Nicolas Sarkozy et son discours du latran

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    Franchement, Nicolas Sarkozy ne fait rien comme ses prédécesseurs. Sa visite officielle au Vatican est là pour le prouver! N'oublions pas qu'il fut un chaud partisan de la réforme de la loi de séparation de 1905, censée constituer l'épine dorsale de notre République, apaisant les tensions entre ceux qui croient au ciel et ceux qui n'y croient pas. Y toucher revenait à menacer un équilibre réputé fragile.

   Même si le discours n'a pas vraiment retenu l'attention de la presse hexagonale autant qu'il aurait dû, tant les passions en France sont loin d'être apaisées sur ce délicat sujet, l'attitude du nouveau président tranche avantageusement par rapport à celles de ses prédécesseurs.

   En rendant carrément un hommage appuyé aux croyants, tout en restant fidèle aux idéaux intangibles de la laïcité, le président a finement dégagé un espace qui sera celui d'une séparation intelligente, dialectique et non point un divorce. On peut être laïc sans être laïcard.

  Au fond, même si les religions ont longtemps nourri le fanatisme et la haine confessionnelle, des croyances éclairées par la philosophie (les Lumières de Cordoue à Berlin, par exemple) peuvent donner naissance à un humanisme et à des valeurs dont la République peut très bien s'inspirer sans se trahir.
 

   
 

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