LE DELIRE ANTI-FEMMES DES ORTHODOXES D’ISRAËL

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LE DELIRE ANTI-FEMMES DES ORTHODOXES D’ISRAËL
J’étais vraiment en train de rassembler mes idées pour un article portant sur l’événement le plus marquant de l’année, à savoir le grave accident de DSK et son spectaculaire rétablissement et reconquête de l’honorabilité, lorsque je vis soudain apparaître sur l’écran de BFM TV des images de barbus juifs déchaînés, attaquant les forces de l’ordre et s’en prenant aux journalistes accourus filmer la scène. Je vais donc vous parler ce jour du délire de ces fous qui osent donner à leurs fantasmes sexuels mal contrôlés la forme de prescriptions religieuses, eux qui sont connus pour avoir des familles très nombreuses.

Puisque ces gens se réclament de devoirs et de prescriptions prétendument religieux, il faut donc se porter sur le même terrain qu’eux et leur montrer que leur référence majeure serait non pas la maison d’étude ou la synagogue mais le cabinet du psychanalyste ou du psychiatre.  Quand on entend une petite fille de huit ans se plaindre de maux de ventre sur le chemin de l’école parce que des religieux l’entourent en vociférant, on se demande vraiment si on adore le même Dieu qu’eux…… Objet du délit : tête découverte et jupe pas assez longue !

Tenez, j’y pense, hier soir, j’ai vu à Deauville le film Dangerous method qui parle de l’opposition entre Carl Gustav Jung et Sigmund Freud… Remarquable, excellents décors, beaux dialogues, un peu longuet par moments et quelques scènes dont la suppression n’aurait nullement nui à l’ensemble d’un film qui reste une belle réussite cinématographique.

D’où ces barbus tirent-ils donc l’idée que la femme est la quintessence de toutes les tentations? Aucun passage biblique, pas même celui qui attribue à Eve la cause majeure de la chute et de l’expulsion du paradis, n’est interprété dans un sens franchement hostile aux femmes. Il y a même un sage talmudique, du nom de Rab, presque l’équivalent de rabbi Akiba qui se réclame dans ses arrêtés de jurisprudence, de sa mère adoptive (amra li ém…) Si cette femme avait été la quintessence du mal, s’en serait-il si souvent prévalu ? Les Pirké Avot, la raison pratique du judaïsme rabbinique, ne c onseillent-ils pas de retenir les enseignements de notre mère, donc d’une femme (wé al tittosh torat immékha) ?

Je pourrais multiplier à l’infini les citations que cela n’aiderait pas, il n’est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

Dans leur infinie sagesse, les érudits des Ecritures ont expliqué que ce mauvais penchant (yétser ha-ra), les hommes ne bâtiraient pas de villes, ne planteraient pas d’arbres ni ne concevraient d’enfants car leur statut de mortels les en empêcherait. Ce serait, peut-être la sainteté pour quelques rares élus (et encore !), mais sûrement la ruine, la misère et la catastrophe pour le restant de l’humanité.

Partant, c’est donc dans notre foi que nous puisons le courage et la détermination de donner un sens et un prolongement à notre passage sur terre, en accomplissant justement cet acte de générosité qui consiste à donner la vie : devrions nous, dans ce cas, mépriser ou confiner dans un bas étage, celles qui nous accompagnent dans cette vie ?

Les ultra-orthodoxes causent beaucoup de problèmes à Israël, ils ont, certes, leur place dans la société israélienne mais seulement leur place, pas toute l’étendue de l’espace publique. La plupart d’entre eux bénéficient d’aides publiques et nous ne sommes pas contre cela, tant que les proportions restent sous contrôle, mais de là à entamer la liberté d’autrui, il y a un pas que les pouvoirs publics ne devraient jamais les laisser franchir.

Il est, certes, navrant de voir des policiers israéliens arrêter des juifs religieux mais si ces derniers violent la loi, les forces de l’ordre sont là pour la faire respecter.

Il est vraiment regrettable que quelques individus puissent compromettre dans l’opinion publique mondiale les réalisations exceptionnelles d’un petit pays en passe de devenir un modèle de puissance et de renaissance nationales.

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