LE NON IRLANDAIS ET SES CONSÉQUENCES POUR L’EUROPE

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LE NON IRLANDAIS ET SES CONSÉQUENCES POUR L’EUROPE
    Le président de la commission européenne a raison de dire, après l’échec de l’Irlande, qu’il ne faut pas s’attendre que les peuples votent pour l’Europe le dimanche alors qu’on a passé toute la semaine à la critiquer… Même à l’étranger, les choses ne semblaient pas évidentes : comment un petit pays comme l’Irlande qui doit tant à l’Europe (son décollage économique, notamment) a-t-il pu mettre en échec le vote d’adhésion au Traité de Lisbonne et bloquer ainsi la dynamique de ratification des autres pays ?
    Laissons de côté la propagande irresponsable de quelques ennemis invétérés de l’Europe et d’autres insulaires irraisonnés et voyons les raisons objectives de ce refus : petit pays de l’Union, l’Irlande a craint de voir disparaître son régime fiscal avantageux qui draine vers elle tant d’entreprises et de travailleurs, des plus qualifiés au moins experts ; ensuite, il y a la législation sur l’avortement et enfin la crainte diffuse de se voir noyer dans un flux bureaucratique de Bruxelles… Bruxelles que tout le monde critique mais dont personne ne peut se passer.
    Dans quelques jours, c’est la France qui prendra la présidence de l’Union et il faudra déployer des trésors d’ingéniosité diplomatique pour faire avancer le char européen. Il n’est pas normal qu’un petit pays, si sympathique soit-il, ait l’entière latitude de faire s’arrêter en rase campagne de grandes puissances. L’Europe est une voie à double sens, elle donne beaucoup mais doit recevoir, en retour, quelque chose.  Que personne ne l’oublie.
    Il ne faut pas que les décisions soient prises à l’unanimité mais à la majorité simple ; le Traité de Lisbonne devrait être adopté lui aussi à la majorité. Que les petits pays que nous respectons y réfléchissent à deux fois avant de commettre de telles actions. Mais attendons et la sagesse l’emportera. Le président français a été bien inspiré de dire qu’il ne fallait ni dramatiser ni minimiser…
 

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