Thibault de Montbrial, Osons l’autorité. Éditions de l’observatoire (21/12/2021)

Thibault de Montbrial, Osons l’autorité. Éditions de l’observatoire

 

On ne peut pas dire que la lecture de cet ouvrage soit une mesure d’apaisement. On ne  peut pas dire, non plus, qu’il exagère le danger qu’il entend dénoncer, développer sous nos yeux, en allant chercher le moindre détail, en n’omettant pas le moindre fait, provoqués par l’islamisme. Jeune avocat, passionné, comme il le dit d’entrée de jeu, par la défense et la pérennité de son cher pays, la France, il s’est lancé dans un combat pour la bonne cause, celle de notre beau pays. Et lui au moins ne parle pas de sentiment d’insécurité mais d’insécurité réelle… Cette paresse intellectuelle, cette grosse ficelle avait été utilisée par un ancien Premier ministre socialiste lors d’une cohabitation ; elle fut reprise de manière éhontée par un récent garde des Sceaux.

  

Thibault de Montbrial, Osons l’autorité. Éditions de l’observatoire

 

 

 

Quand on entame la lecture de ce livre, notamment sa réédition avec une préface inédite, on pourrait penser qu’l ne s’agit là que d’une resucée de choses bien connues et trainant depuis belle lurette dans les pages intérieures des journaux les plus communs. On trouve ici une liste presque exhaustive des attentats d’organisations terroristes bien structurées ou de simples individus dits loups solitaires qui décident un jour de passer à l’acte. Il est vrai qu’ils y sont poussés par les réseaux sociaux où Daesh est bien implanté.      

 

Pourquoi dénoncer soudain le danger qui menace la France ? Pour la bonne raison qu’il existe une carence des gouvernants dans ce domaine qui demeure vital. Il est exclu pour moi de reprendre point par point les grandes articulations de ce livre dont le contenu a déjà  été exposé par son auteur dans des organes de la presse écrite, radiophonique ou télévisuelle. L’auteur instruit le procès de tous ces gouvernements qui se succèdent depuis plusieurs décennies. Aucun, à en croire l’auteur, n’a vraiment voulu prendre ce problème vital à bras le corps. Comment s’explique cette attitude ? L’auteur propose plusieurs explications : l’incompétence, la naïveté, l la lâcheté, l’opportunisme  la peur de terribles représailles, voire même l’impuissance, comme dans le domaine de la lutte contre le trafic de stupéfiants : le problème est devenu gigantesque et brasse quelques milliards. Il devient presque impossible de l’éradiquer.

 

Mais toutes ces considérations n’arrêtent pas notre homme, TDM qui nous apprend qu’il vit sous protection policière rapprochée, suite à des menaces de mort… Il laisse même entendre que l’ancien ministre de l’intérieur , lui-même victime de menaces anonymes, lui a fait des confidences sur la provenance de tels agissements : il s’agit, non pas de simples citoyens agissant sur de simples coups de tête , mais  d’organisations ayant pignon sur rue, bien connues des services,  et se croyant au-dessus des lois. Certes, c’est bin d’identifier ces gens mais ce qui serait encore mieux, c’est de les empêcher de nuire.

 

C’est justement ce que cherche TDM, d’où le titre de son livre, un titre de combat= osons l’autorité… Comment en sommes nous arrivés là, au point que toutes les missions régaliennes de l’État sont attaquées, défiées, voire paralysées ? La faute la plus grave tient à une émigration incontrôlée et à un laisser-aller coupable, chacun se renvoyant la balle pour justifier son inaction. Cela fait des décennies que des partis politiques, toujours les mêmes, appellent à réguler, voire à  juguler cette émigration continue et que le pays ne peut plus assumer. Mais désormais, toutes les grandes familles politique de la droite à la gauche (ou à ce qui en reste)… s’en sont saisies

 

Il faut aussi dire ou simplement rappeler que TDM est à la tête d’un organisme qui a des contacts dans les milieux gouvernementaux et la sphère du renseignement. Il a  aussi l’occasion de rencontrer les différents ministres de l’intérieur ou des chefs des enseignements qui partagent parfois les mêmes craintes. Le phénomène a des ramifications multiples. J’ai essayé de voir si l’auteur faisait une tentative de théorisation des attentats dont l’Europe et la France sont victimes. Par bonheur, ce jeune avocat ne se perd pas dans les sables mouvants d’explications sociologiques ou psychologiques. Cette émigration, si fébrilement dénoncée mais rarement efficacement combattue, est spécifique ; la France a eu à assimiler depuis des décennies d’autres apports étrangers qu’elle a fini par intégrer car elle partageait avec les nouveaux venus des valeurs communes. Et ce n’est plus le cas aujourd’hui.

 

Certains parlent d’islamisation rampante ou manifeste, d’autres parlent d’ensauvagement, d’autres enfin, de haine de soi, accompagnée d’une crise de l’autorité, dans pratiquement tous les domaines de la vie sociale. Cette partition qu’aucun gouvernement n’a eu le courage d’assumer publiquement, en appelant un chat un chat… Dans cet ouvrage tout le monde y passe, nul n’est épargné, ce qui explique son succès et sa grande diffusion. TDM parle de toute la chaîne pénale, il fait part de ses expériences vécues, des dossiers qu’il a plaidés aux assises, du comportement inacceptable de mineurs condamnés pour des délits plus ou moins graves alors q qu’ils n’avaient que dix ou douze ans !

 

Au fond, son témoignage est bien plus important que les faits qu’il rapporte. Je veux dire que le regard qu’il  jette sur notre société contemporaine fait de lui un observateur privilégié, en avance sur tous les autres acteurs. La presse nationale ou régionale fait souvent preuve de pusillanimité ou de retenue, pour des raisons  d’elles seuls connues. Quand on réfléchit sur tous ces maux qui tourmentent notre vie sociale. En gros, nous trouvons le liste presque complète de tous les dysfonctionnements graves menaçant notre pays, et même bien au-delà.

 

Mais la question primordiale, celle qui gît au fondement de toutes les autres préoccupations est la suivante : pourquoi avons-nous accueilli tant de gens que nous ne parvenons pas à assimiler ? Pourquoi avons-nous échoué à les faire adhérer à notre projet éthique et social ? Nous sommes animés d’une vision et porteurs d’un projet humaniste, judéo-chrétien. Et ce système a fait ses preuves puisqu’il a généré la philosophie européenne et a donné à notre continent la place prestigieuse dans le concert des nations. Nous avons réalisé tant et tant de prouesses dans tous les domaines, en médecine, comme en haute technologie, et voila que nous sommes en panne devant quelque individus qui nous résistent sur notre propre sol…

 

Je vis dans ce pays depuis plus d’un demi siècle et jamais auparavant je n’ai vu qu’on ait essayé de brûler vifs des policiers en jetant un engin incendiaire dans leur véhicule. Et voila que la justice a certes jugé, mais sans sévérité excessive. Mais tenter de brûler vifs des membres des forces de l’ordre !!!

 

Récemment, l’actuel chef de l’État s’est rendu dans une grande ville du sud du pays ; il y est même resté trois jours, ce qui est unique dans ce type de situation. Eh bien, peu après son départ, le trafic de drogue , les règlements de compte entre voyous ont repris de plus belle. Une élue régionale a même demandé à cor et à cri l’envoi de la troupe pour assainir la situation, à défaut de la rependre en main.

 

Que se passe t il ? Je pense qu’une fine couche d’intellectuels a instillé une dose de haine de soi dans le corps social de ce pays qui ne croit plus en rien. En tout acas plus aux valeurs patriotiques, lesquelles irriguent heureusement le présent ouvrage. Qui nous gouverne ? Me revient en tête une exclamation de Georges Clémenceau : en fait, nous ne sommes ni gouvernés, ni défendus… Le même homme d’État disait aussi : nous ne voulons pas être des héros, nous voulons être les vainqueurs. Et voila que les plus hautes autorités de l’État parlent de crime contre l’humanité, de déconstruction de notre histoire nationale, etc… Et je ne parle même pas de ces  repentances devenues des pénitences quotidiennes.

 

On peut être patriotique sans être nécessairement nationaliste ou chauvin. Le pays doit se ressaisir. C’est la condition sine qua non de sa survie. IL peut y parvenir en puisant au fond de lui-même les raisons d’espérer, de reconstruire et de se faire respecter, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

 

Il faut féliciter l’auteur de ce livre qui se postpose d’ouvrir les yeux des Français et de les reconduire sur la voie de la paix et de la fierté d’être français.

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