Le jeu très dangereux de M. Poutine en Ukraine

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Le jeu très dangereux de M. Poutine en Ukraine

Il m’est déjà arrivé ici même de souligner que M. Poutine voyait en Barack Obama un homme incapable, indécis, peu courageux et pour tout dire, manquant d’audace. M. Poutine est conscient de la faiblesse de son pays, de sa perte de puissance et d’influence dans le monde. Il sait aussi que l’économie russe est fragile, que le rouble peut perdre beaucoup de sa valeur et que ses amis oligarques ne sont pas dignes de confiance : à la première secousse menaçant leurs intérêts, ils s’expatrieraient avec leurs capitaux, le laissant aux prises avec une population mécontente et agressive au plan politique.

Mais, en dépit de toutes ces faiblesses, M. Poutine a choisi d’avancer ses pions, de se jouer des Occidentaux en signant un accord mort-né à Genève avec les Occidentaux sur l’Ukraine. Aux frontières orientales de ce pays il a massé des troupes prêtes à agir, si, comme il le dit, ses intérêts vitaux sont menacés. Voilà un prétexte qui ouvre la voie à tous les abus et expose les anciennes républiques à toutes les interventions russes. Et c’est M. Poutine, seul, qui en décidera.

Si le nouveau Tsar de toutes les Russies se montre aussi arrogant et aussi insatiable, c’est précisément parce qu’il sait qu’Obama est au bout du rouleau, qu’il part dans moins de deux ans, qu’il est faible comme tous les présidents démocrates en politique étrangère et que la Russie a besoin de redorer son blason.

M. Poutine se dit floué par les Occidentaux car lors des jeux de Sotchi, son représentant avait signé un accord prévoyant le maintien de Yanoukovitch et dès le lendemain, ce dernier a dû fuir son palais de Kiev… Et M. Poutine n’a pas oublié le coup du Kosovo. Il s’est donc vengé en Syrie en mettant son veto et aujourd’hui il menace l’Ukraine de démembrement..

Le sang a déjà coulé en Ukraine et M. Obama s’est enfin décidé à envoyer une poignée de soldats en Pologne, dans les républiques baltes et ailleurs, lorsque la demande en est faite. Mais ce n’est pas cela qui fera reculer l’ancien agent du KGB. Il faut faire un pont aérien avec Kiev, un peu comme J.F. Kennedy avait  fait pour Berlin.. Même le discours de John Kerry menaçant la Russie fait penser à un tigre en papier…

Les choses se seraient passées autrement avec un président républicain. D’ailleurs, cette perte d’autorité se manifeste aussi au Proche Orient où les Palestiniens, les Saoudiens et les Egyptiens ne croient plus en M. Obama..

Mais comment faire pour qu’un nain se hisse au niveau d’un géant ? Comment comparer Obama à un Kennedy ?

Commentaires

  • Le tsar poutine contre Obama le fluet ????
    Mais apparemment personne ne songe au fait que les dirigeants ukrainiens, autoproclamés et non élus par le peuple, ont rejeté toute entente, espérant être soutenus par les USA et l'UE dont ils attendent des milliards.
    Et personne ne songe que si Poutine a massé 40.000 hommes aux frontières de l'Ukraine, l'OTAN fait de même en Pologne et dans les pays Baltes.
    Et personne ne se rappelle que l'OTAN avait juré ne pas installer de bases en Pologne et qu'elle l'a fait quand même, menaçant donc directement la Russie.
    Alors, le tsar semble en avoir assez et refuse que l'Ukraine devienne une autre base de l'OTAN.
    Les accords de Genève permettaient aux ukrainiens de s'asseoir et de discuter. Mais non, ni les uns ni les autres ne le veulent. Ils campent sur leurs vues intransigeantes et étriquées, persuadés qu'ils sont que la Russie comme l'OTAN viendront faire le ménage.
    Alors dire que c'est Poutine qui mène le jeu me semble un peu fort de café. Certes, il n'est pas indifférent à la cacophonie, mais ce sont les ukrainiens eux-mêmes qui, par leur intransigeance suicidaire, font le jeu de Poutine et de l'OTAN.
    Et si ça continue, ça pourrait être le début d'un conflit armé majeur en Europe.
    Alors dire qu'Obama est un indécis mou me semble aussi un peu exagéré. Il sait parfaitement qu'un tel conflit serait la porte ouverte sur une 3ème guerre mondiale et aussi bien lui que Poutine n'en veulent pas.

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