ELISABETH BANDINTER ET SON NOUVEAU LIVRE : LE CONFLIT

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Dans ce nouvel ouvrage de Madame Badinter portant sur le même sujet qu'il y a de nombreuses années, ce qui me frappe le plus c'est le lancement de l'ouvrage à grand renfort de publicité ; des pages d'interview dans les journaux, des émissions de radio et de télévision, des publicité un partout, bref la grosse artillerie... Et il n'est pas si sûr que cela mérite un tel déploiement.

De quoi s'agit-il ? L'auteur, poursuivant son idée depuis des années, considère que le traitement des femmes connaît une régression et insiste sur l'opposition mère / femme. Elle dénonce la mise sous condition des femmes auxquelles on rappelle sans cesse, selon l'auteur, que la maternité est un impératif, indissociable de la condition de femme. En somme, la mère prend sur le pas sur la femme.

 

Le type de débats m'a toujours semblé un peu artificiel, même si je considère que le sort fait aux femmes n'est pas toujours enviable : il y a par exemple, les discriminations au travail, l'inégalité des salaires, la multiplicité des tâches (amante, mère, travailleuse), cela fait bien trois bonnes journées de travaille en une seule... C'est trop. Ajoutez à cela des inégalités dictées par la nature, ménopause, ostéoporose, etc...

Ceci nous rapproche du sujet : comme on a dit aux femmes qu'elles doivent être m ère, ne serait-ce qu'une seule fois, elles se hâtent de faire un enfant avant qu'il ne soit trop tard. Et ensuite, les problèmes commencent. Car, parfois, lorsque le temps presse, certaines femmes mettent une grossesse en route, afin de ne pas être prise de court . Ce qui veut dire que l'amour de tel ou tel homme compte peu, ce qui importe c'est l'enfant...

Il est difficile à un homme de prendre parti dans un tel débat. Il est vrai que parfois, l'homme se sent relégué à l'arrière-plan lorsque la femme est dans l'attente d'un heureux événement. On a alors l'impression que lorsque l'objectif est atteint, un homme en vaut un autre, bref que la mère prend le pas sur l'épouse.

Quelle est la place de l'instinct maternel dans le couple ? Selon Elisabeth Badinter, l'instinct maternel n'existe pas vraiment. Qui sait ? Pourtant, elle sait de quoi elle parle. Elle a eu trois enfants.

 

Commentaires

  • Avant de juger si madame Badinter sait de quoi elle parle, il faudrait savoir comment s'est déroulée sa vie de mère .

    Madame Badinter m'apparaît comme une militante quasimment fanatique du féminisme et le pense qu'elle a trop tendance à généraliser ses idées à l'ensemble de ses consoeurs.

    Ceci étant, le sort des femmes, disons d'un certain nombre de femmes, peut effectivement paraître peu enviable......Je crois que de grandes avancées ont eu lieu depuis le vingtième siècle, mais qu'elles se trouvent contre-balancées par des contraintes nouvelles nées de la vie moderne.

    Je n'ai pas lu le livre et l'article ne le dit pas, mais Madame Badinter parle t elle de toutes les femmes du globe ou simplement de notre petit monde occidental ? S'il s'agit d'un exament "global" je comprends sa préoccupation !

  • Grâce au féminisme et à la volonté de la femme elle-même, elle est parvenue à obtenir l'égalité des droits. Les femmes de premier ordre telles que MMes, Badinter, Veil ont donné l'impulsion nécessaire à cette réforme.

    Il y a eu aussi des hommes, comme Condorcet (1774), Will Durant entre autres qui ont apporté leur contribution. J'en oublie certainement.

    Les femmes ont obtenu:
    - le droit de vote
    - l'accès aux études
    - la possibilité de concilier travail et famille
    - l'obtention de rentes de retraite, de veuves, de pension.

    Elles possèdent aujourd'hui tous les droits universels, civils et politiques, en Occident bien sûr. Toute latitude leur est offerte pour s'épanouir et prendre en mains leur destinée.

    Pourtant, elles doivent être vigilantes à ce que les dominants ne se réactivent pas:
    - l'homme qui l'a maintenu sous sa coupe pendant des millénaires
    - le religieux qui l'enferme dans l'obscurantisme et sa fonction première (faite pour la glore de l'homme)
    - des politiciens qui remettent en cause l'IVG
    - des groupes qui durcissent le ton et s'érigent en censeurs.

    Et là les bras m'en tombent
    - elles doivent lutter contre ses propres soeurs, celles qui se réfèrent sans condition à un Dieu et à des traditions d'un autre temps.

    Alors aujourd'hui le débat de Mme Badinter sur l'allaitement me paraît superficiel et dérisoire.

    Surtout que les mères peuvent utiliser un tire-lait, mettre leur lait maternel en bouteille (même en faire des yogourts). Ainsi l'enfant en sera pas privé du lait nourricier et la femme sera libre de son temps.

    Pourquoi Mme Badinter se penche sur un problème qui n'en est pas un? Je dirai que c'est une mode passagère et sans conséquence. Je penserai à Mme Badinter en tant que résistante.......

  • "Surtout que les mères peuvent utiliser un tire-lait, mettre leur lait maternel en bouteille (même en faire des yogourts). Ainsi l'enfant en sera pas privé du lait nourricier et la femme sera libre de son temps."

    Et embaucher quelqu'un pour donner le biberon au bébé?

    Le biberon ne remplace pas cette communion entre la mère et son bébé quand il prend son sein!

    De plus, elle perd bien plus de temps avec le tire lait et la mise dans le biberon que de donner le sein et bien moins douloureux que le tire lait! J'avais une amie qui ne voulait pas donner le sein à ses enfants, de peur du changement de sa poitrine.... Elle est décédée à l'âge de 50 ans d'un cancer du sein! J'étais catastrophée par la nouvelle de son décès et fait un parallèle du refus de l'allaitement par crainte de voir ses seins abimés.

  • "Selon Elisabeth Badinter, l'instinct maternel n'existe pas vraiment. Qui sait ? Pourtant, elle sait de quoi elle parle. Elle a eu trois enfants."

    Elle était plus préoccupée par ses idées qu'elle a fait passer avant l'amour maternel. Sans instinct maternel il n'y a pas d'amour maternel. On devrait demander à ses enfants ce qu'ils en pensent. On ne peut nier qu'il existe des femmes dépourvues d'instinct maternel, et pour cela il y a des facteurs qui jouent:

    - Le caractère joue un rôle primordial tant pour la femme que pour l'homme. Vous semblez oublier que l'instinct paternel est le complément de l'instinct maternel, quand il ne pallie pas manque de ce dernier.

    - L'épanouissement dans son mariage (réussi ou une cata où l'enfant vient comme un cheveu dans la soupe, et là........)
    - L'enfant désiré (l'instinct maternel ne se pose même pas. Il est déjà ancré dans les gènes.)

    "l'homme se sent relégué à l'arrière-plan lorsque la femme est dans l'attente d'un heureux événement."

    Vous généralisez! Je peux vous assurer que c'est un bonheur de voir qu'il y a des hommes qui sont autant dans l'attente de l évènement et vivent la grossesse en s'impliquant fortement par l'attention qu'ils portent à leur femme.

    "Ajoutez à cela des inégalités dictées par la nature, ménopause, ostéoporose, etc..."

    On pourrait ajouter l'andropause, les problèmes de prostate, etc... pour les hommes. :)

    "...... que la maternité est un impératif,"

    La maternité est l'accomplissement de la femme. Demandez l'avis de celles qui désiraient des enfants et qui sont malheureuses de n'avoir pu ou ne peuvent enfanter. Je ne crois pas qu'Elisabeth Badinter puisse s'exprimer à leur place.

    A part cela, j'aime beaucoup la femme mais moins ses idées sur la grossesse.
    Ayons la reconnaissance de ce qu'elle a fait pour nous, les femmes!

  • Patoucha,

    La grossesse est une affaire personnelle. Non pas dans la conception, mais dans la façon d'appréhender ces neuf mois de gestation. La relation avec son enfant l'est également, tout comme en religion c'est une affaire privée.

    Il n'y a point de mères parfaites. Elles font de leur mieux pour éduquer et aimer leur petit. Le sentiment qu'elle leur porte différe d'une maman à une autre sans pourtant qu'on la qualifie de mauvaise mère.

    C'est pourquoi, il est inutile d'avancer que la maternité est l'accomplissement de la femme, ni que l'instinct maternel existe vraiment, ni qu'une femme est plus parfaite qu'une autre s'il elle ressent des émotions personnelles qu'elles qualifient de vérité absolue.


    La venue d'un enfant est émotionnelle. Et il est inutile de juger le comportement de la femme.

    Par contre, les moyens qui lui sont donnés pour accomplir sa tâche de mère et de femme ne sont pas à dédaigner. Ils lui permettent d'être une personne indépendante sans que personne lui dicte sa conduite.

    Et pour la petite histoire, triste: Une mère qui a eu cinq garçons meurent d'un cancer du sein et dit:
    "Seigneur, pourquoi moi, j'ai donné le sein à mes petits!

  • océane, chacune son point de vue, vous ne croyez pas? Il y a un tel raisonnement des femmes sur ce blog que j'ai l'impression d'être un ovni parmi vous?!

  • où se place l'enfant dans tout cela ? c'est toujours les adultes qu'on défend d'abord ! il est vrai que dans la tradition judéo-chrétienne, l'enfant doit tout aux parents, surtout à la mère. Je n'incrimine pas toutes les mères, mais trop de mères abandonnent de leur bébé alors qu'il n'est pas encore né ! inscription à la crèche....avoir un enfant, être mère pour se sentir une femme, être père pour se prétendre être un homme ! on arrête pas ce 'malaise dans la civilisation' pas étonnant que ces bébés 'perdus' deviennent éperdument en manque de repères et délinquants à leur tour quand ils deviennent parents.

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