La Turquie et l'Europe

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La Turquie et l’Europe
Ainsi, la France s’en tient à ce qui a été dit pendant la campagne électorale : la Turquie ne peut prétendre qu’à un partenariat privilégié avec l’Europe et non point à une adhésion en bonne et due forme. Déjà, certains chapitres ont été retirés de l’ordre du jour, provoquant du côté turc les réactions que l’on devine. Cette attitude de la France, pour courageuse et juste soit-elle, n’est pas sans inconvénients car les autorités turcs commencement, elles aussi, à peser sur certains projets économiques et commerciaux qui semblaient, il y a tout juste quelques semaines, dévolus à la France et qui sont tombés dans l’escarcelle d’autres pays…
On peut comprendre le désappointement, voire le dépit d’un candidat éconduit, mais il serait peut-être temps d’appeler les choses par leur nom et d’expliquer enfin les raisons de ces réticences persistantes. Peut-on entrer de plain pied dans l’Europe sans régler des problèmes comme l’exclusivisme religieux, la stricte égalité des hommes et des femmes, les droits civiques et la démocratie… Et nous laissons de côté la question kurde, le problème des Arméniens, Chypre etc…
Par ailleurs, on commettrait une grand erreur en oubliant que depuis des siècles, la Turquie, héritière de l’empire ottoman, est une grande nation, qu’elle avait jadis accueilli les juifs expulsés de la péninsule ibérique avec une grande générosité, qu’elle avait mis pied une administration efficace et s’était donnée une armée modernisée, pour l époque. Pendant les décennies de la guerre froide, elle a joué un rôle de premier ordre avec une armée de près d’un million d’hommes et des stations d’écoute postées aux frontières de l’ancienne URSS. Sans méconnaître les grands efforts déployés par les autorités turques, il convient d’aborder les problèmes en suspens en expliquant que l’Europe n’est pas seulement un continent mais aussi et surtout une culture et un système de valeurs…

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