Et l’éthique……

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Et l’éthique……

On a parfois l’impression que les choses, même dans la vie quotidienne, ne tournent pas rond. Des autorités qui trahissent les devoirs qui leur incombent, des actes qui sont contraires à l’apaisement et à la sérénité, des mœurs dont on ne sait plus comment les qualifier, bref, une sorte de période où l’on a perdu tous ses repères parce que toutes les sources de la morale et de la religion, disons les gisements éthiques de la société, se sont taries. Comment en sommes nous arrivés là ? J’avoue que je l’ignore, ce que je sais, en revanche, et je le sais de science sûre, c’est que plus aucun retour en arrière n’est possible.

J’ignore si vous avez entendu parler de cette émission d’hier soir sur France 2, intitulée les infiltrés et consacrés aux pédophiles. J’avoue ne pas avoir eu la force de la regarder plus de trois minutes… Incroyable !

Le débat dans le débat, si j’ose dire, portait sur le point suivant : une fois que les journalistes ont mis en confiance des criminels (car il s’agit bien d’un crime sévèrement puni par la loi) doivent-ils les signaler à la police ? En d’autres termes, est-ce que des journalistes doivent parfois devenir des délateurs ?

Je ne nie pas le caractère cornélien du débat, un débat qui, d’ailleurs, ne me plaît guère, bien que le devoir du philosophe éthicien est malgré tout de tenter d’éclairer la société dans laquelle il vit. C’est vrai qu’il y a une déontologie, c’est vrai que le journaliste n’est pas l’auxiliaire de la police… Mais tout de même : de quel poids pèse la déontologie professionnelle lorsque des enfants (six ans !!) sont en péril ? J’ai bien apprécié la position franche du responsable de cette équipe de journalistes qui a justifié l’attitude de ses collègues : ils sont bien fait d’en parler à la justice. Comment rester les bras croisés lorsque des criminels vous content complaisamment leurs exploits honteux et vous décrivent ceux qu’ils s’apprêtent à commettre dans un avenir proche…

Il y a aussi un point sur lequel je désire dire un mot : je ne crois pas en ce sacro-saint devoir d’informer, et de placer le métier de journaliste au-dessus de toutes les règles. Je n’admets pas ce que le penseur danois Sören Kierkegaard appelait la suspension de l’éthique (quand il s’est agi pour Dieu de donner un ordre immoral à Abraham, à savoir, commettre un infanticide)… Les enfants, on y revient toujours.

L’éthique est universelle et a cours éternellement.

Depuis la promulgation du Décalogue, on parle de la pérennité de l’éthique. Ce n’est plus un roi, un régime, un parti qui fixe la morale en cours, elle se fixe elle-même. Le philosophe allemand Immanuel Kant a parlé des racines métaphysiques du droit : même si le monde n’existait que dans une intelligence cosmique, c’est-à-dire même s’il n’avait qu’une existence intra-mentale, le droit échapperait à tout contrôle et n’obéirait qu’à ses propres principes.

Il faut avoir des enfants, ou même, sans en avoir, les regarder dans les yeux pour être touché par cette lueur d’innocence et de pureté.

La tradition talmudique s’est demandé jadis par quels chapitres on devait commencer l’étude de la Bible avec les enfants : elle opta pour le Lévitique qui est pourtant un livre dur et aride, guère passionnant pour des enfants. Voici la réponse : les sacrifices nous lavent de nos péchés, à l’instar des eaux lustrales. Ils donc sont synonymes de pureté : que les purs (les enfants) commencement par ce qui leur ressemble : la pureté… et qu’une fois devenus adultes, ils conduisent le monde vers de meilleures pratiques.

On en est encore un peu loin.

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