LA COMMEMORATION DU YOM H-SHOAH ET LE CONFERENCE SUR LE RACISME A GENEVE. Où’est devenu l’héritage d’Al-Farabi (Afghasitan) et d’Avicenne (Iran) ?

Imprimer

LA COMMEMORATION DU YOM H-SHOAH ET LE CONFERENCE SUR LE RACISME A GENEVE.
Où’est devenu l’héritage d’Al-Farabi (Afghasitan) et d’Avicenne (Iran) ?
Il faut savoir raison garder et ne pas céder aux provocations, même les plus grosses, les plus inqualifiables, comme celle qui s’est déroulée hier après-midi à Genève où je me trouvais pour mes cours hebdomadaires. La journée était belle, je me suis assis, après le déjeuner, sur un banc, derrière la palce des canons,, surplombant la place ces Bastions…
Les hasards du calendrier ne doivent pas nourrir notre émotivité. C’est vrai que c’est triste, que cela nous chagrine, mais il faut savoir passer outre. Cela m’a fait tant de peine de prendre connaissance des déclarations de l’Iranien, une fois rentré à Paris, tard dans la nuit.
Je pense que la commémoration digne et recueillie de la Shoah en Israël, mérite mieux que les clameurs et les déclarations irresponsables que quelques uns se permettent de faire pour attirer l’attention des medias internationaux.

 

LA COMMEMORATION DU YOM H-SHOAH ET LE CONFERENCE SUR LE RACISME A GENEVE.
Où’est devenu l’héritage d’Al-Farabi (Afghasitan) et d’Avicenne (Iran) ?
Il faut savoir raison garder et ne pas céder aux provocations, même les plus grosses, les plus inqualifiables, comme celle qui s’est déroulée hier après-midi à Genève où je me trouvais pour mes cours hebdomadaires. La journée était belle, je me suis assis, après le déjeuner, sur un banc, derrière la palce des canons,, surplombant la place ces Bastions…
Les hasards du calendrier ne doivent pas nourrir notre émotivité. C’est vrai que c’est triste, que cela nous chagrine, mais il faut savoir passer outre. Cela m’a fait tant de peine de prendre connaissance des déclarations de l’Iranien, une fois rentré à Paris, tard dans la nuit.
Je pense que la commémoration digne et recueillie de la Shoah en Israël, mérite mieux que les clameurs et les déclarations irresponsables que quelques uns se permettent de faire pour attirer l’attention des medias internationaux.
Ce qui me paraît bien plus grave, et donc bien plus préoccupant, c’est le choc des cultures ou plutôt des ignorances. On galvaude des notions, voire des concepts, qui méritent un traitement plus sérieux.
Comment une commission aussi sérieuse que celle de l’ONU, luttant contre le racisme, a-t-elle pu être dévoyée, galvaudée et instrumentalisée de cette manière ? Comment un homme comme le président iranien, je le rappelle, ancien chef d’une organisation comme celle des Pasdarans, a-t-elle pu éclipser (je dis bien éclipser) la présence et les déclaration d’un prix Nobel de la paix et d’un rescapé de la Shoah comme Elie Wiesel ? En reprenant très tard hier soir mon véhicule à la garde Lyon, j’ai pu écouter ses déclarations…
Le dialogue des cultures (sur lequel j’ai envoyé un article au journal Le Temps qui a refusé de le publier, au motif que je suis trop engagé aux côtés de la Tribune de Genève !!) est très mal parti. Nous nous rendons compte que des dizaines d’Etats se réclament d’une autre idéologie pour maltraiter les femmes, restreindre la liberté d’hommes et de femmes en raison de leur orientation sexuelle, ne pas accepter la critique de leurs traditions religieuses, etc…
Tout en respectant les croyances –et cela, je le répète, me semble être un point nodal dans le vivre ensemble- il faut bien admettre les droits de l’esprit, de la raison et de la critique. Le Siècle des Lumières a-t-il vécu sans laisser de traces dans toute une civilisation se réclamant d’un certain héritage ? En d’autres termes,  Al-Farabi, Avcienne et Averroès (ob. 1198), seraient-ils morts sans laisser d’héritiers dans les milieux qui les ont vu naître ?
Qui se souvient aujourd’hui que Abu Nasr al-Farabi (Xe siècle), grand architecte du legs philosophique gréco-musulman, grand précurseur du mouvement des falasifa,  était né à Farab (dont il porte le nom), ville située dans l’Afghanistan actuel, devenu le pays des Talibans ? Et Avicenne, Ibn Sina, le grand penseur persan qui lui succéda, vit le jour dans ce même pays dans l’actuel dirigeant fait, aujourd’hui, dans la belle  ville de Genève, les vagues que l’on sait ?
Or, tant al-Farabi qu’Avicenne ont donné leur nom à un vaste mouvement philosophique que les historiens de notre discipline nomment l’alfarabo-avicennisme qui fut le ferment ayant servi à fertiliser l’Europe intellectuelle pendant des siècles ? Souvenez vous du titre du premier grand article précurseur d’Etienne Gilson, le fondateur  des études médiévales (en allemand Mediävistik) : Les sources gréco-musulmanes de l’augustinisme avicennisant…
Dans ce même article fondateur, datant de 1929, l’illustre savant, aux origines de notre discipline, éditait un vieux manuscrit en latin sur la théorie de l’intellect… Qui se souvient de l’argument de l’homme volant, métaphore pour prouver l’existence de l’âme chez un homme aveugle, n’ayant aucun contact physique avec le monde matériel, car il plane et il est aveugle, et pourtant il a une certaine conscience de soi… Je doute que les talibans et leurs épigones en aient une idée, même la plus petite…
Tristes tropiques, vraiment.

Tribune de Genève (mrhayoun.blog.tdg.ch)

Les commentaires sont fermés.