Douloureux lendemains de défaite au PS

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Douloureux lendemains de défaite au PS

Comme cela était prévisible, l’allocution absolument décalée du Premier Ministre Jean-Marc Ayrault a été sévèrement jugée par les ténors du PS qui cherchent un père à la défaite. On connaît l’adage, la victoire a plusieurs pères, seule la défaite est orpheline.

C’est après plusieurs jours que l’on réalise l’étendue des dégâts causés par une défaite électorale. Un élément majeur domine l’ensemble, la volonté de continuité, voire de survie des candidats dont la réélection est menacée. Lorsque l’état major parisien ordonne aux équipes locales de se retirer afin de faire échec aux listes du Front National, la plupart des colistiers refusent d’obéir.

Comment en est on arrivé là ? C’est évidemment la faute du gouvernement et du chef de l’Etat qui n’ont pas voulu écouter les cris de désespoir des citoyens. Souvent, les hommes politiques, de droite comme de gauche, ne prennent qu’une chose au sérieux, leur maintien au pouvoir, leur situation personnelle.

Il est de notoriété publique qu’on ne peut pas avoir raison seul contre tous. Or, même les électeurs de gauche ont déserte leur camp, ne se reconnaissent pas dans la politique menée et cela va s’aggraver. Oui, la situation est très difficile et on comprend les hésitations du président qui tarde à remanier : qui va-t-il mettre à Matignon et pour quelle politique ? S’il change de cap comme il le fit le 14 janvier, est il sûr d’être suivi par les députés PS ?

En fait, on se trouve dans une impasse. Il faudrait tout changer et cela est impossible. L’écrasante majorité du PS à l’Assemblée ne reflète plus la sensibilité générale du pays. Mais qui oserait conseiller au président de la république de dissoudre ? Et si, d’aventure, il s’y risquait, ce sont 400 députés de droite et d’extrême droite qui se retrouveraient au palais Bourbon …

La seule possibilité raisonnable est de faire un gouvernement d’union nationale. Mais sera t il admis par l’Assemblée ?

Il faut de solutions claires et innovantes. Nous en sommes encore loin. Les hommes politiques sont souvent bridés par des considérations subalternes. Mais comment faire autrement ? Les hommes ont leurs faiblesses. Ce ne sont pas des morceaux de bois.

Il est tout de même incroyable de constater que les mêmes électeurs qui ont fait un triomphe à la gauche la rejettent aujourd’hui sans la moindre nuance. Dans aucune grande ville, le PS n’est arrivé à une position de ballotage favorable. Et le cas de Marseille est très instructif : le PS t est devancé par le FN.

C’est ce parti qui est le véritable vainqueur des élections municipales en France. Et la droite comme la gauche n’ont toujours pas trouvé la parade. Les vieilles recettes ne marchent plus. Il faut trouver autre chose.

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