réflexions sur notre judaïsme contemporain… quel avenir pouvons nous espérer ?

Imprimer

ALLOCUTION PRONONCÉE À GENÈVE LE 10 MAI 2010 DEVANT LE CONGRÈS ANNUEL DES RABBINS LIBÉRAUX ET MASSORTIS D’EUROPE FRANCOPHONE

réflexions sur notre judaïsme contemporain…

quel avenir pouvons nous espérer ?

Mesdames et Messieurs les Rabbins,

C’est un honneur pour moi de prendre la parole devant vous qui êtes réunis ce jour à Genève pour votre congrès annuel. Je vais développer devant vous, pour la première fois dans ma carrière, des idées propres sur le judaïsme contemporain. Pour la première fois, je ne parlerai ni du Moyen Age, ni de la renaissance, ni des XVIII-XIXe siècles… Mais du temps présent et de l’avenir.

Est-il nécessaire d’ajouter que ces pensées hâtivement mises sur le papier ne se veulent qu’un point de départ pour une réflexion plus fournie, grâce aux observations et remarques que vous ne manquerez pas de faire.

Il me semble que l’essentiel de nos réflexions doit porter sur la manière de sortir d‘un judaïsme de l’exil, en vigueur depuis près de deux millénaires, pour favoriser l’émergence d’un judaïsme post exilique qui prenne en considération des perspectives d’avenir.

Ce n’est pas une tâche facile car la chose la plus difficile à préserver n’est autre que le continuum de la tradition juive et de préserver l’unité doctrinale du judaïsme d’aujourd’hui.

Introduction : la démographie

Le paysage du judaïsme mondial se présente comme un phénomène inséré dans trois grands blocs : l’Etat d’Israël, les USA et l’Europe. On a tendance à passer sous silence le tarissement[1] des anciens centres juifs d’Afrique du Nord et du monde arabo-musulman en général. Pourtant, cela représente la disparition d’un énorme réservoir humain ; c’est aussi une menace pesant sur le renouveau ou le simple maintien de ces traditions ancestrales qui remontent au moins à Saadya Gaon (Xe siècle) et qui se sont poursuivies jusqu’à l’expulsion des Juifs d’Espagne, dont le célèbre Moïse Maimonide, grand auteur judéo-arabe, s’il en est, est l’incarnation la plus connue. Le judaïsme est donc en passe de perdre l’une des langues qu’il a créées, parallèlement au yiddish et au ladino… Pourtant, cette langue est encore pratiquée à certaines occasions festives, notamment le second séder de Pessah au cours duquel les juifs séfarades, d’Orient et d’Afrique du Nord, lisent la version judéo-arabe du récit de la sortie d’Egypte que leurs enfants et petits enfants, hélas, ne comprennent plus, voire ne prisent guère.

On ne compte plus que sur ces trois grands centres puisque le judaïsme, jadis retenu prisonnier dans l’ancienne et désormais défunte URSS, a été absorbé soit par Israël, soit par les USA, soit, enfin par la RFA. Il n’existe donc plus de réserves. En plus de l’incommensurable drame humain qu’elle représente, la Shoah constitue aussi une saignée à blanc (Léo Baeck), une irrémédiable atteinte à l’évolution démographique du judaïsme Or, nous savons que la religion juive est la seule à perdre régulièrement des adeptes et ne pas pouvoir maintenir le même taux de reconstitution que les deux autres confessions monothéistes.

I.L’origine des différentes obédiences ou orientations au sein du judaïsme contemporain.

Dans le judaïsme, tout part de la Bible et tout finit par y revenir. C’est une façon de dire que même si l’on s’occupe d’un état de lieux contemporain, on doit nécessairement remonter plus loin dans le passé. Nous ne retomberons pas dans l’historicisme de la Wissenschaft des Judentums en nous focalisant sur ce qui est derrière nous, encore qu’il faille toujours tirer les enseignements de ce qui nous a précédés…

Notre réflexion sur la situation actuelle peut se nourrir des sagaces pensées d’un éminent rabbin allemand du XIXe siècle, Zacharias Frankel (1801-1875), fondateur avec ses disciples préférés, Jacob Bernays (1824-1881) et Heinrich Grätz (1817-1891), du fameux Séminaire juif de Breslau qui a les mêmes initiales que le JTS de New York dont l’emplacement institutionnel dans le judaïsme américain actuel est incontournable. Lors de l’inauguration de ce séminaire rabbinique à Breslau en 1851, Frankel a prononcé des paroles frappées au coin du bon sens où il reconnaissait à la science des droits sur le judaïsme et au judaïsme la nécessité de participer à la culture universelle. Ce sont des paroles qu’on aimerait entendre aujourd’hui de la bouche de certains guides spirituels de France, par exemple. Helléniste, ayant achevé un long cycle universitaire parallèlement à ses études rabbiniques proprement dites, Frankel s’offrit le luxe d’écrire en hébreu au moins trois ouvrages : Mavo la-Mishna, Mavo la-Yerushalmi et Darkhé ha-Mishna. Mais ses travaux sur la Bible des Septante furent rédigés en allemand.

Cette idéologie qui pourrait s’apparenter au fameux mot d’ordre de Samson-Raphaël Hirsch (1808-1888) (mais dans un sens plus ouvert, moins intransigeant) de talmud Tora ‘im dérékh éréts (l’étude de la Tora et la culture contemporaine), fut réaffirmée avec plus de force encore lorsque Isaac Heinemann, l’un des successeurs à la tête de ce séminaire (Jüdisch-Theologisches Seminar de Breslau, l’actuelle Wroclaw) prononça un beau discours à l’occasion du 75e anniversaire de cette institution. Il insista sur la nécessité de réconcilier la tradition et la modernité, la religion juive et la culture européenne[2]. Heinemann finit ses jours comme professeur à l’Université Hébraïque de Jérusalem était ; comme Frankel, il fut à la fois un excellent hébraïsant et un remarquable helléniste, ainsi que l’attestent ses travaux sur Philon d’Alexandrie.

Aujourd’hui, les successeurs de ce judaïsme historique qui revendiquait le concours de l’examen critique seraient les communautés orthodoxes modérés, dites conservative au sens américain du terme.

c

On ne compte plus que sur ces trois grands centres puisque le judaïsme, jadis retenu prisonnier dans l’ancienne et désormais défunte URSS, a été absorbé soit par Israël, soit par les USA, soit, enfin par la RFA. Il n’existe donc plus de réserves. En plus de l’incommensurable drame humain qu’elle représente, la Shoah constitue aussi une saignée à blanc (Léo Baeck), une irrémédiable atteinte à l’évolution démographique du judaïsme Or, nous savons que la religion juive est la seule à perdre régulièrement des adeptes et ne pas pouvoir maintenir le même taux de reconstitution que les deux autres confessions monothéistes.

I.L’origine des différentes obédiences ou orientations au sein du judaïsme contemporain.

Dans le judaïsme, tout part de la Bible et tout finit par y revenir. C’est une façon de dire que même si l’on s’occupe d’un état de lieux contemporain, on doit nécessairement remonter plus loin dans le passé. Nous ne retomberons pas dans l’historicisme de la Wissenschaft des Judentums en nous focalisant sur ce qui est derrière nous, encore qu’il faille toujours tirer les enseignements de ce qui nous a précédés…

Notre réflexion sur la situation actuelle peut se nourrir des sagaces pensées d’un éminent rabbin allemand du XIXe siècle, Zacharias Frankel (1801-1875), fondateur avec ses disciples préférés, Jacob Bernays (1824-1881) et Heinrich Grätz (1817-1891), du fameux Séminaire juif de Breslau qui a les mêmes initiales que le JTS de New York dont l’emplacement institutionnel dans le judaïsme américain actuel est incontournable. Lors de l’inauguration de ce séminaire rabbinique à Breslau en 1851, Frankel a prononcé des paroles frappées au coin du bon sens où il reconnaissait à la science des droits sur le judaïsme et au judaïsme la nécessité de participer à la culture universelle. Ce sont des paroles qu’on aimerait entendre aujourd’hui de la bouche de certains guides spirituels de France, par exemple. Helléniste, ayant achevé un long cycle universitaire parallèlement à ses études rabbiniques proprement dites, Frankel s’offrit le luxe d’écrire en hébreu au moins trois ouvrages : Mavo la-Mishna, Mavo la-Yerushalmi et Darkhé ha-Mishna. Mais ses travaux sur la Bible des Septante furent rédigés en allemand.

Cette idéologie qui pourrait s’apparenter au fameux mot d’ordre de Samson-Raphaël Hirsch (1808-1888) (mais dans un sens plus ouvert, moins intransigeant) de talmud Tora ‘im dérékh éréts (l’étude de la Tora et la culture contemporaine), fut réaffirmée avec plus de force encore lorsque Isaac Heinemann, l’un des successeurs à la tête de ce séminaire (Jüdisch-Theologisches Seminar de Breslau, l’actuelle Wroclaw) prononça un beau discours à l’occasion du 75e anniversaire de cette institution. Il insista sur la nécessité de réconcilier la tradition et la modernité, la religion juive et la culture européenne[2]. Heinemann finit ses jours comme professeur à l’Université Hébraïque de Jérusalem était ; comme Frankel, il fut à la fois un excellent hébraïsant et un remarquable helléniste, ainsi que l’attestent ses travaux sur Philon d’Alexandrie.

Aujourd’hui, les successeurs de ce judaïsme historique qui revendiquait le concours de l’examen critique seraient les communautés orthodoxes modérés, dites conservative au sens américain du terme.

Les communautés libérales d’aujourd’hui et d’hier peuvent se rattacher au célèbre Abraham Geiger, l’inspirateur de l’Ecole des Hautes Etudes Juives de Berlin (Hochschule für die Wissenschaft des Judentums) où il enseigna durant peu d’années, car la mort le surprit en 1874, deux ans après la fondation de cette institution.

Les orthodoxes purs et durs se rattachent à la Yeshiva d’Esriel Hildesheimer de Berlin tandis que les néo-orthodoxes voient en Samson-Raphaël Hirsch de Francfort sur le Main, leur vénéré maître qui publia en 1836 les Dix-neuf épîtres sur le judaïsme après avoir rédigé : Choreb, Versuch über die Pflichten Isroels in der Zerstreuung (Choreb : Essai sur les devoirs d’Israël dans la dispersion).

Nous avons donc, grosso modo, quatre grandes orientations du judaïsme en Europe qui toutes se sont développées dans l’aire culturelle germanique qui exerçait jadis une forte influence culturelle sur l’Europe centrale et orientale.

On pourrait y ajouter les groupuscules Loubavitch qui tentent d’émerger mais qui ne représentent pas encore une force avec laquelle il faudrait compter.

II.Le judaïsme européen contemporain.

a)en France

La seconde guerre mondiale a entièrement modifié l’équilibre au sein des communautés. L’Allemagne qui occupait avec ses intellectuels , ses rabbins et ses savants la première place dans la culture juive, les Ostjuden qui fournissaient les plus gros bataillons de la population juive , ont pratiquement disparu du paysage en raison de la Shoah, et la France qui avait elle aussi largement souffert de cette même saignée, s’est entièrement repeuplée suite à la décolonisation et au départ des juifs de toutes ses anciennes colonies d’Afrique du Nord. Entre 1962 et 1981, en moins de vingt ans, la sociologie du judaïsme européen, et notamment français, a changé du tout au tout.

Ces juifs émigrés, originellement installés en banlieue, investissent depuis les quartiers les plus huppés de Paris mais ont continué à suivre les traditions nord africaines de leurs parents. Ces pratiques religieuses étaient le reflet d’une philosophie consistoriale aux contours assez flous. Petit à petit, cependant, la modernité aidant et le nouveau milieu français s’imposant de plus en plus, ces juifs se sont rendus compte qu’à côté de ce judaïsme consistorial, de moins en moins cultivé et de plus en plus rigoriste, prenait naissance un courant nouveau qui se dit libéral ou traditionaliste-éclairé. Je reconnais que la définition précise des limites et des frontières est malaisée, mais il suffit de regarder les chiffres pour constater que nous vivons un net déplacement du centre de gravité du centre vers la périphérie. Et si le mouvement s’amplifie, la périphérie deviendra le centre…

J’ai pu me livrer à ce constat en étant durant plus de vingt ans administrateur de la grande synagogue de la Victoire : lorsque les vieux locataires de places ont disparu, leurs fils ont généralement rejoint le mouvement libéral dans le XVE et le XVIe arrondissements de Paris. Cette évasion de fidèle se ressent même le jour de kippour et pas uniquement le vendredi soir et le samedi matin.

Je souhaite porter l’essentiel de mes réflexions sur l’idéologie et la nature du judaïsme consistorial avec, en parallèle, le développement du judaïsme libéral et massorti (traditionnel).

Ce judaïsme, institutionnalisé depuis un peu plus de deux siècles, est incontestablement en perte de vitesse, et c’est le numéro deux de cette institution pendant 16 années pleines, l’ancien secrétaire-rapporteur, qui l’écrit tout en le regrettant. Il est vrai que culturellement, ce judaïsme est devenu un désert : aucun de ses rabbins, pas un seul, n’a produit une œuvre théologique ou religieuse significative depuis la disparition du grand rabbin Jacob Kaplan. Nous attendons que le nouveau grand rabbin de France puisse enfin déployer son activité pour dire s’il va apporter des améliorations et des changements profitables au judaïsme français et à son institution religieuse, le Consistoire. Pour le moment, si peu de temps après son installation, on ne peut pas porter le moindre jugement. Toutefois, au plan théorique, une interrogation subsiste : la conduite d’une communauté, milieu vivant le plus souvent très hétérogène, peut-elle se concilier avec une érudition sans faille ? Ce fut le cas dans le passé, moins, beaucoup moins aujourd’hui.

Gershom Scholem avait réparti les orientations historiques du judaïsme en quelques catégories: conservatrice, utopique et restauratrice. On peut dire qu’aujourd’hui l’orientation du judaïsme de notre pays est nettement conservatrice. Mais même cette tendance ne fait l’objet d’aucun approfondissement. On a l’impression d’être retombé un siècle et demi après le Hatam Sofer (ob. 1839 (avec l’érudition en moins) dans le slogan : hadash, assur min ha-Tora. Rien ne doit bouger, on met l’accent sur l’orthopraxis que l’on confond avec l’orthodoxie. Or, cette dernière ne fait l’objet d’aucun réflexion digne de ce nom..

L’exemple le plus parlant est l’insularité de l’Ecole rabbinique de Paris. En seize ans, alors que je faisais partie de son Conseil d’administration, son président, statutairement le Grand Rabbin de France jadis en fonctions, ne nous a convoqué que deux fois. Et encore, avec un ordre du jour extrêmement flou. Toutes nos tentatives pour peser un tant soit peu sur la formation des rabbins et leur action communautaire se sont révélées vaines…

Le judaïsme consistorial actuel axe l’appartenance juive autour de trois points légitimement primordiaux mais insuffisants sur le plan théorique : respecter le chabbat, tenir un foyer cacher et épouser une femme juive ou un homme juif. Ceci se comprend, mais est-ce suffisant ? Ces points, certes vitaux, ne prennent en compte que la dimension strictement religieuse du judaïsme et laissent au dehors tout ce qui touche à sa culture, à croire que la religion juive se méfie de la culture juive…

IL s’agit là d’une erreur lourde de conséquences : celui qui fréquente la synagogue de la Victoire le chabbat et le jour de kippour touche du doigt l’énorme paradoxe du judaïsme consistorial actuel : le vendredi soir, il y a tout juste un double minyan, (sauf s’il y a une bar mitswa le lendemain) alors que la veille de Kol Nidré, les mille quatre cents places sont relativement bien occupées. Le vieillissement, à lui seul, n’explique pas tout. Comme je le relavais plus haut, il y a une réelle désaffection due, essentiellement au fait que les enfants ou petits enfants de ceux qui constituaient l’épine dorsale du judaïsme français d’avant-guerre, vivent mal ce divorce entre la célébration du culte, devenu ritualiste, et l’authentique culture juive allant de Maimonide à Hermann Cohen et s’occupant de toutes les grandes problématiques du temps présent.

Face à ce qu’il faut bien nommer une déculturation, on a vu se développer, outre la synagogue sise rue Copernic, une tendance juive libérale, plus ouverte sur le monde moderne, plus attentive à vivre avec son siècle et soucieuse des grandes événements de l’histoire juive. Notamment en accordant à la Shoah la place qu’elle mérite dans la conscience juive contemporaine. Cette tendance libérale a commencé par être assez anarchique et antinomiste, mais avec le temps et la maturité aidant, elle s’est assagie et recentrée sur les points fondamentaux du judaïsme biblico-talmudique, sans toutefois se confondre avec eux. Cette tendance nouvelle a commencé à séduire un nombre croissant de fidèles, surtout lorsque la France a connu sa première femme rabbin. Cette nouvelle apparition, en soi plutôt révolutionnaire, a fait sensation. Certaines femmes, mais aussi une forte proportion d’hommes, ont été séduits par cette innovation qui leur paraissait inimaginable peu de temps auparavant. Les femmes pouvaient donc être mieux associées au culte et rompre avec des siècles de mise à l’écart.

Sans faire de polémique, je reviens sur un incident qui n’honore pas vraiment son auteur : On a tous entendu parlé d’une élite rabbinique locale qui a cru bon d’interdire la prestation d’une cantatrice israélienne dans un centre communautaire attenant à une synagogue de banlieue, au motif que la voix de la femme est une nudité (qol ba-isha erwa) ! Comment espérer partager la vision de l’avenir avec des gens qui exhument une opinion vieille de plus d’un millénaire et demi, en 2010 ?!

Je pense sincèrement et sans me faire violence qu’un mouvement libéral assagi et mature a bon espoir de devenir un jour majoritaire en France s’il sait se recentrer sur l’essentiel et redécouvrir l’essence du judaïsme, son véritable noyau insécable.

Ici, à Genève, c’est déjà un peu le cas : on me dit que la fréquentation des offices religieux lors des grandes solennités et fêtes juives est incomparablement supérieure en ces lieux qu’ailleurs. Et le mérite en revient à qui vous savez, notre hôte, en l’occurrence.

b)en Allemagne

J’ai enseigné vingt-quatre années durant à la Hochschule für jüdische Studien de Heidelberg, un institut d’études universitaires du judaïsme, intégré à l’Université de la ville. De 1980 à 1989, date de la chute du mur de Berlin, tous mes étudiants étaient catholiques et protestants à 90 %. Et à ce moment là, la population juive de l’ensemble de la RFA se montait à peine à 30.000 âmes, immatriculées auprès des communautés (Kultusgemeinden). Mais après la chute de l’URSS, je vis arriver à la Hochschule des dizaines de jeunes gens et de jeunes femmes russes d’origine juive, venus apprendre la philosophie et l’histoire du judaïsme. La plupart ne comprenaient pas encore très bien l’allemand universitaire, trop difficile pour des non-germanophones. Mais vers l’an 2000, ces étudiants ont pu remettre des travaux rédigés dans un allemand correct. Et aujourd’hui, la population juive en Allemagne caracole autour de 100.000 âmes dont les deux tiers sont des russes. Je n’oublierai jamais un fait vécu à Berlin, dans la grande salle communautaire de la Fasanenstrasse : alors que je faisais une conférence en allemand sur Maimonide, je vis derrière moi une cabine où s’affairait un traducteur. Cette présence me troubla car je me demandais si mon parler germanique posait problème… On me rassura dans un grand éclat de rire : le traducteur transposait en russe ce que je disais en allemand car la plupart des auditeurs et auditrices ne comprenaient pas encore très bien la langue de Goethe !

N’oublions pas qu’à la veille de la guerre, le judaïsme allemand était réparti à 90% en communautés libérales et réformées… En outre, ce pays renoue avec la tradition du Herr Rabbiner Doktor, un peu comme aux USA où les rabbins accomplissent généralement un cycle universitaire complet. L’un de mes anciens étudiants fait aujourd’hui fonction de grand rabbin de Prague, un autre est devenu professeur à l’Université de Munich, d’autres sont devenus Religionslehrer et d’autres enfin sont partis étudier à l’Université Hébraïque de Jérusalem… L’année dernière en arrivant à Lod, une jeune femmes s’est adressée à moi dans l’obscurité en me disant : Sind Sie Herr Professor H…… ? C’était l’une de mes anciennes étudiantes, partie étudier à Jérusalem, s’y était mariée et avait un beau bébé dans une poussette.

Alors que le judaïsme français actuel, à dominante consistoriale, a surtout un avenir démographique, je suis persuadé que l’Allemagne nous étonnera par sa vitalité et par son désir ardent de renouer avec son glorieux passé rabbinique.

c)Au Royaume Uni

J’avoue moins bien connaître le judaïsme britannique, même si, jadis professeur l’USHS de Strasbourg, certaines de nos étudiantes partaient étudier dans des institutions religieuses. J’ai eu aussi des contacts avec le Jews College ou le Leo Baeck College. Mais je pense que là bas aussi le judaïsme orthodoxe ou ultra orthodoxe est un peu en perte de vitesse.

Il ne faut pas oublier les autres pays d’Europe comme la Belgique et les pays scandinaves, en plus de l’Italie, de l’Espagne et du Portugal ; mais leurs dimensions démographiques sont moindres.

III.Le judaïsme non –européen : les USA et Israël

Il s’agit ici des deux centres les plus importants, les plus vivants et les plus significatifs.

Je voudrais évoquer d’abord le canevas israélien d’où viendront, je l’espère, les innovations les plus audacieuses et porteuses de vie. Mais c’est aussi dans la patrie de nos ancêtres que se situent les citadelles les plus imprenables de l’ultra-orthodoxie. Il n’est pas question de tenter de les affaiblir mais il faut que toutes les tendances du judaïsme actuel puissent vivre et peut-être même cohabiter dans l’harmonie.

Je fonde mes espoirs sur le fait qu’en Israël le rétablissement d’une souveraineté nationale, acquise de haute lutte, permettra à l’orthodoxie d’avoir les coudées franches et de se débarrasser de cette frilosité qui la caractérise tant hors de Terre sainte. En Israël, la pratique des mitswot est naturelle, pour ceux qui veulent vivre sous le régime de la Tora . Les grandes fêtes juives sont chômées, le chabbat est naturel et remplace le dimanche, la viande est abattue rituellement et les restaurants qui ne sont pas cacher vous l’annoncent d’emblée. La langue de tous les jours, dans les marchés, les universités, les écoles et les administrations, n’est autre que l’hébreu.

Une vie nationale, si cruellement interrompue durant 1968 ans ( !) a repris un cours presque normal en dépit des menaces extérieures. C’est un plaisir de voir, dans les rues de Jérusalem, des chandeliers de hanoukka, brillant de leurs feux. La vie juive ne connaît pas de limites ni de menaces. Ce serait peut-être l’occasion rêvée de réunir un synode ou une assemblée de rabbins qui ferait autre chose que les tentatives avortées des rabbins réformés allemands entre 1844 et 1846… qui voulaient ni plus ni moins jeter la totalité de la tradition talmudique par dessus bord (Heinrich Heine) : il faut renouer avec un cours normal et naturel de la religion et de l’histoire juives. C’est une nécessité vitale, il faut tirer les leçons de l’exil et ne pas en être les prisonniers ad vitam æternam.

La seule leçon que j’ai tirée des livres de Samuel Holdheim (1806-1860), ce rabbin réformé haï par les orthodoxes de son temps au point qu’on lui refusa de reposer dans le carré rabbinique, est la suivante : le Talmud parlait avec la conscience de son temps et il avait raison, je parle avec la conscience de mon temps, et j’ai raison… Et je rappelle qu’avec l’aide de mon éminent collègue Günter Stemberger de l’Université de Vienne, j’ai traduit et adapté de l’allemand, l’Introduction au talmud et au midrash de Hermann Leberecht Strack (Paris, Cerf, 1986). Sans même parler de ma Littérature rabbinique dans la collection Que sais-je ?. Partant, aucun sentiment anti-talmudique ne m’anime.

Il faut absolument un synode rabbinique qui remette le judaïsme à niveau. Il ne s’agit pas de manger de la viande de porc ni de fumer un cigare le jour du chabbat, mais de concilier une vie moderne avec l’existence religieuse.

Le judaïsme que nous vivons et pratiquons aujourd’hui est un judaïsme issu d’une défaite militaire, d’une destruction de l’Etat juif et d’une déportation qui a duré près de deux millénaires : sans rompre le continuum de la tradition juive, il faut en repenser certains points sans provoquer de ruptures graves.

Je fonde aussi de grands espoirs sur les USA où la mentalité est autre qu’en Europe, même si toutes les grandes tendances du judaïsme y sont représentées. L’existence de grandes universités juives, de grands séminaires rabbiniques tant orthodoxes que libéraux, et surtout le dialogue existant entre les diverses écoles de pensée, sont, en soi, rassurants. Il y a aussi la mentalité et l’histoire américaine qui rendent impossible la manifestation ou le développement d’un antisémitisme aussi viscéral que celui qui ravagea l’Europe jusqu’au siècle des Lumières (inclus)… La naissance récente des USA rend impossible l’apparition d’un antisémitisme recuit ou profondément enraciné, même s’il n’ y avait pas un seul juif dans le Mayflower. Certes, le nouveau monde n’est pas à l’abri, nous le savons bien, de manifestations antisémites, mais je ne pense pas qu’elles s’enracinent aussi profondément qu’en Europe où l’église catholique, revenue à de bien meilleurs sentiments depuis Vatican II, avait, en ces temps heureusement révolus, multiplié les persécutions.

Perspectives : Que faire pour renverser la vapeur et inverser le courant ?

Le judaïsme a toujours été un facteur de développement spirituel et religieux au sein de l’humanité civilisée. Les vicissitudes de l’histoire juive l’ont (momentanément, je l’espère) empêché de poursuivre dans cette voie car il a dû œuvrer en priorité pour sa survie. Cela l’a aussi encapsulé, le séparant de manière presque hermétique des autres. Vous comprenez que je pose ici le délicat problème de la procédure de conversion, même si je pense qu’il faut faire preuve d’une extrême prudence dans ce domaine.

Inverser cette tendance, changer cet ordre des priorités ne dépend pas que des juifs. Il faut une approche commune avec un monde extérieur, un environnement enfin apaisé grâce au dialogue interreligieux et aux amitiés judéo-chrétiennes.

• renforcer l’apprentissage de l’hébreu, de la Bible et de la littérature traditionnelle.

•• développer autant la culture juive que la religion juive, en d’autres termes, rétablir un équilibre plus favorable à la culture.

••• définir l’essence du judaïsme d’une manière nouvelle qui rompe avec les pratiques et les habitudes acquises durant l’exil, cette interminable nuit de l’existence juive.

•••• renforcer toujours plus les relations avec l’Etat d’Israël et œuvrer, dans toute la mesure du possible, en faveur de la paix avec des partenaires fiables et sérieux.

••••• développer avec nos frères chrétiens qui sont aussi une partie d’Israël des relations d’estime et d’amitié, en espérant que cet exemple de fraternité retrouvée sera suivi par tous les descendants d’Abraham.



[1] Cf. Nathan Weinstock, Une si longue présence. Comment le monde arabe a perdu ses juifs (1917-1967), Paris, Plon, 2008.

[2] Cf. Maurice-Ruben Hayoun, La science du judaïsme, Paris, PUF, QSJ ?, 1995, pp 80-83.

Commentaires

  • Maurice, plaisantez-vous ?
    A l'heure où des cortèges de fanatiques défilent dans les rues des capitales musulmanes, en hurlant "mort aux Juifs, mort à Israël" ! où des chefs d'états annoncent leurs volontés de rayer Israël de la carte du monde !
    Oû d'autres chefs d'états soutiennent de tels personnages, où la ministre suisse des affaires étrangères rend visite, niquab en tête, à de tels personnages, a l'heure où le pays "occidental" le plus ouvertement antisémite, la Pologne, pays dans lequel 3 millions de Juifs ont connut le sort que vous savez et dans lequel il n'y a justement plus de Juifs !
    La liste n'en finit plus, mais vous, vous demandez aux Juifs de s'adapter, de "établir un équilibre plus favorable à la culture" !
    Voulez-vous que les Juifs s'auto-génocides, rendez-vous compte que si vous étiez catholique, musulmans ,pour faire court, vous seriez d'un côté excommuniez et de l'autre, frappé d'une fatuha !

  • Ne dramatisons pas. PE

  • Le débat est ouvert !

  • Champignac d'Or 1998

    «Après une longue traversée du désert, ils sont en passe de sortir la tête de l'eau.»

    Jean de Preux, journaliste, supra RSR1, 2 février 1998, vers 12h40

  • Liban : explosion dans le QG de la force française de la FINUL, au Sud Liban, aurait fait sept blessés
    mercredi 12 mai 2010 - 18h47


    Selon la télévision libanaise « New TV » (Al-Jadeed), une explosion s’est produite ce soir dans le quartier général de l’unité française de la FINUL, déployée dans le village d’At-Tiri (Taire), situé dans le secteur oriental, non loin de Bent Jbeil. L’explosion, dont l’origine reste encore inconnue, aurait soufflé un entrepôt de munitions de la force française. Des informations recueillies auprès de sources locales ont confirmé qu’une forte explosion a eu lieu dans le QG français, sans être en mesure de fournir des détails sur les circonstances, les raisons et les dégâts de l’explosion. On ignore s’il s’agit d’un acte de sabotage ou d’un simple accident, tout comme on ignore la gravité des blessés et leur nationalité.

    Notons que cette explosion intervient alors que des médias libanais affirmaient, ce matin, que les relations entre la Syrie et la France traversent une période de tension. Damas ne tolère pas les déclarations de Bernard Kouchner critiquant le réarmement par la Syrie du Hezbollah, et la livraison au parti de Dieu de nouveaux missiles sophistiqués (les Scud et les M-600, ainsi que des missiles sol-air). Cette tension serait à l’origine de l’annulation d’une tournée du ministre français des Affaires étrangères en Syrie et au Liban, à la fin de la semaine. Le Quai d’Orsay a confirmé l’annulation du déplacement, officiellement pour des questions d’agenda. Mais des sources libanaises confirment que Damas n’a pas souhaité recevoir Kouchner. Certains n’écartent pas l’hypothèse selon laquelle l’explosion du QG des forces françaises de la FINUL ne soit un avertissement lié à la tension syro-française.

  • M. Hayoun, qu'avez vous donc comme relation avec votre identité ? Vous semblez encore vous posez de graves questions !
    Comment répondre à vos questions, questions que je me suis posées lorsque je n'avais que 11 ans :

    • renforcer l’apprentissage de l’hébreu, de la Bible et de la littérature traditionnelle.

    - Vous dites de l'hébreu et de la bible, vous commettez dés la première question un erreur ; de l'hébreu et de la Thora ou du Tanah ! Comment voulez-vous qu'une personne se pose les bonnes questions, si il n'a pas les si il n'a pas les bonnes réponses ? Dans chaque question il y a des millions de réponses, c'est justement la voie du Judaïsme contrairement aux dogmes "contemporains", poser des questions et donner des millions de réponses, alors que vos affirmations soulèvent d'autres questions qui méritent des réponses !
    De la parole jaillit la lumière, c'est pour cette raison que le Tout Puissant nous a donné la pensée, la pensée est, quoi qu'il arrive, uniquement d'origine divine, plus, le divin est aussi pensée ! Comment avoir conscience du divin sans la pensée ?
    C'est ce que font les êtres non-pourvus de pensée et même dans ce cas, la non-pensée est divine ! Donc, toute pensée mérite réflexion et questionnement, car la multitude de la réflexion mène vers la multitude des questions, aucune de ces questions est dénuée de sens, les réponses ont cette facultés unique, d'appartenir à chacune des expériences émanant de leurs auteurs ! Les études, les vrais, génèrent le questionnement, connaissez-vous, une culture ayant générer autant de questions que la culture Juive ?

    •• développer autant la culture juive que la religion juive, en d’autres termes, rétablir un équilibre plus favorable à la culture.

    -La culture à pour unique but d'unir les êtres, d'effacer les fausses différences avec de vraies différences et de les transformer en particularités enrichissante pour chacune des parties présentent, qu'est-ce qui à fait que la culture Juive ait été écartée de certaines autres non-cultures, ce n'est pas un postulat, mais la triste réalité empirique de nos sociétés devenues consommatrices et uniquement bassement matériels, ceci rien qu'en prenant pour témoin les divers prosélytismes et les énormes disproportions des nombres d'individus concernés. Là nous entrons dans un autre chapitre, celui des nombres et je vais être le plus clair possible ; il y a 15 millions de Juifs sur terre, toutes catégories confondues, cela comprend des Juifs nazis, des Juifs absolument pas concernés par leur appartenance au Judaïsme, des Juifs conscients de leur identité, mais non pratiquants et des Juifs se déterminants comme libéraux, ces 4 catégories représente approximativement 11,5 millions d'individus, restent des Juifs semi-observans, des Juifs pratiquants les Mitzvot et des Juifs très pratiquants, tous sont de près ou de loin concernés par le phénomène, (autant les Juifs nazis que les Juifs très pratiquants ! ), d'expressions, certes radicalement opposées, mais néanmoins attachés à ce phénomène, au niveau, tant cultuel que religieux, tous appartienne à la même ethnie, il n'y a aucun doute à ce sujet. Si Monsieur Absalon Cohen a milité toue sa vie pour la cause nazie, il a le même droit que le Grand Rabbin Shlomo Cohen à des sépultures dignes liées à son appartenance.
    Donc nous pouvons admettre qu'au sein de la communauté Juive, toute les tendances sont acceptées sans aucune forme de discrimination ! Cette non-discrimination est la preuve que la culture Juive à prévu le multiplexage des expressions au niveau culturel, que dire de plus ?
    Le libre arbitre est restée indéfinissable, linguistiquement parlant et c'est sur ce roc que heurte les limites de cette science, nul ne peut définir le contenu de ce terme le "libre arbitre" ? Où se trouve les frontières de la liberté ? Quelles contraintes pourraient menacer la liberté et son arbitrage ? Nul n'est encore capable de le définir car seule la conduite autorise quiconque d'y faire ses preuves, nul théorie ne peut l'enfermer dans un dogme.

    ••• définir l’essence du judaïsme d’une manière nouvelle qui rompe avec les pratiques et les habitudes acquises durant l’exil, cette interminable nuit de l’existence juive.

    L'essence du Judaïsme n'est elle pas assez "nouvelle" ou novatrice à votre regard ? Ne l'a telle pas justement toujours été, c'est bien son problème, revenons à la destruction de deuxième Temple, des Juifs de Massada il y a 2000 ans ! Il n'est pas pas possible de parler "d'une manière nouvelle" lorsque l'on parle de quelque chose de vivant, de quelque chose, semble t-il, d'immortel, la Thora a telle tellement vieillit depuis le commencement de l'exil ? La ferveur de ses admirateurs, a telle pris une seule ride tout au long de cette passionnante histoire de la diaspora ? Y a t-il une seule histoire de peuple qui soit aussi inexplicable et passionnante que celle du peuple Juif et dont tout le reste monde semble profondément concerné ? Non Monsieur Hayoun, vous avez beau enseigner l'histoire, vous ne trouverez aucun exemple comparable, depuis le début de cet exil !
    2000 ans après le début de cet exil, vous ne pourrez pas trouver un seul autre exemple de non vieillissement aussi parlant, une vraie culture ne cherche pas à rassuré les âmes face à de telles phénomènes (vieillissement), puisqu'une vraie culture a justement pour tâche de vous rajeunir au fur et à mesure de votre avancée dans le cheminement de votre sagesse. Au contraire, pour diriger, diviser, ces fausses craintes sont justement devenues les devises des ces non-cultures, le nouveau message du christianisme, la renaissance de l'Islam etc., il n'y a pas plusieurs façon d'y parvenir à certains égarements, c'est de la Thora justement le secret de l'immortalité de la culture Juive ! 5770 ans selon son calendrier que cette culture continue de surprendre le reste des peuples et des autres empires !

    •••• renforcer toujours plus les relations avec l’Etat d’Israël et œuvrer, dans toute la mesure du possible, en faveur de la paix avec des partenaires fiables et sérieux.

    Tiers-mondiser Israël ! Faire d'Israël, non, pas un pays à coloniser par le biais des aides "humanitaires" matérielles, car Israël se porte mieux économiquement que la grande majorité des empires occidentaux, mais une forme insidieuse de colonialisme moral ! Cher Ruben, commencez par les voisins d'Israël et observez à quel point les aides occidentales toutes confondues ont participé à l'avènement de toutes les formes de corruptions et de radicalisations touts azimuts des peuples voisins de l'état d'Israël !
    Non, Ruben, ce n'est pas dans ce sens que vont les choses, c'est dans l'autre, c'est aux nations de prendre, une fois de plus, des leçons de ce petit pays dans sa surface et grand dans la prodigalité de ces apports de découvertes et d'innovations dans tous les domaines, ainsi que la présence des Juifs dans les évolutions de toutes les sociétés dans lesquelles elles ont laissées leurs traces !

    ••••• développer avec nos frères chrétiens qui sont aussi une partie d’Israël des relations d’estime et d’amitié, en espérant que cet exemple de fraternité retrouvée sera suivi par tous les descendants d’Abraham.


    Et nos frères Musulmans, peut être, comme le disait Rambam, que l'Islam est une pratique beaucoup plus pure que le christianisme, je vous prend de biais sur cette omission, car je sais que vous partagez cette position !
    Il n'y a pas de différence à faire entre les peuples, car ils sont tous composés d'êtres humains indifférenciables de par leurs origines, leurs lieux de naissance et leur appartenance religieuse, n'est il pas !
    Une des sources journalistique à laquelle je trouve des explications plus que cohérente et neutre par rapport à la situation moyen-orientale est animée par des personnes portant des noms à consonances musulmanes. Je ne dis pas que l'équivalence n'existe pas du côté des sources ayant pour auteur des noms à consonance juives, mais dans ces deux appartenances, des êtres unis par la recherche de vérité, recherchent avant tout l'objectivité face à la réalité du terrain.
    Quand aux Chrétiens, (je prend mon souffle, m'allume une clope roulée main et avale une gorgée de thé froid), nos très chers frère Chrétiens, bien qu'ils tentent de transmettre un message d'amour avant tout, c'est dans ce sens, je le suppose, que vous avez attaché ce paragraphe avec le nom d'Abraham, Béni soit-il, nous somme confronté une fois de plus à l'un des principes du double paradoxe typiquement d'essence masculine, je m'explique :
    Abraham, Kadosh Barouch Hou, est un homme fondamentalement bon, il a abandonné son patrimoine natal pour faire la première Aliah de l'histoire, il n'y avait pas de Judaïsme, pas d'état d'Israël, ni même de Dieu, lorsqu'il a suivi son intime conviction et s'est rendu sur cette terre encore aujourd'hui disputée. Ce qui caractérisait cet homme des autres hommes, c'est avant tout, sa bonté sans limite, c'est homme était tellement bon et rempli de piété qu'il fut même près à sacrifier sont propre fils, silence un ange passe. Dans la Thora, (Genèse 16 à 21) Agar est la servante de Sarah, épouse d'Abraham. Sarah offre Agar à son époux, car leur union est jusque-là stérile. Agar est enceinte. Alors Sarah, se sentant diminuée aux yeux de sa servante, demande à Abraham de juger entre Agar et elle. Abraham la laisse juge : Sarah humilie Agar et la chasse. Celle-ci ne survit dans le désert que grâce à l'aide divine. Un ange dit à Agar : « Je multiplierai ta race au point qu'on ne pourra la dénombrer, tant elle sera nombreuse ». Il ajoute qu'elle enfantera un fils du nom d'Ismaël (en hébreu ishma'-'êl : « Dieu entend »), « car Dieu a entendu ton humiliation ». Le lieu de cette rencontre est le puits Lakhaï-roï (« au vivant qui me voit »), entre Qadès et Béréd. Abraham était âgé de 86 ans lorsque Agar enfanta Ismaël.
    Agar est revenue près d'Abraham alors que Sarah lui a finalement donné un fils, Isaac. Ismaël et Isaac sont élevés ensemble. Mais, à la demande de Sarah, Agar est à nouveau chassée, cette fois avec son fils, car Sarah ne veut pas qu'Ismaël l'aîné hérite avec Isaac. Agar et Ismaël errent dans le désert de Bersabée. A nouveau, Dieu entend et voit la détresse d'Agar : « je ferai de lui (Ismael) une grande nation ». Il lui ouvre les yeux : elle voit un puits et sauve son fils de la mort.

    Qui donc sont les descendants d'Ismael ? Mohamed affirme être en lignée directe avec Ismael, ceci bien que de nombreuses générations les séparent et qu'il n'y ait pas vraiment de manière de le vérifier, accordons lui cette prouesse, mais dans la Thora, les chroniques sont bien plus précises et écrites et même prophétisées, dans toute cette histoire d'Avram pas encore tout à fait Abraham, le rire éclair de façon surprenante ces chapitres de la Genèse, lisez attentivement ces chapitres, pas vous Ruben, car vous les connaissez peut être suffisamment ainsi que les nombreux commentaires leurs succédant, mais pour tous les lecteurs qui ne seraient pas encore tout à fait aguerris par ces textes et nous tomberons tous d'accord, que dans ces passages décrivant la vie d'Abraham, on ne peut qu'en retirer de précieux enseignements fondamentaux notamment vis-à-vis du rire et de sa conjugaison !
    Que ces sursauts d'ironie figurants dans la Genèse, n'ont pas finit de faire danser les "civilisations" ou cultes contemporains, il y a dans ces textes, un arrière goût de "Qui rira, rira le dernier", qui n'est pas vraiment là pour arranger les bidons vides qui en résonnent encore dans vos interrogations !!! Mais que l'unique vraie transmission s'est passée d'Abraham à Itzrak, d'Itzrak à Jacov et de Jacov à ses 12 fils, pour la première fois 12 fils sans défection de la part d'aucun des 12,non pas d'Abraham à Ismael et de Itzrak à Essav !
    Donc si certains nie l'évidence même, comment entamer quelques changements que ce soit ? Les deux courants issus de la culture Juive, le christianisme et l'Islam se sont coupés de leurs racines, pendant des siècles ils ont pu imposer leurs discours par la force et la censure, maintenant que la révolution de l'information a bouleversé les mentalités, ces énormes arbres démunis de racines menacent de s'effondrer du haut de leurs arrogances décaties, d'un côté les églises sont désertées et les moeurs de ces officiants font la une de la presse et de l'autre coté, un ramassis de dictatures sanguinaires s'entretuant sans relâche et malgré le nombre, plus d'un milliard deux cents millions se prennent la pâtée militairement face à un état de 5 millions de Juifs !
    Que devrait donc faire la culture Juive pour se rapprocher de tels séismes cataclysmiques ? Faut il que la culture Juive enseigne la fatuah ou les mérites du célibat, ou bien les recettes du terroir avec calamar frit au saindoux, filets mignons de porc sauce à la crème, faut il que la mode de l'échangisme consolide les liens entre ses membres ?
    Trouvez-moi une seule démarche que la culture Juive devrait entreprendre afin de se remettre à niveau ? Après on discutes !

  • @PE Quelle est votre intention ici?

    Vous savez quand même que vous vivez en 2010, non pas dans une colonie attribuée par des politiques à la clôture de la dernière guerre mondiale pour la survie de votre esprit, mais en Suisse.

    Juste pour recadrer votre propos, qui se focalise sur le judaïsme.

    Vous ne vous étiez pas montré si rétrograde, si partisaniste, si limité d'esprit. Quoiqu'il en soit,

    Que voulez-vous donc faire en Suisse avec votre réjuvénération religieuse judaïque?

    - comptez quand-même avec une minorité de quelques 50% de suisses d'esprit non accro à toute religion.

    Confédération démocratie helvète oblige.

  • Mais nom de Bleu na...ya, parlez en bon français car vous êtes toujours incohérente!

  • Concernant PE, dans sa recherche monde, pas de grands traits de caractères.
    Quelques obscures divagations avec un des ces arrières goûts de tentations de mordre au fruit défendu.
    Serait-il attiré par les sirènes de la dissidence de ce qu'il tente d'enseigner ? Je ne crois pas, dépose t-il des collets par ci par là, peut être ? ou bien sonde t-il les eaux profondes de la silencieuses corporation helvétique ?
    Ce qui découle de sa prosaïque déclamation revêt la pathétique robe de la recherche de sa propre identité, Ruben est un dominant malgré son apparente aménité à ce qui pourrait lui permettre de franchir ses soifs de postérité.
    Bien que je soi totalement fou, j'ai observé ses penchants obséquieux et sa constante volonté non dissimulée de faire étalage de sa démarche plutôt commerciale.

Les commentaires sont fermés.