La fête de Noël, détorunée de sa vocation originelle

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Noël détourne de sa vocation première

 

En respirant un peu, en ce début de vacances scolaires et universitaires, j’écoute, comme tout un chacun, plus la radio et regarde plus la télévision. Même si le phénomène que je vais décrire dure –chaque année- depuis plus de quatre semaines, je dois reconnaître qu’il a pris une ampleur quasi insupportable ces derniers jours où les journaux télévisés s’ouvrent sur des annonces chiffrant à plus d’un milliard d’Euros les sommes que les Français vont dépenser ; ces derniers jours, pour les fêtes de fin d’année, et singulièrement pour Noël… Toutes les cloches carillonnent de la même manière et vont dans la même direction : achetez, consommez, offrez, mangez, buvez, jusqu’à plus soif. Un peu comme si le reste d e l’année on ne mangeait ni foie gras (que je n’aime pas) ni caviar, ni même du simple saumon.

 

 

 

C’est tout de même assez inhabituel et même assez remarquable que ce soit un étranger à cette religion, religion que je respecte du plus profond de moi-même, qui rappelle respectueusement que Noël célèbre la naissance de Jésus, c’est-à-dire le Christ, le Sauveur pour les chrétiens. Si un habitant de mars ou de la lune atterrissait (au sein premier du terme) sur notre planète, il penserait que nous nous vautrons encore en pleine fête païenne, tant on nous conditionne pour consommer, manger et boire. Je jette sur ce qui m’entoure le regard bienveillant mais scrutateur du philosophe et je puis dire que pas une fois je n’ai entendu sur les grands médias le moindre rappel à l’origine de cette fête, la naissance pour les chrétiens de celui en lequel ils voient l’être qui apporte la rédemption au monde, verse son propre sang pour les rédimer et leur accorder la rémission de leurs péchés.

 

 

 

Je pense cependant que la fête ne fait pas de mal surtout en cette saison où, comme on l’expliquais pour Hanoukka, la notion de lumière, la métaphore lumineuse, joue un rôle crucial. Et il en va de même pour le sapin, surtout brillant de mille feux, correctement décrit par la chanson comme le roi des forêts, que j’aime ta verdure……… En effet, alors que l’automne ravage les plantations et fait l’effet d’un monde fané et dévasté, le sapin reste vert et défie l’outrage de cette saison. Mais on devrait se réjouir en sauvant au moins une once de sacré et de sainteté. On n’est pas pour une religion triste, mais je trouve anormal que l’esprit du paganisme idolâtre se soit introduit dans cette belle fête chrétienne au point d’en dénaturer le sens et d’en ternir l’éclat originel.

 

 

 

Pourquoi donc cette église catholique qui a fini par mettre à genoux l’empire romain, a proclamé la supériorité de l’invisible sur le visible ou pour parler comme le célèbre penseur antique (comment la rusticité a-t-elle pu vaincre l’éloquence ?), mais comment n’a t elle pas redressé la barre et rappelé à ses fidèles (près d’un milliard et demi d’âmes) que ce n’est pas là l’essentiel, lequel se trouve ailleurs.

 

Mais peut-être était-ce le tribut que le christianisme, cette église triomphante, a dû payer au paganisme finissant afin de l’absorber, un peu comme certaines religions africaines absorbent la magie et se l’incorporent au point d’en faire leur substance vivante. Chacun sait que dans le christianisme primitif, deux tendances étaient en tension polaire permanente : le judéo-christianisme et le pagano-christianisme, ou l’église de Jérusalem face à celle d’Antioche…… C’est la partie la plus éloignée du judaïsme originel qui a fini par prendre le dessus.

 

 

 

Est ce que le génie originel du christianisme y a trouvé son compte ? Je n’ose me prononcer clairement. Une chose est certaine : il faut retrouver la racine sacrée de cette belle fête chrétienne qu’est Noël.

 

Commentaires

  • Excellente réflexion qui suggère indéniablement la parabole de "Jésus chassant les marchands du Temple". Mais la pression sociale est telle qu'il est difficile d'échapper à ces dérives mercantiles ...

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