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  • Encore les Jeux Olympiques de Pékin…

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        A moins que tout ne trompe, le débat autour des Jeux de Pékin s'envenime… Après l'action d'éclat du président de Reporter sans Frontières et de ses amis à Olympie, l'onde de choc menace la France et l'Europe. La Chine ne se rendait vraisemblablement pas compte de ce qui allait lui arriver en demander que les Jeux se passent chez elle, sans changer un peu son régime. Et c'est le maillon faible tibétain qui a donné l'alerte.

        Après le vigoureux blog de Alain Juppé, ancien Premier Mnistre, ancien ministre des affaires étrangères, brillamment réélu maire de Bordeaux, les choses se sont précipitées, au point que même le Président de la République laisse planer le doute sur sa présence aux cérémonies d'ouverture… M. Juppé n'y est pas allé de main morte; pour lui, se taire, c'est permettre aux Chinois de tuer … avec retenue!

            Que faire? Les Occidentaux et notamment le Comité olympique auraient dû prévoir ce qui se passe aujourd'hui: chacun s'imaginait que ce régime autocratique et dictatorial  allait par la magie des Jeux, s'assouplir et redevenir gentil.

       L'Union Européenne doit prendre langue avec les USA pour coordonner une action: si les Chinois redoutent une absence américaine, ils obtempéreront. C'est ainsi. Nous vivons dans le monde du réel, pour parler comme Rilke in der Welt der Bezüge

       Alors que c'est si facile de se parler et d'envisager autre chose que le sang et les larmes…
     

  • Faut-il ou ne faut-il pas aller aux Jeux Olympiques de Pékin?

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        Comment faire pour aider éfficacement le peuple tibéraint et son chef spirituel la Dalaï Lama? Les avis sont largement partagés entre ceux qui optent pour des solutions radicales et ceux qui préconisent la voie diplomatique et souple… 

        Je doute fort que les Chinois se laissent impressionner par quelques équipes qui refuseraient de se joindre à eux pour les Jeux. C'est un régime, certes autoritaire, mais qui évolue, au moins au plan économique, plus vite que prévu. Malheureusement, la démocratie et l'économie n'avancent pas d'un même pas. Comment faire?

            Il faut savoir que la répression eût été encore plus sanglante et plus impitoyable s'il n'y avait pas, dans quelques mois, les Jeux de Pékin. Il y a donc lieu de croire (et la marge d'erreur, je le reconnais, est grande) que seules les pourparlers en coulisse amèneront le gouvernement de Pékin à assouplir sa position, d'autant que le sage Dalaï Lama ne demande même pas l'indépendance mais une simple autonomie pour son peuple.

          Dans cette partie de hautes négociations inetrnationales, seuls les USA sont en mesure de peser. Et l'on voit que le Président Bush a déjà confirmé sa venue… à Pékin ! Il faudrait que l'U.E. fasse des représentations auprès des USA pour qu'ils usent de leur influence et de leur puissance afin de pousser le gouvernement chinois à faire preuve de retenue et de souplesse.

          Ce n'est pas déshonorant de parler avec les gens qui ne sont pas d'accord avec vous, surtout lorsque leurs revendications sont légitimes.
     

  • La situation politique en France

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        Après les réajustements opérés au sein du gouvernement français, on sent qu'une phase nouvelle est entrée en vigueur. Au plan politique, le Président Sarkozy a bien réagi en remodelant légèrement léquipe élyséenne où les principaux conseillers, Claude Guéant et Jean-David Lévitte, conforten leurs positions respectives. Et c'est heureux car il s'agit bien de deux très grands commis de l'Etat, des professionnels de qualité qui ont la maîtrise d'un secteur essentiel: la gestion de la communication.

          Au niveau gouvernemental proprement dit, aucun départ n'est annoncé et quelques secrétaires d'Etat, parmi les fidèles du Président, font leur entrée.  A l'exception du cas un peu partlcuier de M. Christian Blanc, l'ouverture à gauche connaît une pause. C'est la sagesse même, eu égard à la conjoncture générale où la majorité doit se remettre des élections municipales qui ont donné un avantage à la gauche, et où les prévisions de la croissance sont revues à la baisse.

            Enfin, le Président lui-même a recentré son action propre pour revenir à une image plus régalienne. Mais un point essentiel demeure et c'est heureux: la poursuite des réformes.
     

  • Les appels de Oussama Ben Laden…

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        Les derniers appels de Ben Laden -deux en vingt quatre heures- ne laissent pas d'intriguer et d'inquiéter.

        D'intriguer car l'on peut s'interroger sur l'authenticité de ces messages puisque, jusqu'à présent, c'était le numéro 2 égyptien qui intervenait, laissant le chef présumé dans une retraite très secrète afin de déjouer les grandes orielles américaines.

        D'inquiéter car il s'agit d'un véritable appel au djihad mondial où les Palestiniens sont censés jouer un rôle central, notamment en s'engageant en Irak pour faire reculer les Américains, mais aussi partout dans le monde. Car, poursuit le dissident saoudien, la bataille finale se déroulera pour la Mosquée d'al-Aqsa. Et voila repris le thème de la sempiternelle guerre contre Israël.

        Ce raisonnement trahit une stratégie d'ensemble que le chef d'al-Qaida n'a cessé de peaufiner depuis des années: le fer de lance de la cause arabo-musulmane doit être le Palestinien qui se bat pour la «libération de sa patrie» et dont les Musulmans du monde entier doivent s'inspirer. Toujours ce rêve de domination et de grandeur qui obsède littéralement Ben Laden.

            Mais est-ce vraiment lui qui a parlé? On a eu affaire à tant de manipulations par le passé que l'on peut se poser la question…
     

  • David Pryce-Jones: un siècle de trahison: la diplomatie française et les Juifs (1894-2007

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         Le moins que l'on puisse dire de ce livre, si bien documenté et si remarquablement traduit en français, c'est qu'il ne fait pas dans la nuance et constitue un véritable brûlot, un implacable pamphlet contre le Quai d'Orsay et les diplomates français en général dans leurs relations, présentes ou passées, avec Israël et … les juifs!

         Certes, je suis plus habitué à la lecture de livres de philosophie ou d'histoire des idées, mais l'histoire politique ou internationale récente suscite aussi mon intérêt. Toutefois, je me sens un peu groggy tant cette charge est unilatérale et sans nuances.
     
            Chacun sait que la politique arabe de la France a posé bien des problèmes et n'est pas à l'abri de reproches plus ou moins graves de partialité, de cynisme et même de parti pris. Mais il faut aussi comprendre un Etat comme la France, puissance musulmane jusqu'à la fin de la colonisation, et devant gérer toute une façade méditerranéenne dont les habitants sont foncièrement opposés à Israël, au motif que ce pays aurait spolié leurs frères Palestiniens…
     
           Il y a aussi le nombre d'Etats arabes ou musulmans (plus d'une vingtaine) réagissant comme un seul homme lorsqu'ils s'estiment injustement traités (on l'a vu récemment avec le boycottage du Salon du livre dont Israël fut l'invité d'honneur) que la France doit gérer en raison de ses besoins en investissements et en énergie… Nous ne cherchons pas à justifier mais simplement à comprendre, même si le cynisme n'est guère acceptable.
     
          Mais ce qui frappe le plus dans cette enquête bien documentée (voir la bibliographie si fournie), c'est la lumière crue jetée sur des écrivains comme Paul Claudel, Morand, Louis Massignon et Alexis léger (Saint-John Perse) : tous ces hommes, diplomates de carrière et grands écrivains ou islamologue (La passion d'Al-Halladj) ne portaient pas vraiment les juifs dans leur cœur…
     
          La lecture de certaines notes de ces fonctionnaires (et de bien d'autres) du Quai d'Orsay ont le don de nous laisser songeurs…  Les rares diplomates à s'en tirer presqe indemnes, sont, à peu de choses près, Henri Froment-Meurice et Pierre-Etienne Gilbert. C'est bien peu; mais Dieu n'a-t-il pas consenti à sauver la ville pour seulement dix justes?
     

     

    Denöel, Paris, 2008 

      


     

  • L'euthanasie: le cas de Madame Sébire

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        Agée de cinquante-deux ans, cette femme qui demandait qu'on l'aide à abréger ses effroyables souffrances, s'en est enfin allée vers l'éternité. Elle a été retrouvée morte tôt ce matin dans les environs de la ville de Dijon. La question est simple et pourtant la réponse à lui apporter ne l'est guère: nous donnons la vie -et c'est même le premier commandement du livre de la Genèse qui exhorte: croissez et multipliez vous!- mais pourrions nous, un jour, être habilité à donner la mort?

        On se rend bien compte que la question n'a plus qu'un seul aspect judiciaire ou politique, bien au contraire, on se retrouve, qu'on le veuille ou non, dans le domaine, certes mouvant, mais O combien plus compliqué de l'éthique, de la philosophie et de la religion.

        Car, si un grand nombre de gens optent pour le refus d'une injection léthale, il en est d'autres qui arguent de l'aspect insupportable des souffrances endurées pour dire, que tout au contraire, donner la mort, dans des cas précis, c'est être éthique, c'est abréger des souffrances aussi terribles qu'inutiles! En une phrase, c'est un traitement, un comportement humain, au vrai sens du terme.

            Nous sommes pris dans un paradoxe car si c'est à l'Etat de légiférer, et nul ne songerait à lui contester ce droit, cette obligation, comment imposer une loi politique , civile à des citoyens qui ne professent pas tous les mêmes valeurs?

          En qualité de philosophe, passionné par les problèmes de philosophie religieuse et les questions éthiques, j'avoue mon irrésolution et mon désarroi. On ne peut pas laisser la décision aux seuls médecins car la science ne saurait tenir lieu de morale; on ne peut pas non plus laisser faire le législateur car sa loi, à elle seule, serait critiquable et imparfaite. Et dans ce domaine, nul droit à l'erreur… Alors, que faire? Surtout lorsque, dans les pays voisins, la situation est plus claire…
     

  • Terrorisme et démocratie

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        Un article du Monde signé par Daniel Vernet, paru au début de cette semaine, revient sur la guerre d'Irak et l'idéologie des néoconservateurs américains.

        C'est un fait établi depuis bien longtemps que les Français en général ne partagent pas à l'égard des USA, la même admiration et le même jugement positif que le nouveau président de la République. Mais tout de même! Pourquoi s'acharner à vouloir démontrer que le président Bush a eu tort d'envahir l'Irak dès qu'explose la première bombe à Bagdad? 

        C'est en réalité une œuvre de longue haleine que le président amricain a entrepris. Son raisonnement initial était et reste juste: le terrorisme doit être combattu à la racine; il faut imposer la démocratie, notamment au Proche Orient, foyer endémique de troubles en raison des tensions internationales…  Il existe forcément une relation de cause à effet la dictature ou la tyrannie d'une part, et l'arriérisme et le terrorisme d'autre part.

        Certes, personne ne recherche la guerre pour la guerre. Et, ne l'oublions pas, le terrorisme d'al-Qaida s'est presque tari, il est résiduel, ce sont les opposition interreligieuses et interethniques qui expliquent les attentats qui se produisent à présent en Irak.

        Même si leurs arrières-pensées financières et économiques ne sont pas absentes, les USA ont fait preuve de courage et d'esprit de sacrifice en investissant tant d'hommes et de moyens en Irak et en Afghanistan. Où serions nous si nous les avions pas ? 

  • Les lendemains d'une défaite… le cas de Françoise de Panafieu

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        Madame François de Panafieu, ancienne tête de liste de l'UMP pour les élections municipales à Paris a été très maltraitée. Ceci est absolument injuste. Que s'est-il passé? Cette élue du XVIIe arrondissement, ancienne ministre du gouvernement d'Alain Juppé I, avait été désignée par les militants de l'UMP parisienne pour diriger la liste contre le maire sortant M. Bertrand Delanoé. Cette désignation avait déplu aux candidats masculins, furieux de se voir préférer une femme et de devoir surtout lui céder la direction.

            La suite fut prévisible: Madame de Panafieu est allée seule au combat, guettée par des concurrents qui souhaitaient silencieusement sa chute. Les résultats furent decevants, c'est le moins que l'on puisse dire. Le maire socialiste fut triomphalement réélu et la droite a donc perdu Paris…

             Madame de Panafieu a été très mal traitée: le vide s'est fait autour d'elle. Elle a annoncé qu'elle ne se présenterait pas à la direction du groupe UMP à l'Hôtel de ville et qu'elle renonçait à son mandat dans le XVIIe arrondissement de Paris…

                C'est triste, quand on pense qu'il a fallu une loi pour imposer la parité et que même ainsi les hommes s'évertuent à faire chuter les candidates, au motif que celles ci leur font de l'ombre…

                Monsieur Sarkozy a bien fait de faire revoir les listes de promotion dans l'ordre de la Légion d'Honneur au motif qu'il fallait un partage égal entre les hommes et les femmes.

             J'insiste, je trouve que Madame de Panafieu quitte tristement la scène. Ce n'est pas normal. Elle méritait mieux.
     

  • Hôtel de l'insomnie de Dominique de Villepin (Plon)

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        Dominique de Villepin, Hôtel de l’insomnie. Paris, Plon, 2007 Si elle l’ignorait jusqu’ici, la France a eu un Premier Ministre poète qui s’appelait Dominique de Villepin. Ce très beau livre, dont le titre se saisit bien, dès lors qu’on se plonge dans la lecture, est un délicat et subtil passage en revue de tout ce que l’esprit humain a produit d’éminent : de poètes, d’écrivains d’artistes, bref d’hommes de lettres. Pourquoi l’auteur a-t-il écrit un tel texte alors qu’il fut intensément plongé dans la vie politique quotidienne ? Diplomate de carrière, ayant suivi son père dans ses multiples déplacements professionnels à l’étranger, l’auteur a pu amasser une grande quantité de sensations, de sentiments, bref un vécu que le Français moyen est loin d’avoir. Mais ce qui frappe le plus, hormis ces pages absolument magnifiques dans l’évocation nostalgique de la vie et de l’œuvre de certains poètes, c’est l’omniprésence de la peur. Pas de la mort, mais de la peur ! Si on le comprend bien, l’auteur écrivait généralement après 21 heures, qu’il fût à l’Elysée, au Quai d’Orsay, Place Beauvau ou rue de Varenne…

        On a presque l’impression de lire le Cantique des Cantiques quand l’auteur putatif Salomon, parlent des ombres qui fuient, au coucher du soleil. Vers cette heure là nous dit l’auteur, le téléphone ne sonne presque plus. Et l’apprenti poète en profite pour se ressaisir, pour penser et pour écrire. Et surtout, pour lire, la lecture des grands poètes et écrivains comme antidote de la bassesse, de l’étourderie des choses politiques… Il est impossible de reprendre point par point les thèmes traités et les personnages évoqués, toujours avec un infini bonheur. Mais considérons cette citation ( p 171 in fine) : Plus que tous les autres avant lui, plus que le siècle des guerres de religion, le siècle dernier fut celui des poètes résistants, des poètes tués. Sur les champs de bataille et dans les prisons, dans l’étouffement des asiles et dans les camps. Dans l’ensauvagement misérable des guerres civiles. J’aimerais dédier ce journal d’insomnie à Trakl, à Mandelstam, à Lorca.

        Ancien ministre des affaires étrangères, l’auteur s’est assurément penché sur le conflit israélo-arabe en évoquant des figures éminentes comme le poète palestinien Mahmoud Darwich (dont certains poèmes en arabe figurent dans les manuels israéliens traduits en hébreu) et Amos Oz, reclus dans son ermitage d’Arad, non loin de la Mer morte. Il consacre aussi à la page de très belles pages qui reflètent une émotion aussi profonde qu’autehntique. Mais c’est le Premier Ministre reprend la parole à la fin du journal, pour dire qu’il n’a pas peur, que nul ne connaît le dernier pont, nul ne connaît l’heure… Avec le ciel et le vent, il y a d’autres vies à vivre.

  • Hélé BEJI, Nous décolonisés. Arléa, 2007

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    Voici un livre comme on aimerait en lire beaucoup! Il s'agit d'un intellectuel tunisien qui ose faire , non point le procès de la colonisation, mais celui de la décolonisation. J'ai rarement vu une critique aussi talentueuse et aussi décapante des élites tiermonidistes ou anticolonialistes.  Sans être frappé d'une admiration béante face à  l'Europe et à ses avances sociales, technologiques et philosophiques, l'auteur brosse un tableau frappant de la situation dans son propre pays, mais aussi dans la majorité des pays d'Afrique ou d'ailleurs, ayant secoué le joug de la la colonisation…

        En fait, son histoire aurait pu avoir le sous titre suivant; l'avenir d'une cruelle désillusion. Alors que la puissance coloniale était considérée comme la source de tous les maux (en arabe (ssar al-asrar), voire même la cause d'une dépersonnalisation pouvant aller jusqu'au génocide culturel (décidément une expression bien à la mode!), son départ, en apparence, n'a rien changé! Pire, les abus, désormais commis par les révolutionnaires d'hier, sont encore plus graves que ceux généralement commis par les persécuteurs d'hier… Ce qui les rend d'autant plus insupportables.
        Il serait imposssible de s'arrêter sur tous les points mais l'élément dominant ne peut être méconnu dans cet ouvrage: c'est la déception, le laisser aller, le recul, le déclin, voire même la décadence. Mais l'auteur ne porte pas assez fermement le fer dans la plaie. De quoi souffrent les musulmans aujourd'hui? D'une exégèse passéiste de leurs textes sacrés, diront les observateurs …
        Depuis près de 60 ans, la plupart des pays arabo-musulmans ont accédé à l'indépendance. Et que se passe-t-il? rien ou presque. En plus d'un demi siècle, quelle est l'œuvre littéraire philosophique, littéraire, technique ou autre, produite dans les anciennes colonies de l'Occident?
        L'auteur fait preuve d'une grande lucidité et d'un non moins grand courage en écrivant ceci sur l'exode forcé des juifs de Tunisie: les Juifs sont presque tous partis, ils ont quitté leur sol natal alors qu'ils y habitaient depuis des générations et qu'ils n'envisageaient l'exil que comme la mort . N'étaient-ils pas aussi des concitoyens?  Ne sommes nous pas capables de cette tolérance qu'en trépîgnant nous réclamons des Occidentaux? ( p 98)
        Un livre très riche. A lire!