LA TREVE HIVERNALE : L’ARRET D’EXPULSION DES LOCATAIRES

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LA TREVE HIVERNALE : L’ARRET D’EXPULSION DES LOCATAIRES

Chaque année, c’est la même chose, la même angoisse pour des milliers de locataires soudain à court de ressources et qui sont, hélas, dans l’impossibilité de payer leur loyer. Tout peut arriver : un divorce, la maladie, le chômage, la raréfaction des revenus, l’impossibilité de garder le même appartement etc… Les risques ne manquent pas. Et c’est la catastrophe. De 2001 à 2011 nous dit le journal Libération, les loyers à Paris ont augmenté de 50% ! Et les salaires de beaucoup moins.

La loi dispose que dès ce 31 octobre et jusqu’au 15 mars, les locataires impécunieux ne seront pas privés de toit en raison des rigueurs de la froidure hivernale. C’est une bonne chose. Certes, de petits propriétaires, dépendant du loyer de leur bien pour pouvoir en rembourser l’achat, ne le voient pas du bon œil, mais ce serait à l’Etat, à la solidarité nationale de se substituer au locataire défaillant pour payer , le temps du retour à meilleure fortune.

Imaginez une famille avec enfants, une mère célibataire, une famille monoparentale, bref tous les accidentés de la vie, qui n’ont plus de toit au-dessus de leur tête. Au moins, grâce à cette trêve, on leur donne une bouffée d’air pour essayer de se sortir de cette passe difficile. Evidemment, la loi ne vise pas à protéger des locataires malhonnêtes qui organisent leur insolvabilité et refusent de payer alors qu’ils en ont les moyens. Mais ce sont des cas peu fréquents, même s’ils existent et causent à leurs bailleurs des maux indicibles.

Mais je pense surtout aux enfants. J’ai entendu parler un  huissier, pourtant dur à cuire, pleurant en évoquant la chambre d’enfant d’une famille qu’il est venu expulser et saisir en raison de dépenses inconsidérées et malhonnêtes des parents. L’homme était terrassé en évoquant les poupées de la petite fille et son regard à la fois apeuré et résigné. Cette image l’a poursuivi jusqu’au jour où il a cédé son étude à l’un de ses fils, incapable de poursuivre son activité.

Que D- nous pardonne !

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