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  • NICOLAS SARKOZY UN LÈVE-TÔT…

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    NICOLAS SARKOZY UN LÈVE-TÔT…
        La nuit a été très courte pour le Président de la République… Levé dès 4 heures du matin, il se rendit vers 5 heures au marché d’Intérêt national pour rencontrer ceux qui se lèvent tôt et travaillent. Après ce passage sur place, il a donné une interview sur une grande station  de radio périphérique pour annoncer de nouvelles mesures, notamment de soutien aux consommateurs. Il s’est aussi occupé d’une ligne du RER particulièrement empruntée chaque jour : près d’un million de voyageurs…
        On peut s’interroger sur cet activisme présidentiel ; certains sont même allés jusqu’à dire que le Président qui n’a jamais été Premier Ministre agit comme tel, alors qu’il se trouve à l’Elysée et non à Matignon… Cette remarque est étonnante puisque Nicolas Sarkozy avait maintes fois martelé qu’il serait un président qui gouverne.
        Ce qui frappe en revanche, plus sérieusement, c’est la mentalité des catégories socio-professionnelles touchées par la hausse du prix des carburants : comme si tout les usagers n’étaient pas touchés dans une égale mesure… On est surpris de lire que certains menacent en disant qu’il vont de nouveau bloquer les villes, les aéroports, les routes etc… C’est assez incroyable ! On a l’impression que la mentalité française ne parvient pas à se dépouiller une fois pour toutes de cet esprit frondeur, volontiers contestataire et jamais satisfait. Et parfois violent.
        Loin de moi l’idée de nier les réelles difficultés que rencontrent tant de nos concitoyens de France mais aussi d’Europe (Italie, Espagne, Portugal, ) et qu’il faut aider absolument. Dans le cadre de la loi et de la réglementation européenne. Mais tout de même : doit-on briser les abris bus, dévaliser les rayons de poissons des supermarchés, occuper les péages d’autoroutes… Bref, on ne parvient pas à changer la mentalité des gens.
        Finissons sur une note poétique : Charles Baudelaire, le poète maudit, disait, dans son désespoir face à la nature humaine, ceci : le cœur des villes change plus vite que le cœur des hommes. C’est l’opposition entre les cœurs de pierre et les cœurs de chair… Mais restons optimistes et continuons de croire en l’homme.
       
       
     

  • LA NOSTALGIE DES JUIFS DE TUNISIE…

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    LA NOSTALGIE DES JUIFS DE TUNISIE…
        Sous la plume de Madame Florence Beaugé, le journal Le Monde de ce Week end consacre toute une page (la page 3) au pèlerinage qu’effectuent les juifs de Tunisie, chaque année, à la fin de ce mois de mai, dans une synagogue fétiche, réputée la plus ancienne d’Afrique, la synagogue dite la Ghriba de Djerba… La traduction de ce terme arabe veut dire l’Etrangère ou l’Esseulée…
        On lit dans cette page la nostalgie de ces juifs originaires de Tunisie qui n’oublient pas le pays qu’ils durent quitter lorsqu’ils se sentirent «indésirables», notamment à la veille de la guerre des six jours.  On pensera ce que l’on voudra de ce retour aux sources, il n’en est pas moins irrépressible et impérieux. Alors pourquoi ces hommes, ces femmes et ces enfants se rendent-ils sur lieu qui fut d’ailleurs le théâtre d’un attentat sanglant qui coûta la vie à plus d’une dizaine de touristes allemands ?
        Comme toujours, c’est la légende, qu’il ne faut jamais bannir, qui explique cette renommée : dans cette synagogue miraculeuse que certains affabulateurs font remonter à l’époque prétalmudique les prières des orants et des orantes sont toujours exaucées. Je sais que c’est la foi qui sauve. Mais il faut écouter ces femmes (surtout elles !) dire que les prières de la Ghriba leur ont fait rencontrer l’âme sœur, les ont rendues enceintes, ont guéri leurs parents atteints d’un cancer ou d’une autre maladie grave.
        Mais ce qui plaît par dessus tout à ces nostalgiques juifs, c’est de fouler le sol de leurs ancêtres, nés et morts sur cette terre tunisienne… Un esprit rassis dirait que, d’un point de vue géo-politique, la Tunisie a tout intérêt à donner d’elle cette image de terre d’accueil, de terre de tolérance, d’hospitalité et de fraternité. Derrière ce supposé calcul politique, il y aussi une grande chaleur humaine.
    Et par les temps qui courent, ceci est crucial entre Juifs et Arabes musulmans.

  • MAI 68 ET l’Eglise CATHOLIQUE

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      MAI 68 ET l’Eglise CATHOLIQUE
        Dans un très bon article du journal Le Monde, brillamment écrit et bien documenté, notre ami Henri Tincq, évoquait l’impact de mai 68 sur l’église catholique. Et il citait René Raymond, le grand historien catholique et membre de l’Académie Française, qui disait que les événements de l’époque avaient fait trois victimes (au moins) : l’autorité en général, la parti communiste et … l’église catholique ! Cette trinité ou cette trilogie peut étonner et pourtant elle reflète la profonde sagacité du grand historien.
        Pilier de nos institutions, même si l’influence qu’elle exerce est incolore ou inodore, l’église catholique a été la cible de bien des attaques, y compris de la part de certains clercs et de prêtres qui avaient fait leurs vœux mais qui ne purent rester au sein d’un système qui restait sourd à des revendications apparemment irrésistibles : l’importance pour l’âme humaine d’avoir une sorte de religion privée, individualisée, non codifiée, sans formulation liturgique fixée  une fois pour toutes ; la volonté de certains prêtres de pouvoir opter pour le célibat ou d’avoir une vie affective et enfin la sexualité qui, on se le rappelle, fut l’axe central des revendications libertaires des étudiants.
        Et où en sommes nous, quarante ans plus tard ? L’église (Dieu merci, est toujours là) même si elle est affaiblie et que la crise des vocations est perceptible, après avoir été enrayée. Les religions sectaires, c’est-à-dire ces  petites religions concoctées à la va vite ont toutes disparu et enfin toutes les réformes ardemment souhaitées par les uns et les autres se sont comme évanouies…
        C’est un peu triste mais c’est ainsi. Des institutions vieilles de plus de deux mille ans ne disparaissent pas comme cela, et des nouvelles formations avides de les remplacer ne tiennent pas la route longtemps. Cela fait penser à ces jeunes qui faisaient de la E-économie et entendaient racheter les grosses boîtes… Un an ou presque après l’embellie, les télévisions nous montraient leurs bureaux déserts avec des téléphones débranchés et des comptes bancaires au rouge dans tous les établissements qui y avaient pourtant cru … C’est souvent breau la révolution, mais cela ne tient pas…

     

  • L'affaire d'Outreau: la justice en question

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    L’affaire d’Outreau

    Trois ans avant sa mort et au terme d'une vie bien remplie, Ernest Renan écrivait, en guise d'introduction à son Examen de conscience philosophique (1889), les lignes suivantes :
    «   La production de la vérité est un phénomène objectif, étranger au moi, qui se passe en nous sans nous, une sorte de précipité chimique que nous devons nous contenter de regarder avec curiosité. »

    La quête de vérité gît au fondement même de toute volonté d'équité. Le séisme d'Outreau, aux conséquences si lourdes, montre combien on s'est écarté, volontairement ou pas, de l'impératif catégorique de la justice : identifier et punir les coupables, en épargnant les innocents.
     

     

                        L’affaire d’Outreau

    Trois ans avant sa mort et au terme d'une vie bien remplie, Ernest Renan écrivait, en guise d'introduction à son Examen de conscience philosophique (1889), les lignes suivantes :
    «   La production de la vérité est un phénomène objectif, étranger au moi, qui se passe en nous sans nous, une sorte de précipité chimique que nous devons nous contenter de regarder avec curiosité. »

    La quête de vérité gît au fondement même de toute volonté d'équité. Le séisme d'Outreau, aux conséquences si lourdes, montre combien on s'est écarté, volontairement ou pas, de l'impératif catégorique de la justice : identifier et punir les coupables, en épargnant les innocents.

    Or, existe-t-il un domaine où la découverte de la vérité est plus cruciale, plus vitale que le domaine judiciaire ? Certes, non. Mais qui est en charge de cette redoutable recherche sinon un être humain qui nous ressemble en tout point mais que ses fonctions investissent d'un pouvoir redoutable ?  Le juge d'instruction.

    En dépit de mises en cause à la fois massives graves et récurrentes de quelques magistrat, il convient, pour élever le débat, de s'interroger sur toutes les circonstances qui ont rendu possible cette énorme erreur judiciaire (onze personnes injustement détenues pendant des années) et de replacer le fonctionnement de la justice dans son véritable contexte, celui de la société contemporaine.

    Par-delà les erreurs manifestes (et j'en veux pour preuve le cas de ce jeune détenu qui induit délibérément en erreur le juge en le lançant sur les traces d'un cadavre imaginaire…), on ne saurait concentrer toutes les critiques sur un seul individu, même si son rôle dans ce naufrage judiciaire est incontournable.

    On ne rend pas la justice dans un espace éthérique ni en vase clos. Il existe des facteurs extérieurs qui déterminent, qu'on le veuille ou non, le prononcé de tel verdict ou de tel autre. Quand une société, accablée de mille maux et vacillant sur ses fondements, est ébranlée par des scandales de pédophilie, de meurtres en série, de séquestrations d'enfants et de crimes de toutes sortes, la pression des media et de l'opinion est si forte que nul ne peut, en définitive, se soustraire à l'esprit de son temps.

    Pourquoi formuler une telle exigence à l'endroit exclusif des juges ?  Faudrait-il leur interdire la lecture des journaux, l'audition des radios et  des programmes télévisuels ? L’évidence s’impose à tous : Dans le verdict d'un juge se reflète nécessairement un certain état de nos sociétés.

    Or, que voyons-nous ? Une démission générale de toutes les sources traditionnelles d'autorité qui sont soit systématiquement attaquées soit littéralement niées : familles, écoles, églises, sociétés philosophiques, aucune institution ne résiste à cette déferlante qui atteint nos sociétés dans leurs fondements mêmes. Plus rien, ou presque, n’a de sens.

    Comment s'étonner, dès lors, de l'embrasement de nos banlieues puisque la cellule familiale, berceau indispensable de la pensée et première éducatrice des enfants, si tous les modèles, tous les paradigmes sont réduits à néant. Aux côtés de ce nihilisme qui ne veut pas dire son nom, on perçoit l'émergence d'un véritable anitinomisme, une attitude qui consiste à nier frontalement toute idée de loi.  Or cette même loi  se veut à la sage et pérenne : c’est la sagesse du législateur qui lui confère cette pérennité puisqu’elle ambitionne de fonder en droit l’équité. Depuis quelques années déjà,  les majorités parlementaires varient dans leur choix fondamentaux en fonction d’une opinion publique, d’une vox populi, nécessairement versatile mais propre à déterminer, lors des prochaines consultations, la réélection ou la défaite des parlementaires… Ceci explique bien des choses : les mêmes qui se plaignent de l’insécurité croissante et réclament une répression accrue (en l’occurrence la généralisation, par exemple, de la détention provisoire) s’émeuvent des conditions de celle-ci  et étalent leur indignation lorsque la justice commet des faux pas comme celui d’Outreau…

     Est-ce la bonne méthode ? Si les parents ont perdu tout prestige aux yeux de leurs enfants et que ces derniers se cherchent désespérément d'autres modèles qu’ils ne trouvent plus, comme jadis, à la maison ou dans leur environnement immédiat, comment leur transmettre ces quelques valeurs qui ne se transmettent –originellement- que de père à fils et de mère à fille ?
    A la base de la profonde crise actuelle que nous traversons se trouve une incertitude qui affecte gravement tous les secteurs de la vie sociale, ce qui nous conduit immanquablement à la préparation des magistrats. Or, les juges eux-mêmes reçoivent une formation juridique qui ne les arme pas suffisamment bien pour affronter les situations auxquelles ils seront confrontés. On a souvent pointé du doigt la jeunesse (c'est-à-dire l'inexpérience) du juge, ce qui n’est  pas la  plus invraisemblable des hypothèses… 


    On a pu lire dans les colonnes du journal Le Monde les belles et émouvantes déclarations du magistrat le plus gradé de France, Guy Canivet, aujourd’hui membre du Conseil Constitutionnel, évoquant une justice rendue, «les mains tremblantes» et recommandant de voir en le justiciable «son prochain». Ce sont des paroles frappées au coin du bon sens et empreintes d'une humanité profonde. Est-ce si difficile à concevoir, à mettre en pratique ?

    De toutes parts des voix s'élèvent pour réclamer une refonte totale des procédures pénales  Cette exigence est parfaitement fondée et l'on ne peut que s'étonner de l'étonnement des parlementaires découvrant l'application concrète des lois qu'ils ont mêmes votées : la brutalité des perquisitions matinales, le transfèrement des gardés à vue et leurs interrogatoires pratiqués parfois  sans ménagement.

    On ne fermera probablement pas le dossier d’Outreau en se servant d’un bouc émissaire, voué aux gémonies car chargé de tous nos péchés. C’est à un examen de conscience (comme l’écrivait Renan il y a plus d’un siècle) que nous sommes tous conviés. Et d’abord en se disant que cela peut arriver à n’importe qui, qu’il faut être prudent lorsqu’il y va de la vie et de la liberté d’un être humain. Et au-delà de l’institution judiciaire qui a visiblement connu des dysfonctionnements, il y a les grands moyens d’information qui  ont involontairement prêté la main à ce déni de justice en gavant leurs lecteurs en quête d’émotions rares…

    Ici-bas,  nul n’est infaillible. Nous devons donc aider les magistrats à mieux faire leur travail : notre démocratie en dépend. 






     




     

  • LA REFOEME CONSTITUTIONNELLE EN FRANCE : UNE CHANCE POUR CHANGER LA POLITIQUE

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    LA REFOEME CONSTITUTIONNELLE EN FRANCE : UNE CHANCE POUR CHANGER LA POLITIQUE
        Et si pour une fois le bon sens l’emportait dans ce pays ? La tribune signée par 17 députés socialistes français dans le Monde d’hier laisse entrevoir une issue heureuse pour l’adoption de la réforme de la Constitution qui requiert une majorité des 3/5e.
        On comprend les luttes partisanes qui sont de bonne guerre, mais on comprend beaucoup moins les marchandages ou les tentatives de faire monter les enchères. Les modifications apportées transformeront la vie politique du pays et représenteront une réelle avancée démocratique, si on avait la bonne idée d’adopter définitivement le projet.
        Je pense à la limitation du mandat présidentiel, au référendum d’initiative populaire etc… Pour un peuple assez actif, un demi siècle sans changer, c’est trop. Or la constitution de 1958 a tout juste un demi siècle. Il était temps de l’adapter au temps qui passe.
        Mais laissez moi former quelques vœux qui, je l’espère, ne seront pas des vœux pieux : il faut réconcilier les Français avec la politique, leur montrer qu’il faut s’engager, mais pour cela il faut réformer les mœurs de la classe politique qui, une fois en poste, ne rend plus de comptes et n’en fait qu’à sa tête. Il faut de l’ambition, de l’émulation, de la persévérance, mais il ne faut pas être prêt à tout pour arriver. Il faut savoir qu’une fois, entamée, une carrière politique doit penser à son arrêt : retourner dans sa profession, dans son corps d’origine, ou à ses affaires. C’est plus sain. Et c’est mieux pour tout le monde.
     

  • DES TRACTATIONS ISRAELO-SYRIENNES ?

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    DES TRACTATIONS ISRAELO-SYRIENNES ?
        Les services du Premier Ministre israélien Ehud Olmert ont fait savoir que des pourparlers de paix avec la Syrie se tenaient depuis près d’un an sous l’égide des Turcs. Comment interpréter cette annonce et quelle portée est-elle censée avoir ?
        Depuis quelque temps, on pouvait discerner un certain mouvement du côté syrien. Certes, ce régime est aux abois et n’est guère fiable. Mais un certain énervement était perceptible du côté du Hezbollah, et du côté iranien à la fois, laissait présager quelques revirement, même si avec un tel régime rien n’est jamais acquis une fois pour toute.
        Du côté israélien, l’affaiblissement de M. Olmert est tel que l’on peut se demander s’il ne s’agit pas d’une diversion pure et simple ; chaque jour qui passe apporte un nouveau sujet d’inculpation du premier ministre en exercice, lequel doit, demain vendredi, être interrogé par la police judiciaire de son pays… Ce sera la deuxième fois en dix jours, et les spéculations sur son éventuel retrait vont bon train…
        M. Bernarad Kouchner s’est rendu en Israël pour s’informer de ce qui se passe entre Israël et la Syrie, mais aussi entre l’Etat juif et les Palestiniens. De son côté, le Hamas a organisé un sanglant attentat-suicide au terminal d’Eréz… tout en cherchant à négocier avec Israël qu’il jure ne pas vouloir reconnaître malgré tout…
        Comment s’y retrouver ? Israël qui négocie avec son voisin syrien dont il exige un véritable renversement d’alliances (tourner le dos au Herzbollah libanais, à l’Iran, au Hamas) ; Le Hamas lui-même qui exige la levée du blocus de Gaza…
    Enfin, le futur président libanais qui sera élu dimanche qui affirme que le Liban n’a qu’un seul ennemi, Israël,… mais que pense le Premier Ministre libanais Fouad Siniora, allié des USA et des Occidentaux ?
    En disant que l’Orient était compliqué, le Général de Gaulle était en dessous de la vérité, bien en dessous…

  • LA PAIX AU LIBAN ?

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    LA PAIX AU LIBAN ?
        La bonne nouvelle d’un règlement de la crise libanaise laisse subsister plus de zones d’ombre qu’elle ne résout de problèmes. Assurément, tout un chacun souhaite du fond du cœur à ce petit pays si meurtri la paix, la sérénité et la prospérité. Mais il faut être réaliste et analyser avec froideur et rigueur les résultats obtenus.
        Le Hezbollah a obtenu tout ce qu’il voulait : la fameuse minorité de blocage ainsi qu’une re connaissance (au moins arabe) du rôle prépondérant qu’il entend au Liban. Nous doutons qu’il s’arrête en si bon chemin. Il a escamoté la question de son désarmement pourtant expressément votée par une motion de l’ONU. Reste le procès des commanditaires de l’assassinat du Premier Ministre Rafic Hariri, le rôle de la Syrie, les fournitures d’armes clandestines par l’Iran à son protégé libanais etc…
        Enfin, ce règlement se veut exclusivement arabe, c’est-à-dire que les Occidentaux, alliés traditionnels du Liban, c’est-à-dire les USA et la France, ne jouent plus aucun rôle. Ces deux pays, ne l’oublions pas, avaient, par le passé obtenu l’évacuation du Liban par la Syrie, sans tirer un seul coup de fusil…
        Mais en dépit de toutes ces interrogations, il faut espérer que cette trêve tiendra et que le Liban connaîtra enfin la paix à laquelle il aspire depuis tant d’années. Attendons et espérons.

  • LE PHILOSOPHE ET LE THEOLOGIEN : DEUX POINTS DE VUE SUR LA CITE MUSULMANE AL-GHZALI (OB. 1111) ET AVEROOES (OB.1196)

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      LE PHILOSOPHE ET LE THEOLOGIEN : DEUX POINTS DE VUE SUR LA CITE MUSULMANE AL-GHZALI (OB. 1111) ET AVEROOES (OB.1196)

    L’ouvrage d’Avital Wohlman, intitulé, Contrepoint entre le sens commun et la philosophie en islam (Paris, Cerf, 2008) a l’avantage de relancer le débat sur un point fondamental de la spiritualité musulmane : quelle est la place impartie à la philosophie dans le système de la croyance, quelle est celle accordée à l’autre qui croit autrement? Et comment s’articule dans cette tradition religieuse, la relation à un bien culturel ou intellectuel d’autre provenance ? En l’occurrence, la philosophie. Au fond, la question que se posaient les deux penseurs est la suivante : qu’est-ce qu’un bon musulman ?
    En s’attachant au débat qui opposa au cours du Moyen Age deux représentants de la pensée arabo-musulmane, l’un partisan de l’apport gréco-musulman, l’autre son farouche opposant et son implacable censeur, l’auteur  contribue à une problématique  qui connaît des prolongements parfaitement actuels. Certaines parties du livre (dont on ignore de quelle langue il a été traduit : l’hébreu ou l’anglais ?) sont plus alertes que d’autres, même si on se rend bien compte que l’auteur a surtout eu recours à des versions anglaises des sources musulmanes. Ceci crée des problèmes de compréhension sur lesquels on reviendra succinctement à la fin.
    On pourra dire que la mise bout à bout de ces deux penseurs de l’islam médiéval s’apparente fort à l’étude d’un contraste. Nous n’apprenons pas grand chose de nouveau quant aux faits, mais l’auteur développe –et c’est l’essentiel- une thèse fort subtile sur le fondement croyant (mais non fidéiste) d’Averroès qui paraît bien avoir remodelé en quelque sorte son approche d’Aristote et de l’intelligence de son système philosophique en ménageant, à sa manière, une place à une sorte de Créateur, de formateur de l’univers que si trouve nommé ici l’Artisan.
    Originaire de Tus en Iran, Al-Ghazali était le recteur respecté de la Nizzamiya de Bagdad de 1091 à 1095, date à laquelle il présente sa démission et est remplacé par son frère. Commence alors pour ce théologien de sensibilité soufie une dizaine d’années d’errances entrecoupées de méditations, de retraites et d’études. Concerné par la diffusion des idées philosophiques en islam, il aura à cœur de réduire à néant ce que les historiens nommeront le legs gréco-musulman, c’est-à-dire ce vaste effort interprétatif de la philosophie grecque traduite et commentée en arabe durant le Moyen Age. Al-Ghzaali et Averroès sont d’accord sur la grande valeur de leur livre révélé mais divergent sur un point essentiel : quel est le bon critère de lecture et d’interprétation de cette révélation ?  En d’autres termes, quel type d’herméneutique faut-il pour y parvenir ? Al-Ghazali s’en prend, lui, aux orgueilleux et aux prétentieux qui prétendent s’en remettre à leur raison pour les aider, alors qu’ils devraient, selon lui, être au fait de ses limites et se soumettre au sens commun ; Averroès, pour sa part, stigmatisera cette attitude assimilée à une déplorable indigence intellectuelle. La philosophie peut seule nous permettre d’accéder à une excellente intelligence du texte révélé. Et là, l’auteur du présent ouvrage se livre à de sagaces analyses montrant un Averroès croyant sincère et fidèle adepte de sa religion puisque, même en interprétant sa source grecque, Aristote, il s’ingénie à trouver une place pour un Dieu créateur. Mais Averroès est conscient que tous ne sauraient parvenir à un tel niveau, c’est pourquoi il recommande, comme le fit Maimonide dans son Guide des égarés, de ne pas permettre l’accès de ses livres aux non-philosophes.
    Mais Al-Ghazali n’était pas un ignorant en matière de philosophie ; il avait bien étudié Avicenne dont au moins une affirmation suscitait en lui un profond rejet : la logique, disait le grand maître persan, est comme Dieu puisqu’elle permet d’accéder à la métaphysique, c’est-à-dire à la vérité. C’est son Danesh nameh qui servit de base aux Intentions des philosophes du théologien. Ce dernier s’était juré de détruire les systèmes des philosophes dans un écrit intitulé Destruction des philosophes, mais auparavant, pour montrer qu’il savait de quoi il parlait, il rédigea cet opuscule où il résuma les doctrines qu’il voulait   pulvériser. Incarnation vivante de la foi, Al-Ghazali croit bon de glorifier l’accord qui unit selon lui , l’ensemble des théologiens, alors que la philosophie est controversée par ses propres tenants. C’est très probablement cette violente dénonciation de l’orgueil humain qui trouverait refuge dans la science (cette remarque faite quelques siècles avant Pascal) qui poussa le théologien à renoncer aux honneurs attachés à sa fonction de recteur d’académie…
    La volonté de Dieu (irada) est absolument libre, c’est par elle qu’il a créé l’univers,  le temps et l’espace. Dieu est l’acteur absolu, le seul agent qui soit, le seul à pouvoir mériter cette appellation puisque son agir n’est suspendu à rien d’extérieur à lui.  Et nul ne pouvait le connaître en lui-même tel qu’il peut lui, s’auto-intelliger. Al-Ghazali n’est pas parvenu à ce résultat par un raisonnement mais bien par une intuition produite par un très profond examen de conscience (muhasabat al-nafs), une expression qui ressemble comme une sœur jumelle à l’expression hébraïque qui signifie la même chose, heshbon ha-néfésh. C’est cette foi vivante, chevillée au corps, qui poussa al-Ghazali à écrire son ouvrage au titre évocateur, La revivification des sciences de la religion (Ihya ‘ulum a-din)
    Mais pour ce saint homme, le juif comme le chrétien sont des incroyants puisqu’ils n’adhèrent pas à la foi musulmane. Dans sa passion ou son aveuglement (comme le dira Averroès, près d’un siècle plus tard), Al-Ghazali va jusqu’à traiter d’hypocrites ceux qui se donnent pour des philosophes croyants mais qui, en réalité,  avancent voilés pour tromper les adeptes authentiques… Il dresse donc un ensemble de points servant de critère décisif pour départager le bon grain de l’ivraie.
    A l’autre extrémité du spectre, Averroès est, lui, intimement convaincu du lien existant entre la révélation et la philosophie. Comment, se demande-t-il, trouver la bonne approche pour interpréter correctement la parole divine ? Comment distinguer l’affirmation simple, l’image, la métaphore, la métonymie, bref tous les procédés littéraires dont s’est servie la révélation pour parvenir jusqu’à nous ? Seule la boussole philosophique peut nous y aider.
    Les pages les plus fortes du livre de Madame Wohlman  se lisent dans son explication des retouches apportées par Averroès à la physique et la métaphysique d’Aristote.  Tout tourne ici autour de la notion d’Artisan (en fait Créateur) de matière première et de volonté divine.  On se souvient que l’historiographie européenne avait produit, grâce à Renan, un Averroès incroyant, avançant masqué… Certains averroïstes latins comme Siger de Brabant et quelques autres (voir le livre de mon maître Georges Vajda, Isaac Albalag, averroïste juif… Vrin, 1962 ; la partie sur les averroïstes latins) ont créé cette curieuse théorie de la double vérité qui n’a jamais effleuré l’esprit du grand commentateur cordouan (je pense ce en quoi je ne crois pas et je crois en ce que je ne  pense pas…)
    Tant dans ses commentaires de la Physique que de la Métaphysique d’Aristote, Averroès a précisé certaines notions du philosophe grec, par exemple l’idée de matière première, de Premier Moteur et de non-être. Ces points nodaux sont d’une importance cruciale pour tout commentateur ou interprète soucieux de rapprocher la religion de la philosophie. Aristote a parlé d’un Premier Moteur, immatériel et immobile qui met en mouvement un univers en dehors duquel il se trouve. Averroès admet, certes, que le temps et le mouvement sont éternels, donc incréés, et que par conséquent, l’univers, effet d’une Cause éternelle, ne peut qu’être éternel, mais éternel ne veut pas incréé… Il parle aussi du dessein divin, c’est-à-dire de l’intention divine qui a conçu, à sa façon, l’adventicité de l’univers, non point comme se la représente le vulgaire mais comme la conçoit le Sage, à savoir comme l’effet éternel d’une Cause éternelle… Averroès achève son long commentaire du livre Lambda de la Métaphysique par cette phrase qui est tout sauf fidéiste : la nature procède comme l’art…
    Que devons nous entendre par la matière première ? Une matière qui, en réalité, n’a aucune forme concrète mais est disposée pour cette raison à les recevoir toutes… Cette définition est cruciale pour la problématique de l’adventicité ou l’éternité de l’univers. Si l’on dit, d’un point de vue religieux, que l’univers est passé du non-être à l’être, que veut dire cette première notion ? Averroès en distingue trois significations : le néant pur, si pur que même la pensée n’a pas prise sur lui, la privation de toute forme et c’est le cas de la matière première qui n’existe donc pas concrètement  et enfin, la chose en puissance qui n’existe qu’après avoir été actuée (passage à l’acte).
    Averroès est très attentif aux modes de génération des êtres selon Aristote et il prend bonne note de cette phrase du Stagirite : les êtres naissent soit de l’art, soit de la nature soit de la fortune, soit du hasard… Ce qui laisse un peu de place pour la libre volonté créatrice de Dieu.  Madame Wohlman écrit : on comprendra dès lors que c’est grâce à sa foi dans l’existence tout autre de l’artisan divin qu’Averroès croit compléter la vision rationnelle qu’Aristote avait du monde. ( p 115)
    Et Dieu ?  Averroès suit Aristote qui parle du Premier Moteur comme de la pensée qui se pense. De cet être immatériel, intellect suprême, faisant partie de l’économie générale de l’univers, Averroès veut faire un intellect qui produit l’univers par son intellection. Mais cette intellection n‘est pas quelque chose de mécanique, elle est dotée d’une forme de volonté. Mais que signifie la pensée qui se pense ? C’est une auto-intellection par laquelle le Premier Moteur ou Dieu, en se pensant, pense tous les êtres existants sous la forme la plus éminente qui soit, c’est-à-dire telles qu’elles existent e n lui…
    Al-Ghazali ne pouvait guère souscrire à une telle représentation : pour lui, le sens commun du simple croyant est infiniment supérieur aux subtilités des philosophes lesquels sont de véritables zanadika, sorte d’hypocrites qui détruisent le consensus entre musulmans sincèrement croyants.
    Madame Wohlman a écrit un livre stimulant dont certaines maladresses d’expression et de traduction viennent perturber la lecture et parfois même la compréhension. E.g ; on dit le monde sublunaire, on dit prédiquer de, on dit au principe de cette thèse gît le principe… J’ai écrit un Que sais-je ? sur Averroès et l’averroïsme (PUF, 1991) et il y a quelques phrases de ce livre que je n’ai pu comprendre…  Mais il apporte tout de même quelques aperçus judicieux qu’il convient de méditer.
    En fait, Al-Ghzali et Averroès s’affrontent pour l’établissement d’une identité musulmane religieuse. Quel est le bon musulman ? Question d’actualité.


     

  • POURRONS NOUS ENCORE MANGER DU POISSON ?

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      POURRONS NOUS ENCORE MANGER DU POISSON ?
        Oui, aurons nous encore la possibilité de manger du poisson, cet met si nécessaire à l’équilibre alimentaire des adultes comme des enfants ? Ce ne sont pas les ressources halieutiques qui sont en cause, mais le prix des hydrocarbures, en l’occurrence le gasoil qui a presque doublé ! En effet, les marins pêcheurs vont chercher le poisson en haute mer, ils partent tôt le matin, certains reviennent au soleil couchant, d’autres, disposant d’un plus grand armement, partent pour des semaines…
        On sait que certains d’entre eux bloquent aujourd’hui des ports, voire des raffineries, ce qui est déplorable dans les coutumes sociales françaises. Nous n’avons rien contre les revendications catégorielles, surtout lorsqu’elles sont légitimes comme dans le cas présent, mais on ne devrait pas bloquer les raffineries. Car, demain, pourquoi pas les boulangeries, les pharmacies, pour faire plier un gouvernement quel qu’il soit… Mais passons.
        Le ministre de l’agriculture et de la pêche a pris les choses en main ; il a prévu un plan d’aide de 310 millions d’Euros dont seulement 230 millions ont reçu l’aval de Bruxelles. L’essentiel de cette aide doit contribuer à la modernisation de la flottille. C’est un pas important fait dans la bonne direction.
        Ce qui m’inquiète le plus, c’est le renchérissement du prix du poisson. Certains marchés parisiens vendent la sole aux cent grammes ! Sur la côte normande, à Deauville, une excellente brasserie, réputée pour ses poissons et fruits de mer, propose  la sole à … 45 euros !! Hier soir à Paris, dans un  petit restaurant de bonne qualité où j’ai mes habitudes, le chef est venu s’excuser de proposer la sole à un tel prix, littéralement exorbitant. Nous nous sommes rabattus sur la daurade, tout aussi bonne mais bien plus abordable.
        Mais je relève que si ce phénomène s’amplifie, bien des foyers modestes en seront réduits au poisson pané, ce qui n’est pas acceptable. Et que peuvent faire les gouvernements, quels qu’ils soient, là contre ? Rien.

     

  • LES REFORMES EN FRANCE ; LES OGM ET LA REVISION CONSTITUTIONNELLE

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    Cet après-midi et jusqu’à la fin de la semaine, au moins, si tout se passe comme prévu, les parlementaires français vont débattre de deux réformes importantes : les OGM et la révision de la Constitution.

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