OBAMA ET NOUS : L’EUROPE COMPTE-T-ELLE POUR LE PRESIDENT AMERICAIN ?

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OBAMA ET NOUS : L’EUROPE COMPTE-T-ELLE POUR LE PRESIDENT AMERICAIN ?
Il est dix-huit heures en Normandie, la visite officielle du président américain s’est achevée depuis 90 minutes. A 16h 30, le président comptait se rendre à Paris pour une visite privée avec sa famille. Au programme : visite de Notre Dame, du centre Pompidou et dîner dans un excellent restaurant de la capitale. Nous lui souhaitons une bonne fin de séjour ainsi qu’à sa famille. Mais il est temps, pour nous, de faire un petit bilan et de voir, par delà  les émotions et les bons sentiments, ce que représentait ce voyage et ce qui en sortira.
Au fond, pas grand chose, la tournée européenne, tant en Allemagne qu’en France, n’a pas donné grand chose. Les entretiens avec les chefs politiques de notre vieille Europe n’ont pas duré longtemps ni n’ont revêtu la moindre importance. Un peu comme si l’attitude impériale des USA à l’égard du vieux continent n’avait pas changé : les USA sont les maîtres du monde et veillent sur leurs alliés, à charge pour ces derniers de ne pas poser de problème et d’appuyer, de leur mieux la politique des Etats Unis. Pourquoi pas, si tout le monde y trouve son compte ? Le problème est que les choses, dans la réalité, ne se présentent pas ainsi. Nous allons passer en revue quelques points de frictions, véritables problèmes pour M Obama et sa diplomatie ; et on verra, sans difficultés, que l’Europe est le cadet de ses soucis.

OBAMA ET NOUS : L’EUROPE COMPTE-T-ELLE POUR LE PRESIDENT AMERICAIN ?
Il est dix-huit heures en Normandie, la visite officielle du président américain s’est achevée depuis 90 minutes. A 16h 30, le président comptait se rendre à Paris pour une visite privée avec sa famille. Au programme : visite de Notre Dame, du centre Pompidou et dîner dans un excellent restaurant de la capitale. Nous lui souhaitons une bonne fin de séjour ainsi qu’à sa famille. Mais il est temps, pour nous, de faire un petit bilan et de voir, par delà  les émotions et les bons sentiments, ce que représentait ce voyage et ce qui en sortira.
Au fond, pas grand chose, la tournée européenne, tant en Allemagne qu’en France, n’a pas donné grand chose. Les entretiens avec les chefs politiques de notre vieille Europe n’ont pas duré longtemps ni n’ont revêtu la moindre importance. Un peu comme si l’attitude impériale des USA à l’égard du vieux continent n’avait pas changé : les USA sont les maîtres du monde et veillent sur leurs alliés, à charge pour ces derniers de ne pas poser de problème et d’appuyer, de leur mieux la politique des Etats Unis. Pourquoi pas, si tout le monde y trouve son compte ? Le problème est que les choses, dans la réalité, ne se présentent pas ainsi. Nous allons passer en revue quelques points de frictions, véritables problèmes pour M Obama et sa diplomatie ; et on verra, sans difficultés, que l’Europe est le cadet de ses soucis.
Les vraies préoccupations des USA, celles qui peuvent remettre en question leur suprématie et leur puissance militaire, portent sur la Chine, le Pakistan et l’Afghanistan. Vient ensuite, ou sur un même plan l’Iran. Puis la Russie. Et c’est la question palestinienne (démesurément gonflée et surévaluée) qui ferme le ban. Telles sont les vraies questions qui se posent à M. Obama. Le reste, c’est-à-dire l’Europe et sa crise économique, ne l’intéresse qu’incidemment, notamment lorsqu’il veut complaire à l’allié turc en lui faisant miroiter un soutien dans l’adhésion à l’UE, sachant pertinemment bien, par ailleurs, que cela ne se fera pas demain.
La Chine ne peut plus être négligée tant elle achète d’obligations du trésor américain, contribuant à financer le gigantesque déficit US. Si la Chine décidait de se débarrasser de ses dollars, elle se ruinerait, certes, (ce qui veut dire qu’elle ne le fera jamais) mais ruinerait aussi, sûrement,  les USA. En plus de cette épée de Damoclès économique, la Chine tient à bout de bras la Corée du Nord et s’en sert comme d’une monnaie d’échange vis-à-vis des USA, dans un bras de fer très compliqué. Et ce, d’autant que la succession du dictateur nord-coréen se prépare et qu’il pourrait se aller à quelque action inconsidérée… Il y a aussi le vote ou plutôt le veto au Conseil de sécurité de l’ONU qui complique singulièrement le jeu puisqu’aucune condamnation officielle ne peut intervenir sans la Chine.
La Chine, sans le dire vraiment, est aussi partie prenante dans la lutte contre le terrorisme en Afghanistan et au Pakistan. Ce dernier pays retient l’attention du leader américain bien plus que ne le fera jamais aucun pays européen. Menacé de l’intérieur comme de l’extérieur, doté de l’arme atomique, brouillé de manière congénitale avec son puissant voisin indien, le Pakistan a longtemps joué un double jeu à l’égard des Talibans avec lesquels il conclut parfois des accords hasardeux pour ensuite se retourner violemment contre eux, à la demande pressante des USA…
Inséparable de la question pakistanaise, l’Afghanistan est la priorité américaine par excellence. Au cours du G20 M. Obama a pu voir qu’il n’y avait rien à attendre des Européens. Les USA les incitent à renforcer leurs contingents militaires, ce que nos gouvernants ne veulent ni ne peuvent faire, tant ils redoutent des pertes que l’opinion ne comprendrait pas. Je rappelle les dix militaires français tués et lâchement dépouillés de leurs équipements. Kaboul restera longtemps en tête de l’engagement américain, en matière de politique étrangère. Et  nos amis transatlantiques sont excédés de voir qu’ils supportent presque seuls le fardeau militaire. Comment, dans ces conditions, accorder de l’importance à notre continent qui ne comprend pas l’importance stratégique d’un tel engagement ?
On abordera la Russie après, il vaut mieux se tourner vers l’Iran où le président américain amorce un virage dont on ne soupçonne pas encore la vigueur ni la portée tant il risque d’étonner. M. Obama a compris que les rodomontades de l’Iranien cachaient, en fait, des objectifs d’hégémonie régionale qui pourrait fort bien s’accommoder d’une présence américaine dans la région : en clair, l’Iran et les USA ont des objectifs parfaitement convergents et éminemment conciliables  dans cette région : lutter contre le terrorisme, calmer une fois pour toutes les Talibans et al-Qaida, en somme les USA admettraient que l’Iran a des intérêts légitimes dans cette région… Ce qui serait une révolution. Imaginez les craintes de la diplomatie saoudienne ou égyptienne, sans même parler de la Jordanie, tous pays sunnites, voyant les USA, leur divinité tutélaire jusqu’ici, s’entendant avec leur ennemi héréditaire perse et chi’ite !! Qui a dit que les Etats sont des monstres froids, insensibles, veillant exclusivement sur leurs intérêts ? On est loin des beaux discours et des marques d’amitié si généreusement distribuées… Quelle leçon de cynisme politique ! Les Arabes qui seront ainsi sacrifiés l’ont bien senti et réalisent qu’ils n’ont pas grand chose à offrir en échange à l’allié américain car s’ils disparaissent et que les Iraniens s’entendent avec les USA, le condominium USA-Iran rétablirait l’ordre dans la région. Mais le prix serait excessivement élevé : l’hégémonie perse sur les Arabes : ces derniers l’accepteront-ils ? C’est douteux.
Et le discours du Caire fera figure de pièce de musée puisque la Realpolitik aura contraint M. Obama à tenir compte des intérêts à long terme de son pays. Cette belle adresse au monde musulman, avec ses figures pompeuses (les Américains ont dit dans leur presse : bombastic overtones) est vite oubliée. Car, imperceptiblement mais inexorablement les USA font les yeux doux à l’Iran des Mollahs. Comment concevoir que M. Obama invite des Iraniens aux cérémonies du 4 juillet après les déclarations d’Ahmaninedjad sur la «supercherie» de l’Holocauste ? J’ajoute qu’un Iran saturé (comme disait Bismarck en 1871) dans a région ne se préoccupera plus du Hezbollah, ce qui amènerait le calme dans la région du Proche Orient qui n’est plus vraiment le vecteur le plus porteur du monde selon la nouvelle politique US.
Avec la Russie, les choses devraient se passer plutôt bien. Malgré les prouesses de M. Poutine, elle a amorcé son déclin et sa population va baisser de plusieurs millions dans les décennies à venir alors que celle des USA ne cesse de grossir. Une fois conjuré le péril iranien, la donne change ra fondamentalement ; les ISA trouveront une solution pour les stations de radars anti-missiles.
Reste la question palestinienne. Il semble que ce soit l’aspect le plus délicat car M. Obama n’a pas hésité à dire au Caire qu’il y a plus de 7 millions de musulmans aux USA, ce qui laissait entendre que les juifs ne sont que 6 millions… Il suffit de lire les commentaires en Israël pour comprendre que ces chiffres sont mal passés. D’ailleurs, moins de 7% d’Israéliens font confiance au leader américain. Quand on pense au pourcentage dont bénéficiait Georges Walker Bush…
Même si les Iraniens cessent de soutenir le Hamas et le Hezbollah, les Palestiniens continueront de se manifester. Et Israël sera contraint de se manifester à sa façon, comme il menace de le faire si le Hezbollah devait l’emporter aux élections législatives de ce dimanche…
Partant, tous ces beaux éditoriaux, ces émissions télévisuelles ou radiophoniques célébrant ceci ou cela passent, je le regrette, à côté de l’essentiel…
On le voit, on ne s’en sort pas. Et dans toutes ces parties d’échec, l’Europe n’occupe aucun rôle, sinon celui de figurant. C’est triste,  c’est désolant, mais que faire ? Nous sommes des nains politiques et plusieurs nains qui se coalisent, cela ne donne pas un géant. Or, il nous faut une Europe puissante et unie. Seule une telle configuration pourra changer la donne. Espérons

Commentaires

  • Médisez, médisez , il en restera toujours quelque chose. C'est le président Obama qui est la cible préférée des pro-sionistes. C'est vrai qu'ils ne se trompent pas de cible, mais il n'est pas seul !

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