Le régime opte pour la politique de la terre brûlée...

Imprimer

Le régime syrien a change de stratégie : il recherche l’écrasement des insurgés.

 

Depuis quelques jours, on a perçu un net changement dans l’attitude du régime syrien. Cette mutation profonde est marquée par le rejet de la timide ouverture esquissée par le vice Premier Ministre syrien à Moscou, selon lequel on pouvait discuter de la démission de Bachar el Assad. Il semble que ces velléités de négociations aient fait long feu et que le parti des durs et des jusqu’au boutis tes ait fini par l’emporter. Cela se vérifie par cette véritable hécatombe de ce week end, probablement le plus meurtrier depuis le commencement de la révolte.

 

En fin de semaine, les forces du régime ont multiplié les massacres notamment dans les grandes banlieues de Damas, alors que même les insurgés qui occupaient une localité, l’avaient évacuée, prévenus de l’imminence d’un assaut. Qu’à cela ne tienne : les forces du régime ont massacré la population innocente qui s’était réfugiée dans la mosquée de la ville. On parle de plus de deux cents morts, parmi lesquels des femmes et des enfants.

 

Le régime a changé de stratégie. Comment et pourquoi ? Il semble bien qu’il ait reçu une aide considérable de la part du Hezbollah et du régime iranien dont une délégation était justement en visite à Damas. Cette recrudescence de la répression menace l’issue du conflit : si les forces occidentales, les Turcs et les Arabes modérés (Qatar, Arabie saoudite, Emirats, etc) ne font rien,  les insurgés ne pourront plus que recommander leur âme au ciel. En effet, rien ne semble arrêter le régime et le nouveau négociateur algérien devrait se retirer en tirant les leçons de l’échec de son prédécesseur : c’est au cours de la mission Kofi Anan que les massacres ont commencé et l’envoyé de l’ONU n’a rien pu faire, malgré son dévouement et sa bonne volonté.

 

On vit un tournant de ce conflit. Si les forces du monde libre ne font rien, Bachar se maintiendra et se croira tout permis. Bachar a changé de stratégie : c’est désormais la politique de la terre brûlée. C’est regrettable car le pays fait connaître encore plus de  ravages. Et plus de morts. Le chef actuel est en passe de dépasser le triste record de son père et de son oncle, d’il y a trente ans à Hama : plus de 30. 000 morts. A cette différence près qu’aujourd’hui, c’est l’ensemble du pays qui est touché par la guerre.

 

Les Occidentaux devraient instaurer cette zone d’exclusion aérienne. Je sais bien que ce n’est pas facile et c’est même un acte de guerre. Mais ce régime ne pourra être vaincu que militairement. En plus, il a renforcé son contrôle sur tout, l’armée, le gouvernement et l’administration. Il n y a plus de défections, plus de ralliements à la révolution. Il faut agir avant qu’il ne soit trop tard..

Les commentaires sont fermés.