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  • Le soulèvement des Tibétains en Chine et au Tibet

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        Est-il vraiment surprenant de voir les Tibétains, et singulièrement leurs moines, se soulever contre les autorités chinoises, incendier des magasins appartenant aux membres de l'ethnie han et tout détruire sur leur passage? Non point. Si leur peuple et leur culture sont menacés de disparition (évitons le terme de génocide, passablement galvaudé cet an ci et presque démonétisé!) et si leur territoire sert de déversoir aux autres ethnies de Chine…

        Lorsque la Chine avait envahi le Tibet et l'avais intégré à son territoire, les victimes de la répression se comptaient alors par milliers…  Le monde, pris dans des oppositions entre l'est et l'ouest, avait d'autres préoccupations au sein desquelles les pauvres Tibétains pesaient bien peu. Aujourd'hui, la figure emblématique du Dalaï Lama vient changer la donne.

        Comme les jeux olympiques approchent, les chinois seront contraints, qu'ils le veulent ou non, de rectifier un peu leur attitude. Les Tibétains ont compris qu'une telle opportunité ne s'offrirait plus à eux avant très longtemps.

        De leur côté, les autorités chinoises devraient mettre à profit ces incidents graves pour assouplir leur position et voire même démocratiser leur régime. Il ne suffit pas de se montrer conciliant en apparence, il faut l'être ou, à tout le moins, le devenir progressivement. Ce petit peuple demande une autonomie culturelle pour éviter la dépersonnalisation. Qu'on la leur accorde. 

  • Les leçons d'un scrutin

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        La gauche a généralement progressé aux dernières élections municipales en France, mais elle a tout juste amélioré ses résutats de 2001. Les changements intervenus notamment dans des villes comme Toulouse, Strasbourg, Amiens et Périgueux révèlent une certaine inconstance, une impatience des Français qui effectuent ce que les spécialistes nomment le zapping politique. C'est-à-dire: on envoie un président de la République à l'Elysée, on lui donne une majorité parlementaire confortable et ensuite, à la première élection venue, en l'occurrence les municipales, on lui envoie un coup de semonce … Pourquoi? A cause d'une sorte de mécontentement endémique qui affecte les mentalités dans ce pays!

        Là où l'on peut dire qu'il s'agit d'un mouvement d'humeur, c'est qu'en voyant la cote de popularité du Premier Ministre, on se rend bien compte que ce n'est pas la politique de Nicolas Sarkozy qui est critiquée, le premier menant la politique décidée par le second… Alors pourquoi cette sanction? Probablement, parce qu'on a toujours tendance à punir le pouvoir de ce qui ne va pas… Et là, les griefs (réels ou imagianires) abondent: pouvoir d'achat, renchérissement des matières premières, chômage des jeunes, insécurité (même si elle décroît) etc…

        Le président fait bien de ne pas remanier son gouvernement en profondeur et de renforcer le pôle de la communication à l'Elysée…  Il a reçu un mandate de cinq ans. Qu'il les utilise à plein. 

  • Les armées américaines en Irak

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        Depuis quelque temps et malgré le retour de certaines actions terroristes, sanglantes mais limitées, les Américains marquent incontestablement des points en Irak. Le long article, bien présenté et solidement documenté de Patrice Claude dans le Journal Le Monde de cette semaine, le montre. De quoi s'agit-il? 

        Ayant enfin compris que dans l'Orient arabe, tout s'achète et tout se transforme (les alliés d'hier en ennemis de demain et inversement) les USA ont armé des milices sunnites contre al-Qaida et surmonté les réticences des Chi'ites qui regardaient d'un très mauvais œil le retour en grâce de leurs frères ennemis. N'oublions pas que durant le règne de Saddam, les Sunnites (40 % de la population) dominaient le pays et persécutaient leurs frères chi'ites 

        Grâce à cette alliance qui eût été naturelle et eût coulé de source si les Américains, dans leur folie, n'avaient pas dissous l'armée de Saddam et son système sécuritaire, al-Qaida est pratiquement détruite en Irak. Al-Zarqaoui doit se retourner dans sa tombe…

        La main de l'Iran n'est pas absente dans ce gigantesque marchandage. Les USA négocient en cachette avec ce pays dont le président s'est récemment rendu en grande pompe à Bagdad, dépendant ainsi de la protection de l'armée de l'oncle Sam. Absolument inimaginable il y encore peu de temps.

        Dans cette partie de poker menteur, les Iraniens pourraient nous étonner. Derrière les rodomontades de leur président, on perçoit une volonté iranienne, assez démoniaque, de changer d'alliance et de brader des intérêts apparents pour la chose qui le compte le plus; la sécurité de l'Iran et le renforcement de son rôle régional. Et dans ce marchandage, tout peut servir de monnaie d'échange: l'alliance contre nature avec la Syrie baassiste, le soutien au Hezbollah, l'appui accordé au Hamas, l'armement des Chi'ites en Irak et même le sort des soldats israéliens détenus…

        Le général de Gaulle l'avait bien dit: vers l'Orient compliqué, je voguais avec des idées simples… 

  • La Shoah par balles: l'émission de FR3 avec le père Patrick Desbois

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        Absolument insoutenable, cette émission d'horreur sur ce million et demi de juifs tués par balles par les Nazis dans les villes et les villages d'Ukraine. On croit avoir trouvé l'expression la plus terrible, la plus horrible de l'horreur quand un nouveau témoignage, encore plus horrible que les précédents, rouvre ce cycle infernal. Ces prés d'où affleurent des crânes, des tibias, des restes humains…

        Ces payssans, ces villageois ukrainiens, ce prêtre qui, dans son cermon, incite ses frères dans la foi à aider le père Desbois et son équipe en livrant témoignage afin que ces morts sans sépulture ne soient pas oubliés à tout jamais. Nous avons vu la découverte de ce sceau personnel d'une victime juive, découvert dans un charnier, un être conscient de ce qui allait lui arriver ainsi qu'à sa famille, n'a pas voulu quitter cette terre sans laisser un vestige, une séquelle de son passage sur cette terre.

        Les descriptions sont insoutenables: ces fosses qui contiennent plusieurs couches de dépouilles, ce sang qui coule indéfiniment dans la rivière voisine, cette chaux vive dont on recouvre les charniers qui provoque le gonflement des fosses et donc une sorte de remise à nu des cadavres… Et ces milliers de douilles de balles allemandes jonchant les sites d'extermination et signant les innommables forfaits des nazis. Mon Dieu! Comment tout cela a-t-il pu se produire? 

            Les mots n'ont aucun pouvoir évocateur dans de telles conditions, mais tout de même ce témoignage sur une victime anonyme: un enfant d'environ deux ans, arraché à sa mère et tué sous ses yeux en lui fracassant la tête contre un mur, des torrents de sang, du sang, du sang et encore du sang. Mais pourquoi, odnc, Seigneur?

          Cet ecclésiastique, le Père Desbois, redonne vie (pour ainsi dire) à ce million et demi d'hommes, de femmes et d'enfants sauvagement assassinés au motif qu'ils étaient juifs…Grâce à cet homme si juste et si scrupuleux, tout un pan de la Sjoah nous apparaît. Ils ne reviendront pas, ces êtres tués sans pitié aucune, mais évoquer leur souvenir leur redonne forme et consistance. Tihyé nishmatam tséroura bi-tseror ha-hayyim: Que leur âme soit receuillie dans le sachet des vivants…
     

  • Boualem SANSAL, Le village de l'Allemand ou le journal des frères Schiller (Gallimard)

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      Boualem Sansal, Le village de l’Allemand ou le journal des frères Schiller. Paris, Gallimard, 2008.

    Ce roman fera date car il marque une sorte de reconnaissance de la Shoah par une partie arabe ou arabo-musulmane. L’histoire est compliquée au point de paraître invraisemblable : deux frères, issus d’un mariage entre un Allemand converti à l’islam et une algérienne, se retrouvent dans une cité de la banlieu parisienne, chez leur oncle, un ancien combattant de l’Indépendance, un moudjahid. L’aîné réussit très bien, décroche un diplôme d’ingénieur dans la ville de Nantes et se fait embaucher par une société multinationale. Intégré socialement, il épouse la femme des rêves et s’installe dans un charmant pavillon de banlieue. Le frère cadet, le narrateur principal, est tout le contraire : échecs scolaires, petits boulots, ballotté de cités en tribunal et de tribunal en commissariat de police, il découvre un jour son frère, mort dans son garage. L’homme s’est suicidé au terme d’une longue agonie en découvrant la vérité sur leur père qui, de Hans Schiller était devenu Si Mourad…
    Leur père n’était qu’un ancien officier SS, criminel de guerre, recherché par les Alliés, et qui s’était caché dans un bourg perdu d’Algérie, où il sera victime, avec trente-six autres habitants du lieu, d’une bande d’assassins islamistes. C’est en ouvrant une valise de son père que le fils découvre le livret militaire du père, ses décorations, ses citations pour faits d’armes et aussi des photographies où il apparaît sanglé dans l’uniforme noir des SS…
    Avant de se suicider, le fils aîné se lance sur les traces de son père, depuis son village natal en Allemagne jusqu’aux pays occupés par le IIIe Reich et où son père avait servi Hitler. Les camps de concentration et d’extermination, aussi. Chemin faisant, pour se soulager la conscience, il tient un journal intime que son jeune frère se verra remettre après son suicide : l’ingénieur ne peut supporter l’idée que son père n’était qu’un criminel, recherché pour crimes contre l’humanité.
    Toute la trame du livre fait penser à une reconnaissance de la Shoah par des hommes, à moitié arabes et à moitié allemands, qui ne peuvent pas supporter que les imams fanatisés de certaines cités continuent d’attiser la haine contre la France, l’Occident, les Juifs et tout ce qui n’est pas de l’islamisme ou de l’intégrisme. Voici quelques passages frappés du sceau de l’authenticité, provenant d’hommes encore jeunes, écrasés par un fardeau avec lequel ils ne peuvent vivre : Je me suis levé et les bras en l’air, j’ai hurlé : je suis Malrich, fils de Hans Schiller le SS, coupable d’extermination, je porte en moi le plus grand drame du monde, j’en suis le dépositaire et j’ai honte.  Et j’ai peur, et je veux mourir ! J’implore votre aide, on ne m’a rien dit, tout est retombé sur ma tête et je ne sais pas pourquoi. Mon frère s’est suicidé, mes parents et nos voisins ont été assassinés et je ne sais pourquoi ni par qui, je suis seul, seul comme personne au monde.  ( p 187)
    Ou encore, ce cri du cœur qui montre bien que l’humanité est une bien que ses manifestations sont diverses et variées : p 99 : je me suis dit ; si un seul crime demeure impuni sur terre et que le silence l’emporte sur la colère, alors les hommes ne méritent pas de vivre.
    Et cette reconnaissance, enfin, de la Shoah, accompagnée d’un repentir à la fois profond et sincère :
    p 195 : Il n’a pas été à Jérusalem, au Yad Vashem. Si un jour, les moyens le permettent, j’irai pour lui. Et pour moi. Et je lirai tous les noms à haute voix, et à chacun, je demanderai pardon au nom de mon père.
        Un livre vraiment émouvant qui nous renseigne sur ce qui se passe dans nos banlieues, leur idéologie, leur fanatisme mais aussi elur appel et leur espoir. A lire absolument.

                           


     

  • Le premier tour des élections municipales en France

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        Ce premier tour a une nouvelle fois montré l'imprécision des sondages. La vague rose n'a pas eu lieu, mais la gauche effectue une petite percée qui s'explique plus par l'impopularité de la droite que par une adhésion aux idées socialistes…

        Certaines villes comme Toulouse, traditionnellement à droite, pourraient basculer à gauche. Strasbour aussi dont la maire paie une certaine manière de gérer et d'adminsitrer.

        Il faut aussi relever que 14 ministres sur 23 sont élus ou réélus, ce qui montre que nous n'avons pas affaire à un vote rejet ou sanction, mais simplement, comme le veut une bonne vieille mentalité française, à un avertissement sans conséquence.

        Dominique de Villepin le rappelle sur un mode poétique dans son livre Hôtel de l'insomnie (Plon, 2007): la Révolution française n'est pas encore achevée, les Français désavouent généralement ceux pour lesquels ils ont voté 1 ou 2 ans plus tôt… Ils ne comprennent pas que gouverner, diriger le pays, que ce soit à droite ou à gauche, implique l'impopularité. C'est la fameuse loi des deux ans.

        En revanche, les résultats à Paris sont loin d'être ambigus: la candidate UMP n'a pas pu rassembler autour d'elle et le maire sortant est pratqiuement sûr de l'emporter au second tour.

        Il y a fort à parier que la droite va se mobiliser pour limiter les dégâts, tandis que la gauche va aussi probablement contracter des alliances (jadis réputées contre-nature) pour tenter de redorer un blason qui en a bien besoin… 

  • Nathan Weinstock, Une si longue présence: comment le monde arabe a perdu ses juifs (1947-1967)

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       Nathan Weinstock, Une si longue présence. Comment le monde arabe a perdu ses juifs (1947-1967). Paris, Plon, 2007

        Après  cette lecture, on se demande comment cela a pu être possible, oui, comment le monde arabo-musulman a bien pu se vider de ses juifs qui, parfois, vivaient dans ces territoires avant l’arrivée de l’islam… En sept chapitres bien documentés, précédés d’une énergique introduction et  suivis d’annexes très fournies, l’auteur nous fait voyager d’un pays à un autre du Maghreb au Machrek, où le scénario est toujours le même, depuis que ces pays, plus de vingt, ont été islamisés ou arabisés : persécutions, pogroms, conversions forcées, massacres plus ou moins spontanés et enfin, expulsions presque parfaites. Ceci aboutit à ce que de vastes territoires où la présence juive, remontant à des siècles précédant l’ère chrétienne, finissent par être  judenrein.
        L’ouvrage est bien documenté et son auteur fait montre d’une érudition sans failles, même s’il n’est pas un spécialiste de première main de ces questions. A l’instar d’historiens comme Bernard Lewis ou Michel Abitbol. Le monde musulman non originellement arabe n’est pas oublié puisque figurent en tête de l’enquête des pays comme l’Iran, la Turque et l’Afghanistan. La tentation est grande –et hélas passablement justifiée- de donner à tous ces pays, si différents les uns des autres, un dénominateur commun : la haine du juif et une volonté jamais démentie de le bouter hors des limites géographiques de l’oumma al-arabiya…
        L’attitude négative des arabo-musulmans à l’égard des juifs et du judaïsme remonte à ce que l’on nomme le pacte d’Omar (al-ha’d al-omari), un document dont on possède plusieurs versions sensiblement proches et qui placent le juif dans la position peu enviable de dhimmi, c’est-à-dire de citoyen non point de seconde mais de trente-sixième zone : ne pas se montrer meilleur que les musulmans, ne pas se vêtir comme eux, ne pas regarder de trop près une femme musulmane, ne pas employer des serviteurs de cette religion, ne pas monter une monture à l’aide d’une selle, ne jamais porter d’arme, ne pas en voir chez soi, ne pas prier à haute voix ni manifester  bruyamment sa confession religieuse, accepter de recevoir tout voyageur musulman de passage pendant trois jours, etc…
        A intervalles réguliers, les rigueurs de l’intolérance religieuse s’abattent alors sur les habitants juifs  qui ne doivent leur survie qu’à cette sauvegarde, cet aman, que ce fameux pacte inique consent à leur accorder, et encore…  Il serait impossible de faire l’inventaire des vexations, des  mesures discriminatoires et des massacres survenus dans tous ces pays arabo-musulmans. Les racines d’une si tenace haine ne peuvent être que de nature religieuse. On évoque généralement des sources sacrées pour donner un semblant d’existence à de la tolérance, là où il ne s’agit que de l’acceptation de l’autre du bout des lèvres.
        Qu’un soulèvement se profile à l’horizon, qu’un chef de guerre subisse une défaite, que des recrues marocaines se révoltent contre leurs officiers instructeurs français et c’est tout naturellement qu’on va laver l’affront en se jetant sur le Mellah, le ghetto des juifs. Lesquels n’étaient pour rien dans l’affaire… Mais voilà, ce sont des juifs et  personne ne viendra demander des comptes si on les maltraite.
        Avant le renaissance de l’Etat d’Israël, ces Etats arabes avaient près d’un million d’habitants juifs. Aujourd’hui, ils ne sont plus que quelques centaines, sauf, peut-être, au Maroc et en Tunisie, où ils sont respectivement 2500 ou un peu moins de 1500. Dans des pays comme la Libye ou l’Algérie, on n’en compte plus un seul , à part, peût-etre, quelques vieillards esseulés et manquant de tout… Evidemment, le principe d’explication qui vient à l’esprit est le conflit israélo-arabe et la question palestinienne. C’est juste mais cela na suffit pas à tout expliquer.
        M. Weinstock n’omet pas de parler des heurts en Palestine mandataire entre le yishuv et les habitants arabes. Il ne passe pas sous silence les exactions des groupes sionistes extrémistes mais rappelle aussi les massacres commis par les Arabes : e.g. les 70 médecins et infirmières assassinés de sang froid alors qu’ils se rendaient en convois d’ambulance vers l’hôpital Hadassa sur le Mont Scopus… le meurtre de 39 ouvriers juifs de la raffinerie de Haïfa par leurs collègues arabes. Et la liste n’est pas finie…
        Emettons, pour finir, un vœu : que cette paix que nous appelons tous de nos vœx arrive enfin et que toutes ces horreurs ne soient plus que de mauvais souvenirs.

     

  • Les écrivains israéliens au Salon du livre à Paris

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        Fallait-il vraiment s'émouvoir de l'invitation de plusieurs dizaines d'écrivains isréaliens au Salon du livre, comme le font depuis quelques semaines déjà nombre d'écrivains arabes? On reproche aux organisateurs de mettre à l'honneur un pays qui aurait, dit-on, à se reprocher le non-respect des droits de l'homme et une politique violente au Proche Orient…

        Cette attitude unilatéraliste suscite quelques interrogations dont la première est celle-ci; quel rapport existe-t-il entre des écrivains libres (dont certains sont de gauche et adressent des critiques virulentes à leur gouvernement) et la politique d'un Etat souverain, tenu d'asurer la sécurité de ses citoyens?

         Par ailleurs, si on ne dialogue pas avec des gens de culture qui œuvrent pour élargir les perspectives et l'esprit de leurs concitoyens, comment règler les conflits par des moyens pacifiques? 

       Il existe malheureusement une discrépance, un profond fossé entre les parties bélligérantes au Proche Orient. Depuis les accords d'Oslo, accords, certes, imparfaits, mais inimaginables il y a seulement quelques années, on assiste à un changement radical: alors que les ennemis d'hier ne se rencontraient que pour s'entretuer, ils parlent enfin. Au lieu d'approfondir cette voie et de chercher des solutions pacifiques, les radicaux islamistes perpètrent des attentats et veulent aussi interdire le dialogue. Cette erreur est funeste.

       Qu'ils viennent donc exposer leurs vues; celles-ci seront écoutées mais il leur faudra aussi prendre en considération les critiques de leurs contradicteurs. Y sont-ils prêts? Ce n'est pas sûr…
     

  • L'interview du Président Nicolas Sarkozy au Figaro

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        La récente interview du président Sarkozy au journal Le Figaro a le mérite de la clarté. Elle ne marque aucun virage ni aucun revirement. Il n'y aura pas de grand chambardement après les élections municipales, ni de changement de cap. Le Premier Minsitre restera à son poste tandis que les réformes et l'ouverture à gauche se poursuivront. 

        L'impression qui prévaut est que le Président a pris la mesure véritable du pays, qu'il comprend mieux sa nature profonde et tire les leçons de son action à la tête de l'Etat.

           La notion de rupture, si présente au tout début de son mandat, est mieux intégrée dans l'ensemble de l'action du Président: le train des réformes, les changements dans la politique étrangère, la réconciliation avec les Etats Unis,  une bonne maîtrise des flux migratoires, une sécurité des personnes et des biens mieux assurée, bref, tout le programme électoral connaît un très bon début de réalisation.

          Dès cette semain, le Président va recevoir en visite d'Etat le président israélien Shim'on Pérés, ce qui va probablement mécontenter les Etats arabo-musulmans, devenus méfiants par ce qu'ils tiennent pour un penchant inquiétant de Nicolas Sarkozy du côté d'Israël.

           Enfin, au plan intérieur, l'échéance la plus immédiate est assurément le vote de dimanche que le Président s'engage à considérer dans toutes ses implications. Mais demeurant fidèle à l'esprit de la Ve République, il souligne que son mandate dure cinq ans et que le scrutin des deux dimanches qui viennent sera, certes, important, mais ne remettra pas en cause la politique qu'il mène au plan national…

             On notera aussi que le Président conserve à Monsieur Claude Guéant, Secrétaire Général de l'Elysée, tout sa confiance et l'assure de son amitié.
     

  • L'attentat de Hérusalem du 5 mars 2008

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        Si les détails communiqués par les radios et les télévisions devaient se vérifier, tant sur l'identité du meurtrier des jeunes élèves de la Yeshiva de Jérusalem que sur l'origine des commanditaires, alors nous pouvons affirmer sans  crainte d'être démenti, que le conflit entre Israël et ses voisins palestiniens d'une part, et Israël et  les palestiniens de Jérusalem est , d'autre part, va changer de nature.

         Ce n'est pas la première fois que des citoyens arabes d'Israël signent des attenttats meurtriers; la cafétéria de l'Université Hébraïque de Jérusalem où un peintre palestinien avait introduit une bombe qui fit une victime, un jeune étudiant français; l'attentat contre un autobus de Hérusalem commis par deux jeunes filles palestiniennes; et hier, ce nouvel attentat, censé répondre aux incursions israéliennes à Gaza, elles-mêmes provoquées par des tirs de roquette sur Sedérot et Ashkélon…

          Il ne faut pas se demander désormais si Israël va intervenir mais plutôt quand et où… Cette région prétendûment choisie par Dieu serait-elle maudite aux yeux des hommes? Ne connaîtra-t-elle donc jamais la paix? Le monde entier a, depuis des siècles, connu des zones de tension, des guerres et des dévastations, et pourtant, la raison a fini par l'emporter et la paix s'instaurer.

          Que faire, oui, que faire?