La théorie du remplacement présentée par l'extrême droite...

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Qu’est ce que la théorie du remplacement présentée par l’extrême droite ?

Ce matin même, en écoutant l’interview de Vincent Peillon, interrogé par Christophe Barbier sur I-Télé, j’ai pris conscience de l’importance de ce qui se présente sous le nom de théorie du remplacement. J’en avais entendu parler par Renaud Camus sur une autre chaîne sans y prêter plus d’attention. Aujourd’hui, je me pose la question, sans être en mesure de déterminer s’il s’agit d’une réalité ou d’un phantasme..

C’est bien évidemment la question de l’immigration qui se pose, un phénomène qui commence à obséder toutes les populations européennes, sans exception. Même Londres qui adoptait jadis une politique favorable aux communautarismes, divers et variés, change du tout au tout. Les partis xénophobes ou réputés tels ne veulent plus de Pakistanais chez eux. Même les pays nordiques jadis très ouverts et favorables à l’immigration, ont changé du tout au tout. Quant aux pays méditerranéens comme la France, l’Italie et l’Espagne, tous sans exception ont placé le problème de l’immigration non européenne au centre de leurs préoccupations et singulièrement pour les élections européennes.

Que pensent tous ces partis ou ces pays dits eurosceptiques ? Tous considèrent, à des degrés divers mais tous plutôt fortement, que des populations étrangères, aux mœurs et aux croyances différentes des leurs, s’installent silencieusement sur leurs territoires et œuvrent subrepticement à des changements d’équilibre.. Pour parler plus franchement, ces pays, comme la France avec Marine et Jean-Marie Le Pen sont d’avis que si l’on ne fait rien, les populations étrangères finiront par submerger les pays d’accueil, au point d’y imposer leur conception du monde, leurs croyances, leurs langues et leurs mœurs.. C’est cela la fameuse théorie du remplacement.

J’avoue n’y avoir jamais pensé mais en me documentant, je me suis rendu compte que cette théorie est très répandue, qu’elle compte de nombreux adeptes et qu’elle va largement déterminer le choix des électeurs ce dimanche qui vient…

Comment expliquer un tel phénomène ? Il y a un fait qui est irrécusable et qui constitue la pierre angulaire de cette mutation, absolument imprévisible il y a tout juste cinquante ans : c’est le crise économique qui dure, qui change tout et provoque des déclassements pouvant aboutir à une radicalisation de gens qui, il y a encore peu de temps, ne professaient aucune idée radicale.

Si vous ajoutez à cela un ingrédient incontournable, celui qui est généré par l’envahissement et les déficits causés par les minima sociaux, vous obtenez les clés de la situation actuelle.

Comment faire pour endiguer cette sensation et ce profond malaise ? Ne plus pratiquer la politique de l’autruche, ne plus stigmatiser les gens et ouvrir les yeux sur un problème réel. Aucune idéologie, aucun parti ne peut ordonner à des peuples de fermer les yeux, de croire qu’ils se sont trompés ou de nier qu’ils ne se sentent plus chez eux.. J’ai entendu il y a moins d’un mois, parler d’un sondage qui soulignait que 61% des Français ne se sentaient plus chez eux en France !! Rendez vous compte : du jamais vu, c’et inouï.

Les gouvernements de tout bord devraient réagir et ne plus fermer les yeux. Faute de quoi, cette théorie du remplacement qui risque de faire de l’étranger un danger potentiel ira en s’aggravant.

La meilleure des solutions est de stopper sérieusement l’immigration non européenne, de rendre plus sérieuse et plus motivée, l’acquisition de la nationalité française, pendant un certain temps, le temps d’assimiler convenablement ceux qui déjà sur place dans l’espace européen.

Oui, il faut une politique européenne de l’immigration. Sinon, tous les efforts isolés ne serviront à rien.

Cela urge si l’on veut barrer la route à l’extrémisme et à la xénophobie. Mais on peut aussi comprendre que les gens veuillent se sentir chez eux, chez eux.

Commentaires

  • Merci pour cet article très instructif et bien écrit.

  • Oui cet article analyse très clairement le problème de l'immigration extra européenne.
    Il y a un exemple de ce qui peut se produire quand le problème d'une immigration massive ne fait pas l'objet d'un contrôle attentif; c'est celui du Kossovo.
    Les Serbes, au fil du temps, ont laissé des Albanais ou leurs descendants s'installer dans leur province. Ils s'y sont si bien installés qu'avec le concours de pays occidentaux, soucieux de satisfaire la Turquie dont les Albanais sont originaires, les Serbes devenus minoritaires, ont purement et simplement été chassés de chez eux.......

  • Excellent article, merci.
    Peut-être aussi aurait-il fallu parler des cultures importées. Si elles sont un facteur d'enrichissement culturel indéniable (j'aime écouter et échanger des idées avec des gens d'une autre origine, c'est souvent très enrichissant. La culture arabe n'a-t-elle pas permis à l'Europe féodale de sortir peu à peu de son obscurantisme ?), dès lors que ces cultures deviennent envahissantes et refusent tout échange on ne trouve plus ses propres marques. Et c'est notre propre culture qui devient étrangère.
    D'où ce sentiment de ne plus être "chez soi", de ne plus être en France ou en Angleterre. Ni même en Europe.
    Et le jour où les immigrés de votre quartier commencent à vous regarder comme un intrus, vous n'êtes alors vraiment plus chez vous.

  • Faut savoir qu'en zone frontalière, les suisses binationaux électeurs ce week-end font l'amer constat du détournement au bénéfice perso de députés français,
    des élections du futur pdt de la commission de l'UE

    De fait et ce que votre billet ne précise pas, les frontaliers se trouvent en zone "sud-est"
    et n'ont que le choix entre des listes de would-be députés & partis ne précisant pas pour lequel des 5 candidats à la présidence de l'UE ils vont voter,

    sauf le PS dont Peillon en zone frontalière dite "sud-est"
    qui informe clairement l'électeur que ce sera "Martin Schulz"

    Les frontaliers binationaux votant pour l'UE doivent se débrouiller sur le net pour trouver leurs réponses face aux listes qu'ils ont en main, soit:

    - Martin Schulz, actuel président allemand du Parlement européen, pour le Parti socialiste européen (PSE) ;

    - Le Grec Alexis Tsipras, leader du mouvement Syriza, pour le Parti de la gauche européenne ;

    - le Français José Bové et l'Allemande Ska Keller pour Europe Ecologie Les Verts,

    - le Belge Guy Verhofstadt pour l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, l'ADLE et l'alliance UDI-Modem en France.

    - l'ancien Président de l'Eurogroupe, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, pour le parti populaire européen (pour le PPE et l'UMP en France).

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