une veille de Noël qui tombe une veille de chabbat : syncrétisme ou retrouvailles ?

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une veille de Noël qui tombe une veille de chabbat : syncrétisme ou retrouvailles ?

Quand la fête est célébrée par l’immense majorité d’une population dans un pays donné (Pourim ou Pessah en Israël, le Ramadan dans un pays arabe, Noël, en l’occurrence, dans les pays de tradition judéo-chrétienne), la minorité ethnique ou religieuse vivant dans ces pays qui vénèrent une tradition qui n’est pas la sienne, est touchée par l’ambiance de fête. Elle a deux attitudes à sa disposition : soit, elle se ferme hermétiquement à toute influence –et c’est généralement ce qui se passe au début- soit elle favorise un phénomène de capillarité, permettant à certains éléments de venir jusqu’à elle.

C’est ce que j’ai vécu ce vendredi soir, veille de Noël dans une famille juive de l’ouest parisien.

A l’arrivée, les coupes à champagne sont déjà disposées sur la table basse. Et lorsque les derniers convives sont là, on boit le précieux liquide à bulles, symbole irremplaçable de la fête. On se lève pour se mettre à table. Je me demande alors ce qui va se passer : va-t-on honorer le chabbat ou festoyer uniquement à l’occasion de Noël qui est, je le rappelle, la fête de la Nativité, en bon français la naissance du divin enfant, comme le dit la théologie catholique… Alors, avec le chabbat…

Eh bien, à mon grand soulagement, le père de famille distribue des kippot aux hommes et entonnent le kiddouch. Je pousse discrètement un soupir de soulagement. Le vin du kiddouch est estampillé cacher, c’est bien, et sitôt le dernier convive servi, on entonne les deux prières du lavage des mains et du partage du pain…

Après cette entrée en matière typiquement juive et religieuse, on passe presque imperceptiblement à une sorte syncrétisme culinaire qui m’avait déjà frappé les années précédentes lorsque je constatais, grâce à mes anciennes fonctions communautaires, une consommation anormalement élevée de foie gras dans les boucheries cachers…

La maîtresse de maison demande alors si on veut bien un peu de potage ou si l’on préfère passer directement au foi gras… Or, il est rare de consommer ce mets de fête un chabbat, sauf si l’on a un événement particulier à commémorer… En tout état de cause, le foi gras est cacher et succulent. Mais subrepticement, la bouteille de vin cacher est enlevée et remplacée par ce magnifique champagne du début…… Tiens, c’est Noël qui reprend le dessus.

Quelle est la suite ? Je vois arriver sur la table un imposant chapon (cacher) farci, avec, sur les côtés, des marrons. La chair de ce bel animal est assez fade mais je dois dire que ma tête est ailleurs, car j’analyse ce curieux syncrétisme qui est de nature hautement gastronomique au lieu d’être théologique… On n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise.

D’un naturel un peu inquiet, je me demande si nous allons avoir droit à une bûche ou à une tarte de chez Lenôtre qui comportera du beurre, alors que nous avons consommé un plat de viande… Eh bien, non ! La bonne surprise est venue des sorbets de ce même grand traiteur parisien.

Tout s’est bien passé puisque le repas terminé, le maître de maison, élevé dans le respect de la tradition, récite à haute voix l’action de grâce (birkat ha-mazone).

N’étant pas spécialiste de sociologie religieuse mais de philosophie, j’essaie de voir comment les choses se sont enchâssées les unes dans les autres : une famille juive traditionnelle a tenté de vivre son chabbat hebdomadaire sans se couper radicalement du monde dans lequel elle baigne. Au fond, ce fut probablement la réaction, somme toute naturelle, des premiers chrétiens, tous issus de l’Eglise strictement juive, face au monde gréco-latin du paganisme. Le problème est que c’est le pagano-christianisme qui prit le dessus sur le judéo-christianisme.

La soirée d’hier a, dans son genre, tenté d’inverser la tendance.

Commentaires

  • Je vous invite à croire en le Christ le seul Sauveur sans qui vous serez perdu!

  • Tu prononças le premier mot
    Quand tu créas tout l'univers
    Et tu couvris de ta lumière
    Ce qui prit forme et devint beau
    Au cœur du temps qui naît qui passe
    Sur les rivages de l'espace
    Seigneur Jésus reçois les mots
    De ma louange comme un cadeau
    Comme un agneau sans dire un mot
    Du monde entier tu pris les maux
    Offrant ta vie à Golgotha
    En renonçant à tous tes droits
    Au cœur du temps qui naît qui passe
    Sur les rivages de l'espace
    Seigneur Jésus reçois les mots
    De ma louange comme un cadeau
    Tu as déjà le dernier mot
    Toi qui sortis du noir tombeau
    Et qui reviens sur cette terre
    En Roi vainqueur de l'Adversaire
    Au cœur du temps qui naît qui passe
    Sur les rivages de l'espace
    Seigneur Jésus reçois les mots
    De ma louange comme un cadeau

  • Je découvre votre blog par ce souriant billet... et il me plait bien!
    Bonne route à vous!

  • C'est quand meme lamentable de lire qu'a peine deux semaines apres Hannukah, il y a encore des juifs qui n'ont rien, mais rien compris a l'essence de la fete des lumieres : la victoire de Maccabees dans leur lutte contre l'henelisation !

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