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  • LE DÉPART DU GÉNÉRAL DAVID PETRAEUS

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    LE DÉPART DU GÉNÉRAL DAVID PETRAEUS
        C’est probablement l’un des plus brillants officiers de l’armée américiane, l’un des plus décorés et celui qui est promis à un avenir des plus brillants. Ce général est un spécialiste de la lutte anti-guerilla et anti-insurrectionnelle. Il quitte son poste de commandant en chef en Irak, auréolé de gloire, après avoir mené à bien la politique d’irakisation de la sécurité à Bagdad. Mais surtout après avoir infligé à al-Quaiada une sévère défaire. Au point que les insurgés irakiens quittent le pays pour se replier en Afghanistan où le général les retrouvera puisque sa nouvelle affectation comprendra le Moyen et le Proche Orient et inclut Kaboul…
        Je ne veux pas dire que les USA ont entièrement gagné en Irak, je note seulement –et c’est très important- qu’ils ont réduit les insurgés, rallié à leur cause les sunnites, excédés de voir les attentats sanglants des chiites frapper aveuglément leur communauté, et réduit leurs propres pertes sur le terrain.
        Alors qu’il y a moins de deux ans, les forces américaines enregistraient des pertes plutôt lourdes, aujourd’hui, les foyers de tension ont baissé d’intensité et, surtout, les forces armées irakiennes sont plus fiables et mieux aguerries. Enfin, la Syrie a reçu des avertissements sérieux et surveille mieux sa frontière tandis que l’Iran se sait plus que jamais surveillé, comme le lait sur le feu.
        Si la situation se maintient, ce qui semble devoir être le cas et si le nouveau président américain poursuit dans la même voie, il y a fort à parier que les USA se désengageront progressivement du sol irakien, tout en maintenant une force d’action rapide dans le Qatar ou le Koweït voisin. L’essentiel de l’effort se portera sur l’Afghanistan.
        Ce général est loin d’être une brute épaisse, Issu de l’académie militaire de West Point, ayant étudié dans les meilleures universités américaines et auteur d’une thèse, il fait figure de dauphin pour le poste de généralisme des forces armées américaines.
     

  • SOMMES NOUS EPIES OU FICHES PAR L’ETAT ?

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    SOMMES NOUS EPIES OU FICHES PAR L’ETAT ?
        Le projet EDWIGE, appelé à remplacer l’ancien fichier des Renseignements Généraux (RG) français, disparus pour cause de fusion avec d’autres services, mobilise beaucoup de gens contre lui. Des associations ayant réuni près de 110. 000 signatures expriment bruyamment leur opposition face à ce quelles considèrent «un fichage dangereux des citoyens». Madame Michèle Alliot-Marie, ministre française de l’intérieur, s’est étonné des inquiétudes exprimées publiquement par son collègue de la défense, Hervé Morin… C’est dire que le débat promet d’être chaud.
        Personnellement, j’opte pour une liberté totale des citoyens et ne préconise aucune mise en fiche. Ceci est clair. Mais cette liberté que je revendique, cette liberté de mouvement et de circulation, auxquelles nous tenons tant, doivent être garanties par une autorité, c’est-à-dire protégées. Et comment le faire concrètement sinon en repérant et en signalant les délinquants et les criminels. Pensons au 11 septembre 2001 dont nous commémorer dans deux jours le triste souvenir : si les Américains avaient fait preuve de la même vigilance qu’aujourd’hui (et ceux qui, depuis, sont allés aux USA, ont pu en avoir une petite idée) cette catastrophe aurait pu être évitée.
        En revanche, les citoyens ont raison de demander à l’Etat de s’entourer de garanties sérieuses pour préserver la vie privée et les libertés publiques. Certains s’insurgent contre le fait  que des enfants encore mineurs (mais déjà pris pour de multiples actes de délinquance !) soient fichés et signalés aux services de police.  Mais comment faire autrement ? D’autres dénoncent le fait que l’on répertorie les orientations sexuelles de certaines personnes. Je partage leur émoi, mais que l’on nous dise ce qu’il faut faire pour éviter que des délinquants tuent des enfants après les avoir violés… On oublie facilement qu’il y a tout juste quelques années des violeurs ont tué un certain nombre de pauvres femmes, qu’ils ont suivies chez elles pour leur faire subir les derniers outrages …
        Il y a enfin la lutte contre le grand banditisme et le terrorisme international. Ces deux branches de la délinquance se sont tellement modernisées et sophistiquées que les services de police d’Europe ne parvenaient plus à suivre ;… Songez que certains délinquants franchissaient les frontières sans s’arrêter, à bord de voitures hyper puissantes et ni la plolice ni la douane ne parvenaient à les rattraper…
        Une mesure, pourtant, pourrait aider à surmonter les difficultés et garantir la sécurité : c’est que les fiches soient révisables, qu’elles ne suivent un être humain toute sa vie et que l’individu concerné puisse, dans un certain cadre, avoir accès à sa fiche. Pour cela, l’administration doit devenir transparente. Ce n’est pas la mer à boire.
        Mais il faut cesser de se leurrer : si l’on veut que l’Etat nous protège, il convient de lui en donner les moyens. Ni plus ni moins.
     

  • L’INTANGIBILITE DES FRONTIERES EN EUROPE A-T-ELLE ENCORE UN SENS ?

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    L’INTANGIBILITE DES FRONTIERES EN EUROPE A-T-ELLE ENCORE UN SENS ?
        Avant d’écrire cet article sur le conflit armé entre la Géorgie et la Russie, j’ai écouté un éminent commentateur de la télévision française s’interroger sur ce que l’avenir nous réserve avec cette Russie qui reprend des habitudes de l’ex URSS : après avoir commenté les résultats du marathon du président Sarkozy, président des 27 de l’UE, à savoir l’engagement enfin réitéré mais jamais appliqué par la Russie de retirer ses troupes du territoire géorgien, et l’envoi de 200 observateurs européens sur place, le journaliste se posait la question suivante : que se serait-il passé si cela avait à la petite Tchéquie de présider l’Europe (ce qui sera effectivement le cas à partir de janvier 2009), lors de l’agression russe ?
        Comment une si petite république, satellisée par l’URSS après la seconde guerre mondiale et envahie par les chars soviétiques en 1968, aurait-elle û être prise au sérieux par son ancien oppresseur ?
        J’avoue que cette réflexion qui ne m’était pas venue à l’esprit m’a fait froid dans le dos…
        Non seulement on doit supplier le président russe de respecter son engagement en six points, mais encore faut-il lui donner le temps de le faire quand bon lui semble et enfin, admettre que son oukase sur l’Ossétie du sud et l’Abkhazie est définitif…
        Nous assistons en direct à une violation caractérisée des frontières internationalement reconnues d’un état souverain.
        Que l’on nous comprenne bien et que l’on n’y voie guère je ne sais quelle russophobie imaginaire ou virtuelle. On peut défendre les droits d’une minorité opprimée. L’ONU est là pour cela Les Russes arguent du cas du Kosovo pour justifier ce qu’ils font en Géorgie. Pour ma part, je crois que le dépeçage soit bon, pas plus que celui de la Géorgie.
        Nous le répétons sur tous les tons et de la manière la plus courtoise mais aussi la plus ferme : les Russes, ou plutôt leur gouvernement, commet une grossière erreur en agissant comme il agit. Les conséquences pour lui seront gravissimes. Aujourd’hui, il peut compter sur des ressources optimum provenant de la vent d’hydrocarbures, mais ce marché est versatile et d’autres énergies, notamment renouvelables, sont en train de voir le jour. Les réserves se tariront et l(économie russe est dépendante de capitaux étrangers… Et qui peut prévoir la réaction des oligarques dont les fonds sont sérieusement imbriqués dans ceux des Européens ? Qui choisiront-ils en cas de choix ? Il convient d’y réfléchir et d’opter pour le camp de la paix et du consensus. 
    Il n’est pas trop tard. Que le bon sens l’emporte.
     

  • LES AVOCATS : UNE PROFESSION EN CRISE ?

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    LES AVOCATS : UNE PROFESSION EN CRISE ?
        Qui n’a entendu parler de la crise des professions judiciaires ? Qui ne s’est plaint, un jour ou l’autre, ou, au contraire, ne s’est félicité de son conseil juridique ? Et du côté des avocats, quel n’a eu des difficultés à percevoir ses honoraires ou à faire entendre raison à ses clients ? C’est dire combien les avis sont partagés sur cette question si cruciale, la défense de nos libertés et de notre droit, qui incombe à tout l’appareil judiciaire ; juges, avocats, avoués, huissiers etc…
        A intervalles réguliers, on voit apparaître des débuts de réforme qui, généralement, mettent toutes les parties contre elles…
        On a vu récemment que la tendance était à la mise extinction de la profession d’avoués en France… Est-ce que cela suffit pour résoudre le problème ? On peut se poser la question. Certains optent pour un regroupement , un corps unique qui ferait face aux magistrats et qui ferait faire aux justiciables et aussi à l’Etat de substantielles économies…
        La profession d’avocats est, contrairement aux apparences, dotée de contours assez flous. Tant de gens peuvent avoir des équivalences, notamment des juristes de pays étrangers dont le expression française, tant écrite qu’orale, laisse parfois, pas toujours, un peu à désirer. On a même vu, assez récemment des hommes politiques prêter serment… pour devenir avocats… Pour quelle raison précise ? On se le demande.
        On nous dit qu’il y a à Paris un peu moins de 20.000 avocats dont seulement quelques dizaines disposent de gros cabinets et de revenus considérables. On oppose à ces quelques heureux mortels une masse de juristes prolétarisés qui ont du mal à gagner leur vie… C’est vraiment regrettable car ces gens ont fait des études relativement longues et ont investi pour s’installer… Il serait juste qu’il obtiennent satisfaction.
        Est-ce que ce surnombre explique les difficultés économiques ressenties par une grosse fraction de la profession ?  L’époque est révolue où l’on croisait dans les meilleures tables de Paris une quantité d’avocats invités par leurs clients fortunés ou des entreprises prospères. On a changé d’époque.
        Mais il est un problème nouveau et dont la récurrence est assez inquiétante pour nous tous, car cette profession, je le répète, est un rouage essentiels dans nos sociétés démocratiques : ce sont les mauvais payeurs ou les payeurs récalcitrants. Maints avocats font  la queue devant la 2e chambre pour obtenir le paiement de leurs honoraires. Et parfois, les sommes sont si minimes qu’on est gêné de voir ce spectacle.
        N’y a-t-il pas un moyen d’en sortir ? Il faudrait un plus grand respect des règles déontologiques de la part des avocats et de la part des avocats et des justiciables : les premiers ne doivent pas «facturer à la tête du client» (ce n’est pas moi qui le dit) et les seconds doivent, une fois leur accord, donné, respecter leur parole et leur signature…
        Mais il existe aussi un problème interne à la profession et qui signe une contamination de la profession par les confrères américains : lorsque les avocats dénigrent leurs confrères afin de prendre leur clientèle, en disant aux justiciable de ne pas payer, que c’est exorbitant, que c’est inadmissible… Inouï mais vrai.
        Les bâtonniers qui font grand cas de leurs fonctions pourraient peut-être se pencher utilement sur cet aspect des choses.
        Il n’en demeure pas moins que tout bien considéré, la profession d’avocat est inséparable de toute société démocratique. Tout le monde connaît l’allégorie où l’on vit dans un monde où sont absents les avocats et les psychanalystes.
        Oui, mas sans avocats pas de liberté. Qu’on y réfléchisse
     

  • QUE FAIRE DE L’AFGHANISTAN ?

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    QUE FAIRE DE L’AFGHANISTAN ?
        Depuis la mort des dix soldats français en Afghanistan, un certain nombre de contributions sont parues à la télévision, dans les journaux et bien évidemment sur le radios. Il peut être intéressant d’en résumer le contenu tout en y apportant, quand c’est nécessaire, des commentaires personnels.
        On ne discute pratiquement plus de l’aguerrissement des jeunes soldats, ils étaient préparés à la guerre et savaient la faire, mais ils eurent à faire à plus forte partie qui connaissait le terrain, était bien entraînée, s’est intriqué dans leur périmètre pour empêcher l’intervention aérienne et le recours au mortier ou à l’artillerie… Non, ce dont on parle le plus aujourd’hui, c’est de l’avenir de ce pays en proie à une décomposition avancée. Et qu’on ne peu plus quitter sous peine d’encourager les talibans et Ben Laden à occuper le terrain abandonné par les démocraties qui œuvrent sous mandat de l’ONU.
        Trois points retiennent l’attention des commentateurs :
    a)    les corruption de certaines autorités afghanes
    b)    la nécessité de développer un programme économique parallèlement à la pacification
    c)    L’inclusion du Pakistan dans un règlement global puisque les deux pays sont réellement intriqués l’un avec l’autre.

    La premier point n’est plus contesté par personne, les populations afghanes n’ont pas confiance en l’intégrité ni en le désintéressement de leurs gouvernants dont certains bénéficient du commerce des narcotiques alors qu’on les paye pour le combattre et l’éradiquer. Certaines localités préfèrent s’en remettre aux talibans pour rendre la justice… C’est dire !
    Le second point est tout aussi préoccupant en dépit des efforts déployés par différents programmes initiés par les USA et/ ou l’ONU. Il ne suffit pas de distribuer des sacs de riz ou de farine dans des zones reculées, il faut mettre sur pied une politique de développement économique de longue haleine. Car aujourd’hui, les civils de ce pays n’entendent parler des Occidentaux que lorsque surviennent des bavures causant la mort de dizaines de civils…
    Enfin, le Pakistan devrait être inclus dans le même programme à la fois de lutte contre les talibans et dans le programme d’aide économique. ON dit souvent que c’est la misère qui fait pousser des islamistes comme des champignons, alors apportons un peu d’aisance ou de développement économique. En général, quelqu’un qui a des biens à défendre et une famille à nourrir ne cherche pas à tout casser…
        En Afghanistan, nous sommes condamnés à réussir. La paix et la quiétude de l’Occident se défendent aux portes de Kaboul.

  • TURCS ET ARMÉNIENS

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    TURCS ET ARMÉNIENS
        On se souvient que du temps de Richard Nixon et de Henry Kissinger, l’amorce de relations diplomatiques entre les USA et la Chine se fit par l’échange de pongistes des deux pays. Les chancelleries s’en étaient largement gaussées à ce moment là mais trente ans plus tard, on réalise que ce fut un bon début même si l’établissement de relations diplomatiques n’a pas résolu tous les problèmes entre les ces grandes puissances…
        Ce que nous vivons aujourd’hui, comme spectateurs, entre Turcs et Arméniens, nous fait penser au précédent sino-américain, tout en soulignant que le contentieux entre les deux pays est d’une tout autre nature.
        Ce qui s’est passé entre l’Arménie et la Turquie, plus exactement ce qu’une certaine Turquie a fait subir au peuple arménien relève d’une autre catégorie. Mais nous aurions tort d’assimiler la Turquie d’aujourd’hui à celle de 1915. Quoi qu’il en soit et tout en reconnaissant les mérites de la république turque d’aujourd’hui, membre de l’Otan, intermédiaire apprécié et efficace entre la Syrie et Israël, donc facteur de paix et de stabilité dans une région très troublée, et un Etat que les occidentaux nommaient jadis l’homme malade de l’Europe.
        Quel est le nœud du problème apparemment insurmontable entre les deux pays ? Les massacres, voire, selon certains, le génocide, que les Turcs de l’époque ont infligé à la population arménienne et qui ont fait pratiquement 1,5 million de morts. Depuis des décennies, les Arméniens demandent que justice leur soit rendue et que la Turquie reconnaissent ce génocide. Les autorités d’Ankara s’y refusent, ce qui révolte les Arméniens du monde entier.
        En assistant côte à côte au match de foot ball opposant leurs deux équipes , les présidents turc et arménien ont courageusement ouvert la voie à une reprise graduelle entre les deux nations. Mais le fait que l’hymne national turc ait sifflé copieusement et le président Güll largement conspué montre que le chemin à parcourir est encore très long… Ce n’est pas une raison pour ne pas persévérer.
        La Turquie devrait cependant comprendre que même si elle devait être un jour (mais viendra-t-il jamais) être admise en Europe, ce ne sera qu’après avoir fait amende honorable vis-à-vis du peuple arménien qui bénéficie d’une grande sympathie dans le monde entier et singulièrement en Europe…
        Or, un pays comme la France, traditionnellement ami de la Turquie, a prévu au moins un referendum dans ce cas, lequel a trop peu de chance d’être favorable à la Sublime Porte (al-Bab al-‘aly). Alors, attendons et espérons.
       
     

  • RAYMOND DOMENECH DEVRAIT PARTIR…

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    RAYMOND DOMENECH DEVRAIT PARTIR…
        Il faudrait un changement à la tête de l’équipe de France de foot ball. Les résultats du match d’hier à Vienne contre l’équipe d’Autriche sont très décevants. Nous avons eu affaire à des Français mal préparés, peu motivés et manquant de coordination.
        Certes, ce n’est pas Raymond Domenech qui joue sur le terrain mais c’est bien qui est le concepteur et l’évaluateur de l’équipe. Et ce n’est pas la première fois qu’il se trompe.
        Il n’est pas exclu, du reste, qu’il prenne lui-même l’initiative de se retirer sur la pointe des pieds. Cela éviterait des remous et des grincements de dents : on voit mal une équipe de France rassérénée, repartir du bon pied (si je puis dire) avec le même homme.
        Le changement n’intervient pas seulement en politique. Le sport en a parfois besoin lui aussi.
        Il ne faut pas être comme ce boxeur qui fait le match de trop, le blogueur qui fait le blog de trop ou l’écrivain qui fait le livre de trop.…
        L’équipe de France a besoin de changement. Toutes les parties prenantes à ce problème devaient par se laisser exclusivement guider par l’intérêt de l’équipe.

  • ENCORE LA RUSSIE ET LA GÉORGIE

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    ENCORE LA RUSSIE ET LA GÉORGIE
        Voici une nouvelle petite note qui va stimuler l’imaginaire ou l’ingéniosité (qui sait ?) de quelques lecteurs asservis à la lecture de lignes qui ne leur plaisent pas nécessairement… Et pourtant, elles sont écrites après lecture attentive d’autres éditoriaux et concertations avec des diplomates et des analystes sérieux. Ceci pour l’humour, car il faut éviter de se prendre au sérieux.
        Le Figaro avec Alexandre Adler, le Monde avec Daniel Vernet, la presse suisse alémanique (Finanz und Wirtschaft) avec mon éminent collègue et ami Curt Gasteyger, tous reconnaissent d’une même voix que la situation est inquiétante, que M. Poutine rêve de restaurer la gloire et la puissance d’un système qui a vécu, et que les anciens satellites de l’ex-URSS ne rêvent que d’une chose : rallier l’UE et par là même intégrer l’OTAN puisque dans ce cas ils seront sauvés des griffes de l’ancienne puissance tutélaire…
        Les commentateurs reconnaissent aussi, il faut le dire justement, que l’on aurait pu affaiblir la Russie sans l’humilier. C’est vrai. On aurait pu aussi l’intégrer plus facilement dans le système des valeurs occidentales qui n’a pas qu’un libéralisme économique mais aussi un libéralisme (humanisme) yout court. C’est vrai.
        On aurait dû aussi faire comprendre aux Américains qu’il fallait s’abstenir de danser dans l’arrière-cour des anciens Soviets, de peur de les contrarier gravement. Il ne fallait pas tenter de parachever l’encerclement de la Russie. Le bouclier anti-missiles suffisait amplement. En une phrase, il fallait ménager la Russie qui n’a même plus les oripeaux d’une grande puissance.
        Ce ne fut pas fait… Je suis modéré dans mon jugement. Il faut lire le précédent article de Jean D’Ormesson de l’Académie Française qui a l’âge et l’expérience pour évoquer Munich en 1938 avec Chamberlain, Ribbentrop, Hitler et quelques autres… Je ne suis pas allée jusque là, mais à y regarder de plus près, ce sont peut-être les censeurs les plus implacables qui ont raison. Car le problème qui subsiste est toujours le même : comment faire partir les chars russes de Géorgie ?
        Prendre la défense de minorités auxquelles on a, au préalable, généreusement distribué des passeports russes, passe encore ; mais violer, pour ce faire, l’intangibilité des frontières, est inacceptable. L’Europe l’a dit solennellement . Qu’elle le mette à exécution.
     

  • ISRAÊL ET LES BEATLES

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    ISRAÊL ET LES BEATLES
        Le 25 septembre, peu avant le nouvel an juif qui tombe le 30 septembre et le 1er octobre ; Israël accueille enfin les survivants du groupe des Beatles. En quoi cette mention nous intéresse-t-elle ? Par sa préhistoire.
        Nous apprenons par une tribune libre de l’ancien député et ministre israélien Yossi Sarid, parue dans le journal Maariv, que son père, jadis haut fonctionnaire au ministère de l’éducation, avait été impliqué dans la décision de ne pas accueillir le groupe des Beatles en 1965…
        En effet, en 1965, le gouvernement de l’époque avait jugé que ces quatre anglais aux longs cheveux étaient susceptibles de «corrompre» la jeunesse haloutsique, des pionniers,  qui s’occupaient, pour se distraire, dans un pays sans télévision (on est en 1965 !) ; de rondes de hora, de chants le soir et d’amour la nuit…
        Que le temps passe ! Et maintenant, dans un Israël qui ressemble plus tout autre pays de la région, à l’Amérique, on chante et danse au sons de la bonne musique anglo-saxonne et le plupart des jeunes conscrits partent comme des hippies en Inde ou en Thaïlande pour oublier leurs trois ans d’armée. Mais certains sont revenus dare-dare lorsque leur pays était en danger.
        Il est intéressant de noter les réaction ceux qui, en 1965, avaient quinze ou vingt ans et attendaient les Beatles comme leurs parents la rosée dans les champs du Néguev…
        Espérons que ce retour annonce la venue tant espérée de la paix dans cette région qui vit l’émergence de la civilisation, la naissance de l’écriture et l’amour multiple de D-.
     

  • LES LEÇONS DU VOYAGE EN SYRIE DU PRÉSIDENT SARKOZY

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    LES LEÇONS DU VOYAGE EN SYRIE DU PRÉSIDENT SARKOZY
        Il faut, pour mesurer les résultats de ce voyage, se souvenir de la situation antérieure : la Syrie sur laquelle pesaient de graves accusations de tous ordres (le meurtre de Hariri, le soutien au Hezbollah, les attentats contre des députés ou des ministres chrétiens du Liban etc…) était en butte à l’ostracisme des pays du monde entier, elle fait l’objet d’enquêtes coordonnées par l’ONU et l’ancien Chef de l’Etat français avait gelé toutes relations avec elle. Au plan régional, les autres Etats arabes se méfiaient d’elle et Israël était à deux doigts de lui infliger une sévère correction militaire. Enfin, il y eut ce fameux raid aérien d’Israël, visant dans le désert syrien une usine à caractère nucléaire, dirigée par des ingénieurs nord-coréens. Pour corser le tout, il y avait cette alliance contre nature entre la Syrie laïque et l’Iran des Mollahs, archaïques et religieux… Quant aux USA il suffit de rappeler l’entrevue glaciale entre le ministre syrien des affaires étrangères et Colin Powell, à l’aéroport de Damas, où l’Américain a carrément menacé son homologue syrien de représailles militaires dévastatrices…
        Sur ce, arrive Nicolas Sarkozy qui, à l’aide de ses conseillers Claude Guéant et Jean-David Lévitte, réévaluent entièrement la situation. Le diagnostic est clair : pour sortir de l’impasse et éviter une nouvelle déflagration qui embraserait le Proche et le Moyen Orient, il faut faire comprendre à la Syrie que son intérêt bien compris est de sortir de l’isolement et de se rapprocher des nations pacifiques et civilisées. Et cela passe par la rupture progressive avec l’Iran des Mollahs et le rapprochement avec les Etat arabes modérés de la région et les démocraties occidentales.
        Après quelques heurts initiaux, les durs de Damas furent mis en minorité, un grand ménage fut fait (on signale quelques morts suspectes d’importants personnages, la mise au secret de quelques autres) et le pari des modérés, dirigés par le président lui-même a pu imposer sa ligne, grâce aux ouvertures du président français. C’est dans ce cadre qu’il faut insérer la grande conférence de l’union pour la Méditerranée : Bachar al-Assad eut la vedette, son épouse fit sensation et donna l’impression d’une Syrie humaine et ouverte, voire même souriante. Le Syrien accepta d’être dans la même pièce qu’Ehoud Olmert, il resta à la tribune officielle du 14 juillet à deux rangées de l’Israëlien, auquel il tourna le dos, mais le discours était d’une tonalité tout autre que celui de son défunt père et des autres apparatchiks du régime .
        Lors de cette rencontre parisienne, le président français réussit à arracher au Syrien la reconnaissance internationale du Liban avec échange d’ambassadeurs et bornage des frontières. Les président libanais et syriens se sont rencontrés à Damas et le président Sleimane reçut un accueil digne d’un chef d’Etat alors que ses prédécesseurs comme des pénitents allant à Canossa,…
        Pour couronner le tout, l’agenda de Monsieur Sarkozy prévoyait alors une visite officielle de 48 heures à Damas où eut lieu un sommet quadripartite entre le Syriens, le Français, le Premier Ministre turc et l’Emir du Qatar Al-Tani. Il est évident que c’est l’Iran et Israël qui constituèrent la pièce de résistance de ce sommet de 2 heures. Au vu des déclarations françaises, l’explication a dû être assez chaude et les Iraniens ont dû sentir leurs oreilles tinter assez fort… La même chose vaut du Hezbollah dont le représentant officiel à Damas a été prié de s’en aller, après qu’une lettre avait été remise à son organisation en faveur de la libération du jeune Gil’ad Chalit.
        Tout semble indiquer que c’est le Qatar qui a pris les choses en main. Connaissant ses frères arabes, disposant d’une bourse comparable à celle de Crésus, l’émir sait les convaincre.
        Voici donc toutes les retombées positives de la percée de M. Sarkozy au Proche Orient. En quelques semaines, il a réussi à sortir la Syrie d’un isolement dangereux pour elle au premier chef et à la réintégrer dans le concert des nations civilisées…
    Mais soyons prudents : le chemin sera long avec des ruptures, des revirements et autres volte faces dont ces régimes sont coutumiers. Cependant, l’orientation est enfin bonne. Et Nicolas Sarkozy a rétabli l’équilibre entre Israël et le monde arabe, ce qui, pour la diplomatie française, est une nouveauté qu’il convient de saluer.