  il attestait simplement par là son amour des métaphores…
     

  • L’ISLAM AUJOURD’HUI : IDENTITÉ MUSULMANE ET CULTURE EUROPÉENNE

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    L’ISLAM AUJOURD’HUI : IDENTITÉ MUSULMANE ET CULTURE EUROPÉENNE
        Le début du pèlerinage à la Mecque nous pousse à ces quelques réflexions sur la situation de l’islam d’Europe  (et non de l’islam en Europe). On sait que les points cardinaux de la religion musulmane sont, entre autres, le pèlerinage (hadj), l’aumône ( zakat), la prière (salat) et le jeûne (sawm) … C’est à la Mecque que les musulmans pieux se rendent au moins une fois dans leur existence afin d’effectuer la procession autour de la Ka’aba (la fameuse pierre noire) qui représente le lieu le plus sacré.
        On peut faire un bref survol des contacts entre les deux cultures, arabo-musulmane et judéo-chrétienne. Il y eut parfois  des échanges pacifiques et fructueux, mais aussi des heurts, voire des oppositions et des confrontations sanglantes, pas seulement en Terre sainte pour le contrôle des lieux saints mais aussi aux confins de l’Europe avec l’empire ottoman ont menacé la ville de Vienne.
        Des croisades à la colonisation, l’Occident et l’islam ont eu un lourd contentieux. Depuis la décolonisation, les problèmes n’ont pas tous été réglés mais le départ des anciennes puissances coloniales a généré un contentieux qui n’est ni territorial, ni financier, mais qui revêt une nature plus subtile : il s’agit de l’héritage post-colonial, la culture diffuse restée sur place, et l’influence linguistique. Qu’on le revendique ou qu’on le rejette, c’est un héritage autour duquel s’affrontent en silence tenants de l’indépendance et adversaires de la coopération post-coloniale. C’est le point nodal de l’avenir ds relations entre ces deux grands pôles de civilisation.
        Un autre élément, plus voyant et encore plus fondamentale est constitué par l’immigration des citoyens des nouveaux états qui considèrent que tout en chassant la France , la Grande Bretagne, la Belgique, le Portugal etc de chez eux, ils n’en conservent pas moins le droit de s’établir dans les anciennes métropoles, d’y bénéficier des minima sociaux et d’y éduquer leurs enfants. les etats concernés y trouvent aussi leur compte puisque cette immigration leur permet, entre autres, de former les élites de ces pays émergents et de conserver, par biais, une forme d’influence favorable à l’écoulement de leurs produits dans ces nouveaux marches.
        Mais cette cohabitation pose, elle aussi, des problèmes, notamment celui de la compatibilité ou l’incompatibilité de l’identité musulmane en gestation (en anglais : in the making) et la culture européenne. Et j’ai maintes fois eu l’occasion d’évoquer deux points de frictions particulièrement graves : l’exclusivisme religieux et le statut de la femme…
        La culture européenne ne peut admettre la négation de ces deux valeurs qui, dans certains pays islamiques, sont parfaitement bafoués. Comment obvier à cela ?
        la réponse est toute trouvée mais pas facile à appliquer. Il faut former ici, chez nous, des élites spirituelles et religieuses musulmanes, c’est-à-dire les imams, lesquels doivent être à l’aise tant dans les textes religieux de leur confession que dans els valeurs des pays européens dans lesquels ils vivent.
        En France où réside une importante communauté arabo-musulmane ou maghrébine ; la formation des imams s’est faite, depuis peu, sous la houlette de l’Institut catholique, ce qui garantissait aux futurs cadres religieux islamiques, une solide culture générale et l’acquisition des instruments de la connaissance mais aussi de la critique des traditions religieuses.
        Ce travail d’approfondissement doit être poursuivi. Il faut remettre en avant l’Islam médiéval, celui des Lumières de Cordoue, du temps d’Averroès,, de Maimonide et de Thomas d’Aquin, sans oublier Albert le Grand. Ainsi, le musulman moyen finira par comprendre que les valeurs de sa religion propre ne sont pas en contradiction avec celles des autres ni avec celles de son environnement social.
        En somme, qu’après un certain travail et quelques efforts louables, l’identité musulmane peut être compatible avec la culture européenne. Ernest Renan écrivait au XIXe siècle dans ses Etudes religieuses que le Sinaï n’est pas bien loin de Jérusalem. Ni Jérusalem de la Mecque.
       
     

  • L’ÉCHANGE, LE FILM DE CLINT EASTWOOD

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    L’ÉCHANGE, LE FILM DE CLINT EASTWOOD
        Je sors du film du clint Eastwodd, L’échange. Un film magnifique, émouvant, bien fait, excellent tournage, formidable actrice. Bien sous tous rapports. Un peu long vers la fin, sans véritable rebondissement pour justifier les vingt dernières minutes. Mais tout de même, près de deux heures dans l’attente, la surpise et l’espoir.
        Los Angeles, 1928. Une police corrompue, violente, aux méthodes expéditives et une ville sous coupe réglée, véritablement. Une délicieux petit garçon qui n’ a jamais connu son père mais toute la joie et la raison de vivre des jeune maman. Un jour, celle-ci doit remplacer au travail une de ses collègues absente. Elle laisse seul son fils dans la vaste demeure. Au retour, personne. En désespoir de cause, elle prévient la police qui n’en peut mais… Et soudain, cinq mois après la disparition, la police annonce à la maman qu’on a retrouvé son fils. Et là, l’intrigue commence, ce n’est pas son fils…
        Dès cet instant fatidique, c’est une cavalcade d’événements  et de rebondissements. La police veut imposer sa raison : cette femme a perdu la raison, elle réclamait son fils et une fois qu’on le lui a trouvé et rendu, elle s’entête en disant que ce n’est pas lui. Et qu’il faut continuer à la chercher.
        Clint Easrwood a fait un film attachant qui dépeint avec l’émotivité propre aux Américains les maux qui se sont abattus sur l’Amérique depuis le commencement : gigantisme, pègre, corruption, injustice, loi du plus fort, rapt d’enfants, internement psychiatriques abusifs, enfants dévoyés et diaboliques, etc…
    Un film à voir aussi pour les multiples expressions, les diverses formes que peut prendre l’amour maternel.
     

  • L’EUROPE MENACEE PAR UN VIEILLISSEMENT CONTINU ?

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    L’EUROPE MENACEE PAR UN VIEILLISSEMENT CONTINU ?
        Pour l’Europe, cela devient un vrai problème. Même la commission européenne, précédée, si je ne m’abuse, par une commission de l’ONU, avait prévu que notre continent connaîtrait un sérieux déficit de population, et notamment de main d’œuvre, eu égard à la baisse de la natalité, et, pourrions nous ajouter, à la baisse de la fertilité… Il y a un peu plus d’une semaine, un grand quotidien national titrait en première page sur  la baisse de la fertilité masculine, évaluée à près de 50% ! Incroyable.
        Parallèlement, nous voyons se développer un nouveau gisement d’emplois à domiciles, appelé services à la personne : ce qui se cache derrière cette appellation vague, ce sont les dépendances, les besoins des personnes qui ne peuvent plus, en raison de leur grand âge, se débrouiller toutes seules et requièrent, pour vivre, l’aide quasi permanente d’agents pour leur toilette, leir repas, leurs promenades etc…
        Il y a quelques décennies, on affichait avec fierté une longévité toujours plus grande, mais on n’imaginait pas dans quelles conditions… Vieillir, oui, mais dans de bonnes conditions !
        Mais si notre riche continent est en proie à un vieillissement inéluctable, on imagine déjà les appels d’air que cela va susciter et les problèmes y afférents. Des millions d’êtres déshérités, reclus dans des continents soumis à la faim, à l’insécurité et au chômage, vont tout faire pour accoster dans une Europe qui aurait besoin d’eux…
        Il nous faut absolument réagir et stimuler la natalité dans nos pays. Depuis les origines de l’humanité (lisez la Bible) les tribus nomades, vivant dans des déserts, se sont abattues sur des terres de cultures où l’on pouvait manger à sa faim. Il faut une politique globale, une vraie politique de civilisation pour répondre à ce grave problème qui requiert le brassage des cultures et des civilisations.
     

  • LES CENT ANS DE CLAUDE LÉVI-STRAUSS

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    LES CENT ANS DE CLAUDE LÉVI-STRAUSS
        Le président de la République a tenu à se rendre au domicile du célèbre savant et académicien, Claude Lévi-Strauss, pour le saluer et lui rendre l’hommage mérité que la nation reconnaissante lui adresse. Quel homme ! J’ai relevé sous la plume d’un journaliste averti l’expression suivante : on parlera du XXe siècle comme, entre autres, du siècle de Lévi-Struass. Sans exagérer, comme le siècle de Périclès.
        Voici un homme issu d’une famille assimilée, souffrant des persécutées étatiques et ayant dû fuir, très loin , assez près, cependant, de ses lieux d’exploration et d’étude. Un homme qui, marginal par lui-même, a tenté de comprendre les autres, les totalement autres…
        Bien qu’il soit incroyant (il avouait jadis une préférence religieuse pour le shintoïsme) cet auteur a des centres d’intérêt qui le rapprochent de la théologie, mais d’une théologie qui détricote les mythes qu’elle envisage.
        Comme tout lycéen français, je me suis souviens de mes premières lecteurs de cet auteur en classe de philosophie et des dissertations appliquées sur des thèmes qui lui étaient chers, comme nature et culture. Ce qui me frappe aujourd’hui, à l’âge adulte, c’est l’adresse avec laquelle cet authentique savant a évité la polémique alors qu’iul gênait tant de monde et bousculait tant idées reçues. Quand on compare sa situation à celle d’aujourd’hui où des penseurs de pacotille s’attachent à polémiquer pour faire parler de soi et acquérir ainsi une (bien éphémère) notoriété. On se souvient de ces œuvres maîtresses, outre Tristes tropiques, Race et histoire (1952) et Race et culture (1971). Curieuse, cette façon de s’attarder sur la race, mais peut-être pas si étrange que cela quand on pense aux décennies précédentes… Au fond, Lévi-Strauss s’est posé la question de savoir ce qui distingue les cultures les unes des autres. Pourquoi certaines se développent, communiquent et s’ouvrent alors que d’autres s’isolent, voire se figent et finissent par croupir comme une eau retenue prisonnière dans un canal sans débouché sur la mer.
        Lévi-Strauss a aussi tordu le cou à une idée fausse, celle qui a guidé la colonisation (même si celle-ci n’a pas eu que des effets négatifs) et qui voulait que des cultures fussent supérieures à d’autres et chargées d’une plus grande mission civilisatrice… On ne peut nier, cependant, que si l’Occident a inventé la bombe atomique, il a aussi découvert, la pénicilline, l’umuline et l’insuline…
        Au fond, l’idée inexprimée, qui gît aux fondements mêmes de la pensée de Lévi-Strauss, a pour nom le monogénisme qui est le contraire du polygénisme. Ce qui signifie que l’humanité est certes, divers, mais possède une seule origine. Aucun homme, digne de ce nom, ne peut dire à un autre, qu’il tient d’une ascendance supérieure à celle de l’autre. Un seul Adam fut créé, pas plus. Pourquoi ne pas en avoir créé plus d’un ? Le risque était que l’on se réclamât du premier et les autres du second… Non, l’humanité est une.
        C’est peut-être aussi l’un des enseignements de la Pensée sauvage.
     

  • L’AFFAIRE GRÉGORY, UN QUART DE SIÈCLE APRÈS…

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    L’AFFAIRE GRÉGORY, UN QUART DE SIÈCLE APRÈS…
        C’est de nouveau l’affaire Grégory que l’on exhume, vingt-quatre ans après les faits. On se souvient encore de cette énorme énigme non résolue à ce jour de la justice française. Ce petit garçon, retrouvé noyé dans la Vologne, pieds et poings liés… Il y eut tant d’inculpations, de mises en détention (dont celle du père et ensuite de la mère), des successions de juges, etc… rien n’y fit. On n’a toujours pas découvert le ou les coupable(s).
        Ce genre d’affaires évoque bien l’état rance ou moisi de certaines franges de la société, dans quelque pays que ce soit. Des gens déshérités, à la marge de la société, reclus, repliés sur eux-mêmes et qui deviennent les ennemis invétérés de tout, de la société, des autres, de tout ce qui n’est pas eux-mêmes. En écrivant ces lignes, je ne pense pas des personnes bien définies ayant une existence individuelle concrète. Je vise plutôt des situations, des états de fait où l’avenir est bouché et où les relations sociales (je ne dis même pas humaines) sont quasi inexistantes… Ce genre de lieux où l’existence est morne, le temps immobile et les lendemains désespérément similaires et la journée d’hier ou d’avant-hier.
        Les parents ont donc demandé que le dossier du meurtre de leur fils soit rouvert pour que les progrès accomplis dans le domaine de la police scientifique (ADN etc…) soient mis à profit pour démasquer le coupable. Cette volonté est légitime et il est regrettable que des assassins courent toujours sans être punis pour un crime aussi abject.
        Mais je ne puis m’empêcher de relever que la justice ou l’absence de justice, son fonctionnement convenable ou, au contraire, son dysfonctionnement, sont des marqueurs majeurs en ce qui concerne l’état d’une société, sa perfection ou son imperfection. Il suffit de constater dans quelle mesure, sans cesse croissante, la chronique judiciaire passionne nos contemporains… Est-ce un bienfait ? J’en doute.
        Je pense, pour ma part, aux parents qui portent leur croix depuis un quart de siècle. Mais je pense surtout à cet enfant, à ce beau visage poupin d’un être humain que nous n’avons pas su ni pu protéger et qui , aujourd’hui, aurait eu trente ans.
     

  • L’AFFAIRE DE LA GARDE A VUE ET LES JOURNALISTES

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    L’AFFAIRE DE LA GARDE A VUE ET LES JOURNALISTES
        J’imagine que les internautes de toute l’Europe ont suivi les développements de cette interpellation musclée, au petit matin, d’un journaliste dans une petite ville de la banlieue parisienne. L’homme en question a été directeur de la publication du journal Libération, journal connu pour son orientation politique et son traitement de l’information en général. Mais ce n’est pas cela le sujet, encore que l’interpellation portait justement sur une affaire d’accusation de diffamation… réelle ou supposée : aux tribunaux de le déterminer.
        Il semble que ce journaliste n’ait pas déféré à maintes convocations de Madame le juge, laquelle a requis le concours de la force publique, ainsi que la loi l’y autorise ou même lui en fait obligation.
        Il y a ici deux problèmes : a) la question de la diffamation : doit en traiter au civil (où la procédure est tout autre) ou, au contraire, au pénal, (où les règles sont nettement plus tranchantes) ?  b) l’effectuation de l’interpellation et de la mise en garde à vue : les règles des policiers et des gendarmes sont très dures : menottes aux poignets, arrivée au petit matin chez les gens ; fouille au corps ; nouvelle fouille une fois au dépôt. Et ensuite attente que le magistrat ait le temps de vous entendre après l’interrogatoire des policiers ou gendarmes. Lesquels ne font qu’appliquer des procédures dont ils ne sont pas les auteurs…
        Quelques remarques : Madame la juge a peut-être eu l’impression que ce justiciable la regardait de haut et a probablement voulu lui rappeler qu’il était un justiciable comme les autres. C’est vraisemblable, et là aussi c’est la loi que les juges se contentent d’appliquer. Avec discernement ? Ce n’est pas si sûr … Car le tort médiatique causé à l’institution est inversement proportionnel à l’avantage enregistré…
        Lorsque M. Sarkozy était ministre des finances il avait demandé aux agents du fisc de procéder à «l’application mesurée de la loi». Il faut savoir, mis à part le cas de grands criminels (voleurs, violeurs, assassins etc…) que l’interpellation, au petit matin, au domicile, se fait devant la famille et les enfants, lesquels peuvent en être traumatisés toute leur vie. Et que je sache, les juge, les procureurs, les greffiers, les policiers ont des familles comme tout le monde. Ils peuvent donc se représenter ce que cela signifie.
        M. Sarkozy, en sa qualité de président, est à nouveau intervenu pour dire qu’il fallait dépénaliser le délit de diffamation (si difficile à établir) et le transférer à une juridiction civile. Enfin, que les règles de procédure de garde à vue devaient être humanisées. Et il a raison.
        Il y a de nombreuses années, il y avait une affaire pénale où une femme, secrétaire d’un homme important, avait été interpellée assez maladroitement, menottée alors qu’elle était enceinte de plusieurs mois. Grâce au Ciel, il n’y eut pas de suite grave ni pour elle ni pour son bébé. Et les policiers n’y étaient pour rien : ils n’avaient fait qu’appliquer la loi. Qu’ils n’avaient pas votée. D’autres l’avaient fait à leur place. Alors, au législateur le soin de modifier la rigueur de la loi.
     

  • FIN DE VIE : PAS DE DEPENALISATION DU SUICIDE ASSISTE…

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    FIN DE VIE : PAS DE DEPENALISATION DU SUICIDE ASSISTE…
        Le Dr Jean Léonettei va remettre son rapport au Premier Ministre ce matin, rapport commandé après l’émotion suscitée par le cas de cette pauvre femme, Chantal Sébire dont le cas avait bouleversé la France entière. D’après les premières informations, le médecin-député refuse de dépénaliser le suicide ou l’aide pour le faire. Il se penche, certes, avec gravité, sur les problèmes posés par la fin de vie et propose la création d’un observatoire de fin de vie, c’est-à-dire, en fait, une sorte de contre feu là où les gens concernés attentaient une véritable avancée de la loi.
        Il propose aussi que l’on puisse permettre à des proches d’aider par leur présence ceux qui décéder afin de soulager leurs souffrances, en écartant au moins la solitude ou le milieu hospitalier. Mais est-ce suffisant ?
        Je ne sais. J’avoue que je n’ai pas de religion à ce sujet. Je ne vois pas comment des médecins, chargés de rendre la bonne santé et de préserver la vie se mueraient en agents contre la vie, même pour abréger des souffrances. Et je pense précisément à un être éminemment cher qui avait sombré dans une sorte d’agonie pendant au moins plusieurs jours précédant la fin…  Morte sans avoir repris connaissance. Fallait-il abréger ses souffrances, car souffrances il y eut. C’est sûr. Je ne l’aurais jamais permis.
        La fin de vie est un moment grave ; personne ne meurt en souriant, dans la joie et la bonne humeur.  Cela commence par une détresse respiratoire, rénale  etc… et s’achève par un arrête cardiaque. Fatal. Qu’y faire ? Il est vrai aussi que des souffrances atroces ne servent plus à rien. C’est dur. Mais toute une civilisation judéo-chrétienne repose sur la préservation et la sacralisation de la vie. Depuis la promulgation du Décalogue.
        Conclusion : je ne sais pas.