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  • L’ESPOIR ET LA NAÎVETÉ

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    L’ESPOIR ET LA NAÎVETÉ
        Nous vivons ces dernières quarante-huit heures un curieux renversement de tendance, un peu comme si immédiatement après l’élection de B. Obama, les gens, à commencer par le candidat élu lui-même, tentaient de relativiser la portée de l’événement et souhaitaient quitter le rêve pour la réalité. L’émotion générée par cette victoire s’éloigne assez vite et l’on commence à réaliser que la réalité est tenace, les défis immenses et le nouvel élu pas nécessairement à leur mesure.
        Le grand philosophe allemand du premier tiers du XIXe siècle, Hegel, avait écrit que l’espoir fait vivre… C’est très vrai, mais il expliquait aussi que l’essence de l’Histoire, ce gigantesque réel en devenir constant, est tragique. Car chaque nation est tributaire de son histoire et de sa géographie. Pour ce qui est des USA, le nouvel élu ne va pas tarder à  apparaître, non plus comme il est (cela n’est guère important) et mais comme il devra être, conformément aux actions déjà engagées avant lui et qu’il devra, qu’il le veuille ou non, poursuivre. On revoit les larmes de joie de ses partisans, notamment afro-américains dont les rêves étaient que les dures réalités dont ils sont victimes allaient soudain s’évanouir comme par enchantement… Ces moments d’émotion peuvent se transmuer en autre chose quand ils verront que les USA ne pourrons pas faire grand’ chose contre la crise, laquelle, c’est bien connu, touche d’abord, hélas, les plus défavorisés…
        Les hommes politiques européens les plus avisés redoutent déjà un nouvel atlantisme, un nouveau protectionnisme, et même un unilatéralisme encore plus dur que le précédent.
        Dans certains milieux dit informés ou prétendus tels, on défend la thèse suivante dont l’énoncé ne laisse pas de surprendre : tout le monde a remarqué la faiblesse de la campagne présidentielle des Républicains. Tout le monde a pu constater que leur candidat, un héros de la guerre du Vietnam et un solide sénateur à l’expérience incontestable, ne faisait pas le poids devant un rival, plus jeune et surtout assis sur des réserves de fonds électoraux quasi inépuisables. Tout le monde a aussi remarqué le choix assez calamiteux de la vice présidente, certes, une dame non dépourvue de qualités, mais admise sans trop de discernement dans le ticket présidentiel… Pourquoi les Républicains n’ont-ils pas voulu obvier à toutes ces faiblesses ? Pourquoi sont-ils allés dans cette voie jusqu’au bout alors qu’ils pouvaient, à mi-chemin, changer de braquet ?
        Toujours selon ces mêmes milieux, la réponse serait simplement la suivante : vu le caractère insolvable de la crise économique et financière et les défis de la politique étrangère, il valait mieux laisser un élu démocrate s’épuiser durant quatre petites années et reprendre ensuite le pouvoir lorsque le ciel serait entièrement dégagé ou presque… Le démocrate prendrait alors des tas de mesures impopulaires, notamment aux yeux de son propre électorat, ce qui permettrait aux Républicains de faire une bonne cure d’opposition, de se régénérer et de revenir pendant longtemps au pouvoir, portés par une puissante vague, tant à la Maison Blanche qu’au Congrès,
        Cette analyse apparaît à la fois conjecturale et machiavélique ; mais prenons garde et souvenons nous que les hommes politiques sont machiavéliques et ne reculent guère devant de telles combinaisons.
    Les partis ignorent la naïveté et méprisent l’espoir ; ils préfèrent les solides analyses électorales…
     

  • REQUIEM POUR LE PETIT MARC

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    REQUIEM POUR LE PETIT MARC
    Aujourd’hui, je ne vous parlerai pas du nouvel élu américain, ni de la rechute de Wall Street, ni même de l’opération israélienne menée à Gaza contre des activistes du Hamas et qui coûté fort cher à ces derniers ; non, je veux vous parler de ce petit enfant de cinq, morts sous les coups et les méchancetés d’un beau père criminel et d’une mère, sa complice, voyant sans réagir, torturer le fruit de ses entrailles…
        Vous vous souvenez sûrement du petit Valentin auquel j’avais consacré un billet qui mourut lui aussi, faute d’avoir été protégé, quoique dans d’autres circonstances. Eh bien, j’ai honte, honte de voir que notre société si évoluée, si avancée, ne sait pas protéger ceux qui sont faibles, pauvres et ou trop jeunes pour pouvoir assumer leur propre défense.
        C’est la première fois que j’approuve fortement les réquisitions d’un avocat général, visiblement ému par le dossier qu’il a suivi mais qui a su maîtriser son émotion pour ne dire que le droit.  Il a dit que ce procès est le procès du silence, un silence qui a couvert les cris d’un petit enfant battu, martyrisé et qui ne demandait qu’à vivre dans son pays, chez lui, comme nous et comme nos enfants.
        La perpétuité a été demandée à l’encontre du beau-père de Marc, responsable de sa mort, de sa propre mère qui n’est pas intervenue, mais aussi des sanctions pénales fortes contre deux médecins qui n’ont pas dit grand chose alors que des dizaines de marques de sévices corporelles étaient nettement visibles sur le corps de l’enfant… Et aussi une assistante sociale contre laquelle une sanction pénale avec sursis a été demandée.
        Je me demande parfois si l’on ne devrait pas instruire les gens de leurs devoirs de père et de mère avant qu’ils ne fondent une famille. Je me demande aussi parfois dans quelle planète nous vivons. Mais quel mal peut bien faire un enfant de cinq ans ?
        Mais le père de Marc, son véritable géniteur, pourquoi ne voyait-il pas son enfant et pourquoi n’en prenait-il pas soin ? J’ai une pensée pour le frère aîné de Marc, âgé de neuf ans, qui assista, impuissant, au calvaire de son pauvre frère, jetant sur notre monde un regard de dégoût puisque nul ne réagissait. Mais mon émotion porte sur le petit Marc lui-même, ce petit ange qui a rejoint d’autres nages, et je lui demande pardon, pardon pour cette société indigne, pardon pour cette mère indigne, et pardon pour ce fou furieux de beau-père dont j’espère bien (qu’on me pardonne la dureté du mot de la fin) qu’il finira ses jours en prison dans, rongé par un remords qui ne connaîtra jamais de terme.
       
     

  • Exposition des œuvres d’un grand peintre à Paris le jeudi 6 novembre Jacques NESTLE (1907-1991)

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     Exposition des œuvres d’un grand peintre à Paris  le jeudi 6 novembre
            Jacques NESTLE (1907-1991)

    A l’hôtel Dassault, 7 Rond point des Champs-Elysées 75008 PARIS




    «  Je ne suis ni un peintre ni un artiste, je suis simplement un homme qui peint… » : c’est ainsi que pourrait se résumer la vie et l’œuvre de Jacques NESTLE.

    Cet homme qui voua sa vie à la peinture naquit en 1907 dans l’Allemagne wilhelmienne à Sarrebruck, en Sarre,  région frontalière de la France, d’un père d’origine napolitaine et d’une mère  sarroise.

    Fruit d’une triple culture, italienne, allemande et française, la grande guerre et les troubles inhérents à la période mouvementée de la République de Weimar conduisent ce jeune homme à quitter sa région natale pour se rendre dans la capitale allemande où il est fasciné par la Berliner Secession. De cette époque date sa première exposition : quatre tableaux dévoilés en 1925, dont l’un retiendra durablement l’attention et aura les honneurs d’une importante revue d’art.

    NESTLE ne résiste pas à l’attraction de Paris, où règne une effervescence artistique ; il y exercera toutes sortes de métiers, d’abord dans une imprimerie, ensuite en qualité de chef décorateur et d’architecte d’intérieur, ce qui lui permet d’assurer sa subsistance
     
    Mais son unique raison d’être restera la peinture ; deux rencontres déterminantes vont enrichir son parcours et influer sur son art : Matisse qui remarque ces toiles et ses dessins, l’encourage et l’inspire durablement, tandis que Kahnweiler lui témoigne un grand intérêt et souhaite le promouvoir.

    Impressionné ou inquiet, NESTLE ne donnera pas suite à son offre, scellant ainsi son destin d’artiste méconnu, gardien jaloux de ses œuvres.

    C’est à nous qu’il appartient de découvrir et de faire valoir aujourd’hui son bel art abstrait des années trente et quarante, même s’il a volontairement détruit une partie de sa production. 

    Peinture insolente, impertinente, parfois même inconsciente, dira le peintre d’une partie de son œuvre, marquée du sceau qui est d’une authenticité qui fait les plus grands peintres. Devant cette oeuvre plurielle et flamboyante, on se prend à rêver d’un autre MATISSE devant les corps de ses femmes dénudées, d’un autre PICASSO devant ses visages tortueux, ou encore d’un MIRO et d’un KANDINSKI devant ses grandes toiles, telles des feux d’artifice où dominent les bleus, les gris et des noirs lumineux.

    Cette peinture forte nous absorbe et nous remplit l’œil. Son art abstrait riche de sens nous parle sans manières. Il est simplement authentique. Telle est la nature profonde de cette œuvre.

    L’artiste ne peut revendiquer la propriété spirituelle de son œuvre… dit NESTLE qui ajoutait que le génie est le moment où l’œuvre se manifeste dans un instant de création. Et là, elle est de tous les temps, présent et à venir et décrit « être saisi de l’envie irrépressible de peindre, sans savoir pourquoi ».

    C’est peut-être cela le secret de NESTLE, l’homme qui évita soigneusement de trop s’exposer de son vivant pour nous léguer une peinture d’exception.
     

  • LES LECONS D’UNE ELECTION

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    LES LECONS D’UNE ELECTION

    Ainsi donc, les instituts de sondage ne se sont pas trompés, l’Amérique a tenu parole. Elle a élu Barack Obama, déjouant tous les calculs de ceux qui affirmaient que dans l’isoloir les électeurs se raviseraient et porteraient le rival républicain à la Maison Blanche. Essayons de comprendre et d’expliquer ce qui s’est vraiment passé, même si c’est à de bien plus compétents que soi que la question doit être soumise.
    Comme on l’écrivait précédemment, les Américains ont été soumis à un tir de barrage journalistique sur tous les fronts : presse écrite, radiophonique et audiovisuelle. Et je ne parle même pas de la demie heure de propagande électorale diffusée il y a deux ou trois jours sur les plus grands networks. Et dans le collimateur de cette presse si influente, se trouvait le président Bush et sa politique. Ce qui a rendu l’idée même du changement absolument séduisante, pour ne pas sexy. Et on vient d’entendre le discours de l’heureux concurrent qui change déjà de discours devant ses partisans en disant que la route sera longue, qu’il ne pourra pas tout faire d’un coup (des promesses encore des promesses…), bref qui tempère l’optimisme de ceux qui l’ont choisi.
    N’importe lequel des citoyens américains, mécontent de ses conditions d’existence, soumis comme nous tous à des frustrations de la vie quotidienne et accablés par des tracasseries administratives (paiements d’impôts, de contraventions, de frais de collège ou d’université, etc…) s’est persuadé que sa vie changerait si on changeait de président ! Que tout serait plus facile si Bush partait et qu’un autre, de préférence de l’autre parti, lui succédait.
    Plus que pour le Sénateur de l’Illinois, les Américains ont voté contre Bush. Ils se sont jetés dans les bras du rêve pour ne pas voir la réalité en face. Mais c’est leur choix et on ne peut que le respecter.
    Il faut donc souhaiter, je le répète, que cette élection se passe bien, sans heurt ni drame, qu’elle apporte la prospérité au peuple américain et plus de paix dans le monde.
    Me revient à l’esprit une remarque d’une grand homme politique américain, Henry Kissinger, lorsque Jimmy Carter fut élu président des USA. Devant les promesses, les assurances imprudentes, les déclarations péremptoires du nouvel élu qui commençait à s’aheurter aux problèmes réels (souvenons nous de l’affaire de l’ambassade américaine à Téhéran et de la longue crise qui s’ensuivit), Kissinger eut cette phrase : chaque président américain croit qu’il a pour vocation de changer le monde, mais le président Carter se comporte comme s’il l’avait créé. Professeur d’université avant de devenir homme politique, Kissinger se souvenait aussi que le monde a des lois et qu’Aristote , le maître à penser d’Alexandre le grand (de Macédoine) avait, dès le Ive siècle, vivement conseillé ceci : ne pouvant changer le monde, il faut changer son opinion sur le monde.
       
     

  • TYRANNIE DE L’ÉMOTION OU DICTATURE DE L’ÉMOTION ?

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    TYRANNIE DE L’ÉMOTION OU DICTATURE DE L’ÉMOTION ?
        Le dernier numéro du journal Le Figaro contenait un article assez amusant signé par M. Xavier Couture et intitulé le Vert vide (sans faute d’orthographe.) L’auteur, ancien responsable de la télévision, avait écrit un livre qui dénonçait les manipulations audiovisuelles. Et intitulait son ouvrage, Tyrannie de l’émotion. Il y indiquait que les hommes politiques, principalement, mettaient en scène leur émotion ou leur sentiment, leur vécu, pour impressionner favorablement les téléspectateurs que nous sommes. Et voici qu’un autre auteur auteur, ancien journaliste de télévision lui aussi et ci-devant député vert à l’Assemblée Nationale française fait, à son tour paraître un livre approchant, au titre quasi synonymique,   La dictature de l’émotion…
        De profundis ! Tout le monde connaît le député vert en question et peut en penser ce qu’il veut. Mais M. Couture n’est pas content et le clame haut et fort.
        Ce qui retient mon attention, à la lumière de ce qui précède, c’est la larme essuyée par M. Obama devant des centaines de millions de téléspectateurs du monde, suite à la disparition de sa grand ‘mère. Dans un précédent billet, nous avons bien spécifié que nous compatissions sincèrement et présenté respectueusement nos condoléances.
        Mais, dit très modérément : ne devrait-on pas garder ces choses intimes pour soi ? Quand j’étais jeune et que j’écrivais ma thèse de doctorat à la Bibliothèque Nationale de Paris, je voyais chaque matin ou presque un grand poète désormais oublié, qui s’appelait Henry Pichette ; il écrivit entre autres les Apoèmes et c’est Gérard Philippe qui joua au théâtre ses Epiphanies.
        Un lundi matin de spleen (cela lui arrivait souvent) Henry me dit une phrase qui s’est gravée dans ma mémoire : quand je souffre, mes larmes coulent en silence et sans témoin…
        Ne dirait-on pas qu’il y a là une leçon que les poètes sont en situation d’administrer aux hommes politiques de tous pays ?
     

  • ES ÉLECTIONS AMÉRICAINES : LE PRÉSIDENT SORTANT ET LES DEUX CANDIDATS.

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    LES ÉLECTIONS AMÉRICAINES : LE PRÉSIDENT SORTANT ET LES DEUX CANDIDATS.
        Vivement que cela se termine ! Entre la crise financière et les élections américaines, plus rien d’autre ne pouvait exister dans les radios, les télévisions et les journaux. C’est vrai, les USA sont l’unique hyper-puissance et de leur politique dépendent la paix et la prospérité du monde, mais tout de même ! Mais ce n’est pas le point que je souhaite soulever.
        Ce que je veux mettre ici en avant, c’est que le grand absent des élections, celui qui pourtant se retire alors que le candidat démocrate ne lui épargne aucun de ses traits, c’est Georges Walker Bush. Toute l’ingéniosité ou la duplicité de Obama a consisté à dire et à marteler que voter pour son adversaire, c’était prolonger de quatre années supplémentaires le mandat de G. Bush. Examinons de près le contenu de sa campagne : le concept de change (changement esr d’une vacuité vertigineuse ! Ce même slogan (cela convient mieux que concept) qu’il faisait ânonner à des foules naïves, soucieuses d’espérer un avenir un poins gris que leur triste quotidien. Et malgré le vide des promesses et le vague du programme économique, ces mêmes foules ont continué de suivre et d’y croire.
        Mais le vrai moteur de cette vague démocrate, ce n’est pas la personnalité du démocrate, ce n’est pas l’intelligence ni l’attrait de son programme, c’est la presse, même la presse intelligente qui a vomi Bush (le mot n’est pas trop fort). Que l’on compare le nombre et la qualité des organes de presse ayant proclamé leur soutien et leur adhésion au sénateur de l’Illinois, aux feuilles qui roulent pour son adversaire républicain. C’est atterrant.
        Si l’on cherchait dans l’histoire des USA un rejet comparable il faudrait remonter très loin dans le passé. Et pourtant, Bush a été l’homme du 11 septembre, l’homme qui ne s’est pas effondré après la terrible attaque au cœur même des USA. L’homme qui sut programmer la riposte en obtenant un mandat pour aller en Afghanistan, chasser Ben Laden, contraindre le Pakistan à jouer un peu moins le double jeu et enfin, dernier mais non moindre, à chasser Saddam du paysage politique du Proche Orient.
        Je vois d’ici les réactions. Mais l’histoire n’est pas l’actualité. Il ne faut pas réagir le nez sur le guidon ni laisser l’émotivité nous dicter nos analyses. Certes, Bush n’est le Messie mais ce n’est pas plus le diable. Et si Obama, auquel nous présentons nos condoléances pour la disparition de son grand’ mère, devait remporter cette élection, ce sera à sa diabolisation de Georges Bush qu’il le devra.
        Et au rôle de la presse .

  • ’IRAN, LE PÉTROLE ET LA RISE FINANCIERE

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    L’IRAN, LE PÉTROLE ET LA RISE FINANCIERE
        Apparemment, la crise pourrait avoir des effets bénéfiques su la paix mondiale et la stabilité dans certaines régions du monde. En effet, la chute vertigineuse du prix du baril de pétrole, en dessous de 70 $, n’arrange guère les affaires de l’Iran qui requiert un prix au moins égal à 100$ et dont les exportations dépendent, à près de 80% de ses exportations d’hydrocarbures. Le gouvernement de ce pays a déjà dû puiser dans ses réserves pour assurer un régime d’importations habituelles afin de na pas accroître la pénurie qui sévit à Téhéran comme ailleurs.
        A l’approche d’élections présidentielles, ceci ne peut qu’affaiblir le président actuel qui a entraîné son pays sur une pente dangereuse pouvant aboutir à une confrontation armée avec les USA et Israël. Des voix se sont aussitôt élevées pour stigmatiser la conduite du pays par le dirigeant actuel qui a aussitôt rétorqué que la crise était une invention du grand Satan.
        Les monarchies pétrolières voisines qui sont, elles, adossées des matelas de milliards de dollars, contemplent avec une joie prudente les difficultés sur la voie d’un pays en voie de nucléarisation et qui, donc, menace leur indépendance et leur stabilité. Ces mêmes pays font l’objet depuis hier d’une cour assidues de la part du Premier Ministre britannique qui les supplie d’alimenter les caisses du FMI afin d’éviter l’effondrement de l’économie de petits pays vulnérables à la crise.
        Attendons et espérons.

  • LIBERALISME ET ETATISME…

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    LIBERALISME ET ETATISME…
        Nul ne pourra nier l’effet pervers de la crise économico-financière sur le développement des politiques de l’Europe et du monde développé, incluant, évidemment, les USA. Au point que l’on se demande aujourd’hui si la politique économique du président français n’a pas en train de changer d’orientation. En un e phrase, si un homme élu sur un programme d’économie libérale n’est pas en train de virer au dirigisme et à l’étatisme.
        Dans ce constat il y a une apparence mais pas un fond de vérité : il est indéniable que la politique économique française a changé sous le choc de la crise qui s’est abattue sur le monde. Et il faut rendre hommage à l’hyper ré activité du président Sarkozy qui a compris, plus vite que d’autres, que nous irions à la catastrophe si un esprit doctrinaire se mettait en travers  d’une philosophie pragmatiste. Il fallait injecter des milliards et encore des milliards si l’on veut éviter une cascade de catastrophes : économique, financière, et pour finir, sociale. Et là on ne pouvait plus répondre de rien !
        La seule nuance que j’apporterais est la réaction légitime des milieux modestes qui trouvent incompréhensibles qu’on leur refuse une augmentation de 50 € au motif que cela compromettrait les équilibres alors qu’on prête ( c’est bien cela) des milliards et des milliards.
        Cette réserve mise à part, il faut bien reconnaître la netteté de la ligne économique suivie. Le fait même que le président Sarkozy enfreint un tabou sacro-saint de la mentalité française le prouve de manière irréfutable : le paiement au mérite de près de 200.000 fonctionnaires. Il faut faire partie de cette corporation pour avoir une idée de la chape de plomb que cela représente. Tout le monde est arc bouté sur cette certitude, presque révélée sur le Mont Sinaï. Il y a peu de temps, aucun pouvoir, de droite comme de gauche, n’aurait jamais eu cette audace. Aujourd’hui, c’est chose faite.
        De fait, en France, il n’y a ni gauche ni droite, mais une forme de gouvernement que je nommerai (en reprenant la formule d’un collègue, spécialiste de science politiques) le social-étatisme… Que quelqu’un perder son emploi, que son usine ferme, qu’il ne puisse pas écouler ses produits au prix souhaité, que les trains n’arrivent pas à l’heure, que le prix de la cantine pour lui et pour ses enfants augmente, bref qu’il y ait une éclipse de la lune ou du soleil. … La question est toujours ; mais que fait l’Etat ? Jamais, on ne se dit qu’on peut être maître de son destin  C’est cette mentalité que le chef de l’Etat français veut changer. Souhaitons lui de réussir.
     

  • L’UNION POUR LA MÉDITERRANÉE DOIT SURVIVRE…

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    L’UNION POUR LA MÉDITERRANÉE DOIT SURVIVRE…
        La réunion prévue ces jours ci des ministres des affaires étrangères de l’UPM risque de ne pas avoir lieu en raison de ce sempiternel conflit israélo-arabe qui empoisonne  depuis des lustres les relations internationales et est responsable de bien des complications.
        Le président français, à l’origine de ce grand projet, avait déjà dû apaiser les appréhensions allemandes qui redoutaient d’être tenus à l’écart d’un tel tel programme tout en devant le financer avec de l’argent de l’Europe. Et Nicolas Sarkozy avait obtempéré et changé l’intitulé de la conférence. Ensuite, il avait fallu convaincre les Etats arabes –toujours les mêmes- de siéger autour de la même table que leur soi-disant ennemi juré, Israël.  Le président français avait déployé des trésors d’ingéniosité diplomatique pour soigner la susceptibilité quasi maladive des Orientaux pour qu’ils viennent, à l’exception du Libyen dont l’absence remarquée ne déplaisait pas vraiment à certains de ses coreligionnaires…
        Aujourd’hui, c’est Israël qui conteste à la Ligue Arabe le droit de prendre part aux réunions diplomatiques. Ce point de vue peut paraître discutable sur la forme mais pas sur le fond. Juridiquement parlant, la Ligue Arabe n’est pas une nation, ni un pays mais une simple entité politique, une union de pays de même langue ou de même religion. Je ne sache pas qu’elle siège, par exemple à l’ONU où ne sont représentés que les Etats, dont, assurément ceux qui composent la dite Ligue.
        Mais ce qui est en cause ici, ce n’est pas la règle juridique, c’est la haine passionnelle des uns contre les autres. Si la Ligue en question ne s’était pas constamment signalé par ses diatribes anti-israélienne, Jérusalem n’aurait pas fait d’histoires… En fait, c’est un peu la réponse du berger à la bergère .
        Mais alors jusqu’au irons nous dans ce petit jeu et qui sera gagnant en définitive ? On se le demande.
     

  • LE LIVRE ET SON AVENIR…

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    LE LIVRE ET SON AVENIR…
        Voilà bien longtemps que je voulais parler du livre et de son avenir, de son rôle et des menaces qui pèsent sur lui, au point de laisser présager sa disparition. Il est normal d’évoquer cette question dans une excroissance d’internet, sur un blog, puisque seule la vente en ligne, sur Amazon par exemple, progresse alors que les canaux traditionnels stagnent ou carrément refluent.
        J’aurais dû parler de ce sujet entre le 15 et le 19 octobre, dates de la tenue de la Foire du livre de Francfort sur le Main cette grand’ messe où tant de choses, cruciales pour l’édition mondiale, se décident.
        En introduction, rapidement, quelques réflexions sur le rôle du livre, et donc de l’écriture, comme support de la culture, de l’enseignement et de l’éducation. L’acquisition de l’art d’écrire, l’installation d’ateliers d’écriture depuis l’Antiquité, à la cour du roi, ou dans les temples des religions, toutes ces choses ont radicalement modifié la mentalité de l’humanité. Les latins nous ont appris que les paroles s’envolent et que les écrits restent. Renan allait jusqu’à affirmer (par hyperbole) que le succès de la Bible, moitié de l’effort intellectuel de l’humanité, s’explique en grande partie par le vecteur choisi pour se diffuser et perdurer, l’écriture. Comment savons nous, par exemple, des petites choses sur l’origine de l’Egypte ancienne, de la vieille Mésopotamie, l’Assyrie et les Hébreux ? Grâce à des signes gravés sur des briques et des pierres (glyptique). Grâce à de telles briques, nous apprenons en visitant le Musée du Louvre que la parabole de Job, livre mettant en scène les théories de la justice et de la providence divine, intriguait déjà au IIIe millénaire avent l’ère chrétienne l’élite de l’humanité pensante et croyante : à cet effet, les différences entre la figure égyptienne de Job et celle, sumérienne, du même personnage, sont frappante : les premiers, croyant en une vie dans l’au-delà déconseillent le suicide lorsque la douleur est trop forte, les seconds ne l’excluant pas pour des raisons inverses…
        L’écriture a donc préservé le patrimoine à la fois intellectuel et spirituel de l’humanité. Qui n’a admiré les superbes manuscrits enluminés que les scribes des trois grandes religions monothéistes ont passé leur existence terrestre à préparer pour les générations futures, attendant secrètement que l’imprimerie prenne le relais et change du tout au tout les perspectives d’avenir de l’humanité.
        Aujourd’hui, nous sommes allés si loin que l’écriture et la lecture (qui se porte mal) sont devenus le bien commun de l’humanité civilisée et libre. Nous en sommes même à l’ère de l’E-book : quelle ne fut ma surprise de voir que ma propre thèse de doctorat d’Etat, soutenue en Sorbonne il y a plus de 22 ans sur un commentateur médiéval d’Averroès, était lisible sur l’internet, sans bouger de chez soi, sans aller dans une bibliothèque… Et là, il faut bien le dire, la révolution numérique a changé la donne.
        Mais alors, pourquoi les gens lisent-ils si peu ? Pourquoi le secteur de l’édition est-il en crise depuis si longtemps, au point que certains grands patrons me disent qu’il est même sinistré ? La question est vaste et ne saurait comporter un seul élément de réponse. Mais selon moi, on publie tout et n’importe quoi et ces publications masquent mal un vide culturel. Quand on lit de la mauvaise littérature, je veux dire de mauvaise qualité, on ne peut pas dire qu’on lit. Et puis combien de gens prennent en main un livre de qualité au lieu de regarder un match de foot-ball  ou une série américaine à la télévision ? Ce n’est pas un reproche.
        Mais il faut savoir que plus et mieux on lit, et mieux on se sent. Le célèbre Edmond Rostand écrivait jadis au poète Henry Pichette, après avoir savouré les Apoèmes de ce dernier : quand je vous lis, je respire mieux.
        Lisez donc le discours de Madame Jacqueline Worms de Romilly (paru dans Le Figaro d’hier), prononcé à l’occasion à l’occasion de la rentrée solennelle des 5 académies ; il porte justement sur ces questions si passionnantes de l’ éducation et de l’enseignement. La célèbre helléniste, membre de l’Académie Française, y souligne l’intérêt majeur à connaître l’effort intellectuel du passé : en d’autres termes, il n’existe pas de langues mortes, car ces langues continuent de nourrir les langues parlées aujourd’hui, un peu comme des nappes souterraines irrigent, à notre insu, la culture de l’humanité de demain.