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  • FINANCES ET ETHIQUE ?

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    FINANCES ET ETHIQUE ?
         Le journal La Croix de ce matin consacre sa une à la question suivante : faut-il une éthique à la finance ? C’est-à-dire devons nous laisser le marché tout régler ou plutôt tout dérégler pour ensuite que tous les ,citoyens et surtout l’Etat, à savoir nous tous, ayons à payer les pots cassés (si on me permet cette expression un peu triviale) ?
        Dans un autre journal, économique celui-ci, La Tribune, on peut lire une bonne vingtaine de propositions de grands patrons qui optent pour une remise en ordre des finances internationales. Assez curieusement, tous ces hommes qui sont des libéraux en diable, pourrait-on dire, optent pour un retour en force de l’Etat, non point, certes, pour du dirigisme économique, mais pour réglementer la vie financière et en bannir certaines pratiques «pourries» ou carrément véreuses…
        Et puisqu’on cite ce dernier adjectif, il faut signaler que la seule rumeur de la création par la Maison Blanche d’un organisme financier de faire la femme de ménage, c’est-à-dire de racheter tous les actifs véreux des banques et autres organismes financiers a redonné confiance aux bourses.
        Il est bon d’installer un tel organisme, mais est-ce que cela suffira. Déjà avant l’été, alors que l’on commençait à parler abondamment de la crise des subprimes en Europe, Madame Lagarde, la ministre française de l’économie, se demandait si les banques avaient tout dit, si elles n’avaient rien caché sur leur situation réelle, à l’instar d’un malade qui souffrirait de multiples pathologies en n’en laissant apparaître qu’une seule, tandis que les autres, celles qu’il dissimule, resurgiraient les unes après les autres.
        On ne peut pas laisser les banquiers centraux ou privés agir de la sorte. Tous, tant que nous sommes, avons besoin de banques pour notre salaire, nos paiements, nos prêts, nos achats, nos legs etc… Ce qui signifie que ces organismes se situent au cœur même de notre vie : ils n’ont pas le droit de la détruire. Il faut un règlement qui le leur interdisent. Gagner de l’agent, oui, mais pas à n’importe quel prix.
     

  • LA VICTOIRE DE TSIPPI LIVNI

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    LA VICTOIRE DE TSIPPI LIVNI
        En donnant, même à une très courte tête l’avantage ( à peine 1% et tout juste 432 voix d’avance) à Madame Livini sur son concurrent le général Shaoul Mofaz, les électeurs du parti majoritaire en Israël, Kadima, n’ont peut être pas rendu un service signalé à leur pays. Et ce pour plusieurs raisons.
        D’abord, n’est pas Golda Méir qui veut. La manière dont la ministre des affaires étrangères a géré la guerre contre le Liban est édifiante sur ce point. Ensuite, ce ne serait que justice qu’elle parle, elle aussi, comme les deux autres pilotes de la guerre : Ehud Olmert et l’ancien ministre de la défense Pérets. Jamais guerre d’Israël ne fut dirigée de manière calamiteuse.
        La seconde raison est que la ministre n’a aucune expérience militaire , ni sur le terrain, si dans les administrations. Sera-t-elle prise au sérieux par les Arabes ? C’est peu probable. Certes, elle fait preuve devant les caméras d’une mâle assurance, mais qu’en serait-il si elle devait déclencher une attaque fatidique contre l’Iran ?
        La toute prochaine étape est la désignation par le président de l’Etat pour qu’elle constitue un gouvernement. IL y a fort à parier qu’elle n’y parviendra pas en 41 jours et que le pays s’orientera vers des élections anticipées. Car Benjamin Netanyahu, qui a d’ailleurs déjà été Premier Ministre, a déjà programmé son retour. Il a le vent en poupe dans les sondages qui lui prédisent un succès quasi- assuré.
        Les choses eussent été fort différentes si le général Mofaz avait été désigné. Mais attendons la suite pour voir.

  • LA CRISE FINANCIÈRE

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    LA CRISE FINANCIÈRE
    On ne parle que de cela. Les journaux lui consacrent leur une, les manchettes de toutes les publications du monde entier en sont préoccupées ; la crise financière est sur toutes les lèvres.
    Cela avait commencé avec le problème des subrpimes, ces crédits  à taux variables que la classe moyenne américaine a abusivement utilisés sur les conseils de banquiers pas très honnêtes et qui aujourd’hui, lui coûtent chers. Faute de rembourser les dettes, des centaines de milliers d’Américains se retrouvent à la rue, ce qui est un scandale. Il y eut aussi des banquiers qui rachetèrent les dettes et les créances auprès d’autres organismes financiers et les revendirent à d’autres qui en firent de même, etc…
    C’est seulement aujourd’hui que l’on ne rit plus au nez de ceux qui réclamaient toujours plus fort un minimum de moralisation des pratiques boursières et bancaires… Désormais, on se rend compte de l’étendue du gouffre, si on laisse faire sans réagir : 221 milliards de dollars déboursés par les banques centrales pour tenter de stopper l’hémorragie ! Serions nous déjà en 1929 sans nous en rendre compte ?
    On se souvient des propos lénifiants du milieu de l’été : mais non, nos économies européennes sont saines, la crise ne nous affectera pas, c’est une affaire américaine, nous ne sommes pas en récession…
    Tout ces faux semblants ont volé en éclats : on découvre que certaines grandes banques européennes (françaises, anglaise, etc…) sont touchées à hauteurs de plusieurs centaines de millions de dollars…
    On a laissé quelques aventuriers mettre en péril le système bancaire mondial. Funeste erreur. Espérons que cela rentrera dans l’ordre et surtout, que l’on saura tirer les erreurs de ce présent douloureux.

     

  • L’ABOLITION DE LA PEINE DE MORT EN FRANCE

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    L’ABOLITION DE LA PEINE DE MORT EN FRANCE
    Le  18 septembre 1981, l’Assemblée Nationale abolissait la peine de mort en France par 369 voix contre 113. Ce fut une victoire éclatante, sans appel, confortant les adversaires de la peine capitale dans l’Hexagone.
    La mesure en question partie du programme présidentiel de François Mitterrand et de son futur ministre de la justice, Robert Badinter, celui-là même qui avait sauvé de la guillotine un certain Patrick Henry, l’assassin d’un petit garçon.
    Quel bilan tirer de cette mesure ? Tout d’abor, un soulagement, même si parfois on peut regretter que cette peine capitale n’existe plus alors que son caractère dissuasif était plutôt impressionnant. Mais au moins, le matin, on ne découvre plus à la une des jours, que la guillotine a coupé la tête d’un condamné dans une prison française…
    On regrette, cependant, que les meurtres de policiers, les rapts d’enfant et parfois aussi leur mise à mort ne soient pas plus sévèrement punis. Mais au fond, est-ce que la peine de mort était vraiment dissuasive ? On peut en douter. On le voit bien aux USA où un Etat comme le Texas brille par son application systématique de cette peine sans que cela n’affaiblisse le taux de la criminalité la plus grave.
    En fait, on en reviendra toujours à l’éducation et à la culture, sans oublier une certaine justice sociale. Si l’on développait plus les écoles, l’enseignement et la santé on aurait moins de délinquants, excepté peut-être quelques cs isolés qui auraient plus leur place dans des établissements psychiatriques que dans des prisons.
    Malheureusement, l’aide sociale est restera toujours le parent pauvre des budgets de tous les Etats. Je lisais hier après-midi les œuvres d’un théologien allemand Léo Baeck qui écrivait au cours des années vingt sur l’importance de la solidarité sociale et qui disait qu’une société véritablement humaine était celle où le lien de solidarité entre les hommes était le plus fort. C’est vrai, mais certains s’oublient et cela donne l’assistanat à vie. Ce qui n’est pas une solution, à la longue.
     

  • FRANÇOIS HOLLANDE ET BERTRAND DELANOE

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    FRANÇOIS HOLLANDE ET BERTRAND DELANOE
        Mais que se passe-t-il donc au Parti socialiste ? Depuis cette cascade d’élections perdues, la désunion règne rue de Solférino. Deux facteurs au moins expliquent bien ce champ de ruines qu’est devenu le PS : l’incurie assez formidable, il faut bien le die, de François Hollande d’une part, et le savoir-faire de Nicolas Sarkozy, d’autre part.
        En comparaison du PS, la droite a un avantage important : ceux qui se présentent à la direction du parti ou à l’investiture ne sont pas des seconds couteaux mais des leaders nationaux d’envergure. Regardez donc du côté du PS : C’est le ban et l’arrière ban qui se met en avant. Regardez le jeu des alliance, c’est pire  que les Irrungen Wirrungen de Theodor Fontan ou les Affinités électives de Goethe… Aucun de ces Messieurs Dames n’est prêt à reconnaître qu’il n’a pas (ou pas encore) la stature pour jouer dans telle ou telle catégorie. Ils sont prêts à toute, à toutes alliances même contre nature, si cela peut leur permettre de paraître et de sortir de l’anonymat. Quand on voit les valses hésitations de certains qui jurent fidélité à un chef de courant pour aller ensuite s’accoquiner avec un autre, on se demande où on est vraiment.
        Et nous ne parlons de l’élection présidentielle et de Madame Royal. Ne cherchez pas, nous sommes tout simplement au PS… qui ne joue même pas son rôle d’opposition constructive. Car on peut toujours aider son pays, même dans l’opposition. Son rôle est de talonner le pouvoir, de l’aiguillonner et de faire des propositions.
        On en est hélas très loin.

  • EHUD OLMERT, LE FAUCON DEVENU COLOMBE ?

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    EHUD OLMERT, LE FAUCON DEVENU COLOMBE ?
        Est-ce l’effet de l’âge, des ennuis judiciaires qui s’accumulent, ou est-ce simplement les séquelles de problèmes de santé de l’an dernier, ou encore le contre coup d’une démission qui s’approche à grands pas ? Toujours est-il que les dernières déclarations du Premier Ministre israélien ne laissent pas de surprendre.
        Il a dit sa sympathie pour ces réfugiés palestiniens partis en 1948 en quittant leurs habitations et en laissant tout derrière eux. Il a même exprimé sa commisération pour ces gens qui avaient pourtant appelé à la rescousse les différentes armées arabes qui tentèrent d’étouffer dans l’œuf les premiers pas du jeune Etat d’Israël…
        Mais que s’est-il passé ? Sait-on qui est Ehoud Olmert ? En 1978, il avait voté contre les accords de Camp David, était contre la restitution du Sinaï aux Egyptiens et avait vertement critiqué le Premier Ministre de l’époque Ménahem Bégin, avant d’accéder lui-même, vint ans plus tard, au même poste et de mieux apprécier els réalités…
        Dans l’ombre de son mentor politique, Ariel Sharon, il fonda avec lui le parti Kadima qui était censé regrouper dans un nouveau parti ceux qui voulaient frayer à Israël un nouvel horizon politique. Celui qui fut deux mandats durant, le maire de Jérusalem et qui se distinguait alors par son intransigeance semble aujourd’hui faire des efforts désespérés pour conclure au moins un petit accord avec les Palestiniens, tout en laissant, il est vrai, la question de Jérusalem à l’écart, ce que refusent avec véhémence ses interlocuteurs arabes.
        Nous ne saurons probablement jamais la motivation exacte de ce vague à l’âme : est-ce le regret d’un politicien en fin de carrière qui contemple ce champ de ruines des occasions manquées, des rendez-vous non mis à profit avec l’Histoire, ou tout simplement une phase de découragement en pensant à ses rendez vous futurs avec la justice de son pays ?
        Peut-être s’agit il aussi d’une posture dictée par la tactique pour regagner les faveurs de l’opinion publique israélienne, émue de voir un homme chassé du pouvoir suite à des accusations de corruption ?
        Tant qu’un homme n’a pas été condamné par la justice, il bénéficie de la présomption d’innocence. Attendons pour voir. Relevons tout de même que ce n’est pas demain que les dirigeants des pays voisins d’Israël auront les mêmes comportements démocratiques et humains.
     

  • ALLONS NOUS ENFIN VERS LA LIBÉRATION DU CAPORAL FRANCO-ISRAÉLIEN GIL’AD SCHALIT ?

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    ALLONS NOUS ENFIN VERS LA LIBÉRATION DU CAPORAL FRANCO-ISRAÉLIEN GIL’AD SCHALIT ?
        Cette fois-ci semble être la bonne. Pour la première fois, le chef politique du Hamas, basé à Damas, Khaled Mechaal a dit qu’il s’attendait à un accord, le plus vite possible, avec Israël afin de parvenir à la libération de Gil’ad Schalit. Les tractations portent sur l’échange de prisonniers, le Hamas ayant des demandes disproportionnées puisqu’il exige non seulement  l’élargissement de centaines de détenus, mais aussi la libération de certains d’entre eux qui ont du sang sur les mains. Or, Israël avait une règle à laquelle elle ne dérogeait jamais (jusqu’à l’échange avec le Hezbollah) : ne jamais libérer des responsables d’attentats sanglants…
        Pourquoi ce soudain empressement de la part d’un responsable politique particulièrement dur et intraitable du Hamas ? C’est une retombée positive de la visite de Nicolas Sarkozy à Damas et de l’entremise de l’Emir du Qatar, grand ami de la France et homme de confiance du président français.
        En plus de l’aspect humain que revêt une telle libération (le jeune homme est au secret depuis deux ans !), cette libération signifierait que la Syrie a enfin changé de camp et que l’on peut convaincre les plus criminels des Palestiniens à traiter de manière constructive.
        Réjouissons donc pour les deux parties : l’Israélien détenu par les Palestiniens et les Palestiniens détenus par les Israéliens. De part et d’autre chacun rentre chez lui. En attendant la paix. Mais se fera-t-elle un jour ? Espérons le.
     

  • ALLONS NOUS ENFIN VERS LA LIBÉRATION DU CAPORAL FRANCO-ISRAÉLIEN GIL’AD SCHALIT ?

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    ALLONS NOUS ENFIN VERS LA LIBÉRATION DU CAPORAL FRANCO-ISRAÉLIEN GIL’AD SCHALIT ?
        Cette fois-ci semble être la bonne. Pour la première fois, le chef politique du Hamas, basé à Damas, Khaled Mechaal a dit qu’il s’attendait à un accord, le plus vite possible, avec Israël afin de parvenir à la libération de Gil’ad Schalit. Les tractations portent sur l’échange de prisonniers, le Hamas ayant des demandes disproportionnées puisqu’il exige non seulement  l’élargissement de centaines de détenus, mais aussi la libération de certains d’entre eux qui ont du sang sur les mains. Or, Israël avait une règle à laquelle elle ne dérogeait jamais (jusqu’à l’échange avec le Hezbollah) : ne jamais libérer des responsables d’attentats sanglants…
        Pourquoi ce soudain empressement de la part d’un responsable politique particulièrement dur et intraitable du Hamas ? C’est une retombée positive de la visite de Nicolas Sarkozy à Damas et de l’entremise de l’Emir du Qatar, grand ami de la France et homme de confiance du président français.
        En plus de l’aspect humain que revêt une telle libération (le jeune homme est au secret depuis deux ans !), cette libération signifierait que la Syrie a enfin changé de camp et que l’on peut convaincre les plus criminels des Palestiniens à traiter de manière constructive.
        Réjouissons donc pour les deux parties : l’Israélien détenu par les Palestiniens et les Palestiniens détenus par les Israéliens. De part et d’autre chacun rentre chez lui. En attendant la paix. Mais se fera-t-elle un jour ? Espérons le.
     

  • LE CHOMAGE EN FRANCE ET EN EUROPE

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    LE CHOMAGE EN FRANCE ET EN EUROPE
    Sur fond de crise bancaire et financière, le gouvernement français vient de publier un nouveau décret sur le chômage. Il rejoint enfin une mesure que le gouvernement allemand avait décrété depuis longtemps, à savoir la nécessité pour un chômeur d’accepter toute offre raisonnable de travail, faute  de quoi il serait radié des listes non plus pour deux semaines mais pour huit.
        Evidemment, cette mesure n’est guère réjouissante mais il fallait absolument mettre de l’ordre dans les finances publiques. Il n’était plus possible de dédommager les gens dans un environnement économique de plus en plus déprimé. Qu’on le reconnaissance ou non, c’est la récession qui guette, voire même qui s’installe. La ministre française de l’économie reconnaît ouvertement que la croissance ne reviendra qu’au cours du seconde semestre 2009, et on peut ajouter dans le meilleur des cas !
        L’intrication des différentes économies occidentales fait que les banques françaises seront nécessairement touchées par la crise des subprimes aux USA : la Société Générale, la BNP Parisbas et quelques autres sont obligés de provisionner des créances importantes, suite à la faillite de la banque Lehman Brothers.
        Est-ce une fatalité ? Je ne sais pas, mais ce dont je ne doute plus, c’est la nécessité de réguler un peu le marché et d’édicter des règles : les montages imaginés par de soi-disant génies de Wall street ont conduit les banques à des actes largement inconsidérés. On vers des larmes sur Lehman mais on ne parle guère de ces centaines de milliers d’hommes et de femmes contraints de quitter leurs maisons faute de pouvoir payer leurs traites qui augmentaient en raison de crédits à taux variables.
        Ce qui sépare la jungle de la vie humaine en société, c’est un minimum de solidarité, sans cela que ne dégénère en assistanat à vie.  Mais que peut faire un individu isolé ace à des mastodontes de la finance ? Il faut donc revoir les règles du jeu.
     

  • LE PAPE EN FRANCE : BILAN ET LEÇONS D’UNE VISITE

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    LE PAPE EN FRANCE : BILAN ET LEÇONS D’UNE VISITE
        La France aurait besoin d’une catharsis, d’une sorte de purge de ses fantasmes, de ses démons. Comme du temps de Jean-Paul, on a pu voir que ce beau pays était divisé en deux, tant partisans et adversaires refusent de se parler, de s’écouter et préfèrent se murer dans une détestation ou une vénération qui ne veut rien entendre… Etrange.
        Faisons une tentative de tirer les enseignements de cette visite et voyons autour de quels grands axes elle s’est déroulée. Pour ce faire, il convient de retirer des différents discours (à l’Elysée, au collège des Bernardins, à Lourdes et devant un parterre d’évêques) les points les plus saillants.
        Vendredi, à l’Elysée, le pape Benoît XVI a dit tout l’intérêt qu’il trouvait dans cette belle formule de laïcité positive, intelligente et réfléchie. Il a dit son respect des idéaux républicains qu’il ne considère pas être en contradiction absolue avec les valeurs de l’église. D’ailleurs, le président avait très adroitement montré que les préoccupations respectives de l’Etat et de l’Eglise convergeaient vers un même idéal : assurer le bonheur de l’homme… Carl Schmitt, le grand juriste des années trente qui s’était temporairement fourvoyé avec les Nazis, avait écrit dans sa Théologie politique que tous les idéaux politiques étaient des thèmes originellement religieux et qui furent sécularisés par la suite. C’est, en d’autres termes, reconnaître la genèse relieuse du politique, même si ce dernier a, dans un pays comme le nôtre, coupé le cordon ombilical depuis fort longtemps.
        Le discours des Bernardins reprend la trame du discours de l’Elysée en appuyant sur certains points que le pape avait tout juste effleuré vendredi midi : il a souligné les sources latines et chrétiennes de la culture européenne, sous entendant par là que la culture européenne et l’identité chrétienne étaient en complète harmonie. C’était un clin d’œil à ceux qui, au congrès de Nice, avaient rejeté la demande allemande de signaler dans le préambule de la constitution les racines chrétiennes (les Allemands avaient dit : geistig-religiös). Le message du pape était clair : c’est le christianisme ou le judéo-christianisme qui a fait ce continent et le chrétien doit s’y sentir chez lui car les valeurs qui irriguent cette culture sont ses valeurs. En insistant sur le travail intellectuel des moines, sur leurs ateliers d’écriture, leurs traductions et leur existence vouée à l’étude des textes et à l’adoration de Dieu, le souverain pontife a mis en avant la vocation de l’Eglise en tant que puissant facteur de développement et de recherche intellectuelle : Platon, Aristote, Plotin, les penseurs arabes et juifs médiévaux, tous ces courants de pensée furent étudiées et  analysés dans les abbayes et les couvents. Il fallait le rappeler car certains confondent encore, hélas, médiéval et moyenageux…
        Après cet intermède parisien, les autorités politiques et les intellectuels, le vrai message a été adressé à Lourdes. Et là, les esprits chagrins ont reproche au pape d’avoir réaffirmé la doctrine orthodoxe de son église… Mais où est le mal ?  C’est son rôle, sa vocation, sinon il ne serait pas à la place où il se trouve. Certes, dans nos sociétés post-modernes, dire que l’on n’admet pas les divorcés remariés provoque la stupéfaction, mais (même si je ne pense pas comme lui) comment devait-il faire ? Adopter des valeurs religieuses à géométrie variable, dire que la règle admettait autant d’exceptions que l’on voudra ?
        On dit que le pouvoir religieux est un pouvoir spirituel, don issu de l’esprit qui transcende le temps et ses aléas, ses variations. L’Etat, lui, agit dans le temps, hic et nunc. Oui, le temps, qui détermine tout. Or le temps n’est pas le même pour un chef religieux et un leader politique : les temporalités sont différentes : le religieux ou le spirituel se place d’emblée sub species aeternitatis, il apporte des valeurs et des principes qui, tout en transcendant le temps et l’espace, cherche à améliorer les réalités de ce bas monde  et l’état de nos sociétés.  Les systèmes  religieux et philosophiques nous apprennent qu ce qui doit durer doit être dur et persistant. C’est la différence entre le transitoire et le permanent. Or les valeurs sont permanentes tandis que les aménagements et les compromis ne durent qu’un temps.
        A Lourdes, enfin, nous avons eu droit à un sermon destiné à la communauté des croyants et c’est vrai que c’est de nature à heurter la sensibilité a-religieuse de certains. Mais le pape s’adressait alors à ceux qui ont foi en le miracle et en Dieu résurrecteur des morts. C’est une autre logique et le pape est à l’intérieur de son droit, dans la mesure où la république est laïque et les Français libres de choisir entre croire et ne pas croire.