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  • Le cardinal Lustiger

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        Dans sa livraison du week end, Le Figaro publie la tribune d'un rabbin français qui revient sur le cas du défunt cardinal; au gré de l'auteur de cette tribune, le cardinal était un prince de l'église et ne pouvait donc plus être juif… Pour appuyer ses dires, l'auteur se réclame d'un principe rabbinique qui  stipule que même si un juif commet une faute, il reste toujours juif.(af al pi shé hatta, Israël hu) Mais l'auteur interprète ce principe dans un sens bien spécial puisqu'il ajoute qu'il reste juif, sauf si la faute commise est l'apostasie. C'est-à-dire si l'intéressé a changé de religion. Et d'autres termes, s'il se convertit à une autre religion…

        Cette interprétation pose problème car les sages rabbiniques considéraient que même l'apostasie n'était pas un facteur dirimant et que, somme toute, le péché capital était justement l'apostasie. Ce qui signifie que même si un juif quitte sa confession il n'en est pas moins juif.

     

        Le grand historien judéo-hongrois Jacob Katz, autorité éminente en matière d'érudition et de droit rabbiniques, avait expliqué dans une excellente étude diachronique sur la question, que même dans ce cas d'apostasie, l'apostat pouvait revenir et donc continuer de revendiquer son appartenance à la religion juive. Ce qui était justement le cas du défunt cardinal.

     

        En réalité, il faut savoir que la jurisprudence rabbinique ne porte que sur la définition razbbinique de l'identité juive. Or celle-ci n'est qu'une catégorie parmi d'autres puisque l'appartenance au judaïsme n'est pas seulement (exclusivement) de nature religieise. les rabbins ne pouvaient accepter que l'identité juive religieuse. Or, il en existe d'autres, tout aussi légitimes. Mais le cas du cardinal est complexe: il considérait que le christianisme était la vérité du judaïsme et que ce dernier avait trouvé son accomplissement dans le christianisme. Ce qui est inexact, à la fois aux plans historique et théologique.

     

       Il faut déplacer le centre de gravité de la question vers un plan éthique: peut-on interdire à un homme de revendiquer deux identités qui, à ses yeux, n'étaient pas mutuellement exclusives?
     

  • La visite du pape Benoît XVI en Autriche

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        Le pape Benoît XVI voyage beaucoup moins que son prédécesseur mais il se déplace tout de même aussi. Au fond, c'est la continuation ou la reprise de l'antique tradition apostolique, notamment paulinienne, qui entendait porter la bonne parole ou la bonne nouvelle aux confins de l'univers…

      Et comme jadis, les déplacements ecclésiastiques suscitent des critiques et des protestations: jadis, Paul (il le dit lui-même avec un peu d'exagération) subissait toute sortes de vexations et de punitions, aujourd'hui, ce sont les manifestations des uns et des autres contre le Saint Père.

       
         Mais qui pourrait reprocher au chef de l'eglise ctaholique de tenter d'endiguer la déchristianisation de notre continent? En outre, le pape ira se recueillir sur le mémorial de la Shoah aux côtés du grand rabbin de Vienne.
     

  • Le Pakistan, encore et toujours

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       Depuis la publication du livre de Samuel Hunttington sur le choc des cultures et des civilisations, on n'a pas suffisamment insisté sur les retombées politiques de ces disparités des valeurs. J'en veux pour preuve et exemple le fait que l'Occident a dû se choisir des alliés et des affidés dans des camps assez inattendus.

     

      L'exemple du Pakistan est éloquent: voici un pays de plus de 160 millions d'habitants, tenu par un général venu au pouvoir à la suite d'un coup d'Etat mais qui représente pour l'Europe et les USA la dernière chance de salut pour endiguer la résurgence d'un régime comme celui des talibans.

     

     Les USA eux-mêmes ont beau dénoncé la duplicité de la politique du régime en place, ce dernier leur précieux puisqu'il donne, au moins, l'apprence de combattre le terrorisme… Certes, le général-président est sincèrement intéressé à lutter contre le terrorisme et l'islamisme, mais il doit, tout autant, ménager les sensibiltés d'une partie de son armée et des services spéciaux… On l'a vu avec le cas de l'assaut donné contre la Mosquée rouge…

      Que faire? Même la pratique d'une authnetique dialogue des cultures prendra des décennies, or la situation est uurgemment préoccupante.
     

  • Les élections législatives au Maroc

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       Un peu plus de quize millions de marocains votent pour l'Assemblée législative de leur pays. Le Maroc est un très beau pays, peuplé par des gens ouverts et tolérants mais qui est, depuis peu, gangréné par la menace terroriste.

     

       Ici aussi, comme en Algérie (et pire encore, puisque le pays ne dispose pas des mêmes ressources financières) les inégalités sont criantes, le népotisme roi et la jeunesse, même diplômée, désœuvrée et sous employée.

     

      Tout le monde reconnaît les mérites du jeune roi Mohammed VI qui a libéralisé le régime hérité de son père mais qui se trouve face à une tâche immense.  La plupart des jeunes marocains (moyenne d'âge: 23 ans) estiment que leur pays ne leur donne pas assez de perspectives de développement et d'épanouissement.

     

       Et c'est là tout le problème: ces frustrations sociales poussent dans les bras de l'intégrisme une foule de jeunes gens, désespérant de changer leur vie. Que faire? Peu de choses; et pourtant, si le Maroc tombait dans l'escarcelle des islamistes, ce serait un coup fatal porté à la politique euro-méditerranéenne.
     

  • Le drame algérien

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       Le dernier attentat de Batna (Algérie) commis selon les méthodes d'al-Qaïda, montre que le terrorisme islamiste n'a pas désarmé. Il semble que l'acte visait tout particulièrement le président Bouteflika qui se rendait dans cette ville pour une visite officielle. Le bilan se monte à quinze morts!

       Par delà le drame en lui-même, se pose la question de la stabilité -politique et géo-stratégique- d'une région en bordure de la Méditerranée et dont les relations avec l'Europe, et singulièrement la France, sont très importantes. Tous ces régimes d'Afrique du Nord -et même au delà- souffrent d'un déficit de démocratie et d'une très inégale répartition des richesses.

     

      Le problème est que les intégristes algériens se donnent des airs de démcorates si les élections les portent au pouvoir; mais ensuite, cela aura été la dernière fois que le vote aura pu s'exprimer. Car, après coup, comment rendre leur liberté aux électeurs qui opteraient pour un retour en arrière?

      D'où le soutien que nos régimes occidentaux sont contraints d'apporter aux autorités en place tout en sachant bien que celles-ci ne donnent pas entière satisfaction.