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  • L'mission de France 2 de ce soir et d'hier soir sur la RESISTANCE

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        Bouleversante cette rétrospective en deux parties, diffusées par la télévision française en hommage aux actes de résistance de réseaux organisés mais aussi d'anonymes, de sans grades, de petites gens, qui désiraient sauver leur prochain des persécutions nazies et rendre à la France sa dignité et son honneur. 

        Finalement, ces documentaires rétablissent une vérité que l'on croyait mise à mal par l'indifférence et l'antisémitisme latent des Français. Or, c'est le contraire qui semble avéré: Pétain et Laval durent exiger des Nazis un ralentissement des rafles des juifs tant la population et surtout ka haute hiérarchie catholique avaient donné libre cours à leur indignation.

        Honneur à la mémoire et à l'action de ces hommes et de ces hommes qui virent dans leurs voisins persécutés leurs frères humains, faits comme eux à l'image e Dieu. Ces hommes et ces femmes, peu nombreux malgré tout, sauvèrent des dizaines de milliers de juifs promis à une mort certaine.

        Que la providence fasse que telles atrocités ne se reproduisent plus jamais. 

  • La pensée philosophique et religieuse de Léo Strauss, G. SEFEZ

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    GERALD SFEZ, LEO STRAUSS, FOI ET RAISON. PARIS, BEAUCHESNE, 2007.

        Voici, enfin, un bel ouvrage sur un philosophe, généralement peu connu en France, hormis dans les milieux spécialisés, et qui doit une sorte de renaissance à un regain d’actualité géo-politique : la guerre d’Irak et les néo-conservateurs américains, regroupés autour du président Georges W. Bush, dont certains, les plus emblématiques, ont suivi les cours d’Allan Bloom, l’un des élèves de Strauss (1899-1973). Oserais-je écrire que ce regain artificiel d’actualité a malencontreusement conduit l’auteur de l’ouvrage à sacrifier au culte du veau d’or en consacrant une bonne vingtaine de pages qui, placées, en tête de ses développements, auraient fort bien pu dissuader le lecteur, même bienveillant et attentif, d’aller plus avant…
        Mais la persévérance est bien vite récompensée car le reste de l’ouvrage mérite pleinement d’être lu et étudié. D’abord, l’auteur ne scotomise nullement l’aspect biographique et juif (entendez par là une étude de très haut niveau de la philosophie et de la Science du judaïsme) puisque Strauss, issu d’un milieu naturellement orthodoxe,  a été l’élève d’un autre juif , Ernest Cassirer, lui-même disciple de Hermann Cohen (ob. 1918 dont l’influence sur les générations postérieures (y compris sur Emmanuel Levinas) n’a guère besoin d’être rappelée. Ensuite, parce que Strauss fut une érudit en fuite, chassé de son pays natal par lesd Nazis, et qui dut s’acclimater aux USA, changeant de langue, de milieu et d’environnement universitaire.
        Le chapitre consacré à l’art d’écrire (ésotérique) est extrêmement suggestif et mérite d’être lu avec la plus grande attention. L’auteur a très bien perçu que son philosophe était avant tout un exégète ou un spécialiste d’œuvres exégétiques. Or, les exégèses sont nécessairement des commentaires, des gloses sur ce que d’autres ont dit ou écrit. De même que le talmud, a-t-on dit, est une littérature de citations, ainsi la philosophie médiévale ou post-médiévale (dont Strauss était un éminent connaisseur) est une philosophie de commentaires, c’est-à-dire que les commentaires font désormais figure d’œuvres originales. Ce qui n’est pas, dans notre univers mental contemporain, le statut normal du commentaire. Il faut bien comprendre que c’est la formation même de Strauss qui l’a conduit à d’aussi sagaces observations :  n’oublions pas qu’il a commencé sa carrière par critiquer en 1935 le grand ouvrage de Julius Guttmann (Die Philosophie des Judentums, Munich, 1933) en rédigeant Philosophie und Gesetz : Beiträge zum Verständnis Maimunis und seiner Vorläufer. Strauss a donc, d’une certaine manière, lu et commenté l’œuvre de son collègue Guttmann… Plus tard, il fera un beau livre, enfin réédité chez Olms à Hildesheim sur Spinoza, La philosophie religieuse de Spinoza en tant que fondement de sa critique biblique. Mais même sur le Cusari de Juda Ha-Lévi, adversaire acharné de l’aristotélisme médiéval judéo-arabe, il publiera une excellente étude sur la critique par cet auteur de la loi rationnelle (law of reason). Toutes ces études, surtout celles consacrées à Maimonide et à son principal inspirateur musulman Abu Nasr al-Farabi, ont conduit Strauss à accorder une place de choix aux Lumières de Cordoue, c’est-à-dire aux Lumières médiévales. Dans ce contexte typiquement maïmonidien, lequel excluait, on le sait, l’écrasante majorité de l’humanité de la lecture de ses œuvres, au motif quelle n’était pas préparée à les comprendre, Strauss écrit très justement : la vérité sur toutes les questions cruciales est présentée  exclusivement entre les lignes…  Et il ne péchait pas par ignorance des Lumières de Berlin, celles du XVIIIe siècle, puisqu’il fera partie des jeunes savants chargés de préparer l’édition du jubilé des œuvres de Moïse Mendelssohn (1729-1786) (Jubiläumsausgabe), dès 1929. Et les volumes qu’il édita, attestent une connaissance sûre et de première main de cette aire intellectuelle.
        Mais Strauss n’est pas tombé dans le piège historiciste de ce grand mouvement judéo-allemand du XIXe et du début du XXe siècle ; il a su observer une distance convenable entre les normes nécessaires du commentaire historique et un pointillisme qui masque mal une absence totale d’idées. Toutefois,  il n’en tient pas moins à l’analyse historique, comme son œuvre l’atteste et comme il l’écrivit lui-même à Gershom Scholem pour dénoncer l’attitude anhistorique de Buber face à la spiritualité juive.
        Mais revenons à un point essentiel puisqu’il conditionne la nécessité du caractère ésotérique de l’écriture philosophique, c’est-à-dire à la persécution. Strauss, très familier des textes de philosophie religieuse judéo-arabe du Moyen Age, savait que tant les philosophes comme al-Farabi que les théologiens comme Abuhamid Al-Ghazzali (ob. 1111), observaient une orthodoxie d’ordre politique ; c’est d’ailleurs ce que relèvera le meilleur commentateur averroïste du Moyen Age, Moïse de Narbonne (1300-1362) en commentant les Intentions des philosophes de al-Ghazzali. Conçu comme un brûlot anti-philosophique, ce texte expose en détail des thèses qu’il prétend annihiler dans un second traité, lequel vit effectivement le jour.  Mais Moïse de Narbonne s’interroge sur la sincérité de l’entreprise gazzalienne en disant que cet auteur devait prendre garde à ne pas enfreindre l’orthodoxie politique de l’époque, faute de quoi il aurait encouru les foudres des gardiens sourcilleux de la tradition coranique… Une attitude qui en dit long sur la mentalité de l’époque et l’état des sociétés. Strauss relève d’ailleurs dans son écrit La persécution et l’art d’écrire que les Anciens statuaient une impossibilité congénitale pour les masses d’acquérir des connaissance philosophiques… La même attitude, héritée de ces mêmes Anciens qui imprégnèrent la pensée judéo-arabe, se retrouve de manière très élaborée dans le Guide des égarés de Moïse Maimonide. Au fond, l’ésotérisme est la conséquence inéluctable de la signification originelle de la philosophie. On peut, certes, critiquer l’élitisme de cette affirmation, mais c’est bien de cela qu’il s’agissait.
        La transition est réussie entre le premier chapitre qui traite des relations subtiles et complexes entre la persécution et l’art d’écrire, d’une part, et le second chapitre qui aborde les points de contact entre la Révélation et son interprétation. Il est vrai que la notion même de révélation contient en elle la notion d’universalité. D’ailleurs, la tradition talmudique l’avait bien perçu lorsqu’elle spécifia dans le traité Sukka du Talmud ee Babylone que la Révélation s’est déroulée dans le désert qui n’est la propriété exclusive de personne, entendez, qui appartient à tous. Quiconque veut s’en prévaloir n’a qu’a en recueillir les enseignements, ce  que firent les Hébreux, mais point les autres peuples, selon les sages du Talmud… Mais nous connaissons la suite : la Tora, destinée à l’humanité dans son ensemble, est restée confinée dans le cadre étroit d’un seul peuple, malgré les discours universalistes de ses prophètes.  C’est d’ailleurs, une thèse implicite que reprend Maimonide dans son introduction au Guide des égarés lorsqu’il établit une équivalence, arbitraire, en apparence seulement, entre, d’une part le récit de la création et la Physique d’Aristote, et d’autre part, les visions d’Ezéchiel et la Métaphysique.  Il va même jusqu’à reprendre, en apparence, un mythe très répandu en son temps, selon lequel les païens auraient dépouillé Israël de tout son savoir scientifique à la suite de défaites militaires… Selon Maimonide, c’est le langage métaphorique de la Bible qui cherche à dissimuler aux yeux de la masse à laquelle elle s’adresse, les vérités profondes de l’univers…  M. Sefez note justement ( 81) que la réflexion sur le sage juif Maimonide constitue le centre de gravité de la pensée straussienne, d’un Maimonide en dialogue constant avec Farabi… On devrait ajouter (en lisant Strauss, notamment dans l’introduction à la version anglaise procurée par son collègue Salomon Pinès), Avicenne, Avempace, Ibn Tufayl et aussi al-Kindi, voire même al-Ghazzali. En somme toute la chaîne traditionnelle de la philosophie gréco-musulmane. Mais la remarque, même incomplète, reste absolument juste : la pensée de Strauss ne serait jamais devenue ce qu’elle sans l’étude approfondie du Sage de Cordoue.
        Même sa définition de la Révélation en découle. Il est difficile de trouver un terme hébraïque ancien pour désigner de manière clairement théologie la Révélation au sen latin du terme revelatio ; les Israéliens ont mis à l’honneur le terme hitaglut ; les Hébreux et les juifs ont toujours parlé d’un don de la Tora, mattan Tora et jamais de revelatio. Ce qui fait dire à Strauss, la révélation chez les juifs… a plus le caractère d’une loi que d’une foi. N’oublions pas le mot d’ordre d’un champion de la néo-orthodoxie juive allemande au XIXe siècle, Samson-Raphaël Hirsch, mort en 1888 (donc une décennie avant la naissance de Strauss) qui écrivait textuellement dans ses Dix-neuf épîtres sur le judaïsme : nicht la foi sondern la loi ist das Wesen des Judentums…(sic)
        Toutefois, le problème demeure et il est clairement identifié dans le texte cité en allemand au début de ce compte-rendu, philosophie et loi. Strauss considère que l’acte de philosopher ne conduit pas nécessairement à la négation de la transcendance, mais il note aussi que l’antériorité (ontologique) de la loi par rapport à la philosophie confère à la première une certaine supériorité. La contradiction entre elles deux, ou leur opposition, tient plus à des réalités sociales et psychologiques qu’à des raisons d’ordre métaphysique. Pour reprendre Maimonide, la Tora et Aristote parlent des mêmes sujets mais avec un langage différent ; d’où sa décision de commencer la première partie de son Guide… par une bonne cinquantaine de chapitres consacrés à l’interprétation spirituelle des homonymes bibliques.
        Il y a aussi, assurément, un aspect politique de la loi ou Tora dans la pensée maimondienne ou, plus généralement, à la suite du Guide… dans toute la pensée juive médiévale, dans le sillage des inspirateurs arabes. Pour Maimonide, la Tora vise une double perfection, celle du corps (lois civiles, sociales etc…) et celle de l’âme (philosophie, éthique, etc…) Seuls, les philosophes, aptes à déchiffrer l’intention profonde de la Tora, peuvent en scruter le sens profond, sans que son élucidation ne les affranchisse de son respect au pied de la lettre.  En clair, cela signifie qu’aux yeux de Maimonide, la Tora est destinée aux adeptes de la religion populaire et que son contenu législatif représente pour eux une contrainte absolue. A la différence du philosophe qui, lui aussi, applique la loi, tout en sachant que la Vérité va beaucoup plus loin. A la mort de Maimonide, ses successeurs qui commentèrent son Guide se détachèrent graduellement du legs alfarabo-avicennien, trop velléitaire à leurs yeux, et écrivirent sans complexe que la Tora est un moyen de régir les masses incultes qui ne pouvaient pas, autrement, se donner elles-mêmes, une loi… Les plus téméraires parmi eux allèrent jusqu’à dire que la Tora (voire même la religion dans son ensemble) était la première éducatrice de l’humanité… Et ils s’en référaient au roman philosophique d’Ibn Tufayl, Hayy ibn Yaqzan, où un solitaire retrouve, seul, sans l’aide quiconque, les vérités de l’univers, de Dieu et de l’homme. En d’autres termes, que l’on pouvait fort bien se passer de révélation… Inouï pour un philosophe musulman du XIIe siècle !!
        Le chapitre consacré à la critique de la modernité, à la présentation des idées de Strauss sur le libéralisme, ne laisse pas d’être intéressant, même s’il est moins visible que les précédents. En revanche, j’ai apprécie la présentation de l’opposition de Strauss et de son contemporain nazi (temporairement) Carl Schmitt, le champion de la révolution conservatrice. Ce professeur avait aussi écrit un ouvrage intitulé Politische Theologie où il formulait assez bien l’hypothèse d’une fenèse religieuse du politique : tous les thèmes politiques structurant une société humaine sont issus de théologoumpènes sécularisés… Plus inattendues dans ce même chapitre sont les remarques sur le Moïse et le monothéisme de Freud qui n’a plus, depuis bien longtemps, qu’une valeur purement documentaire. En revanche, un théologien de Strasbourg Théo Pfrimmer avait jadis fait une excellente thèse intitulée, Freud, lecteur de la Bible.
        C’est encore ce conflit entre foi et raison qui constitue la trame du chapitre suivant. M. Sfez résume bien, me semble-t-il, la position du débat : le discours de la révélation est un discours du témoignage (et non de la preuve) et le discours philosophique n’est pas lui-même un discours de la preuve accompli et se ressource lui-même à tout autre chose que la preuve : la problématisation. Les deux discours… représentent deux manières de biaiser avec la véridiction explicite : le discours philosophique parce qu’il accompagne sa demande de preuves de sa réserve qu’est l’attitude interrogative… le discours de la révélation parce qu’il accompagne la demande d’affirmation pleine en campant lui-même sur une interprétation de l’affirmation comme croyance.
    A part le style un peu ampoulé et la tendance au jargon, tout est dit. Mais cette opposition dans l’œuvre de Strauss entre philosophie grecque et sagesse juive me remet en mémoire une anecdote talmudique : à ses disciples qui lui demandèrent s’il consentait à se mettre à l’étude de la pensée grecque puisqu’il avait désormais entièrement assimilé les enseignements et les commentaires de la Tora de Dieu, un éminent docteur des Ecritures répondit : oui, mais à des heures qui n’appartiennent ni au jour ni à la nuit… Tout un programme !
        On aurait bien poursuivi la discussion d’autres points si passionnants de ce livre mais la recension est déjà assez longue. Au fond, Strauss a oscillé entre Jérusalem et Athènes, entre la Tora et la philosophie, mais, en dépit de cette tension polaire particulièrement féconde, c’est encore et toujours la Tora qu’il avidement poursuivi dans toutes ses métamorphoses depuis la Bible jusqu’au XXe siècle en passant par Maimonide, Spinoza, Mendelssohn, Hermann Cohen et Franz Rosenzweig. En somme, une traversée du continent juif, menant des Lumières de Cordoue aux Lumières de Berlin.


                                    Maurice-Ruben HAYOUN

     

     
  • L'état de la France, aujourd'hui…

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        Un rapide coup d'œil sur les titres des journaux, une brève attention accordée aux informations télévisées, une audition même distraite des stations de radios périphériques, pointent tous dans la même direction: la France est désunie, partagée et contestataire.

        Et pourtant, tout s'annonçait plutôt bien, il y a quelques mois au lendemain des élections présidentielles. Un jeune président, avec son style, son énergie et ses idées, prenait les rênes du pouvoir et engageait les indispensables pour lesquelles il avait été si brillamment élu. 

        Comment s'explique ce brusque coup de froid qui sera, c'est certain, passager? Par la réticence congénitale des Français aux réformes dont le pays a pourtant besoin: réforme de la carte judiciaire, réforme de la carte hospitalière, réforme de la sécurité sociale, réforme des retraites, réforme du droit des affaires, réforme du statut des banlieues, réofme du paysage audiovisule français, et la liste est inépuisable…

        Que faire? Se condamner à l'immobilisme, dès le début du mandat alors que celui-ci était conçu comme un nouveau départ?

        Les Français doivent se ressaisir: on ne peut plus recourir à la grève et au débrayage comme s'il s'agissait d'une panacée. On ne peut plus séquestrer des cadres dirigeants au motif que la fermeture d'une usine a été décidée… Certes, ce n'est pas toujours facile, mais les négociations, même longues, même difficiles sont toujours meilleures que des conflits qui laissent des blessures profondes. La sérénoté sociale en France est à ce prix. 

  • Faut-il parler au Hamas?

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        Un article du Figaro de ce week-end, signé par M. Malbrunot, ancien otage de Bagdad, se demande s'il faut prendre langue avec le Hamas, mouvement dénoncé comme terroriste par les USA et l'UE, et responsable de la sécession de la bande de Gaza.

        L'article fait étét de discussions au sommet de l'Etat français où certains s'interrogent sur le bien-fondé d'avoir coupé les ponts avec ce mouvement. D'acuns rappellent que des diplomates israéliens, amricains et français avaient participé, séparément, à des pourparlers avec ce mouvement  qui, depuis des mois, bombarde le sud d'Israël de roquettes et de missiles. Les partisans d'une reprise du dialogue font valoir que l'on a peut-être placé la barre un peu haut en exigeant des terroristes qu'is renoncent en fait à leur raison d'être…

        Ceux qui s'opposent à une reprise des contacts font avloir que tout changement affecterait gravement la position de Mahmoud Abbas qui exige une reddition pure et simple des mutins. Cet argument semble pour le moment inattaquable. Mais pour combien de temps encore?

        Souvenons nous, toutefois, que pour dîner avec le diable, il faut une très longue cuiller et qu'un diable peut en cacher plusieurs autres. 

     

  • L'hsitoire du ghetto de Venise par Riccardo Calimani

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      Cette histoire du ghetto de Venise, traduite de l'italien en français et introduite par Elie Wiesel, se lit comme un roman d'aventure; mais il s'agit, en fait, d'une belle fresque historique et culturelle, bien documentée et rédigée dans un style à la fois élégant et sobre. 

        L'auteur y brosse tout d'abord les prémices du ghetto (qui viendrait d'un terme signifaint les fonderies) vers 1516, date à laquelle les autorités de la Sérénissime décident d'octroyer chichement un droit de cité aux juifs désireux de s'établir dans le térritoire de la République vénitienne.
        En vertu de sa position jadis dominante, souvenons nous qu'elle avait des avant-postes jusqu'en mer Egée, la Sérénissime devint un carrefour pour les juifs issus à la fois du Levant, de la péninsule ibérique après l'expulsion et d'Europe de l'est. Ce fut donc un véritable creuset (un melting pot) où fusionnèrent tous les partis de la culture et de la religion juives. Ce fut aussi, Calimani le rappelle, un grand centre d'impression de livres hébraïques et de diffusion de la culture juive.
        L'auteur est loin de négliger l'aspect intellectuel de cette histoire du ghetto: on voit défiler les figures vivement évoquées d'Isaac Abrabanel, le familier des rois et des reines d'Esapgne, qui erra dans de ports méditerranéens avant d'être accueilli dans ce havre de paix où il rédigea quqleus importants ouvrages. N'est-ce pas lui qui compara la constitution de la Sérénissime aux lois édictées par Moïse? On entrevoit aussi longuement ce rabbin-joueur de cartes que fut Léon de Modène  qui nous rappelle dans son auobiographie (Hayyé Yehouda) toutes les vicissitudes de sa triste existence… Et n'oublions pas le cas tragique de ce rabbin-kabbaliste Moshé Hayyim Luzzato (ramhal)(1707-1746), en butte à l'incompréhension d'autres rabbins et qui se rendit en Terre sainte où il mourut, avec toute sa famille, victime d'une épidémie de peste.
        Ces épidémies étaient monnaie courante en ce temps là, allant jusqu'a tuer le tiers de la population… Ce qui explique que les médecins, même juifs, jouissaient d'une liberté de circulation inhabituelle. Cette pratique n'était pas bien vue des gens d'eglise qui voulaient mettre un terme à toute présence juive dans la ville lagunaire.
       Mais en dépit de toutes les barrières, les juifs parvinrent à se rendre indispensables en raison de leur influence déterminante dans le secteur bancaire; ils firent une concurrence jugée déloyale aux Monts-de-piété, suscitant la haine du franciscain Bernardino da Feltre qui attisa contre eux la haine de la populace.
       Les juifs apparaissaient aussi dans le domaine de la politique étrangère de la Sérénissime qui ne tarda pas (comme on le notait plus haut) à entre en compétition, voire en confrontation armée, avec la Sublime Porte. Mais toutes ces suspicions, toutes ces brimades et toutes ces ségrégations disparurent un beau 7 juillet 1792 lorsque les armées françaises conduites par Napoléon pénétrèrent en Vénétie et proclamèrent ce qui suit: afin qu'il ne subsiste plus aucune division apparente entre les citoyens de cette ville, nous ordonnons que soient démolies ces portes qui, par le passé, fermaient le ghetto…
        Les juifs se virent alors octroyées les mêmes droits civiques que leurs concitoyens chrétiens. Mais leur joie fut de courte durée puisque les Autrichiens revinrent sur ces avancées civiques, sans toutefois relever les murs du ghetto.
       Ainsi se lit cette histoire du ghetto venitien, admirablement racontée par R. Calimani. Aujourd'hui, malgré la dure saignée de la persécution nazie. Un peu moins de mille âmes juives vivent encore à Venise car personne ne peut résister longtemps au mythe ni à la tentation de Venise.
     
    Riccardo Calimani, Histoire du ghetto de Venise. Préface d'Elie Wiesel. Editions Tallandier, Texto, 2007.
     

     

  • Le pouvoir intempestif de l'Islma de la Charia par Tilman NAGEL

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        Dans un excellent article, d'une longue exceptionnelle, parue dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung du 5 février , page 35, M. Nagel expose ses idées sur l'islam de la charia, comprenez l'islam ultra-orthodoxe, qui se croit seul en possession de la vérité religieuse, à l'exclusion des autres écoles de jurisconsultes et d'exgètes.

        Comme l'article est rédigé dans un allemand universitaire et quelque peu difficile à saisir de prime abord, on va en résumler les thèses principales:

       a) selon l'auteur, ce islam de la charia s'oppose à un autre islam, plus ouvert et plus rationnel, celui de la secte des Mu'tazilites du Moyen Age qui se voulaient des théologiens modérés, respectueux de la loi divine mais très attentifs à l'exercice éthique de sa souveraineté sur terre. Ils firent de l'attachement à l'unicité et à la justice divines leur Leitmotive. Ce qui leur attira l'appelation suivante dans la théologie islmaique médiévale, ahl al-'adl wa-l-tawhid (les adeptes de la justice et de l'unité).

       b) Procédant comme doivent le faire les critiques des traditions religieuses, l'auteur s'appuie sur la philologie pour faire ressortir le sens véridique de certains versets, notamment ceux dits du trône de Dieu, et selon lesquels, d'après une lecture littéraliste, Dieu n'accorde la bonne intelligence des choses qu'à ceux qu'il a bien voulu choisir. En somme, foi en Dieu et intelligence des choses d'ici-bas seraient une pure grâce divine.

        c) Considéré comme une simple créature, soumise aux lois de Dieu, l'homme n'aurait d'autre alternative que d'obéir sans rechigner à la loi d'Allah telle que stipulée dans le Coran. Les littéralistes, avec à leur tête le fameux Ibn Hanbal (IXe siècle),dictent alors leur propre vision de la loi en arguant que leur lecture de celle-ci est bien l'intention du texte sacré. Ce qui exclut, eo ipso, toute autre approche du texte.

       L'auteur développe bien sa thèse d'une ultra-orthodoxie islamique auto-proclamée qui dicterait sa loi aux autres, notamment à ceux des musulmans qui souhaitent s'intégrer à la socio-culture judéo-chrétienne des pays d'Europe où ils vivent.

       C'est un bon débat, bien mené, avec de bonnes aptitudes et un grand respect.
     

  • Les jeux olympiques en Chine

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        Steven Spielberg et ses amis ont parfaitement raison de clamer leur opposition au régime communiste de Pékin. Non que la Chine n'ait pas le droit de se gouverner comme elle l'entend, mais si elle souhaite brandir la flamme olympique, encore faut-il qu'elle s'en montre digne et agisse en accord avec ses idéaux. Il n'est pas trop tard…

        Que demandent les opposants au régime chinois? Un minimum de liberté, une politique plus favorable aux droits de l'homme, moins d'autocratie, plus de libertés individuelles… Vous me direz que cela fait déjà beaucoup, mais il faut alors prendre en compte la spécifcité de ce pays de près d'un milliard et demi d'habitants dont le retour sur la scène de la politique mondiale date d'un peu plus d'un demi siècle.

        Mais le point sur lequel l'opposition internationale doit se montrer absolument intraitable, c'est le Darfour. Comment un pays, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, bloque-t-il le vote de sanctions contre un pays, le Soudan, au seul motif qu'il entretient avec lui de très juteux rapports commerciaux? Il est absolument honteux que le monde civilisé laisse tuer et déplacer des centaines de milliers de civils désarmés…

        Et après, les pays occidentaux sétonneront d'avoir si mauvaise presse en Afrqiue et dans d'autres parties du monde, très éprouvées par la guerre et les persécutions.

        Que la Chine fasse donc un geste et la situation évoluera au mieux pour elle. Nous ne sommes plus à l'époque où l'on pouvait réduire les opposants au silence sans qu'on s'en aperçoive. Mais à l"époque où le battement d'ailes d'un papillon à Shangaï provoque un déluge de protestations à Paris, Londres, Berlin et Washington.

  • De la tyrannie des sondages…

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        On vient de vivre une véritable tempête dans un verre d'eau, concernant les élections municipales dans la ville de Neuilly sur Seine. Comment les choses se sont elles passées?

        Le Figaro publie samedi dernier les résultats d'un sondage confidentiel sur l'élection en question, d'où il ressort que le candidat choisi et adoubé par l'UMP serait battu par un autre candidat de droite, dit dissident.

        Plus graves, les sondages apparemment défavorables au Président de la République, agitent de plus en plus fortement le Landerneau politique national…

        Troisièmement, Le Figaro, toujours lui, publie hier matin en première page des sondages gravement défavorables à la tête de liste de l'UMP à Paris. Elle serait distancée de 15 points par le maire sortant. Et de nouveau, la scène politico-médiatique s'emballe.

        Dans ces trois cas de figure, les sondages ont joué un rôle décisif: Que faire? est-ce que les sondages vont remplacer les élections? Vont-ils imposer leur loi tyrannique aux gouvernants, quels qu'ils soient? On s'interroge. 

  • L'enfant et lé génocide

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        L’ENFANT ET LE GENOCIDE : TEMOIGNAGES SUR L’ENFANCE PENDANT LA SHOAH. Textes choisis et présentés par  Catherine Coquio et Aurélia Kalisky. Paris, Bouqins, Robert Laffont, 2007,  1264 pages.

    Avant même d’en venir au contenu de ce livre, il faut saluer sa parution, en féliciter les éditeurs-présentateurs et se demander comment on a pu vivre jusqu’ici, sans parler de manière aussi exhortative de tous ces enfants, plus d’un million, sacrifiés par la haine raciale et l’horrible inhumanité des Nazis.Il faut lire cet ouvrage, malgré sa longueur et surtout malgré les détails insupportables qu’il décrit. Ou au moins, surmonter l’indicible et lire jusqu’au bout le long avant-propos, si minutieux, si instructif sur ce que fut la vie (ou plutôt la mort lente, l’agonie) de plus d’un million d’âmes justes et innocentes dans les ghetto, les camps, les caches et les transports vers les lieux d’etermination les lieux d’extermination.
    Je ne savais pas, en ouvrant ce livre imposant, que ce serait si dur. L’enfant dans l’univers concentrationnaire et génocidaire : comment fut-ce possible ? Que reprendre dans ce petit compte-rendu ? Tous les cris, tous les appels, les dessins, les scènes, les opéra pour enfants, les poèmes, oui, tout est important. Tout ce qu’on y lit est important.
    Particulièrement insupportables sont les développements sur la nature véritable du jeu des enfants dans cet univers d’où toute providence divine a été absente, ces enfants qui font, dit-on, semblant de jouer, ces enfants mourant de faim et d’absence de soins qui en voient d’autres déjà morts ou en train de mourir ; ces enfants jouant avec des cadavres, dans l’espoir, peut-être, que l’un d’eux se réveillera pour dire que tout ceci n’était qu’une affreuse, une horrible mise en scène. Ces enfants que les tortionnaires SS, hommes ou femmes, rassemblent devant les chambres à gaz ou les fosses communes, en battant des mains, comme le font généralement, dans notre monde civilisé, les institutrices, les maîtresses d’école, les monitrices, bref tous les pédagogues du monde entier. Ces enfants qui font des dessins ou des jeux qui ne sont pas ceux d’enfants ; ou encore ces enfants que les tortionnaires choyaient (si l’on peut dire) quelques jours ou simplement quelques heures, avant leur exécution.
    On lit aussi dans cet avant-propos que certains commandants de camp (oh, pas beaucoup !) se sont plaints à leur hiérarchie de la difficulté pour les SS, surtout les jeunes parmi eux, d’abattre des enfants, certains allant même jusqu’à dire qu’ils revoyaient à travers les traits des jeunes victimes, l’image ou le visage de leur propre progéniture. Si mes notes ne sont pas erronées, un soldat de la Wehrmacht serait allé jusqu’à dire à deux petites filles pourchassées et arrêtées : vous êtes innocentes…  Mais rien n’y fit, lorsque le Reichsführer H. Himmler se rendit dans l’est pour superviser son entreprise d’extermination, il ne put tenir plus d’une heure de fusillade. Le commandant SS qui lui faisait les honneurs du camp lui fit remarquer que les soldats n’en pouvaient plus, eux qui fusillaient sans discontinuer jour et nuit… La réponse fut sans équivoque :il faut continuer… Mais on passa aux chambres à gaz.
    Certains rescapés de cet enfer s’étonnent que nous nous demandions pourquoi les bourreaux n’ont-ils pas refusé de poursuivre leur sinistre besogne… Sont-ils fondés à dire que la question ne se pose pas ? Peut-être. Je l’ignore, au fond.  Mais tout de même : seuls les monstres peuvent assister à un défilé d’enfants bien mis, sagement alignés, se tenant la main devant un édifice où le cours de leur vie va connaître un terme brutal.
    Mais d’autres enfants ont pu survivre, en nombre infime, hélas, grâce à leur instinct, à leur débrouillardise ou à la tendresse qu’ils suscitaient dans le cœur soit de leurs bourreaux, soit des habitants des villes et villages environnants ; certains enfants, isolés dans des baraquements réservés, s’organisaient en une sorte de «république» où chacun était tenu d’obéir à des règles précises. Ceci se passait notamment à Théresienstadt, la ville-vitrine que les Nazis présentaient sous son meilleur jour, lors de visites officielles de la Croix Rouge ou d’autres commissions internationales. Malheureusement , les visiteurs étaient toujours dupes des manœuvres d’embellissement des Nazis qui, ces jours, fournissaient la ville en appareils électriques flambant neufs, doublaient voire triplaient les rations quotidiennes et priaient les détenus de rev^tir leurs plus beaux vêtements. Mais la réalité se trouvait mieux dépeinte dans un poème comme celui du jeune Hanus Hachenburg, intitulé TEREZIN : je fus jadis un enfant/ voilà tantôt trois ans/ ma candeur rêvait d’autres mondes/ elles est passée l’enfance/ j’ai vu les flammes, je suis mûr à présent : et j’ai connu la peur. Les mots sanglants, les jours assassinés/ où sont les croquemitaines d’antan ?/ ( p 93)  On décrit aussi le drame insoutenable, parfois, le suicide même, comme à Varsovie, où un jeune éducateur ne put se résoudre à livrer les enfants dont il avait la charge, sachant pertinemment qu’ils étaient promis à une mort certaine. Pouvait-il survivre à une telle abomination ? Non, assurément. Il mit donc fin à ses jours en avalant une capsule de cyanure.
    Un autre poème, intitulé chanson du ghetto, dépeint avec une émotion intense, les souffrances des parents, impuissants devant la détresse et l’agonie de leurs enfants : Etoiles des chemins/ éclairez la route de ton père/ la lune est sa seule fortune/ en sa suite nocturne/ sommeillou (sic) mon enfant/, bisous sur les yeux d’ombre/ sur les ruines en pleurs, / s’envole une colombe/ tu est toi, cette colombe/ ses blanches ailes, tes petites mains, maman ne quittera pas ton berceau pleurant la faim. (p 143).
    Comment finir ce bref compte-rendu ? En appeler à l’humanité, réciter un gigantesque kaddish pour ce million d’enfants, invoquer la justice divine ? Oui, probablement : inkom ha-Shem nikmat dam ha-yeladim ha-qedoshim we-ha-tehorim ha-shafukh

                        Maurice-Ruben Hayoun
                       

  • Jean-François BOSSY, Enseigner la Shoah à l'âge démocratique, Armand Colin, 2007

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        C'est un véritable problème d'ordre pédégogique et philosophique à la fois auquel l'auteur s'est confronté dans un livre très bien informé, riche, instructif, même si parfois le jargon prend le pas sur l'exposé clair et lisible.

        Comment enseigner la Shoah dans nos établissements d'enseignement secondaire? Quels points mettre en avant: la singularité de la Shoah, son unicité (au point de retomber dans la même erreur funeste que les Nazis qui soulignaient l'étrangeté intrinsèque des juifs?), son caractère incomparable et inconmmensurable à la fois etc… Peut-on, comme le dit l'auteur dans les toutes premières pages de l'ouvrage, refroidir cette question en un sujet d'histoire comme un autre… ?

        Doit-on se fier aux historiens qui confrontent les sources, se livrent aux critiques internes et externes, en une phrase faire un vrai travail d'historien ou écouter les témoins qui livrent, de leur mieux, une expérience inénarrable et pourtant vraie?  Lisons cette phrase frappée au coin du bon sens ( p 7):  et la transmission scolaire de la mémoire de la Shoah atteste d'abord de cette difficulté persistante à faire d'Auschwitz un objet de distanciation critique et savante. A elle seule, cette phrase résume bien le caractère malaisé de l'entreprise pourtant indispensable: rendre compte dans les livres et les cours d'histoire de cette tentative des Nazis d'amputer la culture et l'identité européennes de ses dimensions juives.

        Car, c'est bien de cela qu'il s'agit. la Shoah, c'est d'abord, vue sous l'angle de la culture, le constat d'un profond divorce entre l'identité juive (telle que la se représentaient les Nzais) et la culture européenne dont iles juifs furent pourtant de substantiels contributeurs.

         le présent ouvrage montre bien le hiatus qui surgit nécessairement entre la mémoire et l'histoire. On se souvient de ce que Marguerite Yourcenar écrivait dans les Mémoires d'Hadrien, en substance, le passé, c'est la trace que les événements laissent dans notre mémoire. Or, pour faire de l'histoire et l'enseigner, il faut une matière historique. Heureusement, les historiens sérieux ne nient pas pas la Shoah, mais il faut tenir compte des difficultés ressenties par les professeurs du secondaire devant des publics dits difficiles (maghrébins, arabes, africains) qui, parfois, manifestent de l'impatience, voire même un violent désaccord lorsqu'il est question de la destruction des juifs d'Europe… Certains, dit-on, vont jusqu'à quitter la salle de cours!

       Il y a un aspect que l'enseignement de la Shoah laisse généralement de côté, c'est la cause de la Shoah. Pourquoi a-t-on organisé l'extermination des juifs? Parce qu'ils étaient juifs, évidement. Mais en quoi consistait leur judéité ou leur appartenance juive? Elle tenait à l'essence de leur religion, qu'ils l'aient ou non pratiquée.

       Et là, la perspective change du tout au tout. Or, on enseigne la mémoire de la Shoah sans rien dire de l'essence du judaïsme, même si un philosophe comme Emmanuel Levinas a apporté à cette compréhension de l'essence du judaïsme une substantielle contribution. Il a expliqué, par exemple, que l'altérité juive était plus d'ordre éthique que rituel. On m'objectera que les Nazis n'en avaient cure, et c'est hélas vrai. Mais ce travail apporterait un complément d'information indispensable.

      Enfin, cette mémoire de la Shoah qui doit perdurer et qui, je le slouligne, est l'une des caractéristiques fondamentales et incontournable de l'identité juive contemporaine ne doit pas se substituer à la mémoire du judaïsme lui-même: en une phrase, nous ne devons pas aboutir à une théologie ou une religion de la Shoah qui remplacerait la religion ou la théologie du judaïsme. Ce serait un contre sens à la fois historique et philosophique.

     Car, ne l'oublions pas, c'est parce qu'ils étaient juifs que tous ces êtres ont été impitoyablement tués. Le socle, le fondement de la mémoire de la Shoah, c'est l'essence du judaïsme, qu'elle soit religieuse, philosophique, ou culturelle au sens le plus large.