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  • L’ÉQUIPE DE FRANCE ET LA COUPE DE L’EURO…

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    L’ÉQUIPE DE FRANCE ET LA COUPE DE L’EURO…
        S’il y a une chose devenue sacrée en France comme ailleurs dans le monde, c’est bien les matchs de football ou de rugby ! Comment s’explique ce phénomène ? Je ne sais pas, ; ce que je constate, en revanche, c’est que les enfants monopolisent la télévision lorsqu’il y a de grands matchs retransmis et que ces soirs là, la circulation est plus fluide et les restaurants plus vides que d’habitude… Et le dimanche soir, stations de radios et chaînes de télévisions rivalisent pour donner les résultats dans sports dimanche…
        Est ce que cet engouement est justifié ? Peut-être mais pas, en tout cas, par la contre-performance de l’équipe de France contre la Roumanie. De l’avis unanime des commentateurs et des supporteurs, ce ne fut guère brillant. Et si l’on rapproche la contre performance française de l’exploit hollandais (3 buts à zéro contre les Italiens, champions du monde !), le pire est à craindre !
        Il est étrange que tant de gens s’extasient tant sur les jeux du stade, déversent leurs passions contenues pour vibrer à l’unisson d’une équipe.
        Qu’allons devenir sans le foot ? Ou alors faut-il souhaiter une meilleure équipe de France ? La réponse est presque évidente…

     

  • MANUEL D’HISTOIRE FRANCO-ALLEMAND. L’EUROPE ET LE MONDE DE 1814 A 1945. MANUEL POUR LES CLASSES DE PREMIERES.

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      MANUEL D’HISTOIRE FRANCO-ALLEMAND. L’EUROPE ET LE MONDE DE 1814 A 1945.  MANUEL POUR LES CLASSES DE PREMIERES.
    KLETT ET NATHAN, 2008
        Enfin, un manuel d’histoire qui montre à la France et à l’Allemagne qu’elles partagent une sorte de communauté de destin (Schicksalsgemeinschaft). En moins d’un siècle, l’Allemagne et la France se sont combattues trois fois ; en 1870, en 1914 et en 1939. Et à trois reprises, ce furent des déchirements, des souffrances, des occupations avec leurs cortèges de peines et de haines. Aujourd’hui, les relations entre les deux pays sont telles que l’on parle du couple ou du moteur franco-allemand au sein de l’Europe.
        C’est dire combien je salue en tant que professeur d’université, germaniste et philosophe de formation, la parution de ce second volume franco-allemand d’histoire. Parler d’histoire commune, c’est vivre la même histoire, c’est établir un lien indéfectible entre les deux nations excluant ainsi tout danger de déflagration entre elles. C’est aussi faire naître une conscience commune. Car, ne nous le cachons pas, les sensibilités française et allemande sont très différentes, les approches historiques. Je ne puis rentrer dans les détails, mais la dénomination même des grands événements est différentes : e.g ; nous parlons des grandes invasions, les Allemandes entendent, eux, Völkerwanderungen. Nous parlons de langues indo-européennes, les Allemands de Indo-germanisch… Nous avons une laïcité, dictée par l’histoire de notre pays, ce qui nous a conduit à bannir l’enseignement de la religion dans les lycées et collèges. En Allemagne, la religion est considérée comme une matière académique (akademisches Fach) à l’égal de toutes les autres. Et la liste des différences (mais pas des oppositions) est encore longue…
        Le livre est remarquablement bien fait et m’a beaucoup plu. Il innove par rapport aux manuels que nous avons utilisé lorsque nous étions lycéens. On y parle plus de cultures, de mentalités, de traités, d’alliances et on y propose l’analyse d’un texte ou d’une carte. Ce qui forme les lycéens à l’embryon de la recherche. L’Europe, enfin, y est traitée comme une entité unie, vivante et en mouvement.
        La tâche n’était guère aisée, surtout lorsqu’il s’agissait de présenter els horreurs perpétrées par les Nazis au nom du peuple allemand. L’affaire Dreyfus n’est pas oubliée, pas plus que les camps de concentration et d’extermination où se produisait l’Holocauste.
        Je souhaite à cet essai d’une histoire commune une longue vie et beaucoup de succès. C’est en fouillant l’histoire commune que l’on forge un avenir commun. Et cet avenir est appelé à devenir le destin franco-allemand.

  • MAIS QUE SE PASSE-T-IL DONC EN ALGÉRIE ?

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      MAIS QUE SE PASSE-T-IL DONC EN ALGÉRIE ?
        Les rumeurs qui accompagnent un sanglant attentat contre un groupe français sont des plus inquiétantes. L’attentat qui a coûté la vie à un ingénieur et à son chauffeur algérien s’apparente, dit-on, au modus operandi d’al-Quaida laquelle avait déjà proféré des menaces répétées contre la France. Ce qui est frappant, c’est la volonté de tuer : après l’explosion de la première bombe qui coûta vraisemblablement la vie au Français et à son voisin algérien, les terroristes font attendu la venue des soldats et des secours pour faire exploser la seconde bombe, ce qui eut pour effet de démultiplier le nombre de victimes… Au moins quinze !
        Ce qui complique les choses, c’est le revirement du Président algérien censé inaugurer la Foire Internationale d’Alger et qui annonce à la dernière minute qu’il ne viendra pas… Que se passe-t-il donc ? Et pour accroître le désarroi, on apprend qu’un autre attentat se serait produit à moins de 100 km d’Alger…
        Comme toujours, lorsque les informations ne sont pas données, les rumeurs vont bon train : maladie subite du président algérien, déjà souffrant ? Vacance du pouvoir ? affrontement de clans rivaux pour hériter du pouvoir ? On ne sait.
        En revanche, les intérêts commerciaux et stratégiques de la France dans ce pays sont considérables. La dernière visite de la Ministre de l’Intérieur le montre à l’envi. On ne peut se désintéresser du sort de ce pays qu’est l’Algérie dont le potentiel est tel que s’il tombait aux mains des islamistes radicaux, ce serait une catastrophe aux conséquences incalculables…
        Que faire ? En Afrique du Nord, l’Algérie et le Maroc sont menacés. En Orient, ce sont l’Egypte et l’Arabie saoudite… Donc, ces fameux pays arabes modérés qui sont affaiblis par une contestation interne sourde mais sanglante.
        Le monde arabe pose à l’Europe un problème global que l’on ne sait pas résoudre.

     

  • PIERRE RAZOUX, TSAHAL. NOUVELLE HISTOIRE DE L’ARMEE ISRAELIENNE. PERRIN, 200

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      PIERRE RAZOUX, TSAHAL. NOUVELLE HISTOIRE DE L’ARMEE ISRAELIENNE. PERRIN,  2008.

        Pierre Razoux fait partie de ces spécialistes qui nous font aimer l’histoire militaire. Il ne s’agit pas d’une énumération de faits, d’un déferlement de statistiques, mais d’une relation de mouvements, d’actions et de manœuvres comme si le lecteur se trouvait sur le champ de bataille. J’ai lu ce livre avec la palpitation que l’on peut imaginer, moi qui aime les films de guerre et d’espionnage, même si je n’aime pas les effusions de sang.
        Chacun sait que sans Tsahal, Israël n’existerait pas. Mais certains sont allées jusqu’à penser que dans le cas israélien, on peut affirmer ceci : Israël n’est pas un Etat qui a une armée, mais Tsahal est une armée qui a un Etat. C’est dire en d’autres termes que l’Etat d’Israël est une nation «soldatique».
        L’auteur remonte aux antécédents bibliques de l’armée d’Israël et il a raison de relever que le terrain est resté le même, et comme ce sont toujours les mêmes milieux hostiles qui campent alentour, il n’est pas rare que les généraux d’aujourd’hui donnent à leurs opérations des noms de code bibliques (opération Joab, par exemple). Un long chapitre est consacré à la mise sur pied de l’auto-défense contre les Arabes de Palestine avec le rappel de la hagganah, du groupe Stern et du Léhi (Lohamé Hérut Israël).  On n’oublie pas la formation au profit des Anglais d’une légion juive dont les instructeurs et les officiers mettront leur savoir faire au service de la cause sioniste.
        Toutes les campagnes de Tsahal sont couvertes, tous les coups d’éclat (Entebbe, Tunis, etc ) sont décrits par le menu. Après la campagne de 1956, alors qu’ils sont encadrés et aidés par les anglo-français, les Israéliens tirent les leçons du coup de force de Nasser: ils leur faut une armée forte, in dépendante de ses fournisseurs, en somme une armée dotée d’une industrie militaire nationale, à l’abri de toute pression.
        Mais ce qui retient le lecteur et rend sa respiration haletante, c’est la guerre des six jours où les premiers combats, notamment aériens, sont relatés comme le seront les combats de chars, plus tard en 1973, lorsque, dans le plus grand secret, près de 100.000 fantassins égyptiens franchissent le canal et débordent sans ménagement la fameuse Bar-Lev. Mais même là, la stratégie militaire d’un Ariel Sharon fera la différence : repérant un défaut de jonction entre les 2e et 3e armées égyptiennes, Sharon attaque par le flanc, effectue une percée qu’il transforme en tête de pont, parvient avec les autres divisions à faire refluer sur l’autre rive les troupes d’invasion et réussit à prendre dans la nasse toute la 2e armée. Même si Ismailiya résiste, les troupes israéliennes parviennent à ce fameux kilomètre 101 (du Caire). Les Arabes ont perdu la guerre. Aux diplomates des deux camps de prendre le relais.
        Mais l’effet de surprise fut encore plus dur sur le Golan où les Syriens engagèrent plus de 850 chars de combat dont les Israéliens, après un moment de désarroi, en neutraliseront près des deux tiers ! –Même les appels au secours du président Hafez el Assad, voyant sa propre capitale menacée par l’artillerie israélienne à longue portée, n’y changeront rien car le président Sadate commettra une erreur en engageant une contre offensive, ratée mais coûteuse en hommes et en matériels… L’idée était de forcer les Israéliens à se battre sur deux fronts à la fois. Les stratèges de Tsahal s’y attendaient et engagèrent alors deux bonnes divisions fraîches et performantes qui taillèrent en pièces les vagues d’assaut. Pour faire payer au Syrien son action, l’armée de l’air de Tsahal s’acharna sur le potentiel économique et industriel de ce pays, détruisant absolument tout… Le message fut apparemment compris, même si les Syriens manifestèrent par quelques duels d’artillerie leurs velléités de reconquête. Depuis, le front syrien est calme.
        Un épisode moins connu sur le déclenchement de la guerre des six jours par Israël : peu de temps auparavant, des migs égyptiens avaient survolé à très haute altitude le site nucléaire de Dimona, faisant redouter à l’Etat-Major de Tsahal une opération d’envergure contre leur secret le mieux gardé… On connaît la suite ; dès le 5 juin, c’est la tornade : l’armée de l’air égyptienne n’existe plus, clouée au sol par les Israéliens.
        On lira aussi l’intéressante analyse de la guerre du Liban suivie de celle livrée contre le Hezbollah…
        Un livre solide, impartial bien documenté sur la guerre mais qui montre combien c’est la paix qui compte. Le bien le plus cher de l’humanité.
       

     

  • FAUT-IL TAXER LA SOCIETE TOTAL ?

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    FAUT-IL TAXER LA SOCIETE TOTAL ?
        Les prix des hydrocarbures étant devenus ce qu’ils sont aujourd’hui, on ne parle plus que de cela… Et c’est légitime. Certains, en France, notamment, songent à taxer les bénéfices des majors pétroliers et suggèrent fortement de ponctionner Total qui a fait récemment des bénéfices record. Je crois, d’ailleurs, avoir déjà évoqué cet aspect des choses. J’y reviens aujourd’hui car l’actualité se fait pressante.
        Je suis un libéral. Mais ce n’est pas une religion, c’est-à-dire que le cas échéant, je peux me démarquer de mes convictions et examiner la situation telle qu’elle se présente. Qu’en est-il, au juste ?
        Les Français, et au-delà les Européens, sont étranglés par le prix des carburants. Même les simples citoyens comme nous tous qui faisons notre marc hé, allons à notre travail et partons en vacances, éprouvons des difficultés.
        Quelles sont les raisons susceptibles de nous pousser à demander à Total de faire un geste ? D’abord, le patriotisme économique, ensuite la solidarité avec les gens qui ont des difficultés et pour finir, la reconnaissance à l’Etat français des efforts diplomatiques qu’ils a déployés en vue d’aider Total à obtenir des droits de forage et de prospection dans tant de pays… Et je ne parle pas d’autres conditions sans lesquelles la société aurait pu se trouver en bien pire posture qu’elle ne l’est aujourd’hui…
        Quelles sont les raisons qui peuvent pousser l’Etat à passer par la voie réglementaire ? Presque les mêmes : La hausse excessive du prix des carburants, les mouvements de protestations, les grèves, les blocages des centres villes etc…
        Je signale, cependant, qu’en un laps de temps très court, Total pourrait délocaliser et partir… Ce ne serait pas sage mais la société pourrait le faire. C’est pour cela qu’il vaut mieux s’entendre. Avant d’achever, je rappelle que les bénéfices sont généralement destinés à la recherche et aux investissements. Les dividendes des actionnaires ne prennent pas tout.

  • PPDA : SALUT L’ARTISTE !

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    PPDA : SALUT L’ARTISTE !
        En France, c’est un fait bien établi, on n’aime pas ceux qui réussissent. Et Patrick Poivre d’Arvor fait partie de cette catégorie. Il fut si souvent brocardé, jalousé, envié. Mais rien n’est jamais venu démentir son talent de présentateur. Nous venons d’apprendre qu’il quittait ses fonctions de présentateur vedette à TF1 et nous sommes un peu tristes, même si nul n’est éternel, pas même les Immortels de l’Académie Française.
        Nous ne nous faisons pas d’inquiétude pour lui et lui souhaitons bonne chance. C’est une nouvelle vie qui commence et ses talents lui permettront de prendre d’autres engagements, d’envisager d’autres défis.
        Sur un tout autre registre, quoique par le même medium télévisuel, on peut l’apparenter à Bernard Pivot qui, pendant si longtemps, nous a donné le goût de lire et d’apprécier la bonne littérature. Et qui n’a toujours pas été remplacé. Il eut la sagesse de partir au moment, où, aujourd’hui encore, tout le monde le regrette.
        Pour PPDA et pour nous, c’est une page qui se tourne. Nous ne l’oublierons pas. Nous lui souhaitons beaucoup de bonheur.
     

  • Emmanuel TODD : un reflux de l’islam ?

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    Emmanuel TODD : un reflux de l’islam ?
    Dans l’édition du 20 mai 2008 (pp 24-25) nos confrères de la Neue Zürcher Zeitung font une intéressante interview du démographe et historien français  Emmanuel Todd. Celui-ci développe des thèses subtiles mais peu convaincantes, selon moi.
        Il commence par répondre à l’intervieweur qu’il n’existe pas d’éléments tangibles prouvant le choc  des cultures. Sa thèse tient en les éléments suivants : le monde islamique est, comme le reste des civilisations et des religions, pris dans un processus de modernisation dont il ne peut faire abstraction, quelles que soient les résistances qu’il entend lui opposer…Ensuite, cette modernisation ou cette mondialisation apporte avec elle –inéluctablement- une alphabétisation accrue qui, en contre coup, réduira la natalité et donc le nombre de musulmans… Les femmes ne laissant plus enfermer dans un rôle de cuisinière et de simple reproductrice. Pour conforter ses thèses, il s’en réfère à des statistiques comparées qui mettent en vis à vis le nombre d’enfants par femme musulmane sur une trentaine d’années. Il semblerait que le taux de fécondité des femmes musulmanes en Algérie ou en Indonésie se rapproche de celui des femmes européennes… Ce n’est pas si sûr ! Mais lorsque le journaliste lui fait remarquer que les Musulmans sont à présent aussi nombreux que les catholiques, il répond qu’il y a toutes sortes de chrétiens et qu’en outre, ce n’est pas le chiffre de la population mais le taux de natalité qui importe…
        Donc modernisation, alphabétisation, baisse de la natalité ont pour corollaire le reflux de l’islam… Voire ! Selon E. Todd, cette désislamisation a été précédée au cours du XXe siècle par une déschristianisation. Selon l’auteur, les deux phénomènes se superposent puisqu’ils correspondent à la même évolution qui semble inéluctable. En somme, les religions seraient en perte de vitesse et risquent tout simplement de perdre leur importance au sein de la société. On sent ici des relents d’analyses marxistes que l’on croyait révolues à tout jamais.
        L’auteur a, en revanche, raison de relever que dans un pays comme l’Iran, les filles, malgré le régime des Mollahs sont plus nombreuses à étudier à l’université que les garçons. C’est exact, mais voyez comme on les habille.
        L’analyse de Todd est séduisante mais manque de rigueur : d’abord, l’alphabétisation peut conduire à un double enfermement quand on voit l’endoctrinement des enfants des medersas du Pakistan ou d’Afghanistan. Ensuite, on ne relève pas avec tant de netteté cette baisse de la natalité et enfin le processus de laïcisation n’opère pas de manière similaire selon qu’il est à l’œuvre dans une société judéo-chrétienne ou musulmane. Ce n’est pas du tout la même chose.
       

  • L’IDENTITE ISLAMIQUE ET LA CULTURE EUROPEENNE

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      L’IDENTITE ISLAMIQUE ET LA CULTURE EUROPEENNE…
        Dans la Neue Zürcher Zeitung du  18 mai on peut lire un très long et très suggestif article allemand d’Arnold Hottinger sur l’identité islamique. L’auteur tente d’analyser les causes qui mènent à l’islamisme et donc à la radicalisation des pays musulmans. Sa thèse principale est qu’il n’existe pas un seul et unique islam mais plusieurs qui portent la marque et l’histoire des pays où cette religion s’est installée. Il insiste à juste titre sur les différences entre des pays comme l’Afrique du Nord d’une part, et d’autres contrées comme l’Inde et le Pakistan, mais aussi l’Egypte, l’Iran et l’Irak.
        Au gré de l’auteur qui semble bien connaître son sujet,  c’est une présence invasive des valeurs occidentales au sein du monde traditionnel musulman qui expliquerait ce qu’il qualifie de crispation identitaire. En d’autres termes, il n’y aurait rien de religieux dans tout cela mais simplement une démarche défensive qui, poussée dans ses derniers retranchements, explique, sans les justifier ni surtout les excuser, les débordements que l’auteur condamne sans réserve.  Au fond, il pose la question de l’essence de l’islam. Oui, quelle est l’essence de l’islam ? Selon l’auteur, il ne faut pas la chercher dans l’islamisme. Et ceux qui le font commettent une erreur lourde de conséquences.
        D’une certaine manière, on fait ici le procès d’une certaine mondialisation qui n’a épargné aucun pays ni aucune civilisation. Les musulmans se seraient sentis, à tort ou à raison, exclus de cette vague déferlante qui emporte tout sur son passage, y compris les valeurs traditionnelles auxquelles ces populations sont légitimement attachées.
        Comment et pourquoi les valeurs anciennes ne résistent-elles pas avec succès, c’est-à-dire victorieusement, à cette invasion, perçue comme une occidentalisation à outrance ? Selon M. Hottinger, les mondes islamiques (puisqu’il n’y a pas un, mais plusieurs islams) n’auraient pas encore trouvé la recette du succès qui semble être devenu l’apanage exclusif du monde chrétien ou occidental. Les réactions, voire les oppositions acharnées des masses musulmanes, bien que de nature différentes selon les pays concernés, ne dénoteraient pas une réponse de nature religieuse mais seraient simplement la manifestation d’une impuissance génératrice de frustrations et de violences… D’où le repli identitaire et toutes les crispations qui vont avec. L’auteur de l’article explique que l’on met en avant cette attitude parce que l’on cherche un refuge inexpugnable où ces valeurs, battues en brèche par la mondialisation croissante, pourraient survivre. En d’autres termes, ces gens seraient en quête d’une stratégie de survie. Et pour articuler ce discours, pour lui donner un minimum de substance, les adeptes de ce repli identitaire arguent qu’il suffit de respecter scrupuleusement certaines règles religieuses pour rétablir l’ordre ancien.  La religion n’intervient donc plus en première position mais occupe la seconde place. En philosophie ou en sociologie on appelle cela une instrumentalisation.
        L’auteur introduit aussi les données économiques dans son raisonnement : les pays concernés ont subi, nolens volens, des évolutions pas toujours bien maîtrisées ; ils sont obligés d’exporter ce qu’ils ont chez eux, le pétrole par exemple quand ils en ont, afin de nourrir leurs populations en proie à une démographie galopante. Ils introduisent donc chez eux les ingrédients d’un mode de vie qui ne semble pas leur convenir Il offre aussi quelques exemples assez surprenants dont on se demande comment on aurait pu en changer la nature : ainsi, dans les étendues désertiques où paissent les moutons et les chameaux, il faut désormais porter aux animaux l’eau à l’aide de véhicules à moteur alors que jadis c’étaient les bêtes qui étaient conduites à l’abreuvoir… Mais, souligne-t-il, toutes ces évolutions n’ont rien à voir avec la religion alors qu’elles provoquent un refus qui se donne des airs religieux. 
        En d’autres termes, comment vivre harmonieusement avec son temps alors que l’on a vécu hors du temps ? Il y a là une inadéquation qui finit par virer à l’écartèlement et développe une véritable schizophrénie… Il est vrai que la civilisation européenne est d’extraction judéo-chrétienne et que, sur le plan de la technique ou de la technologie, elle a remportée bien des succès.
        Alors que faut-il en penser ? L’article m’a séduit par son sérieux et la solidité de sa documentation, mais il ne m’a pas vraiment convaincu. Je  me souviens que lors de sa visite en Allemagne de l’est, peu avant la chute du mur de Berlin,  M. Gorbatchev avait dit aux dirigeants communistes de Berlin-est que ceux qui ne suivent pas l’évolution de l’histoire seront tôt ou tard balayés par le vent de l’histoire. On connaît la suite. Le prophète du Kremlin avait vu juste. Nul ne sait où va le monde ni ne comprend bien son évolution.
    Hegel parlait de l’histoire comme d’un gigantesque réel en devenir. La vénération d’un passé révolu dont on souhaite le rétablissement conduit au fondamentalisme. C’est là le danger qui menace. Et il convient de le conjurer.

     

  • LE JEU DANGEREUX DU PRESIDENT IRANIEN

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    LE JEU DANGEREUX DU PRESIDENT IRANIEN
    Mais que cherche donc l’actuel président iranien ? Que veut-il au juste ? Sont-ce les gros problèmes économiques et politiques de l’Iran qui le poussent à la fuite en avant et à chercher un exutoire confortable dans les relations internationales, en se confrontant aux USA et en menaçant constamment Israël de disparition ?
    Ainsi donc, tous les chefs d’Etat et de gouvernement présents à Rome pour la réunion au sommet de la FAO se sont rendus sur place pour parler de la faim dans le monde et voir comment y obvier. L’Iranien arrive sur place et que fait-il ? Il menace une nouvelle fois Israël… alors que la conférence porte sur la faim dans le monde !!
    Ce petit jeu ne fait rire personne et pourrait très mal se finir pour l’intéressé qui n’est plus vraiment en odeur de sainteté dans son propre pays. Une grande majorité de la jeunesse iranienne, née sous le régime des Mollahs, n’a rien connu d’autre et aspire, pourtant, à un mode de vie à l’américaine. Au plan extérieur, les violations des règles de l’ONU par le régime iranien isolent de plus en plus le pays sur la scène internationale. Ses seuls amis sont la Syrie, le Hezbollah et le… Venezuela ; et encore ces pays sont proches de l’Iran parce qu’ils craignent les foudres américaines… Les sanctions de l’ONU vont sûrement se durcir et les investissements en iran ont subi un arrêt net.
    Il se pourrait bien qu’avant de quitter la Maison Blanche, le président Bush laisse un petit souvenir, assez inoubliable, au président iranien. La visite du Premier Ministre israélien penche dans la même direction.
    Prions pour que cela n’arrive pas et que le peuple iranien se donne enfin un chef digne de sa grande histoire et à la hauteur de son apport à la civilisation mondiale.

  • LA MORT DE PIERRE BEREGOVOY

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      LA MORT DE PIERRE BEREGOVOY
    Le livre de Pierre Follorou, le dernier secret (Paris, Fayard, 2008)

     Si l’on peut parler d’un cas tragique de la politique intérieure française de ces quinze dernières années, c’est assurément à la disparition de l’ancien premier Ministre Pierre Beregovoy que l’on pense immédiatement. Ce livre s’attache à reconstituer les circonstances de sa mort et déroule sous nos yeux les grandes étapes de sa carrière. Le jeune cheminot, fils d’un émigré russe ayant fui la révolution bolchevique, gravit patiemment tous les échelons de ses différents engagement pour s’imposer enfin, grâce à une ténacité sans pareille.
    Dans son prologue, l’auteur, journaliste au Monde, s’attache à conforter la thèse du suicide, même si une récente émission sur FR3 un samedi soir il y a plus d’un mois, remettait cette thèse en question…
    On lit l’histoire d’un homme qui ne fut jamais vraiment accepté par un milieu qui ne fut jamais le sien, un homme entièrement voué à l’admiration, voire au culte aveugle d’un chef qui, de l’aveu même de son épouse, Madame Gilberte Berégovoy, le manipula plus d’une fois. Modeste, vivant retiré de ce qui fait l’illusion du pouvoir, Beregovoy sera happé par un milieu qui lui donnera le vertige, au point qu’au lendemain de sa disparition tragique, sa mort dira qu’elle souhaitait que 1981 n’eût jamais eu lieu, signifiant par là que cette victoire a tout changé : les relations, le milieu, l’habitation et tout le reste.
    Si l’on suit l’auteur, c’est le passage dans l’opposition après l’ivresse du pouvoir qui pousse le future Premier Ministre qui nouait des amitiés avec des personnes sulfureuses, un peu comme un nœud coulant se serre de plus en plus autour de votre coup… Ces hommes, moins scrupuleux que le Premier Ministre, sauront lui rappeler leurs largesses passées et exigeront un retour d’ascenseur …
    Je passe sur les scandales dans lesquels le Premier Ministre n’avait rien à se reprocher pour arriver à ce prêt calamiteux d’un million de francs (un malheureux petit million) pour un appartement dans le XVIe arrondissement… Mais pour l’auteur, ce qui a délenché le geste fatal de Bérégovoy, c’est la crainte de voir le juge Thierry Jean-Pierre découvrir un compte numéroté sur lequel d’importantes sommes d’argent liquide avaient été déposées. Il y eut aussi l’incroyable imprudence  de membres très proches de la famille.
    Tout ceci se termina dans le sang, sûrement le sang d’un innocent qui n’était pas le pire des hommes politiques de notre temps.