IGAL SHAMIR, LE VIOLON D’HITLER, PLON, 2008

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IGAL SHAMIR, LE VIOLON D’HITLER, PLON, 2008
    Ceux qui ont la chance de connaître Igal Shamir vénèrent en lui le célèbre virtuose, le grand violoniste qui les a comblés de joie lors de ses récitals et qui, depuis quelques années à Paris, fait bénéficier de son très grand talent les élèves de la Scola cantorum … Et voici qu’il nous étonne et nous enchante par  cette publication aussi passionnante qu’inattendue : il signe, en effet, ce que je tiens pour le plus beau thriller de l’été. Quel style, quel rythme et quelle intrigue !
    C’est le talent du grand musicologue qui s’allie à l’adresse d’un excellent auteur de roman à suspense où le violon tient évidemment un rôle majeur. Impossible de résumer l’intrigue mais on peut dévoiler la trame du livre : dans un premier chapitre palpitant, un soldat allemand mobilisé durant la guerre à Paris vient rendre visite à l’un de ses amis et ancien collègue dans un institut d’études musicales. Ce dernier lui fait une offre qu’il ne peut refuser : il s’agit de se produire comme violoniste dans un château de Nevers devant un public constitué de grands dignitaires nazis, dont Hitler en personne, ce que le musicien ignorait parfaitement. Cet homme travaillait sur une histoire étrange et peu connue mettant en lien Monteverdi et un grand virtuose juif de Venise, au XVII siècle, Salomone Rossi dont on sait peu de choses. Chantre synagogal, Rossi ne pouvait donner toute sa mesure dans une société fermée qui rejetait les juifs et les enfermait dans des quartiers spécifiques.
 Le concert du soldat allemand est un grand succès, ce qui enhardit le virtuose à demander une faveur spéciale au dictateur du IIIe Reich.
    Ce dernier fait procéder aux vérifications d’usage avant d’accorder cette faveur… Mais lorsque la réponse téléphonique arrive de Berlin, c’est la catastrophe : Hitler brise en mille morceaux le violon de  l’instrumentiste et ordonne qu’il soit exécuté sur le champ. Ce qui est fait dans les deux heures…
    Le reste du livre se charge de dénouer cette intrigue bien ficelée. Pas un instant, on ne sent passer le temps tant le déroulement de l’action est prenant.
    C’est un livre que je recommande chaudement à tous les estivants, tous les vacanciers qui veulent se détendre en lisant .
 

Commentaires

  • Se détendre en compagnie d'Adolphe Hitler ?

  • Non, pas se détendre avec A. Hitler, bien peu présent d'ailleurs dans ce "thriller", mais se détendre, se laisse emporter par le rythme de l'histoire, de l'intrigue et du violon... mon seul regret... ne pas avoir pris la peine de passer les musiques correspondantes pendant ma lecture.
    Bonne lecture à tou(te)s

  • Très bon roman, L'idée est originale est le suspense reste entier. Toutefois ma critique négative s'adresse à la forme et non au fond. Pourquoi avoir choisi, comme temps de la narration, le présent de l'indicatif et non le passé simple, comme il est d'usage? Ca m'a perturbé dans ma lecture.
    Mais je ne veux dissuader personne.
    Cordialement!

  • j'invite tous les curieux friands de choses nouvelles et, surtout, attachés à des détails, à la fois, historiques et culturels, à se pencher sur cet ouvrage que l'on ne peut quitter qu'après la dernière page, sans le moindre regret et, avan toute chose, dans toutes les dispositions pour le relire une seconde fois, même une troisième, avec la même curiosité et les mêmes acuités intellectuelles. Je le recommande volontiers, non pas pendant une période estivale, mais plutôt pendant une soirée d'hiver devant une cheminée et un bon verre de cognac - eh oui !!!! - et pourquoi pas en écoutant un morceau de Salomone ROSSI. Ce récit vous invite à aller plus loin dans vos découvertes....C'est une porte ouverte qui ne se ferme jamais, tant il y a de choses à savoir ici ou là....Bonne lecture à toutes et à tous et intéressé de connaître votre point de vue....

    Amicalement

    Virgil

  • Une très bonne lecture. Pas fan du genre, je me suis bien laissé prendre par l'intrigue. j'ai pas fait de recherches dessus, mais je pense que cela ne vaut rien historiquement parlant. Cordialement. Marco.

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