Vu de la place Victor Hugo

  • Du fort est sorti le doux ou comment la Covid 19 a rendu positive l’image de l’Etat d’Israël C’est un résultat indubitable qu’aucune agence de relations publiques n’aurait pu obten

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    Du fort est sorti le doux ou comment la Covid 19 a rendu positive l’image de l’Etat d’Israël

    C’est un résultat indubitable qu’aucune agence de relations publiques n’aurait pu obtenir ni même simplement prévoir : cette terrible pandémie qui se moque de toutes les frontières et de tous les gestes-barrières a donné à l’Etat hébreu la possibilité d’améliorer considérablement son image de marque auprès de l’opinion publique   internationale. Ce qui vaut à Israël ce soudain retournement de situation, c’est sa lutte exemplaire contre l’expansion de la Covid 10 à la fois au sein de ses frontières et aussi bien au-delà puisque même ses détracteurs les plus impénitents le citent désormais en exemple et mentionnent ses hauts faits en matière de vaccination et d’endiguement de la maladie. Je pense à une radio d’état, réputée pour ses opinions de gauche, qui a dû hier et aujourd’hui se rendre à l’évidence : Israël avance sur le bon chemin et constitue un bienfait pour la région.

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  • Jean Boccace (1313-1375) et les femmes célèbres (Beck Verlag, Munich)

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    Jean Boccace (1313-1375) et les femmes célèbres (Beck Verlag, Munich)

    La France et l(Allemagne diffèrent sur bien des points. Chacun le sait mais rares, très rares sont les écrivains français qui écrivent aussi en allemand et qui font l’objet d’un traitement exquis de la part de leurs éditeurs d’outre-Rhin. Je fais partie de ces quelques élus, et chaque année, pour mon anniversaire et pour les fêtes de fin d’année, je reçois immanquablement un beau livre en guise d’hommage de mon éditeur. Et grâce à cette libéralité, j’ai pu découvrir des auteurs sur lesquels je ne me serai jamais penché par moi-même, tant ils étaient éloignés de mes préoccupations philosophiques. Et, à ma grande honte, Jean Boccace en fait partie, ou plutôt en faisant partie puisque le livre-cadeau de cette année est Les femmes célèbres (Von berühmten Frauen) et m’a permis de combler cette regrettable lacune…

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  • Bruno Le Maire, L’ange et la bête. Mémoires provisoires. Gallimard

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    Bruno Le Maire, L’ange et la bête. Mémoires provisoires. Gallimard

    De grâce ! Que personne ne m’accuse d’être un jésuite ou un talmudiste qui sur interprète tout ce qu’il lit, mais vous avouerez avec moi que le titre de cet ouvrage ministériel est un peu chargé. D’abord une citation des Pensées de Pascal, connu pour sa misanthropie, ensuite l’épithète provisoires pour des mémoires qu’on rédige généralement bien après la cinquantaine… Ou est-ce à dire que nous assistons à un nouveau départ dont le présent texte ne serait qu’un prélude ? C’est que nos hommes politiques français nous ont habitués à ce pragmatisme à trois termes : a) je lance discrètement une campagne électorale pour accéder à l’échelon suprême b) je démens les rumeurs et c) je publie un livre pour donner le change et parler –en apparence- de tout autre chose.

    Apparemment, ce n’est pas encore le cas ; et, en tout état de cause, les premières pages de ce livre sont bien écrites. C’est un style travaillé sans être ampoulé, les idées sont claires, le ton un peu subjectif malgré tout, mais on sent que l’auteur trace les grandes lignes d’une sorte de philosophie politique. Comment diriger un pays, un ministère ou tout autre chose ? Ce n’est pas une philosophie politique à la Hegel puisque ce dernier divinise l’Etat alors que notre homme veut promouvoir tout autre chose, redonner une spiritualité à la France… C’est la première fois de ma vie que je lis pareille chose : la politique aurait pour vocation de donner une spiritualité à la France !! Quel courage ou quelle naïveté ? Cette sage résolution est nourrie par le spectacle émouvant d’une cathédrale qui brûle sous les yeux du jeune ministre. C’est le meilleur symbole de la fugacité de l’existence humaine et de la vanité des projets terrestres, en général.

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  • De l’inceste dana la Bible… Réflexions sur un débat d’actualité.

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    De l’inceste dana la Bible… Réflexions sur un débat d’actualité.

    Dans l’histoire de la pensée philosophique en Europe, dans le monde de l’histoire des idées, un fait perdure depuis bien des siècles, depuis la Renaissance au moins, époque à laquelle la spéculation n’était plus enfermée dans le strict carcan de l’église catholique. Je dis bien catholique et non pas chrétienne car la Réforme est généralement accompagnée par l’humanisme. Mais je ne fais pas ici le procès du cléricalisme ni de la police religieuse de la pensée, ce n’est plus d’actualité. Ce que je veux dire, c’est que la Bible allait connaître un interminable purgatoire au point de ne plus faire partie du paysage intellectuel. Il faudra des siècles pour replacer l’anthropologie biblique au centre de la spéculation philosophique contemporaine. Nous en sommes là car aujourd’hui encore aucune pensée fondée sur l’héritage biblique n’a obtenu droit de cité, si ce n’est dans des revues ou des maisons d’édition à caractère confidentiel. Cet aveuglement est incompréhensible. On peut, on doit combattre la férule cléricale si elle s’avisait de vouloir à nous nouveau nous régenter ou simplement nous embrigader, mais on ne devrait pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

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  • Le dogme religieux et la loi civile, réflexions sur un débat actuel

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    La loi civile face au dogme religieux…. Réflexions sur un débat actuel.

    Le progrès aidant, les institutions fondamentales d’un pays comme la France butent contre leurs limites. Deux exemples probants parmi tant d’autres : le statut des mineurs délinquants qui n’est guère adapté à la situation actuelle au point que des criminels en profitent pour échapper à la loi, et les limites ou les insuffisances des lois sur la laïcité. Certes, certaines lois ont été promulguées dans l’urgence et sous la contrainte des événements. Mais il n’est pas nécessaire de remonter à Catherine de Médicis pour évaluer justement l’importance de séparer le politique du religieux. Il fallait prendre des mesures, parfois draconiennes mais inévitables. Aujourd’hui, on se rend compte de la paralysie ou de l’esprit timoré des gouvernants puisque l’on entreprend de combler les lacunes des lois qui ne parviennent plus à accomplir leur effet, c’est-à-dire à produire ce qu’on attend d’elles. Autre constat : la France et sa théorie d’une laïcité ferme mais raisonnable souffre d’un isolement croissant dans une Europe qui voit les choses autrement.

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  • Céline Borello, Catherine de Médicis, PUF

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    Céline Borello, Catherine de Médicis, PUF

    Quelle maitresse femme à une époque où de tels phénomènes étaient rarissimes ! Bien que d’origine italienne, elle épousa le fils cadet de François Ier et fut régente du royaume de France à la mort de son royal époux. Ce qui m’a frappé en lisant les premières pages de ce bel ouvrage, c’est une affinité des grands moments de cette vie avec le chiffre 9= Catherine naquit en 1519, devint veuve en 1559 et quitta ce monde en 1589… Certes, elle n’y était pour rien, dans l’agencement de ces moments de la vie, mais cela demeure frappant. Et c’est aussi un 19 janvier que Catherine met au monde un fils qui mourra, hélés, à l’âge de quinze ans. Un destin singulier.

    Issu d’un milieu de gandas banquiers, elle avait de qui tenir. Machiavel avait dédié à son grand père Laurent II son maître ouvrage, Le prince… Ce qui, incontestablement, constituait un excellent départ dans une vie où elle sera confrontée à un sempiternel problème : comment conserver le pouvoir, éventer les complots et défendre jusqu’au bout, y compris contre son propre fils, ses intérêts…Dès son très jeune âge, elle a frôlé la mort

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  • Michel Winock, Jours anciens… (Gallimard)

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    Michel Winock, Jours anciens… (Gallimard)

    Tout le monde connaît ce beau vers de Verlaine, immortalisé par la chanson de Serge Gainsbourg,, tu te souviens des jours anciens et tu pleures… Mais Winoch, lui, n’est pas d’humeur à pleurer puisqu’il jette un regard apaosé sur les années passées avec tout juste un brin de mélancolie mais pas de regret ni de nostalgie. Certaines phrases sont écrites avec beaucoup de grâce, par exemple lorsque l’auteur évoque ce train fantôme qui ne s’arrête jamais… Ou encore :…restituer ces fragments des jours anciens, sans tricher, sans enjoliver, sans déformer ce qui fut, voilà l’objet de ce livre, avec le désir de me rappeler d’où je viens.

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  • Du repas communiel  dans la tradition juive : la hilloula

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    Du repas communiel dans la tradition juive : la hilloula

    On s’étonnera sûrement de me voir citer ici, dans ce contexte si particulier au monde séfarade, un auteur judéo-allemand, spécialiste du hassidisme du XVIIIe siècle, Martin Buber, suivi de son protégé Abraham Heschel, en l’occurrence, qui avait exhumé les trésors de la piété hassidique dans l’Amérique des années cinquante et qui avait écrit ceci : aucune religion n’est une île déserte, aucune religion authentique ne peut se garder de tout contact avec les autres croyances. On peut dire que ce fut aussi le cas du judaïsme rabbinique qui, dans certaines régions du globe, a toléré, pour son plus grand bien, l’infiltration d’autres signes et marques de piété.

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  • Renaud Revel, Les visiteurs du soir. Ce qu’ils disent à l’oreille du président. Plon, 2020, (suite et fin)

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    Renaud Revel, Les visiteurs du soir. Ce qu’ils disent à l’oreille du président. Plon, 2020, (suite et fin)

    Dans leurs contacts tous azimuts pour réussir leur arrivée au pouvoir et y rester le plus longtemps possible, les différents présidents ont tous, sans exception, le même dénominateur commun : soigner leur image, engager les publicitaires les plus performants et les plus respectés et tirer les leçons de leur échec. Je pense ici à un dîner organisé à la demande de VGE qui veut absolument comprendre comment et pourquoi il a dû s’incliner face à Mitterrand. D’après l’auteur de ce livre, VGE aurait écouté durant de longues minutes l’examen clinique, pour ne pas dire l’autopsie des ingrédients de la défaite. J’ai choisi cet exemple qui montre combien les hommes les plus puissants qui dirigent de grands pays sont fascinés par les publicitaires , comme de petits lapins pris dans les phares d’une voiture qui finit, hélas, par les écraser.

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  • Renaud Revel, Les visiteurs du soir. Ce qu’ils disent à l’oreille du président. Plon, 2020  I

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    Renaud Revel, Les visiteurs du soir. Ce qu’ils disent à l’oreille du président. Plon, 2020  I

    Il arrive parfois que les travaux, les enquêtes menés par des journalistes connaissent les honneurs de l’impression, sur des sujets aussi inaccessibles que celui-ci :; l’intimité politique, si j’ose dire, des chefs d’Etat et de gouvernement. Chacun d’entre nous a déjà entendu parler de ces silhouettes discrètes qui se glissent après le crépuscule dans le palais présidentiel ou dans l’embrasure dorée des officines ministérielles. Qui sont ces hommes (pour la plupart) ? On les appelle les visiteurs du soir auxquels la vox populi prête parfois un pouvoir imaginaire et qu’elle rend responsable de tout ce qui ne va pas. Pourquoi du soir ? parce qu’ile ne veulent pas qu’on garde trace de leur passage, d’où leur arrivée à la nuit tombée, lorsque le palais est pratiquement désert, vidé de ses occupants qui sont rentrés chez eux après une dure journée de travail.

     

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