La Turquie, la révolution syrienne et les Kurdes…

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La Turquie, la révolution syrienne et les Kurdes…

 

Sous peu, M. Erdogan qui donne volontiers des conseils aux autres et se veut un maître de vertu, va avoir quelques sujets de préoccupations à ses frontières, lui qui accusait Israël de maltraiter même des bébés, voit son ami syrien ne pas hésiter à ouvrir le feu, même sur des enfants en bas âge. C’est ce qu’on pouvait comprendre à demi mot du focus de France 24 ce matin, s’agissant des troubles à la frontière entre les deux pays.

Ce qui explique ce regain d’intérêt pour la Turquie, qui, rejetée d’Europe, veut jouer un rôle de puissance régionale dans le monde arabe et qui, pour ce faire, n’hésite pas à se rapprocher à la fois de la Syrie et de l’Iran (pays honni par les Etats du Golfe, largement pro-occidentaux), c’est l’aggravation de la situation aux frontières avec Damas et l’afflux de réfugiés. Certes, cet afflux est moins considérable qu’au liban, mais il n’en demeure pas moins réoccupant. La Turquie va enfin comprendre que le conflit entre juifs et arabes dans cette région ne correspond à rien de conuu ni de conventionnel. Elle va être happée et découvrira alors que ce conflit a des racines religieuses et psychanalytiques redoutables. Nulle part ailleurs on ne se dispute depuis si longtemps pour quelques arpents de terre sablonneuse. Nulle part ailleurs, dans le monde, on ne s’entretue pour si peu de choses… Si, au moins, le sous-sol d’Israël recelait un peu de pétrole ou de gaz naturel… Rien, absolument rien ! Et pourtant…

M. Erdogan devrait mieux choisir ses amis, lui qui donne ce titre si souvent et si légèrement à Bachar el-Assad lequel ne suit pas les conseils de modération qui lui sont prodigués. Mais ce n’est pas tout.

Si l’on dit qu’un malheur n’arrive jamais seul, dans cette région du monde, c’est bien pire ; les Kurdes, disséminés entre tous ces pays, principalement la Syrie et la Turquie, commencent à se réveiller et tenteront de profiter de cette instabilité rêvée pour faire valoir leurs droits. Et c’est l’embrasement qui menace.

Ce n’est pas assurément ce scénario-catastrophe que nous souhaitons, mais cela va prouver à certains que les choses ne sont jamais simples au Proche Orient.

Reconnaissons aussi, cependant, que les islamistes au pouvoir à Ankara ont fait des progrès de démocratisation intérieure. On est un peu plus protégé en Turquie, les pratiques les plus condamnables sont rejetées, voire totalement interdites, mais il y a encore tant à faire.

Pour finir sur une note optimiste : M. Erdogan va sûrement comprendre en regardant un peu la télévision et en lisant les rapports de ses services la complexité de la situation entre Israël et ses voisins arabes. Il va alors reprendre les pourparlers entre l’Etat hébreu et la Syrie, si celle-ci réussit enfin à calmer son peuple.

Mais le premier ministre va surtout comprendre que dans certains occasions la parole est d’argent alors que le silence est d’or.

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