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  • La visite de M. Georges BUSH au Proche Orient

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        La longue tournée du président américain qui commence aujourd'hui au Proche Orient n'est pas sans rappeler les efforts surhumains déployés par Bill Clinton à la fin de son mandate afin de favoriser un accord entre les Palestiniens et les Israéliens. En pure perte, en raison des atermoiements de Yasser Arafat qui craignait de mettre fin à son propre mythe personnel en apparaissant comme un homme de paix… le keffieh sur la tête et le revolver à la ceinture…Ce fut pour Bill Clinton un effort louable mais O combien aléatoire.

        Ce qui complique encore un peu plus ce qui est déjà passablement compliqué, c'est le jeu dangereux que jouent les Iraniens, soucieux de ravir la vedette au conflit israélo-palestinien en se remettant inconsidérément au milieu du jeu…

       Il pourrait leur en cuire cette fois ci car le Président américain ne parlera dans les capitales conservatrices arabes que des Iraniens et du danger qu'ils représentent pour les monarchies pétrolières du Golfe et pour les régimes modérés en général. Et cette fois ci, ils ne pourront pas actionner les alliés libanais du Hezbollah pour allumer un contre-feu. Les forces de l'ONU sont là en nombre.

       Provoquer de manière délibérée une armada américaine prépositionnée pour justement les surveiller et les intimider est un pari risqué. Il semblerait que les Américains aient, sur zone, suffisamment d'escadrilles pour bombarder leurs adversaires jour et nuit pendant 40 jours!!

       Enfin, un sort malencontreux semble s'acharner sur les Palestiniens et les Israéliens. Sans céder à quelque tentation fataliste que ce soit, il faut bien reconnaître que ce conflit paraît insoluble. Pour la bonne raison que nous avons affaire à une guerre aux racines religieuses. Ce que beaucoup d'Européens ne parviennent pas à comprendre car ils ont exclu le phénomène religieux de leur champ de vision…
     

  • La conférence de presse de Nicolas Sarkozy

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        La politique de civilisation, une réponse à la mondialisation…

    S’il avait voulu faire réagir l’ensemble de la presse à une formule à l’emporte-pièce qui résume bien toute sa volonté de changement, Nicolas Sarkozy n’aurait pas pu choisir une meilleure formule que celle-ci.  Cette conférence de presse de la rentrée nous offre, déjà en soi, une nouvelle illustration de l’idée de rupture ; alors qu’on entendait génaralement une banale présentation de vœux, cette rencontre avec la presse a pris l’allure d’une véritable déclaration de politique générale et d’une profession de foi politique,. Ce dernier terme, à l’état substantivé, constitue la clef de voûte, une sorte de principe architectonique de la pensée du président de la République qui a introduit son propos en revenant sur une expression controversée, utilisée lors de la présentation des vœux à la nation, la politique de civilisation.
        Pour ramener une polémique artificielle à de plus justes proportions, il convient de rappeler une formule lapidaire de Martin Luther qui se lançait au début du XVIe siècle, à la fois dans une véritable croisade contre le joug de la Curie romaine et dans un vibrant plaidoyer en faveur du libre examen des Ecritures : Ideen sind zollenfrei (les idées sont exemptes de droits de douane)… Elles n’appartiennent à personne, chacun peut les avoir, les concevoir ou s’en saisir à sa guise. Même le philosophe allemand Hegel qui se vantait, à bon droit, d’avoir fait le tour des concepts, ne peut pas revendiquer un titre exclusif de propriété à propos d’un fonds de pensée ou d’un produit intellectuel.
        Mais que signifie, au juste, la politique de civilisation, telle qu’évoquée par le président Sarkozy ? A l’évidence, une architecture d’ensemble, soutenue par une pensée générale, une idée directrice qui ne laisse rien en-dehors de son champ d’activité et place l’homme et ses besoins au centre même de ses préoccupations. C’est le dénominateur commun d’une action politique dans toutes ses ramifications. Cela rappelle la célèbre phrase du philosophe antique, que rien d’humain ne me soit étranger. C’est cela, la politique, au sens classique du terme. Gagner les élections met en situation de déployer et de réaliser ses idées. Mais, à elle seule, une victoire électorale ne saurait tenir lieu de politique.
    Dans ce sens là, le mot civilisation peut se confondre avec la notion de culture. C’est donc un élargissement sémantique considérable du terme civilisation qui rappelle, d’ailleurs, le tire d’un célèbre ouvrage de S. Freud, Unbehagen in der Kultur, toujours traduit en français par Malaise dans la civilisation.
               On a l’impression que dans cette expression «politique de civilisation», le premier terme représente le principe  agissant, fécondant, une sorte d’âme tandis que le second joue le rôle du corps et de la matière ; le premier in-forme, modèle et sculpte le second. C’est donc la politique qui joue un rôle primordial. Avoir une idée claire de la politique à suivre signifie qu’on est porteur d’un projet et animé d’une vision. Ceci a conduit le président à nous livrer ses idées sur ce que c’est que faire de la politique. Et cette politique de civilisation se veut principalement une réponse française à la mondialisation.
     Evitant le double écueil du débat académique et des définitions politiciennes, véritable caricature de ce qu’est, en vérité, l’art de gouverner la cité, Nicolas Sarkozy ne s’est pas contenté d’en parler comme de l’art du possible. Fidèle au volontarisme qui le caractérise, il veut investir l’action politique de contenus nouveaux permettant à l’Homme de s’épanouir et de vivre heureux. Il privilégie donc la qualité sur la quantité et veut adopter de nouveaux instruments de mesure du progrès et du bonheur. Ces accents nouveaux pourraient rappeler les envolées lyriques, à la fois séduisantes mais éphémères de François Mitterrand parlant avec enthousiasme du «temps de vivre» et du «temps d’aimer». Mais tant les prédécesseurs que le successeur du défunt président socialiste ont plus promis que tenu : la France gouvernée au centre, une société égalitaire, la fracture sociale… A voir les chantiers que le gouvernement ouvre chaque jour sous nos, on se rend vite compte qu’il y a loin des projets à leur réalisation.
    Le nouveau président veut redorer le blason de la politique qui reçoit de nouvelles lettres de noblesse. Au fond, il a tracé les contours d’une nouvelle gouvernance, d’un nouvel art de conduire et de diriger la cité. Le style est, certes, direct, et tranche par rapport à ce que les Français connaissaient auparavant. Ce qui explique peut-être cette incompréhension qui semble marquer les relations du pouvoir avec une importante partie des média.  On a aussi l’impression qu’après les mesures socio-économiques proprement dites (paquet fiscal, réforme des trente-cinq heures, réduction des droits de succession, promesse de stimuler le pouvoir d’achat, etc…) le président a voulu définir un cadre beaucoup plus large qui rétablit un équilibre, longtemps ignoré par ses prédécesseurs, entre la politique intérieure et la place de la France dans le monde. Alors que la politique étrangère permettait ces dernières années à l’ancien pouvoir de s’extraire d’un environnement intérieur pesant et difficile à maîtriser, l’activité internationale du pays est replacée à la place qui lui revient.
    C’est nettement perceptible dans la nouvelle vision de l’ordre international : un partage plus équitable entre les droits et les devoirs des uns et des autres, un plus grand respect de la diversité qui doit être prise en compte de part et d’autre et une plus juste représentation des pays émergeants au Conseil de sécurité de l’ONU. Il y a là un rejet implicite de cette «haine de soi» chère au philosophe allemand (mort en 1933) Théodore Lessing, qui s’est insidieusement emparée de la culture européenne dans son ensemble, coupable à ses propres yeux d’avoir généré un monde si injuste et si imparfait, comme si toute civilisation n’était pas contrainte de se développer sur un humus d’injustice… Le terrorisme n’est pas oublié et se voit justement qualifié de barbarie. On s’abstient désormais de le comprendre, à défaut de l’excuser, en arguant des injustices criantes  qui lui auraient donné néiassance.
    Cette politique de civilisation inclut aussi le dialogue des cultures avec un appel à la tolérance et à l’acceptation de l’autre. Mais pour une fois, on reconnaît que cet effort doit être fourni par toutes les parties.  L’une des multiples pistes ouvertes ce jour par la président invite à  s’interroger sur les rapports entre l’identité française et la culture européenne, voire la culture tout court.
    Le 11 mars 1882, Ernest Renan prononçait en Sorbonne une célèbre conférence intitulée Qu’est-ce qu’une nation ? Il concluait que c’était un lien spirituel et une volonté de vivre et d’œuvre ensemble. C’est la tonalité générale du discours présidentiel. Une sorte de nouvelle frontière.
     Dans quelle mesure, la France peut-elle redevenir un phare, un modèle, une source d’inspiration ? Ses moyens le lui permettent-ils ?
    C’est un courageux pari. On n’avait encore jamais assisté à un tel coup de projecteur balayant la France et le monde.  


                               
     

  • Les Disparus de Daniel MENDELSOHN (Flammarion, 2006)

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       Daniel   MENDELSOHN, Les disparus. Paris, 2006, Flammarion.

    C’est vraiment un très bel ouvrage, un très beau récit, attachant, palpitant et grave à la fois, dont l’auteur nous fait ici l’aubaine. De quoi s’agit-il ? De tout sauf d’un roman ! Il s’agit d’un jeune homme, né de parents et de grands parents émigrés d’Europe de l’est, venus s’installer aux USA pour fuir une Europe dominée par le totalitarisme raciste national-socialiste. Comme ses parents, Mendelsohn est né aux Etats Unis mais son grand père maternel qui joue dans ce livre un rôle crucial, a exercé sur son petit fils une influence des plus marquantes. C’est à l’ombre de ce vieil homme, maintes fois remarié, grand observant des interdits alimentaires et des prescriptions rituelles (prières matinales, observance des rites religieux de toutes sortes etc…), que le petit Daniel fait son apprentissage d’enfant et d’adolescent, c’est lui qui lui explique les expériences les plus marquantes de l’existence, le renseigne sur les origines de la famille dans une bourgade d’Ukraine, Bolechow.
    Mais le drame se noue d’une curieuse manière puisque c’est une circonstance absolument fortuite qui enracinera le petit Daniel au cœur d’une aventure incroyable à laquelle il participera, comme mu par une force extérieure.
    Daniel avait remarqué que lorsqu’il apparaissait dans une pièce où se trouvaient réunis les membres les plus âgés de la famille de sa mère, ces hommes et ces femmes, de la même génération que son grand père, se mettaient soudainement à pleurer et à chuchoter des mots en yddish que l’auteur ne comprenait guère. Rendu plus attentif à cette étrange situation, il finira par comprendre : c’est sa ressemblance frappante avec le frère de son grand père, Shmiel Jäger, assassiné à Bolechow avec ses quatre filles par les Nazis, qui provoquait ces accès de tristesse et ces crises de larmes.  Au lieu de considérer que cet héritage était trop difficile à porter, le jeune homme se sent, au contraire, investi d’une mission : partir sur les traces de ce grand oncle, savoir ce qui s’est vraiment passé, se rendre à Bolechow (Ukraine), en Israël, en Australie, au Danemark, en Suède et interviewer tous les survivants de cette bourgade qui résidaient alors à New York.
    Ce qui m’a frappé dans ce livre et a retenu toute mon attention, c’est le découpage du plan : en cinq parties, comme le Pentateuque, Mendelsohn enchâsse dans ses développements des passages des péricopes hebdomadaires, lues le samedi à la synagogue, et s’en réfère aux commentaires ad locum de Rashi, le plus célèbre commentateur judéo-français du XIIe siècle. Il commence par la péricope de Be-réshit (au commencement) et évoque ainsi la naissance de la lignée familiale. Ensuite, il s’attarde sur les passages qui parlent du premier couple fraternel, Caïn et Abel, et émaille les propos de Rashi de considérations personnelles, reflétant les relations que lui-même a pu entretenir avec sa propre fratrie.
    Dans ce contexte précis, un fait grave, voire tragique, mérite d’être souligné : Daniel a exhumé des lettres de ce grand oncle Shmiel qui implorait jusqu’au milieu de l’année 1939 (le mot n’est pas trop fort) l’aide du grand père et du reste de la famille pour pouvoir émigrer aux USA. Sans chercher à résumer ces tragiques péripéties, on dira simplement que l’aide n’est pas venue, que le persécuté a vu arriver les Nazis et leurs sbires ukrainiens sans pouvoir se sauver ni sauver sa famille. Son sort fut, en quelque sorte scellée, avec l’assentiment, ou plutôt en raison de la non assistance de ses proches.
    Il faut lire ces lettres à la fois brèves et émouvantes où il décrit la beauté et la grâce de ces quatre filles (violées et ensuite tuées par les Nazis), se lamente sur son commerce qui périclite et se prépare à mourir… Daniel découvre dans le porte feuille du grand père une photo de cet homme, le regard droit, bien de sa personne, l’air assuré et de bonne prestance. Sur le dos de la photographie une inscription manuscrite en allemand : mon cher frère Shmiel tué par les Nazis…   On pourrait presque  parler ici de ce phénomène, dit trans-générationnel, qui fait, selon les psychanalystes, que les enfants et les petits enfants vivent, encore plus douloureusement que les victimes elles-mêmes, les souffrances infligées par les bourreaux.
    La catastrophe de la guerre et de la Shoah qui s’ensuivit est placée sous le signe de la péricope biblique consacrée à Noé, le renouveau d’une humanité régénérée après le Déluge que Dieu précipita sur une terre devenue corrompue et irrattrapable ;  en filigrane, alors qu’il résume bien les développements de Rashi et les compare à ceux d’un sagace rabbin américain contemporain, Friedmann, l’auteur s’interroge sur le silence de Dieu pendant ces années noires. Comment ce Dieu créateur des cieux et de la terre qui avait si énergiquement réagi devant un océan d’injustice, allant jusqu’à annihiler sa propre création, pouvait-il laisser les assassins nazis mener leur sinistre entreprise sans être inquiétés ? Comment expliquer, sans même dire justifier, cette éclipse de Dieu ? A l’image de ce qui arriva à l’ensemble de l’Europe, la petite bourgade de Bolechow a subi un véritable déluge lors des différentes Aktionen (attaques contre les Juifs), un déluge presque aussi exterminateur que  le cataclysme dont nous entretient la Bible…
    On a l’impression que l’œuvre de la création –avec, à sa tête, l’homme- échappe de fait à son auteur qui ne trouve pas d’autre moyen pour réformer son œuvre, désormais gravement déviante,  que de la détruire ! Cette quasi-impuissance divine face à la méchanceté humaine rend encore plus fascinante l’insertion des épisodes bibliques dans l’hisoire de Mendelsohn… Si même Dieu ne parvient pas à juguler le mal dans la nature humaine, comment s’étonner des atrocités nazies à l’encontre des Juifs ?
    La quatrième partie est placée sous le signe de la péricope Lekh lekha, l’ordre donné à Abraham de quitter sa ville natale, sa famille, la maison paternelle, etc… pour se laisser guider par le choix imposé par la volonté divine. L’ordre des développements est clair : on commence par l’humanité à l’aube de la création, on passe à un homme Noë qui incarne avec quelques autres le germe d’une engeance humaine rédimée et régénérée, on en arrive au patriarche Abraham, diadème de sa génération, et on entame ensuite l’histoire d’un peuple, le peuple d’Israël.
    La cinquième partie est placée sous le signe de la péricope wa-yéra, qui relate la vision d’Abraham… Sur un mode un peu ironique, Mendelsohn dit qu’il n’a pas pousser plus loin ses études bibliques ou hébraïques, préférant s’en retourner aux textes tout aussi vénérables d’Homère…
    Quelles leçons tirer d’un si volumineux ouvrage, si bien écrit et traduit ? D’abord, l’art et la délicatesse avec lesquels l’auteur a su mêler les fils du récit de l’enquête à des épisodes bibliques, habilement rehaussés d’une exégèse actualisante. Certaines considérations de l’auteur ne laisseront pas indifférent le lecteur attentif. On a parfois l’impression que ce que les juifs d’Europe ont vécu durant la seconde guerre mondiale était un peu préfiguré, sinon annoncé dans les récits bibliques, source intarissable d’inspiration et d’enseignements. Il y a aussi quelques interrogation, demeurées sans réponse depuis que l’humanité pensante et/ou croyante vit sur cette terre : pourquoi telle chose se passe-t-elle et pas telle autre ? Peut-on croire que la divine Providence confie en d’humaine mains le sort des mortels, même si cela nous paraît incompréhensible ? Pourquoi donc Shmiel, qui était précédemment venu aux USA, les a-t-il quittés pour s’en retourner dans la bourgade  où il allait être tué, un quart de siècle plus tard ?
    Quelle émotion, lorsque Daniel se tient tout près de la cachette souterraine où son grand oncle avait vécu claustré avec sa dernière fille, avant d’être dénoncés par un traître ? Comment Dieu a-t-il pu permettre que ce pauvre homme dont la famille avait déjà été détruite fût exécuté avec son enfant dans le jardinet de la maison, leurs corps ensanglantés gisant à même  le sol, dans l’attente d’être emmenés au cimetière juif, un jour de 1944 !!
    Les morts, se demande l’auteur, nous conduisent-ils inexorablement vers eux afin de découvrir les circonstances exactes de leur mort violente ?  Oui,les choses ont-elles, elles aussi, des larmes, sunt lacrimae rerum ? Après tout, c’est sur cette phrase célèbre que s’ouvre ce livre dont nous recommandons vivement la lecture.

     

  • La paciifcation de l'Irak

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      Dans la mesure où il est permis de faire des paris sur l'avenir, on peut dire que l'Amérique est en train de tirer son épingle du jeu en Irak. Si on laisse l'idéologie de côté et que l'on regarde ce qui se passe sur le terrain, on relève des indices qui vont décisivement dans le bon sens:

     a) la réduction des morts du côté américain

     b) la réduction des attentats contre la population civile au point qu'on peut parler de terrorisme résiduel

      c) l'arrestation par les autorités de nombreux émirs d'Al-Quaida et la destruction de multiples caches d'armes.

      d) La reprise de la vie tout court à Bagdad: les cortèges nuptiaux dans les rues, les danses le soir de la Saint Sylvestre, le retour de plus de 50.000 exilés ayant fui le pays, suite aux troubles et à l'insécurité.

        La strétégie du général Petraeus a payé; il a fini par comprendre qu'un peu de politique pouvait aider à gagner ce type de guerre, dans une région où tout s'achète.  Mais ce qui frappe le plus et qui montre qu'Al-Quaida est sur la défensive, c'est sa mise en garde à l'encontre de ceux qui accepteraient de faire partie d'un gouvernement d'union nationale… En effet, cela sonnerait invinciblement le glas du terrorisme.

       
        Certes, c'est un processus fragile mais c'est la vie: avant de devenir des adultes grands et forts, nous devons, en tant que nourrissons, échapper aux maladies infantiles. Et le terrorisme en est une.

     

  • Le discours du Latran de Nicolas Sarkozy

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        La lecture d'une excellente tribune de Jean-Miguel Garrigues, parue dans Le Figaro des 5-6 janvier, en page 14, m'incite à revenir sur ce thème que j'avais déjà évoqué précédemment.  Ce texte est très bon et met à nu certaines hypocrisies de la laïcité française tout en faisant ressortir le caractère novateur du discours du Président.

      L'auteur montre que tout en claironnant un attachement sans faille mais aussi sans discernement à une laïcité fermée et hermétique, la République reconnaît, en fait, à la fois l'Etat du Vatican mais aussi le Saint-Siège (et en effet, nous avons un ambassadeur auprès du Saint-Siège). Celui-ci n'est autre que l'autorité suprêle de la religion catholique à travers l'univers… Première entorse donc à une laïcité de façade.

      L'auteur souligne que le discours de Nicolas Sarkozy est celui d'un homme d'Etat et non point celui d'un diplomate ou d'un fonctionnaire. En effet, ces deux dernières catégories, éminemment respectables et honorables, ne sont pas vraiment libres puisqu'astreintes à l'obligation de réserve. Le président, lui, n'a de compte à rendre à personne, si ce n'est à la Constitution de la République et aux souhaits des électeurs. Or, ces derniers l'ont élu, en pleine connaissance de son programme.

        Le théologien conclut son brillant article par une analogie un peu osée; si, dit-il, les économistes pronostiquent une relance de la consommation à la suite de nos victoires aux matchs de foot-ball, pourquoi reprocher au Président d'en faire autant avec la foi et la croyance?

        Bel exemple de raisonnement par analogie, dit le philosophe; bel argument de plaidoirie, diraient les avocats…
     

     
     

  • L'interdiction de fumer dans les lieux publics en France

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        Eh bien, c'est fait! Depuis le 2 janvier au matin, les policiers et les gendarmes contrôlent certains établissements publics (bars, cafés et restaurants) afin de veiller au respect de l'interdiction de fumer. Est-ce un drame? Certainement pas! Au fond, ce qui est interdit, c'est d'enfumer les autres, pas de fumer. L'auteur de ces lignes se détend au mieux quand il fume un bon cigare, mais cela ne lui arrive qu'une vingtaine de fois par an.

       Il faut parler avec des médecins et des pneumologues pour réaliser ce que coûte en vies humaines et en soins médicaux l'action de fumer inconsidérément.

      Désormais, ceux qui prendront leurs repas dans des lieux de covivialité apprécieront plus le goût des aliments et surtout n'incommoderont pas leurs voisins.

      Ce qui est gênant, en revancje, c'est qu'on ait dû recourir à une loi. Certains pourraient un jour objecter qu'à ce régime, il faudrait aussi interdire la consommation d"alcool (déjà réglementée quand on prend le volant), réglementer la consommation de… chocolat, de café, de thè, puisqu'il s'agit d'excitants etc…

     Ces considérations me rappellent ce que disait un sage du Moyen Age, Ibn Badja, nommé par les Latins Avempace (mort en 1165): dans son Régime du solitaire, il s'interroge sur la meilleure façon d'accéder à la félicité et de mener une vie vertueuse. Ceci le conduit à déterminer quelle est la cité parfaite et quelle est celle qui ne l'est pas.

     Le croirez vous? Voici sa réponse: les habitants de la cité parfaite n'ont besoin ni de médecins ni de juges car chacun sait ce qui renforce ou compromet la santé; chacun sait aussi où s'arrêtent ses droits et où commenccent ses devoirs… Et il disait cela au beau milieu du XIIe siècle!! 

     Alors, fumeurs, un petit effort…
     

  • Conférence du 10 janvier 2008 à la Mairie du XVIe arrondissement de Paris

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            Le jeudi 10 janvier 2008 à 20h 15 doit se tenir D- voulant, la conférence suivante:

    De l'attente messianique à l'anarchisme religieux: la cas de Sabbataï TSEVI (1626-1676)

     

            Les grandes lignes de la conférence seront disponibles sur ce blog le jeudi 10 janvier avant 19 heures.
     

  • La notation des ministres en France

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        Sitôt annoncée, l'évaluation des ministres du gouvernement Fillon a dû être tempérée par le Premier Ministre en personne. Mais pourquoi donc? Chacun est évalué dans son travail et dans sa carrière. On n'est plus ministre par la faveur du prince, si on l'est déjà et qu'on veut le rester, il faut le mériter. Cette mesure fait probablement partie de la panoplie destinée à moderniser la fonctioon publique en France. On peut être fonctionnaire et être à la fois motivé, efficace et productif.

       La France ressemble trop à une belle endormie, se reposant sur ses lauriers. Dans un monde qui évolue plus vite qu'on ne le pense, il faut sans cesse se questionner et se remettre en cause.

          Cela rappelle ce que Johann Wolfgang Goethe disait de la velocitas… Et aussi un vers d'un ses poèmes d'amour, après une brève idylle dans la bonne ville de Strasbourg: Es wurde gemacht, ehe gedacht. Ce fut fait avant même d'y penser…
     

  • Pas de paris-Dakar

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        c'est à peine croyable: pas de Paris-Dakar cette année! Pour la pemière fois depuis une bonne trentaine d'années, le rallye est supprimé… A cause de la menace treroriste d'al-Qaida.

        Le Paris Dakar avait jadis triomphé de tous les obstacles: la sécheresse, les intempéries, les accidents tragiques, les décès de spectateurs… et d'organisateurs . Et maintenant, ce sont les menaces d'al-Qaida qui nous font reculer.

        Quelles seront les conséquences de cette mesure? D'abord, il faut rendre hommage à la sagesse des organisateurs qui ont préféré opter pour la sécurité, sans mettre en jeu la vie des participants.

      Mais il y a l'autre volet: pour la première fois, la nébuleuse terroriste islamiste fait reculer des puissances occidentales. Va-t-elle s'en tenir là? Ne va-t-elle pas chercher à pousser son avantage encore plus loin?

     La sagesse l'a emporté, certes, de notre côté, mais du côté des terroristes? Il faut cesser de sous estimer al-Qaida. Ses stratèges ont montré qu'ils savaient déceler les maillons faibles. La Mauritanie est un, hélas!

      Ce faisant, les terroristes se rapprochent de nos frontières. Même psychologiques. Il y a des frontières terrestres, aériennes, maritimes. Et il y en a aussi de psycchologiques. Et c'est la première fois que les nôtres sont atteintes. Veuillons à ce qu'elles ne soient jamais franchies.