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  • LA FRANCE, PREMIERE PUISSANCE DIPLOMATIQUE MONDIALE ?

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    LA FRANCE, PREMIERE PUISSANCE DIPLOMATIQUE MONDIALE ?
        Ce matin, au terme de la réunion du G8 au Japon, la presse internationale (mais pas la presse française, car nul n’est prophète en son pays) ne tarit pas d’éloges sur le président Nicolas Sarkozy. Et avant de rédiger mon blog quotidien, j’ai pris soin d’écouter un grand nombre de commentaires : tous étaient très élogieux et positifs. Certains commentateurs allant même jusqu’à minimiser cette terrible dictature des sondages et comparant  le président français à son homologue américain ou au Premier Ministre… israélien (12% d’opinions favorables !)
        L’énumération des fais, des hauts faits diplomatiques du président Sarkozy est impressionnante :
    a)    les infirmières bulgares qui lui doivent principalement leur libération car même si l’UE avait déjà entamé des pourparlers, seul Nicolas Sarkozy a mené l’affaire à son terme. Un adage talmudique dit qu’une œuvre ne porte que le nom de celui qui a donné la dernière touche (eyn ha-melacha nikrét ella ‘al shém gomrah)
    b)    la tentative à moitié réussie de ramener le dictateur libyen dans le giron des nations fréquentables.
    c)    La libération d’Ingrid Bettencourt ; sans la pression continuelle de la France, il n’est pas sûr que le gouvernement colombien auquel revient la palme de la victoire aurait agi dans ce sens.
    d)    Le voyage en Israël et en Palestine avec deux discours retentissants, et surtout celui devant la Knését à Jérusalem qui fit date.
    e)    Les pourparlers avec Bachar el-Assad qui, à l’instar de Kadhafi, se rapproche des nations civilisées grâce aux efforts du président français.
    f)    Le sommet qui doit réunir les pays riverains de la Méditerranée à Paris où seront présents tant d’Etats arabes avec… Israël !
    g)    La présidence de l’Europe avec le voyage du G8 et la rencontre avec le président chinois. Certes, cette visite a divisé les commentateurs qui y voient un affaiblissement face à la Chine… Mais le président agissait comme chef de l’Europe et ne pouvait adopter une position maximaliste, au risque de déplaire fortement en France même.
    h)    Et enfin, ce matin même, vers 1O heures, le président, à peine revenu du Japon, doit parler à Strasbourg…

    Certains commentateurs n’hésitaient pas à souligner que les Français risquaient de ne pas percevoir justement les mérites revenant à leur président, même de penser qu’ils se détournaient d’eux pour s’occuper de l’’extérieur.   Comme on le disait, nul n’est prophète en son pays (eyn navi be-‘iro)

  • L’APPARTEMENT DE MADAME SEGOLENE ROYAL DANS LA BANDLIEUR PARISIENNE

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    L’APPARTEMENT DE MADAME SEGOLENE ROYAL DANS LA BANDLIEUR PARISIENNE…
        Que s’est-il vraiment passé l’autre soir dans l’appartement de l’ancienne candidate socialiste à l’élection présidentielle ? L’intéressée a expressément parlé d’une mise à sec, une expression très précise et assez déterminante. Là où les choses se compliquent indiscutablement, c’est lorsque la victime de ce  curieux cambriolage semble, si on l’a bien compris, établir une connexion entre ce qui lui arrive et «la main mise du clan Sarkozy sur la France…», formule étrange, mais assez éclairante pour renseigner sur l’état d’esprit de Madame Royal.
        Si la mise en cause de je ne sais quel clan Sarkozy est purement fantaisiste, on peut s’interroger sur ce qui s’est passé chez la candidate socialiste. Peut-on formuler d’aussi graves accusations sans preuves ? Peut-on le faire quand on aspire aux plus hautes fonctions de la République ?
        Il convient en toutes circonstances de savoir raison garder. De telles déclarations sont inacceptables. Mais il faut aussi, et c’est indispensable, que Madame Royal dispose pour son appartement d’une protection accordée par l’Etat. Et qu’une enquête sérieuse soit diligentée pour retrouver les coupables.

  • L’INTERVIEW DU PRÉSIDENT CACHAR AL ASSAD AU FIGARO

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    L’INTERVIEW DU PRÉSIDENT CACHAR AL ASSAD AU FIGARO
    Dans le grand quotidien national français d’hier, on peut prendre connaissance d’une longue interview du président syrien . Disons d’emblée qu’elle n’apporte rien de vraiment nouveau et qu’elle brille même par son excessive prudence. C’est l’aspect le plus important de cet entretien qui livre tout de même aussi un indice important sur les coulisses d’un pouvoir parmi les plus opaques au monde : le jeune président qui n’a accédé au pouvoir qu’à la suite de la disparition tragique de son frère aîné, peine à s’affranchir de la tutelle, voire de la mainmise de la vieille camarilla qui surveille ses faits et gestes. Or, dans le régime syrien, habitué aux coups d’Etat, ce sont l’armée et le parti Baas qui ont le premier et le dernier mot…
    En revanche, certaines déclarations, même formulées avec le plus grand soin, confirment ce que je relevais précédemment, à savoir la nécessité d’ouverture pour échapper à l’isolement international et à l’asphyxie économique, deux dangers qui pourraient être fatal au régime en place.
    Il y a donc eu un débat interne aux premiers cercles du pouvoir et le président a pu faire admettre qu’une nouvelle politique, timide à ses débuts, était nécessaire, voire vitale. Et on sait combien le clan est attaché à sa survie.
    Que dit l’interview ? Elle aborde quelques points majeurs : La politique internationale, le conflit israélo-arabe et la situation intérieure syrienne.
    Le président syrien reconnaît que la France lui offre une magnifique ouverture sur la scène internationale : les USA sont hors jeu pendant la campagne électorale, sans même parler de leur exécration du régime d’el Assad… Il saisit la chance de sa vie en se rendant au sommet du 13 juillet pour l’Union de la Méditerranée à Paris. D’une certaine manière, la France lui offre une main secourable qui le rend fréquentable alors qu’on le considérait comme un pestiféré (voir ce que pensait Jacques Chirac du régime syrien…)
    Sur le conflit avec Israël, le président syrien est étonnamment clair, signe d’une évolution majeure du régime. Il ne se cache pas, évoque ouvertement la perspective de négociations directes avec Israël et se sert comme d’une feuille de vigne de la garantie américaine à venir : pas de contact avec l’administration Bush il faut attendre le résultat des élections… Comme si le président Bush était demandeur… Le président syrien a visiblement fait des progrès en matière de négociations diplomatiques. Quand on lui pose la question sur son alliance avec Téhéran, dont tout devrait, en bonne logique, le séparer, el-Assad esquive et souligne que chaque Etat a le régime qu’il s’est choisi… La ficelle est encore plus grosse pour ce qui est du Liban : nous sommes prêts, dit-il, à y ouvrir une ambassade, ce sont les Libanais qui en en empêchaient en raison de leurs dissensions internes et d’une politique peu aimable à notre égard. Et pui, ajoute-t-il,  il y a plusieurs dizaines d’Etats avec lesquels nous n’avons pas échangé d’ambassadeurs, est-ce à dire que nous ne les reconnaissons pas ? Paradoxes qui seraient savoureux pour tout palais, sauf libanais ! L’enquête sur la mort d Rafic Hariri est traitée avec distance, comme si le régime syrien n’avait rien à y voir.
    C’est sur la situation intérieure syrienne que le président est le plus innovant car il reconnaît (et c’est une première, dans un journal occidental) que la nature du pays, de son histoire et le caractère de ses habitants ne permet pas l’instauration d’un régime démocratique digne de ce nom. Assurément, je ne reprends pas ses propres mots, mais c’est ce qu’il dit… Par antiphrases, il reconnaît que la démocratie est pour après-demain dans un pays qui vit sous l’état d’urgence depuis un bon demi siècle…
    Ah, l’Orient…

  • LE PACTE POUR L’IMMIGRATION ET LA RÉUNION DES 27 À CANNES

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    LE PACTE POUR L’IMMIGRATION ET LA RÉUNION DES 27 À CANNES
        L’immigration est un thème qui fut omniprésent lors de la campagne présidentielle car les Français, dans leur grande majorité (toutes tendances confondues) veulent réduire, voire même inverser les flux migratoires. Nicolas Sarkozy avait alors inauguré l’idée des quotas et d’une immigration choisie. Un ministère avait alors été taillé sur mesure pour M. Brice Hortefeu.
        Si un tel département ministériel eût été, il y a peu, absolument impensable, il est aujourd’hui bien installé et atteste de l’évolution survenue dans la mentalité des Français et des Européens. On a soudain pris conscience des limites de ressources des pays d’accueil et de la difficulté à intégrer certains apports qui ne partagent ni les valeurs ni la culture de leurs futurs concitoyens.
        La réunion de Cannes devait uniformiser cette nouvelle politique et l’étendre aux 27 pays membres puisque ce que l’un fait ou ne fait pas a d’immédiates répercussions chez ses voisins de l’Union…
        Le ministre français n’a pas obtenu de ses collègues tout ce qu’il voulait, notamment des Espagnols dont l’économie ne connaît d’expansion que grâce à l’apport de travailleurs étrangers qui reviennent de manière récurrente ou qui s’installent durablement dans le pays… Les Italiens avaient eux aussi, jadis, régularisé par centaines de milliers les résidents étrangers sans autorisation, mais aujourd’hui, même dans ce pays, les choses ont changé et Silvio Berlusconi ne veut plus en entendre parler.
        Le ministre français a eu l’opportunité de préciser sa pensée ; il a stigmatisé cette fausse générosité à l’égard d’étrangers que nous ne pouvons accueillir, il a insisté sur la nécessité de pouvoir loger et nourrir sa famille si l’on veut venir en France sans pouvoir compter sur les finances publiques. Enfin, il a mis en avant la nécessité pour les nouveaux venus, choisis en fonction de quotas d’apprendre le français et de s’intégrer vraiment à notre société…
        Pour un philosophe qui ne conteste nullement le bien-fondé des mesures arrêtées, il y a une réflexion à mener sur ce déséquilibre entre le nord et le sud, que tout le monde dénonce depuis des lustres et qui n’en perdure pas moins pour autant… Comment s’explique ce paradoxe ? Nous allons dans le sud pour nos vacances car il y a du soleil et la mer, eux viennent chez nous pour gagner leur vie et nourrir leurs proches, restés au pays. Il y a tout de même un problème de gouvernance dans ces pays là, et la réunion du G8, actuellement en cours, montre que les pays riches ne veulent plus distribuer des milliards … Cerians n’ont même pas tenu leurs promesses : mais un Etat ou groupe d’Etats, peut-il vivre de l’aumône d’autres Etats ?
        Ces mouvements incontrôlés de populations s’apparentent parfois à des transplantations ratées où les enfants, arrachés à leur environnement naturel, n’en vivent pas moins dans des structures familiales venues d’ailleurs. Ils ne se sentent chez eux nulle part. Comment faire ?
        On ne peut s’empêcher de penser à certains pays riches en hydrocarbures, dont les réserves en devises sont vertigineuses mais leurs nationaux rêvent d’obtenir des visas pour venir en Europe… Est-ce normal ?
        Le projet du ministre français prévoit d’aider au co-développement afin d’aider ces gens à rester chez eux et à y être heureux.

  • LES YEUX OLYMPIQUES DE PÉKIN : LE REVERS DE LA MÉDAILLE OU LA FACE CACHÉE…

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    LES YEUX OLYMPIQUES DE PÉKIN : LE REVERS DE LA MÉDAILLE OU LA FACE CACHÉE…
        Un reportage de France sur les conditions de travail et de vie d’ouvriers chinois attelés au labeur des Jeux Olympiques risque de faire des remous. On a vu des ouvriers, paysans victimes de l’exode rural ou attirés par des salaires un peu moins bas qu’à la campagne, trimer plus d’une dizaine d’heures par jour afin d’achever les équipements ou les dernières installations des Jeux…
        Qu’allons nous faire avec la Chine ? Si cela continue, elle va finir par poser un problème global au reste du monde. 
        Les présidents Sarkozy et Bush, se retrouvant au Japon pour le sommet du G8, ont annoncé leur présence lors des cérémonies d’ouverture. Le Premier Ministre britannique et la Chancelière Fédérale ont confirmé leur absence pour les raisons que l’on sait…
        Puissance mondiale, géant industriel en voie d’expansion comparable à l’Inde, la Chine a un grave problème avec le Tibet qu’elle a annexé et avec les droits de l’homme, par voie de conséquence.
        Dans l’esprit du Comité Olympique, l’idée de donner à Pékin les Jeux devait conduire le régime à sa libéraliser et à assouplir la rigueur communiste. On a vu le résultat lors du passage de la flamme olympique…
        Alors, que faire ? Y aller ne pas y aller ? Je ne sais. Même si personne n’y allait, les Chinois ne se démonteraient pas pour autant… Pauvre Tibet et pauvres Tibétains.

  • DÉSORMAIS, QUAND IL Y AUNE GRÈVE EN FRANCE, ON NE LA SENT PLUS…

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    DÉSORMAIS, QUAND IL Y AUNE GRÈVE EN FRANCE, ON NE LA SENT PLUS…
        Cette petite phrase fait couler beaucoup d’encre et constituera certainement l’une des premières trouvailles d’une certaine presse, avide d’ exploiter des sujets brisants pour occuper ses plumes, quelque peu désœuvrées en ce début d’été.
        Mais tout d’abord, une remarque préliminaire : déjà à l’époque de Georges Pompidou, on s’élevait en France contre la politique dite des petites phrases. Une certaine presse, au lieu de se concentrer sur les grands sujets qui requièrent travail, application et compétence (e.g. le G8, la hausse du prix des carburants, des produits alimentaires, etc), se jette sur une petite phrase, détachée de son contexte, et que l’on jette littéralement en pâture à une opinion publique qui s’en repaît, faut de pouvoir se mettre autre chose sous la dent…
        Que l’on me comprenne bien, je n’attaque pas la presse, je ne dénigre pas le journalistes, j’en suis un occasionnellement, mais je considère que l’on ne devrait pas occulter les vrais problèmes ou préoccupations de l’actualité, en créant des dérivatifs. Depuis samedi soir, on ne parle que de la phrase du président Sarkozy devant les cadres de l’UMP. Mais cette phrase lapidaire, prononcée et accueillie dans un grand éclat de rire, ne visait nullement à humilier ni à railler.
        Son sens était bien le suivant : désormais, grâce à l’instauration d’un service minimum et d’un préalable nécessaire à toute mise en grève, les usagers que nous sommes tous ne sont plus pris en otage par une poignée de gens. Car la grève s’adresse à un employeur (l’Etat, les entreprises etc…) mais ne doit pas chercher à nuire à des millions de gens. Qu’avez vous à faire si les agents de la RATP, d’EDF, de la SNCF réclament à l’Etat des augmentations ? Pouvez vous les accorder. Bien sûr que non ! Et pourtant, ; on vous fera souffrir aussi longtemps qu’on n’aura pas eu satisfaction… Curieuse logique !
        L’exégèse de cette petite phrase, livrée par M. Claude GUEANT, me paraît très satisfaisante et bien fondée : grâce à la nouvelle réglementation, il n’ y a plus de grève anarchique, ni de grève prise d’otage. D’ailleurs, dans un pays civilisé, on dispose de tant d’autres façons de faire aboutir ses revendications. Par exemple : en travaillant mieux et plus. Ce que presque tous font.

  • POUR BIEN GOUVERNER LA FRANCE, FAUT-IL ÊTRE POPULAIRE ?

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    POUR BIEN GOUVERNER LA FRANCE, FAUT-IL ÊTRE POPULAIRE ?
        Cette question mérite d’être posée. Depuis l’élection du président Sarkozy, l’ère précédente apparaît comme l’ancien régime.  Que s’est-il passé ? Une chose très simple ? Toutes les réformes, pourtant nécessaires et placées à la remise, sont soudain réapparues : environ 55 en un an ! Pas étonnant que les anciens pouvoirs constitués, les baronnies, les camarillas, bref les groupes de pressions et d’intérêt se soient ligués contre le nouveau pouvoir pour tenter de le discréditer. En vain. Quelques exemples :
    a)    fallait-il ne pas réagir après la terrible bévue de Carcassonne, alors que la méprise du sous officier aurait pu tourner au massacre ?
    b)    la suppression de la publicité à la télévision publique entre 20h et 6 heures du matin : devait-on laisser des animateurs et des émissions nulles abêtirent les Français aux heures de grande écoute ?
    c)    la réintégration de l’OTAN/ devait-on continuer comme si on est toujours une grande puissance militaire alors que le budget des armées connaît des coupes sombres ? C’eût été céder au mythe néo-gaulliste…
    d)    les trente-cinq heures : devait-on laisser ce carcan juguler toute innovation de l’économie française ?
    e)    le service minimum : fallait-il faire de millions de travailleurs de véritables otages de quelques grévistes toujours prêts à défendre mordicus des intérêts purement catégoriels ?
    f)    Nous sommes avec le Luxembourg, je crois, le seul pays à faire de la poste un service public alors qu’il faudrait la transformer société anonyme : est-ce un crime ? Certes, non.

    La liste pourrait se poursuivre à l’infini : tant de changements vous rendent nécessairement impopulaire, mais si le redressement du pays est à ce prix, il ne faut pas hésiter. Que l’on médite donc le montant de la dette de la France : un peu plus de 15.000 € par personne. Même les nouveaux-nés…

  • HASSAN NASRALLAH, BIENTÔT GÊNANT POUR LA SYRIE ?

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    HASSAN NASRALLAH, BIENTÔT GÊNANT POUR LA SYRIE ?
        Décidément, ce Moyen Orient continuera de défier toutes les règles de la logique et de la diplomatie. Je veux dire quelques réflexions que m’inspirent les récents développements au Liban, en Syrie et en Israël.
        Nasrallah commence à positionner son mouvement afin de le transformer en parti politique, doté d’une forte milice, pour se venger des humiliations passées infligées par les Sunnites et parfois aussi les Chrétiens. Ce que le gouvernement libanais, pris dans les douleurs de l’enfantement, ne peut faire, ce que Nasrallah lui interdit de faire, Nasrallah, lui, le fait sans se gêner. Il négocie indirectement avec Israël, le fait avec professionnalisme, se conduit en véritable chef de la diplomatie, voire plus, même… Et en agissant ainsi, il imite la Syrie qui, elle aussi, négocie avec Israël par l’intermédiaire des Turcs. Le Chiite le fait, lui, par le truchement des Allemands. Il se prémunit donc contre d’aventuels reproches que pourrait lui adresser le grand frère syrien.
        En procédant à l’échange de prisonniers vivants ou hélas, morts, et en donnant un compte-rendu circonstancié sur ce qui est arrivé à l’aviateur israélien Ron Arad, le chef du mouvement chiite tente de montrer qu’il est une partie belligérante responsable et avec laquelle il faut compter. Sous peu, ce ne sera plus Israël qui sera menacé par ces Chiites mais bien le gouvernement libanais actuel qui n’est pas auréolé d’un tel prestige (même s’il s’agit de miliciens qui n’épargnent pas  les civils, ce qu’aucune armée régulière ne fait)/ A terme, ce n’est pas une minorité de blocage que le chef chiite aura, mais le gouvernement, le pouvoir et le pays tout entier. Heureusement, la répartition confessionnelle du pouvoir l’en empêche, théoriquement.
        C’est là que les choses se compliquent, car la Syrie, fidèle à sa politique de tutelle sur le pays du Cèdre, n’admettra jamais que le clan chiite parvienne ainsi à une telle puissance. Et l’on sait ce qui risque d’arriver lorsque Damas trouve des gêneurs sur son chemin.
        Evidemment, Nasrallah a déjà fait ce calcul et sait que Damas sacrifiera sa cause par trouver un accord avec Israël et les USA… Il se tourne donc exclusivement vers Téhéran qui profitera de cet allié remuant pour s’implanter au Liban.  Après tout, les chiites avec les chiites… Mais même cela, il le fait avec circonspection et l’esprit subtil qui caractérise tant la diplomatie persane depuis des lustres.
        Que fera le chiite libanais, en définitive ? Optera-t-il pour une nouvelle confrontation avec Israël qu’il a toutes les chances de perdre, surtout si la Syrie le lâche ? Se jettera-t-il éperdument dans les bras de son irresponsable allié iranien ? Ce n’est pas sûr… Si mes hypothèses s’avèrent, nous sommes à la veille de profonds changements au Moyen Orient ; la Syrie n’en peut plus de l’isolement et du blocus politique mondial et le Liban sait que cela ne peut plus durer ainsi. Reste Téhéran. Mais c’est aux Iraniens de rectifier la position. Clausewitz disait que la guerre était la poursuite de la diplomatie par d’autres moyens…
     

  • INGRID, ENFIN A PARIS !!

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    INGRID, ENFIN A PARIS !!
        Il y a un verset des Psaumes (118 ; 23) qu’une circonstance exceptionnelle a dû arracher aux tripes du psalmiste, l’homme le plus religieux que la terre ait jamais porté. Il s’exclama vers les trois derniers siècles avant l’avènement du christianisme : c’est par Dieu que cela s’est fait, c’est merveille à nos yeux !
        Certes, l’esprit n’abdique pas dans sa recherche des causes, sinon ce serait une régression de l’intelligence. Et nous en sommes loin.
        Si l’on faisait l’anatomie d’un succès il faudrait distinguer plusieurs étapes et, évidemment plusieurs causes : il y a d’abord l’inflexibilité du président colombien qui avait une affaire personnelle à réègler avec les assassins des FARC (ils tuèrent son propre père pratiquement sous ses yeux) et qui n’entendait pas accéder à leur demande exorbitante, à savoir l’instauration d’une zone démilitarisée. C’eût été réduire soi-même la souveraineté de l’Etat et de son chef suprême. Enfin, il y eut la mobilisation sans relâche de l’opinion publique internationale, stimulée par les courageux comités de soutien d’Ingrid, dont l’âme, le spiritus rector ont été l’ex mari, la mari actuel et, surtout les enfants.
        Après les comités de soutien et la famille, il faut signaler l’action de certains gouvernements, dont celui de la Colombie, de la Suisse et de la France. On se souvient que Dominique de Villepin, locataire du Quai d’Orsay, avait fait une tentative , restée infructueuse, hélas, pour ramener Ingrid à la maison. L’élection du président Sarkozy a radicalement changé la donné : pendant la campagne électorale et au cours de son mémorable discours, il réaffirma sans cesse que ce dossier était pour lui une priorité… Et puis, dernier mais non moindre, il y a les commandos de l’armée colombienne et les services des renseignements de ce même pays, admirablement soutenus et aidés au plan technique par les USA. Ce sont eux qui ont ait la décision, accomplissant à l’israélienne un scénario militaire qui sera probablement étudiée dans toutes les académies militaires du monde…
        Les commentateurs sont unanimes à vanter l’excellence de l’opération : pas une goutte de sang versée, les otages libérés et les deux commandants du camp ramenés en captivité. On serait tenté de dire qu’il y a une justice…
        Le président Sarkozy a donc eu raison d’inviter Ingrid à venir célébrer sa libération à Paris. Et fait significatif, c’est elle-même qui décrochera son immense portrait géant à la Mairie de Paris…
    Et on a presque envie de finir par une autre citation biblique, tirée du prophète Jérémie (VIe siècle avant Jésus) dans son chapitre 31 : les fils reviendront chez eux.
        Ingrid ne s’y est pas trompée. Elle a rendu grâces à la providence divine qui a su guider d’humaines mains vers le succès. Ingrid enfin rendue aux siens, sans égratignure ou presque !
        Quand reverrons nous le caporal Gilad Shalit à Jérusalem et à Paris ?
     

  • L’ATTENTTAT D’HIER A JÉRUSALEM

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    L’ATTENTTAT D’HIER A JÉRUSALEM
        Par sa violence, sa folie meurtrière et sa spécificité, l’attentat d’hier commis par Arabe de nationalité israélienne, résidant à Jérusalem est, aura des conséquences durables et de nature plus politique que sécuritaire ou militaire. Pour quelles raisons, cet attentat est-il quasi unique en son genre ?
    a)    il a été commis par un Palestinien, de nationalité israélienne, bien intégré (en apparence) marié, père de famille et employé par la municipalité (juive) de la capitale israélienne. A l’heur où nous rédigeons, aucune affiliation à un mouvement terroriste connu n’est signalée.
    b)    Cet attentat jette un grave soupçon sur la loyauté des citoyens israéliens d’origine palestinienne et remet en question non seulement leur intégration mais aussi leur appartenance à la société israélienne, tout court.
    c)    L’attentat pose aussi des questions sur le devenir et la durée d’un éventuelle paix qui pourrait, par de tels actes barbares (imaginez vous en train de rouler tranquillement rue de la Corraterie à GE et voilà qu’un bulldozer fou cherche à vous écraser, vous et votre famille dans votre véhicule !) n’avoir aucun avenir.
    d)    Mais le plus grave est bien ceci : la presse israélienne, de droite comme de gauche, est pleine d’interrogations, voire de condamnations et demandent que des mesures soient prises dans l’avenir pour neutraliser ce qui pourrait s’avérer une cinquième colonne. : à terme, c’est une coupure entre les Palestiniens de Jérusalem et de Galilée du reste de la population de l’Etat d’Israël. Déjà, des voix s’élèvent pour exiger la démolition de la maison du terroriste et celle de ses parents ainsi que leur déchéance de la citoyenneté israélienne.

    Un tel acte, si insensé, si contre productif au plan politique, a certes satisfait les ennemis irréductibles d’Israël ; mais il complique radicalement une donne , déjà bien inextricable. On a vu que la Knését vient de voter une loi qui déclare inéligible quiconque se rend dans des pays ennemis et soutient le terrorisme. Ce qui invalide une partie des députés arabes israéliens… Enfin, le développement démographique de Jérusalem va être revu de très près… Avec les drames que l’on peut deviner.
    Espérons que la sagesse l’emportera, malgré tout. Toute la population arabe israélienne (1,300.000 âmes) n’est pas déloyale, il serait anormale qu’elle supportât collectivement des mesures dures. Mais Israël a le droit de se défendre.
    Tout ceci montre que le terrorisme ne résoudra jamais le problème.  Nos sincères condoléances vont aux familles des victimes israéliennes innocentes. Songeons à ce bébé de quelques mois que sa maman a eu le réflexe de lancer par la vitre ouverte afin d’être fauchée par le terroriste ! Orphelin de  mère à même pas un an !