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  • UN NOUVEAU GUIDE SPIRITUEL POUR LES JUIFS DE FRANCE…

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    UN NOUVEAU GUIDE SPIRITUEL POUR LES JUIFS DE FRANCE…
        Le dimanche 22 juin les grands électeurs de la communauté juive de France se sont donnés une nouvelle direction spirituelle en la personne du grand rabbin Gilles Bernheim, 54 ans, rabbin et philosophe à la fois, ouvert sur le monde qui nous entoure et partisan sincère du dialogue judéo-chrétien.
        Ce qui distingue le nouvel élu de con prédécesseur, c’est d’abord le style. Bernheim est posé, ne se permet jamais la moindre plaisanterie dans se prêches afin de mettre les rieurs de son côté ou de charmer une salle composée d’auditeurs d’Afrique du Nord, et notamment de Tunisie…
        Le nouvel élu pêche peut-être par un sérieux excessif, mais j’avour que ce trait de caractère me plaît. Mais il y a aussi le programme qui a emporté l’adhésion des électeurs : voulant retrouver une voix juive dans la société et les media, ans en abuser, le nouveau Grand Rabbin veut s’engager plus avant dans les grands débats qui agitent notre temps, là où son prédécesseur, rompu aux techniques de la communication, s’entêtait à rester dans un univers traditionnel quasi-hermétique.
        Toutefois, rendons justice et hommage à l’ancien titulaire du poste, il est entré vivant dans l’histoire du judaïsme contemporain ; il a dû  faire face à des moments très difficiles qui ont d’ailleurs compromis sa santé. Stoïque, il n’en a pas moins continué à assumer ses fonctions en dépit d’une santé chancelante. Nous lui souhaitons bonne santé et bonne chance dans sa nouvelle existence.
        Et Gilles Bernheim, comment conçoit-il sa nouvelle charge ?
    Il faut souhaiter que, contrairement à son prédécesseur, le nouvel élu, sache résister à l’appel absorbant des media, lesquels sont constamment à l’affût de petites phrases ou de révélations. Par exemple, il faut avoir le courage de refuser un micro ou éconduire un journaliste…
        Souvenons nous de ce qu’écrivait le général de Gaulle dans ses Mémoires : le papier supporte tout et le microphone diffuse n’importe quoi…
     

  • UNE ENQUETE ENCOURANGEANTE SUR LA COHABITATION ENTRE JUIFS ET ARABES EN ISRAËL

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    UNE ENQUETE ENCOURANGEANTE SUR LA COHABITATION ENTRE JUIFS ET ARABES EN ISRAËL ?
        La télévision israélienne francophone, GUYSEN TV a fait état ce matin des résultats très encourageants d’une enquête sociologique menée en commun par l’université de Harvard et l’université de Haïfa. Beaucoup d’éléments sont intéressants dans cette étude. D’abord, que 77% (les pourcentages valent ce qu’ils valent !) des juifs et des arabes souhaitent vivre paisiblement ensemble. Ce qui n’est pas franchement une découverte dans une ville portuaire comme Haifa !
        Le deuxième élément qui retient mon attention dans cette enquête, c’est la violente dénonciation du traitement de cette question par les media. Nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer cette question dans notre blog : sait-on que la densité de journalistes au Proche Orient (et singulièrement en Israël) et en Palestine est la plus forte, au monde !!? Et que parfois, (je dis bien parfois) certains se livrent à une mise en scène pour avoir quelque chose à mettre dans la boîte(comme ils aiment le dire) ? L’enquête va plus loin : elle spécifie même que ce sont les nouvelles les plus éclatantes, les plus brisantes, qui sont mises en vedette et en avant, et jamais celles qui vont dans la voie de la coexistence pacifique et la paix…
        Qu’on nous comprenne bien, il n’est pas question de dénoncer qui que ce soit, et encore moins les journalistes ! Ils risquent souvent leur vie dans certaines régions dangereuses pour nous informer. Mais il existe aussi une mission éthique du journaliste : protéger la vie privée des gens, vérifier les informations avant de les publier, avoir une vue d’ensemble et ne pas se limiter au chox des photos, pour reprendre un célèbre slogan…
     

  • ACTE ANTISEMITE OU REGLEMENT DECOMPTES CRAPULEUX ?

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    ACTE ANTISEMITE OU REGLEMENT DECOMPTES CRAPULEUX ?
        ce qui s’est passé vendredi dernier dans une rye du XIXe arrondissement de Paris est parfaitement inacceptable et absolument condamnable. Comment peut-on, dans une rue de la capitale française s’acharner à coups de barre de fer sur jeune homme au seul motif qu’il est juif ? Depuis que cette triste et sombre affaire a commencé, les thèses contradictoires s’affrontent.
        Le quartier en question a connu depuis deux ou trois décennies une alarmante recrudescence d’actes de délinquance et de violence. Dans l’entre deux guerres, le quartier des Buttes Chaumont était très prisé, certaines façades d’immeubles figurent parmi les plus belles de Paris. La célèbre et très moderne Fondation Rothschild s’y trouve rue Manin.  Au XIXe siècle et au début du XXe, une certaine bourgeoisie y avait élu domicile ; mais comme le disait Charles Baudelaire dans un poème,le cœur des villes change plus vite que le cœur des hommes…
    Malheureusement, le cas qui nous occupe n’a rien de poétique. Se pose de nouveau la sempiternelle question : la France est(-elle antisémite ? Je réponds comme l’éditorialiste du Figaro ce matin : non !
    Nous devons rester vigilants et non pas confondre alarmisme avec vigilance. En fait, un meilleur policier dans nos grands villes empêcherait certaines bandes délinquantes d’y troubler la quiétude de nos concitoyens.

  • ACTE ANTISEMITE OU REGLEMENT DECOMPTES CRAPULEUX ?

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    ACTE ANTISEMITE OU REGLEMENT DECOMPTES CRAPULEUX ?
        ce qui s’est passé vendredi dernier dans une rye du XIXe arrondissement de Paris est parfaitement inacceptable et absolument condamnable. Comment peut-on, dans une rue de la capitale française s’acharner à coups de barre de fer sur jeune homme au seul motif qu’il est juif ? Depuis que cette triste et sombre affaire a commencé, les thèses contradictoires s’affrontent.
        Le quartier en question a connu depuis deux ou trois décennies une alarmante recrudescence d’actes de délinquance et de violence. Dans l’entre deux guerres, le quartier des Buttes Chaumont était très prisé, certaines façades d’immeubles figurent parmi les plus belles de Paris. La célèbre et très moderne Fondation Rothschild s’y trouve rue Manin.  Au XIXe siècle et au début du XXe, une certaine bourgeoisie y avait élu domicile ; mais comme le disait Charles Baudelaire dans un poème,le cœur des villes change plus vite que le cœur des hommes…
    Malheureusement, le cas qui nous occupe n’a rien de poétique. Se pose de nouveau la sempiternelle question : la France est(-elle antisémite ? Je réponds comme l’éditorialiste du Figaro ce matin : non !
    Nous devons rester vigilants et non pas confondre alarmisme avec vigilance. En fait, un meilleur policier dans nos grands villes empêcherait certaines bandes délinquantes d’y troubler la quiétude de nos concitoyens
     

  • L’ACTIVISME DIPLOMATIQUE DE LA FRANCE……

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     L’ACTIVISME DIPLOMATIQUE DE LA FRANCE……
        François Fillon sera tout juste rentré de son voyage de deux jours en Algérie que le Président Sarkozy se sera déjà envolé pour une visite d’Etat de trois jours en Israël. Dans quelques jours, la France assume la présidence de l’Union Européenne. Et le 13 juillet, à Paris, seront présents (ou censés être présents) une bonne partie des pays riverains de la Méditerranée pour l’Union de la Méditerranée. Enfin, le jour suivant, jour de la fête nationale, une invitation a été lancée au président syrien pour assister au défilé militaire du 14 juillet. Cette initiative semble avoir déjà fait un mécontent, l’ancien président Jacques Chirac, qui n’assistera pas au défilé à la tribune officielle… Enfin, la France tente de tirer profit du flottement américain en cette période d’élection présidentielle elle s’était trouvée précédemment évincée, voire exclue, du jeu moyen oriental, en raison de sa politique trop orientée et aussi pour sa vague anti-américaine, suite à la guerre d’Irak.
        Difficile de nier que la diplomatie française connaît un regain d’activités et que le président souhaite une présence accrue dans la diplomatie mondiale. En somme, la France est de retour pas seulement en Europe, mais aussi dans le monde. Ceci est louable et réaliste, mais si le non irlandais en Europe est gérable à plus ou moins brève échéance, le conflit du Proche Orient qui mine la tenue du sommet méditerranéen à Paris constitue un enjeu autrement plus grave. On voit déjà à Alger, à Tripoli, à Beyrouth et ailleurs, des voix discordantes réclamant des précisions sur la présence et le rôle d’Israël à ce sommet. Il y a aussi des inconnues : qui va représenter les Palestiniens, Haniye ou Abbas ? Comment inviter le président syrien alors que l’AIEA nourrit de forts soupçons sur l’implication de son pays dans un marché noir du nucléaire ? Et le tribunal international pour juger les tueurs de Rafic Hariri et leurs commanditaires ?
        Le général de Gaulle ne devrait pas être pour la France cette sorte de plaque hypnotique qui nous rend sourd et aveugle sur tout le reste. Mais il n’avait pas tort d ‘écrire dans ses Mémoires, vers l’Orient compliqué, je voguais avec des idées simples.
        Souhaitons, cependant, au Président Sarkozy un plein succès dans sa mission.
     

  • LA PROFESSIONNALISATION DES ARMEES FRANÇAISES

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    LA PROFESSIONNALISATION DES ARMEES FRANÇAISES
        La publication du livre blanc sur la défense n’a pas plu à tout le monde, quelques généraux sont intervenus sous le nom de surcouf afin de ne pas dévoiler leur identité : c’est leur droit puisqu’ils veulent, selon eux, préserver l’outil militaire. Le ministre de la défense leur a répondu comme il convient :ils doivent, surtout pour des cadres d’active faire preuve de loyauté et appliquer les décisions du pouvoir politique qui tire sa légitimité du peuple…
        Quel est l’enjeu du débat ? D’abord, il y l’appréciation des éléments et les personnalités. Nicolas Sarkozy n’est pas Jacques Chirac qui était passionné par la chose militaire et avait fait des armées un domaine réservé, dans la lignée du général de Gaulle. Un certain halo de sacré entourait la chose militaire et l’indépendance nationale était directement reliée à la force de dissuasion, au désengagement de l’OTAN, partant à la puissance militaire…
        Nicolas Sarkozy n’a pas hérité de cet esprit visionnaire, apte à ignorer l’incontournable principe de réalité (Realitätsprinzip), il préfère des considérations plus gestionnaires… Donc, il réduit, innove, reforme, réforme, ouvre de nouvelles bases en ferme d’autres, bref, évolue avec son temps.
        Mais qu’aurait fait le général de Gaulle lui-même dans la situation présente ? Il aurait sans doute épouse les nécessités du temps. Et si le matériel est obsolète ou inadapté, il n’est pas nécessaire de maintenir une pléthorique armée de terre. Le ministre de la défense Hervé Morin a bien explique cela en donnant l’exemple de la projection de forces françaises vers l’extérieur. Notre armée est de l’ordre du gabarit de l’armée britannique, mais gardons nous de descendre plus bas. Notre crédibilité y perdrait.
     

  • L’INTERVIEW D’EHUD BARAK AU JOURNAL LE MONDE

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    L’INTERVIEW D’EHUD BARAK AU JOURNAL LE MONDE
        c’est Ehud Barak, le ministre de la défense d’Israël, qui fait la manchette du Monde en date du 20 juin. Le ministre d’Israël est en visite de travail à Paris pour deux jours. Les informations qu’ils donne dans son dialogue avec les journalistes sont de trois ordres : la bombe iranienne, la Syrie et le Hamas. Il convient de commenter les déclarations du ministre :
    a)    la bombe iranienne inquiète gravement les Israéliens et on peut les comprendre. Ils préconisent donc un renforcement des sanctions, notamment économiques et financières, en s’adjoignant les services de pays comme la Russie, la Chine et l’Inde. Ehud Barak insiste sur le fait qu’il faut lâcher du lest à l’égard des Russes et implore les USA de suivre cet exemple.  Les Russes sont très sensibles à de l’indulgence à leur égard lorsqu’ils combattent le terrorisme tchétchène. Ils ne digèrent toujours pas l’étalage de l’hyper puissance américaine, notamment que celle-ci pousse l’OTAN jusqu’aux anciens Etats de l’ex URSS. La nouvelle administration devra donc faire des concessions.
    b)    Les réflexions sur la Syrie sont très édifiantes et précises. Il ne s’agit pas encore de négociations mais de pourparlers préliminaires qui pourraient éventuellement déboucher sur autre chose. On sent entre les lignes que le général se démarque quelque peu des déclarations de son premier Ministre Olmert. Voici les priorités de Bachar el Assad, selon Baral : d’abord sauvegarder les intérêts de la famille Assad, c’est-à-dire du régime ; ensuite gagner l’estime des USA dont les milliards affluent dans l’Egypte voisine alors que la Syrie est au bord de l’asphyxie économique. Avoir un rôle prépondérant au Liban, notamment au plan économique. Et le Golan n’arriverait qu’à la fin. Barak se fonde sur des négociations avec le père de Bachar pour établir cette classification des priorités. Ce qui est révélateur,n ce sont les déclarations du général sur le Golan : nous l’aimons beaucoup, dit-il, nous l’avons conquis de haute lutte, mais nous sommes à la fois assez forts pour le garder que pour le rendre, car la situation stratégique a changé… Donc, une déclaration qui laisse augurer des changements en Israël…
    c)    La question du Hamas est liée à la précédente : si l’on détache la Syrie de l’Iran, ce dernier pays apparaîtra sous son vrai visage, à savoir une puissance musulmane chiite, non arabe, poursuivant des vues hégémoniques dans la région. La Syrie aurait alors intégré le camp des Etats arabes modérés, suivant Washington, tandis que le Hamas et le Hezbollah en seraient inéluctablement affaiblis puisqu’ils seraient privés du soutien de l’ancien allié syrien…

    Pour le reste, le ministre n’est pas contre l’invitation de Bacahr el-Assad à Paris pour le défilé du 14 juillet.

  • L’ALGERIE ET LE DIALOGUE INTERRRELIGIEUX

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    L’ALGERIE ET LE DIALOGUE INTERRRELIGIEUX
        C’est la tribune de Monseigneur Hippolyte SIMON, archevêque de Clermont, parue dans le journal Le Monde du 18 juin 2008, qui me donne l’occasion de revenir sur les problèmes que rencontrent en Algérie des hommes et des femmes, de nationalité algérienne, désireux de rejoindre une autre religion, notamment chrétienne, et qui rencontrent, pour cette raison, des difficultés d’ordre judiciaire.
        La tribune du prélat revient sur ce qu’il nomme l’islamité de ce pays d’Afrique du Nord, et qui constitue le ciment unificateur de l’ensemble de sa socio-culture… C’est un fait, mais comment dialoguer avec d’autres religions, si on n’a pas le droit de propager ou de distribuer des livres religieux, notamment des Bibles et des exemplaires de l’Evangile ? En Europe, nul ne trouve à redire lorsqu’on distribue des livres d’une autre religion. C’est même un article de la Déclaration des droits de l’homme . En arabe huquq al-insane
        Nous lisons que le Premier Ministre François Fillon doit aujourd’hui même évoquer ce problème –qui n’est pas mineur- avec les plus hautes autorités algériennes. Une jeune femme a été traduite devant un tribunal qui requis contre elle une peine de prison au motif qu’elle se rendait coupable de propagande religieuse au profit d’une autre religion… Voilà un argument d’un autre âge !
        Depuis le XVIIIe siècle, l’Europe a connu le siècle des Lumières qui a émis à l’égard des religions des critiques constructives, partie intégrante de nos religions. Il faudrait que toutes les religions monothéistes deviennent comme le judaïsme et le christianisme, des cultures gisant au fondement de notre vie sociale. Le dialogue interreligieux est à prix, le maintien d’une immigration contrôlée et choisie sous nos latitudes aussi.
     

  • LA France ET ISRAÊL, UNE NOUVELLE LUNE DE MIEL…

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    LA France ET ISRAÊL, UNE NOUVELLE LUNE DE MIEL…

        L’élection du président Nicolas Sarkozy à la tête de l’Etat a modifié bien des choses et justifie largement le programme du candidat axé sur l’idée de rupture. Celle-ci ne s’est pas seulement imposée dans le cadre de la politique intérieure, elle se reflète aussi nettement dans le contexte extérieur. Et le tout prochain voyage du président français en Israël en apporte une preuve éclatante.
    Quand on demande aux Israéliens, francophones ou non, ce qu’ils pensent du nouveau président, leur réaction est unanimement positive. Les membres du gouvernement comme l’homme de la rue lui font confiance pour rééquilibrer les relations entre leur pays et la France qu’ils ont toujours chérie dans leur cœur. Certains évoquent encore devant le visiteur médusé la fameuse phrase du Général de Gaulle Israël, notre ami, notre allié, avant de citer la seconde, aux effets si dévastateurs.
    Nicolas Sarkozy se veut l’ami d’Israël tout en cherchant énergiquement une solution au problème israélo-palestinien qui risque de compromettre son beau projet d’union pour la Méditerranée. Or, comment croire que les Etats arabes, riverains de la Mare nostrum, accepteront de siéger aux côtés d’Israël dans une institution destinée à instaurer une zone de paix et de prospérité dans une région agitée, depuis des décennies, par tant de turbulences ?
    Le président Sarkozy tiendra la balance égale entre les partenaires proche orientaux de la France là où notre pays avait, durant tant d’années, sacrifié l’amitié franco-israélienne sur l’autel de sa politique arabe.  Comment s’explique ce changement ? Les Israéliens, c’est tout simple, se méfient du Quai d’Orsay mais font confiance au nouveau président qui comprend leurs problèmes. Et ils sont nombreux !
    Malgré l’allégresse, L’Etat d’Israël célèbre ses soixante ans sur fond de pessimisme et d’interrogations  graves : l’avenir du sionisme est-il menacé ? N’assiste-t-on pas à une sorte de lassitude profonde de la population israélienne ? Eu égard au grave déséquilibre entre la population israélienne et les populations des Etats voisins, on se demande aujourd’hui si cette arme démographique ne va pas imposer dans les prochaines décennies une donne radicalement nouvelle…
        Et, pourtant, en dépit de toutes ces menaces, les citoyens de ce petit pays s’illustrent dans de très nombreux domaines et leur revenu moyen est équivalent à celui de notre pays ou de Taiwan…  L’agronomie, la recherche médicale, l’enseignement universitaire, la technologie de pointe et les découvertes pharmaceutiques classent ce pays parmi les meilleurs au monde. Le nombre d’ingénieurs atteint 1,4% alors que les USA n’ont que 1,2% et l’Allemagne 0,9 % … Il est donc permis de parler du génie d’une persévérance.
    Mais il n’y a pas que le problème avec les Palestiniens, il y a aussi les tensions sans cesse croissante entre différents secteurs de la société israélienne. Les laïcs et les religieux se livrent une guerre féroce que l’on sent à chaque vote du budget de l’Etat par exemple, lorsque les partis religieux, eux-mêmes désunis, réclament des exonérations à l’Etat dont les subsides leur permettent de vivre .
    Dans sa sagesse, Ben Gourion avait décidé d’offrir aux religieux certaines prérogatives au motif que l’on ne pouvait marginaliser la religion juive et ses représentants dans le pays des … juifs. Mais ce fut un côte mal taillée, laquelle explique qu’Israël n’a toujours pas de constitution et que ses différentes lois fondamentales s’empilent les unes sur les autres. Alors l’idée sioniste a-t-elle échoué ou bien requiert-elle une simple remise à jour ? On se souvient que des voix se firent entendre pour dénoncer le douloureux dilemme dans lequel, selon ses critiques, Israël se serait volontairement enfermé : ou bien cet Etat reste sioniste et dans ce cas il trahit ses idéaux démocratiques puisqu’il ne laissera jamais l’actuelle minorité arabe prendre les rênes du pouvoir, ou alors, il se réclame sans réserve aucune de ses idéaux-là et renonce volontairement aux structures sionistes qui ont présidé à sa naissance…
    Le président Sarkozy comprend ce dilemme fondamental d’Israël et ne cherchera pas à attiser des contradictions, réelles ou supposées. Car il sait que tout en restant ce qu’il est, l’Etat d’Israël aspire à la paix et à la sécurité. Comment y parvenir, si ce n’est en aidant les Palestiniens à assumer paisiblement leur propre existence nationale et à s’engager sincèrement sur la voie du développement  et de la prospérité.
    Le président Sarkozy a su redynamiser le rôle de la France au Proche Orient, en affichant un soutien sans faille au Liban et plaçant adroitement la Syrie et son gouvernement devant leurs responsabilités. Ce n’est pas un hasard si la presse israélienne parle ces derniers jours d’une poignée de main entre Bachar el-Assad et le Ehoud Olmert… à Paris le 13 juillet prochain. Ce serait à porter au crédit exclusif du président et de la diplomatie française. Et ainsi, on pourrait revivre une véritable lune de miel entre Israël et la France.
    Rêvons un instant : Ben Gourion disait qu’être réaliste c’était aussi croire au miracle. Et Ernest Renan, auteur d’une Histoire du peuple d’Israël, jugeait que sans être miraculeuse, l’histoire d’Israël était providentielle… Mais où est le différence ?
                                Maurice-Ruben HAYOUN*
    *philosophe, écrivain.

     

  • ALAIN DIECKHOFF (DIR) L’ETAT D’ISRAEL. PARIS, FAYARD, LES GRANDES ETUDES INTERNATIONALES. 2008 600 PAGES.

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    ALAIN DIECKHOFF (DIR) L’ETAT D’ISRAEL. PARIS, FAYARD, LES GRANDES ETUDES INTERNATIONALES. 2008  600 PAGES.
        C’est un véritable tour de force qu’a réussi le directeur de cet ouvrage en mobilisant tant de contributions de qualité qui couvrent le devenir de l’Etat d’Israël depuis sa création jusqu’au soixantième anniversaire dont les festivités se poursuivirent encore durant tout ce mois de juin 2008.  Presque rien n’est omis, en tout cas rien d’important, les articles sont rédigés dans un style élégant et sombre, même si certaines redites d’une contribution à l’autre étaient inévitables. Enfin, l’étendue du spectre politique fait que cet ouvrage, rédigé avec une évidente bienveillance, ne sombre cependant dans aucun parti pris. Il renseigne sur les faits, explique les événements en les situant dans leur contexte mais n’émet guère de jugement de valeur .
        Quand on parcourt l’ouvrage de bout en bout, la première impression qui s’impose au lecteur est bien le caractère miraculeux de la survie d’Israël, encerclé par tant d’ennemis implacables qui s’étaient juré sa perte et n’entendaient nullement transiger le concernant. Une personnalité charismatique se détache de toutes les autres, celle de David Ben Gourion, qui éclipsa aussi bien Théodore Herzl que Haïm Weizmann. Le petit homme à la chevelure léonine, ce qui lui valut le surnom de «vieux lion», s’avéra un homme d’Etat, un homme à poigne, ne reculant devant aucune défaite, solidement installé à la barre de ce qui était devenir le nouvel Etat juif depuis la destruction de Jérusalem par Titus en  68/70. Herzl, dans son Etat des Juifs (Judentstaat) s’était contenté (si je puis dire) de prophétiser l’avènement d’une telle entité, la traduction concrète de cet esprit visionnaire échut à Ben Gourion. Animé d’une vision et porteur d’un projet, c’est lui qui sut réagir tant à l’occupation britannique qu’aux invasions des armées arabes, peu après la proclamation de l’Etat juif.  Son ancien assistant et homme de confiance Shim’on Péréts a dit de lui qu’il n’hésitait jamais lorsqu’il fallait trancher. Pour lui, gouverner, c’était trancher (le-hanhig pérusho le-hakhriya’).
        Lorsque cet homme mit sur pied l’Etat d’Israël, il eut la sagesse de ne pas ostraciser les éléments religieux au sein du nouveau commonwealth : qui aurait accepté que les rabbins et les religieux fussent marginalisés dans leur propre Etat, même si, pour des raisons théologiques, certains partis irascibles mirent un bout de temps à le reconnaître ? Il signa donc une sorte de concordat qui ne disait pas son nom avec les religieux, ce qui, par voie de conséquence, privait l’Etat d’une Constitution digne de ce nom. C’est seulement après que la Knését a, en quelque sorte, empilé  trois ou quatre lois fondamentales, les unes sur les autres, afin de pallier ce manque. L’article dédié à ce sujet ne remplit pas vraiment la promesse qu’on en attendait. Il exigeait plus de densité, plus de maîtrise du sujet, mais se contente de résumer des idées bien connues. Or, ce sujet est crucial et renseigne au mieux sur les crispations actuelles ou à venir de l’Etat.
        Au fond, le jeune Etat aurait pu être tout autre chose qu’une démocratie parlementaire à l’anglaise et pourtant c’est sans hésitation la voie qui fut choisie. Certes, la démocratie israélienne avec ses revirements, ses chamailleries incessantes et sa  corruption presque endémique (la lecture de la presse israélienne est sidérante sur ce point précis) n’est pas un exemple à suivre en tout point, mais elle a le mérite d’exister alors que ses racines proviennent toutes de la vie diasporique. Remarquable est le chapitre consacré à la Cour suprême, une instance judiciaire parfois taxée d’activisme et qui se rendit célèbre par certains arrêts, plutôt inattendus et qui suscitèrent de différents gouvernements… par exemple donner raison à un citoyen arabe israélien, qui s’était porté acquéreur d’un terrain dans un lotissement commercialisé par l’Agence Juive. Econduit, le Palestinien en question se tourna alors vers l’instance judiciaire suprême qui lui donna raison dans les principes. L’arrêt de la Cour ne fut pas suivi d’effet car cela aurait gravement porté atteinte à la politique du sionisme en tant que tel.
        Même une société à majorité juive peut avoir des problèmes d’organisation, de communication ou simplement de vie en commun. La société israélienne ne déroge pas à la règle : il y a d’abord cette indescriptible pluralité, diversité, hétérogénéité qui caractérise la population israélienne. Faire vivre et cohabiter des hommes et des femmes issus de 128 nationalités différentes, astreints de s’exprimer dans la même langue pour se comprendre ! Imaginez de Marocains, des Russes, des Géorgiens qui cohabitent ! Et tout ce petit monde qui reprend chez ses voisins les choses les plus savoureuses ou les plus cocasses… Et nous laissons de côté le million deux cent milles arabes israéliens, qui, eux aussi, s’expriment dans un hébreu succulent, entrelardé de termes arabes… Il y a aussi les quelques centaines de milliers de travailleurs immigrés asiatiques venus remplacer les Palestiniens devenus peu fiables en raison de leur dangerosité terroriste. Ce qui est un peu injuste car la plupart d’entre eux ont besoin de se rendre en Israël afin de nourrir leurs familles.  Même l’Etat qui se dit juif par principe doit accepter un minimum de cosmopolitisme et de mondialisation.
        Le véritable creuset de la société israélienne, c’est Tsahal, véritable laboratoire où s’élaborent le portrait et le caractère du juif de demain. Les jeunes Russes, jadis soviétiques, se fondent avec aisance dans ce nouveau moule et servent leur nouveau pays avec un étonnant dévouement. Quiconque veut apprendre le russe hors de Russie doit se rendre en Israélien où un citoyen sur six parle la langue de Lénine : en moins d’une décennie, Israël a pu absorber et intégrer plus d’un millions de juifs soviétiques. J’ai pu assister il y a quelques jours à un spectacle étonnant dans le su d’Israël : une table de Bédouins parlant arabe, leurs femmes assises à une distance respectueuses de leurs époux, et à moins d’un demi mètre, un large rassemblement de juifs russes ne parlant que leur langue natale… Deux mondes qui cohabitent en s’ignorant. Un Bédouin avec une bonne tête se tourne vers ses amis et leur dit en arabe : ces Juifs, ils vont venir des juifs du monde entier ici (al-yahoud ygibbou le-houn yahoud min kol al alam). Il devrait savoir que c’est la définition même du… sionisme.
        La partie de cet ouvrage, consacrée aux questions sociales et économiques, est passionnante ! On  y suit facilement la mutation du pays qui voit fondre sa part d’agriculteurs pour s’enorgueillir d’une couche toujours plus épaisse d’ingénieurs (1,4% de la population active, plus que les USA !) de médecins (les 12000 d’Israël ont vu arriver 10000 collègues de l’ex URSS), l’industrie pharmaceutique qui en peu d’années a multiplié son chiffre d’affaires par… 30 !  L’industrie d’armement qui fait d’Israël le 4e fournisseur d’armes au monde ! C’est une nécessité de survie, mais nous espérons que ce pays illustrera un jour la prophétie d’Isaïe qui veut que l’on bannisse la guerre et transforme épées et javelots en socs de charrues et en serpes… Mais pour cela, Tsahal attend l’accord de ses voisins arabes.
        La place d’Israël au Moyen-Orient, voilà un sujet passionnant même si le thème en soi est plutôt désespérant. Deux pays arabo-musulmans, l’Egypte et la Jordanie, ont signé des traités de paix avec l’Etat juif. Restent le Liban, la Syrie, l’Irak, le Yémen, la Libye, l’Arabie saoudite, le Soudan et tant d’autres. Or la Ligue Arabe compte 22 Etats, c’est dire le chemin qui reste à parcourir. Mais Israël scrute l’avenir avec confiance. La guerre de Kippour avait éloigné de l’Etat hébreu la quais totalité des Africains qui, depuis, ont presque retrouvé le chemin de Tel Aviv ou de Jérusalem. Avec l’Union Européenne, notamment la Grande Bretagne, la France et l’Allemagne, tout va bien ou presque.
        Sans tomber dans un optimisme béat, nous pouvons dire qu’Israël considère l’avenir avec confiance. Il faut remercier Alain Dieckhoff pour ses excellentes notes, ses très bons articles, si éclairants et si instructifs. Un livre de référence à acquérir absolument : 30 € pour 600 pages !600