ESCLAVES ET ESCLAVAGISTES…

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ESCLAVES ET ESCLAVAGISTES…
    La chaîne de télévision ARTE vient de diffuser une série de reportages extrêmement instructifs sur l’esclavage en Afrique d’où il ressort que les Européens ne furent pas les seuls à pratiquer ce commerce honteux d’êtres humains. Toutefois, ils y ont largement contribué. Le reportage donnait l’impression que l’écritoire de cette sombre histoire avait laissé de côté la participation de marchands arabes et aussi de négriers noirs, c’est-à-dire africains qui vendaient leurs propres frères.
    La chose était connue mais les images et les commentaires ainsi que les débats lui donnent un relief particulier.
    Lorsque je fus invité par le gouvernement à faire quelques conférences à Dakar, à la chambre de commerce, je fus conduit par bateau à l’île de Goré où nous eûmes droit à une visite guidée de la maison des esclaves. Quelle horreur ! Comment des êtres humains purent-ils traiter de manière aussi inhumaine d’autres êtres humains au motif qu’ils n’avaient pas la même couleur de peau ! Mais ce qui frappe encore plus, c’est la survivance de telles pratiques…
    L’esclavage est une tare qui a affecté toutes les civilisations : pensons à la cité grecque et même à Aristote,, le grand philosophe qui répondait à la question de la différence entre un esclave et un outil… Un esclave, disait-il, est un outil qui parle.
    LUNESCO a raison de commémorer chaque année une telle horreur ! Prions pour que de telles choses disparaissent de la surface de la terre.
   

Commentaires

  • La porte de non-retour de l'île de Gorée au Sénégal recèle encore l'effroi exprimé par les cris des esclaves qu'on croit presqu'encore entendre. Dans la chaîne du trafic d'esclaves, on comptait d'abord effectivement les négriers noirs, souvent le chef du village, qui désignait sans état d'âme ceux qui partiraient, séparant aussi les membres de la famille.

    Il y a ainsi plusieurs lieux symboliques relatant cette tragédie humaine que toutes les civilisations ont connues jusqu'à l'expression "être le petit nègre de"...

    Si ces pans de l'histoire nous parlent autant, c'est certainement parce que de telles pratiques n'ont pas disparu de la surface de la Terre. En outre, à voir comment sont traitées les candidatures pour un emploi, on remarque facilement que bêtise liée au pouvoir décisionnel et volonté d'humilier ou de te flinguer ne font qu'un.

    L'esclave est un outil doué de langage, selon la tradition grecque : cette définition s'applique pourtant à tout employé subordonné hiérarchiquement, salarié ou bénévole. Les ressources humaines sont toujours utilisées à des fins autres, même dans le domaine du tertiaire.

    Lorsque l'on voit à quel point l'homme est un loup pour l'homme en toutes circonstances, on voit du même coup que rien n'a changé sous le soleil, le tout sous un vernis de lois plus ou moins iniques, stupides et inutiles à résoudre les problèmes réels. Vivre ainsi a-t-il un sens?

  • A mon avis il est excessif d'assimiler à un esclave "tout employé subordonné hierarchiquement, salarié ou bénévole".
    Il ne faut quand même pas confondre le cas isolé et la généralité !
    Toute la structure du monde du travail et de la société pourrait en souffrir gravement.

  • @ Micheline:

    Pas d'accord avec vous sur ce point: un employé est un homme libre, doté de son libre choix d'employeur et d'activité professionnelle, gérant ses revenus, jouissant de ses droits civiques. Non, un employé n'est pas un esclave. Il a même beaucoup plus de droits qu'un serf du moyen-âge, qu'un esclave grec ou romain, et la majorité des citoyens ont aujourd'hui en occident des droits comme il en a rarement été le cas dans l'histoire.

    Après on peut dire que nous sommes manipulés, que le chômage limite de fait le libre choix d'employeur, que l'employé est la "chose", "l'outil parlant" de l'employeur, etc, mais cela n'a rien à voir avec l'esclavage. L'employeur lui-même est dépendant du travail de ses employés, du marché, de la conjoncture, de ses partenaires. Alors nous sommes tous esclaves.

  • @ Micheline:

    Pas d'accord avec vous sur ce point: un employé est un homme libre, doté de son libre choix d'employeur et d'activité professionnelle, gérant ses revenus, jouissant de ses droits civiques. Non, un employé n'est pas un esclave. Il a même beaucoup plus de droits qu'un serf du moyen-âge, qu'un esclave grec ou romain, et la majorité des citoyens ont aujourd'hui en occident des droits comme il en a rarement été le cas dans l'histoire.

    Après on peut dire que nous sommes manipulés, que le chômage limite de fait le libre choix d'employeur, que l'employé est la "chose", "l'outil parlant" de l'employeur, etc, mais cela n'a rien à voir avec l'esclavage. L'employeur lui-même est dépendant du travail de ses employés, du marché, de la conjoncture, de ses partenaires. Alors nous sommes tous esclaves.

  • Avoir le libre choix, on l'a jusqu'à un certain point dans notre société.
    On l'a en tout cas en ce qui nous concerne intimement.
    Par contre dans la société, il y a une interaction, on doit gagner sa vie pour vivre. On ne peut pas faire autrement.
    Ensuite la société nous pousse à consommer, et c'est bien une forme d'esclavage.
    Les enfants souhaitent avoir et faire comme les autres. C'est bien une forme d'esclavage également.
    Alors ma chère Liberté où est-tu ?
    Inanna

  • @ Inanna:

    Cette liberté il faut la garder, la développer, la valoriser. Bien sûr nous n'avons pas le choix sur tout. Mais pour moi l'attitude juste est de considérer que je choisis ma vie, et que ce que je ne choisis pas pour x raison n'est pas une entrave.

    La société nous pousse à consommer? Si nous le voulons bien. C'est d'ailleurs en partie grâce à la consommation qu'il y a des entreprises et du travail, donc des richesses. Paradoxalement, la consommation épuise nos ressources et donc limitera un jour nos libertés, mais en même temps elle produit des richesses qui nous donnent plus de choix.

    L'interaction est pour moi normale. La limite que produit le respect de l'autre n'est pas une atteinte à ma liberté. Travailler est mon indépendance, mon autonomie, donc ma liberté.

    Positivons les libertés que nous avons! Nous ne sommes esclaves que si nous choisissons de nous positionner comme tels.

  • Mesdames et Messieurs,

    Je vous informe que le gouvernement sénégalais a fait interdire que l'on fasse mention de "La maison des esclaves de Gorée" dans les conférences officielles de l'état du Sénégal. Cela s'explique par les nombreuses protestations de chercheurs noirs qui en avaient assez de cette histoire "fausse" qui nuisait au travaux de recherche sérieux qui ont démontrés depuis fort longtemps qu'il n'y a eu qu'entre 1500 et 3000 esclaves partis de Gorée et non 20 millions.

    Et qui plus est que les esclaves vivants dans la maison dite des esclaves, n'étaient que des serviteurs rachetés aux négriers noires ou arabes ou blancs qui avaient le droit de partir car intégrés dans un système de caste traditionnel. Cette île était en effet gouverner par des femmes métisses, les Signares qui d'après les récits des gouverneurs négriers français et anglais sauvèrent des milliers de prisonniers de la déportation. Gorée est donc plus l'île des gens sauvés de la déportation que la porte de l'esclavage. Le Gouvernement sénégalais soutien cette version de l'histoire qui s'appuie sur des archives et non les fantaisies du guide de la maison dite "des esclaves".


    Cordialement,


    Pour en savoir plus : Tapez sur GOOGLE "Jean Luc Angrand"
    ou "signare".

  • Micheline, j'ai visité, comme tout bon touriste qui se respecte, cette fameuse "Maison" de Gorée. Les informations nous étaient données pas "Joseph", gardien-chef de cette maison (il n'y a pas d'autres personne ). Je crois que, actuellement, c'est son fils qui a repris le job. Lors de mon passage à la boutique pour acheter un bouquin, je lui ai posé la question suivante : D'où venaient les esclaves ? Il m'a répondu très gentiment que les guerres tribales fournissaient des prisonniers qui étaient vendus par les vainqueuers aux négriers. Je lui ai dit que, dans le fond, c'était les noirs les principaux "fournisseurs" ! ça, il n'a pas aimé du tout ! Et pourtant, si ces gens n'avaient pas fait ce genre de commerce, l'exclavage n'aurait jamais existé !

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