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  • Autres temps, autres mœurs…

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    Depuis quelques années, un phénomène nouveau se profile avec une insistance toujours plus forte: la commémoration insistante du souvenir d'artistes, d'acteurs et autres virtuoses, dès l'annonce de leur mort.
    Le hasard a voulu que la mort de trois monstres sacrés du cinéma soit presque concomittante: Serrault, Atonioni et Bergmann. Même si les deux derniers dépassent et de loin le premier.
    Qu' l'on ne se méprenne guère: j'ai adoré le premier et m'incline respectueusement devant le talent cinématographique des deux derniers. Mais je dois relever que même le creux de l'été n'explique pas convenablement cet engouement post mortem. Certes, ces hommes nous ont aidé à vivre des moments merveilleux, ont incarné certaines de nos joies et de nos peines, les ont même rendues esthétiques au sens philosophique du terme. Mais tout de même…
    Autre chose: durant l'Antiquité, au Moyen Age, à la Renaissance ou à l'époque moderne, on ne saluait pas de manière aussi bruyante le départ d'hommes illustres ou célèbres. Sovrate, Platon, Aristote, Alexandre le Grand, Maimonide, Averroès, Dante, Saint Thomas, Albert le Grand, Spinoza, Kant, tous ces hommes que nous lisons encore n'eurent pas de telles manifestations. et pourtant ils les auraient méritées.
    Nous vivons peut-être une autre époque: au lieu de demander au cours d'un dîner à sa charmante voisine : avez vous lu ce livre on dit plutôt avez vous vu tel film?
    Voila bien la preuve de la primeur de l'audio-visuel sur l'écrit.

  • La nouvelle conférence américaine sur le Proche orient

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    Dans les brochures pénitentielles juives, destinées à la liturgie des journées de deuil ou de jeûne, on utilise une formule qui en dit long sur l'espoir qu'aurait Israël d'être enfin absoud de ses péchés: nos péchés, dit cette prière, sont si nombreux que le temps pourra se consumer alors qu'eux subsisteront encore…
    C'est la réflexion qui nous vient à l'esprit lorsque nous considérons les conditions palestiniennes pour une reprise des pourparlers de paix. Le président Abbas voudrait parler du tracé des frontières, des réfugiés et du statut de Jérusalem, trois thèmes absolument insolubles. Autant dire la quadrature du cercle…
    Et pourtant, si l'on laissait loin de soi les préjugés, on pourrait avancer un peu: les réfugiés pourraient, pour partie, être indemnisés ou mieux insérés dans les pays arabes ou autres où ils résident, eux ou leurs descendants; Quant à Jérusalem, vu son imbrication dans la cisjordanie, elle pourrait s'étendre plus à l'est et donner naissance à une sorte de capitale, avec une souveraineté particulière sur le lieu sacré de l'islam, la Mosquée d'Al-Aqsa. Enfin, le tracé des frontières reste, il faut bien le reconnaître, le principal point d'achoppement.
    Mais au lieu de commencer par le plus difficile, ne serait-il pas plus intelligent de rejeter d'abord et de manière bilatérale tout acte de terrorisme et d'ériger en dogme la négociation?

    Il faut rompre ce cercle vicieux et infernal et infliger enfin un démenti à la fatalité.

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    BLOG HAYOUN

     

    Sagesse et politique : les cent jours de Nicolas Sarkozy, président de la République, sont en passe d’être atteints.  Quelles leçons pouvons nous en tirer ? Ce qu’une partie de la presse qualifie de reculs ou  de  retraits n’est  en réalité que  la prise   en compte d’un  contexte  politique typiquement français.   Le président  fait face au même dilemme que tous ses prédécesseurs : appliquer les réformes dont le pays a besoin  a besoin sans heurter les Français dont la nature est rétive aux changements. On se souvient du slogan  électoral : la continuité dans le changement. Ce qui ne veut pas dire grand chose.                                                               

    C’est tout le rapport entre la sagesse et le pouvoir : que ce soit le paquet fiscal, la réforme de la politique et la sagesse : pour la réforme de l’université, il est vrai que le texte adopté est à mi chemin entre l’objectif affiché et le résultat obtenu. Les Français refusent l’examen d’entrée qu’ils assimilent à une sélection tout comme ils rejettent des droits d’inscription fixés de manière unilatérale. Pour le service minimum dans les transports, on s’étonne qu’il ne soit pas étendu à d’autres secteurs. Et c’est vrai : mais peut=on réformer contre les citoyens ? Ce serait peu sage. Le contrat de travail unique tombe lui aussi dans cette catégorie… Le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux : au lieu de 40.000, voire plus, départs à la retraite non remplacés nous n’en aurons que 23000… Il vaut mieux cela que rien ! Nicolas Sarkozy n’est pas un magicien ni un téméraire. Qui ne se souvient de la tentative d’Alain Juppé avec la réforme des régimes spéciaux des retraits ? Et plus proches de nous, Dominique de Villepin avec sa réforme du droit du travail ? Exemple unique d’une loi votée, promulguée et non appliquée. Cas unique dans les annales dont il convient de tenir compte.  Notre seul salut réside dans une législation européenne…

     
     

    COMMENT NEGOCIER AVEC LE COLONEL KADDAFI ?

         Les Etats sont des monstres froids mais il en existe de plus froids et de plus monstrueux ! Nous parlons assurément des infirmières  bulgares et leur compagnon d’infortune, le médecin palestinien. La presse, les parlementaires et l’opinion se demandent comment on a obtenu la libération de ces malheureux. Ce qui est venu compliquer l’affaire, c’est bien entendu l’interview donnée par le fils du colonel au journal Le Monde. Il y a fort à parier que le jeune Kaddafi a voulu mettre les Français face à leurs responsabilité, pressentant peut-être qu’ils risquaient de se dérober à leurs engagements… Difficile de démêler le faux du vrai.  Sans entrer dans les détails, il faut bien reconnaître que le régime libyen actuel n’est pas près de changer de nature et que certains à Tripoli a la rancune tenace. Il demeure que la libération des malheureux otages  est un tour de force  et que l’ordre éthique dont nous parlions il y a peu n’est pas près de s’instaurer ici bas.

     

    LA France ET LA CÖTE D’IVOIRE  

           Nous assistons tous avec une joie sans mélange à la réconciliation en Côte d’Ivoire. Une phrase, cependant, de l’actuel président de ce pays, retient l’attention par son cynisme évident : je suis encore là,  a-t-il dit, alors que Chirac et de Villepin sont partis. La remarque est juste, mais elle n’est pas à la gloire de son auteur. C’est toute la différence entre la démocratie et l’absence de démocratie… S’être maintenu au prix de destructions, de désolations, de partitions et de victimes sans nombre n’est pas un exemple à suivre. Au fond, on a raison de dire que tous les malheurs de l’Afrique ne viennent pas tous d’en dehors de l’Afrique.