Jacques Balthazart, Cerveau féminin, cerveau masculin

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Jacques Balthazart, Cerveau féminin, cerveau masculin

 

Il s’agit ici d’un ouvrage de haute vulgarisation sur les différences entre les sexes et l’influence de notre orientation sexuelle sur le développement de notre cerveau. L’ouvrage est rédigé par un éminent  spécialiste belge de la question. Il ne s’agit d’approximations ni d’une resucée d’un ouvrage savant, réservé aux doctes. C’est une vraie leçon destinée à l’honnête homme, désireux de s’instruire.

  

Jacques Balthazart, Cerveau féminin, cerveau masculin

 

 

Dans une préface pleine d’humour, l’auteur nous explique comment il est devenu neuroendocrinologue. Le parcours est, en  effet, assez particulier. On passe des insectes aux poissons et aux oiseaux, pour arriver en fin de parcours à ce qui convenait le moins à ce biologiste qui s’illustrera dans sa nouvelle spécialité. Il explique, tout de suie après cette entrée en matière, combien la sexualité est importante dans la reproduction, pas seulement humaine, mais chez tous les mammifères. Les expériences faites sur différents animaux montrent que les requins-marteaux prouvent qu’il peut  se reproduire tout seul, sans la participation d’une femelle. J’avoue ne pas avoir tout compris, c’est la raison pour laquelle je m’interdis d’entrer dans les détails. Disons qu’il existe des reparutions secouées et asexuées.

 

Voici une citation importante du raisonnement de ‘auteur : A partir de là, l’étape suivante du raisonnement apparait clairement ; ces différences entre hommes et femmes se constatent- elles au niveau du cerveau ? Autrement dit, existe-t-il un cerveau féminin et un cerveau masculin?

 

Existe-t-il -t-il un cerveau masculin par opposition à un cerveau féminin ? Voici ce qu’n dit l’auteur :

 

Partout, les noyaux étaient plus volumineux chez les femelles que chez les mâles... C’est ainsi que fut établie l’existence de différences sexuelles chez les oiseaux et chez les mammifèrse. En d’autres termes, chez tous les vertébrés terrestres.

 

Le but du livre de cet endocrinologue est de voir comment se forme un cerveau masculin. Pour cela, il faut admettre que certaines différences, liées au sexe  de l’homme ou de la femme, existent vraiment et jouent un rôle déterminant. Ici, on va plus loin que de simples appréciations empiriques statuant une séparation concrète entre le cerveau masculin et celui de la femme.

 

Dans la vie courante, on est souvent en présence d’une approche caractéristique du mâle, par contraste avec celle qui touche la femelle. On peut aussi s’interroger sur l’origine de cette masculinité, provenant peut-être du taux de testostérone auquel le bébé est exposé dans sa vie intra-utérine.

 

Mais l’auteur va bien plus loin puisqu’il se demande si les cognitions sont les mêmes. Il s’agit des conceptions du monde, d’une approche spécifique des choses et de la vie, selon qu’on est de ce côté-ci ou de l’autre. Des spécialistes de la publicité commerciale ont distingué différentes couleurs auxquelles les femmes enceintes sont sensibles : par exemple un paquet de lessive présentant la couleur jaune (rapport intuitif avec la couleur du jaune d’œuf ?)   était préféré aux autres emballages, y compris du même produit, avec les mêmes vertus lustrales... Quelle zone du cerveau est ainsi touchée, pour ainsi dire, au point de déterminer (à l’insu de la cliente ?) le choix final d’acquérir tel produit plutôt que tel autre ?

 

Pour les non-spécialistes justement, il est difficile de désigner précisément la zone du cerveau qui commande ce qu’il faut bien nommer un déterminisme... Dans un chapitre bien charpenté, l’auteur se demande s’il est permis de parler de comportement sous influence... Je n’ose pas le rapprochement mais cela rappelle le distinguo freudien : le JE n’est pas maître chez soi...

 

L’attirance physique, amoureuse, obéit probablement à de pareils mécanismes. Interrogeons nous sur la notion de coup de foudre que les Allemands désignent par : amour, dès le premier regard (Liebe auf den e-rsten Blick)

 

J’avoue me perdre parfois dans le tourbillon des développements pourtant accessibles, malgré tout, de l’auteur : cela tient à l’absence chez moi de formation scientifique... Voici donc le résumé des problématiques développées par ce neuroendocrinologue :

 

Comment se forgent nos identités ? Pourquoi un cerveau masculin se perçoit -il comme un cerveau masculin ? Plus frappant : pourquoi, parfois  ne se perçoit-il pas ainsi ? De même il serait intéressant de se demander pourquoi le cerveau masculin est majoritairement attiré par les femmes, et pourquoi, parfois, il ne l’est pas ?

 

Quand on repose ce livre si instructif et si complexe à la fois, on se demande si l’homme n’est pas l’esclave de sa biologie laquelle obéit  à des règles auxquelles nul, homme ou animal ne peut se soustraire. En d’autres termes, par certains passages on peut douter de l’existence d’un libre arbitre général... Mais ce sont là des réflexions d’un philosophe dépourvu de connaissances en biologie...

Commentaires

  • "un philosophe dépourvu de connaissances en biologie..." Oui mais il m'étonnerait que la soumission de nos "âmes" à la dictature des hormones vous ait échappé. Si vous avez eu le privilège de vivre avec une compagne de l'autre sexe, son comportement quelques jours avant ses menstruations vous aura difficilement échappé. Cette observation vous aura certainement mené à une auto-analyse, et vous aurez alors plus ou moins remarqué que lorsque vous aviez vingt ans, vous réagissiez, selon l'expression populaire, bien davantage avec vos testicules qu'avec votre cerveau.
    Arrivé à l'âge de 70 ans, je suis impressionné par le peu d'effet que me procure la vue des belles femmes. Et je m'en réjouis fortement...

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