Vu de la place Victor Hugo

  • La comédie du pouvoir : réflexions (désabusées) sur l’exercice du pouvoir…

    Imprimer

     

    La comédie du pouvoir : réflexions (désabusées) sur l’exercice du pouvoir…

    Depuis plusieurs mois, je me suis abstenu volontairement de jeter le moindre regard sur ce qui se passe autour de soi, au plan politique. Car les nouvelles étaient désespérantes. Les gilets jaunes, les soubresauts concernant la réforme des retraites, l’état pré insurrectionnel du pays , la crise dite indigéniste, les violences policières ou présumée telles, bref aucun coin de ciel bleu dans le paysage politique. Et les Français qui se livrent, sans la moindre retenue, à leur sport national préféré : râler, exprimer leur mécontentement alors qu’ils vivent dans un véritable pays de Cocagne. Mais il ne faut pas incriminer les citoyens car il ne dépend pas d’eux seuls que le pays soit mieux gouverné. Cette tâche incombe au personnel politique, aux élites, aux élus, lesquels oublient souvent leurs promesses une fois que leur élection a été assurée. Comment faire pour remédier a ce déséquilibre, à l’Hy bris ?

    Il existe un écart qui se transforme en gouffre entre, d’une part l’aile libérale montante et l’état de la société, d’autre part, laquelle ne chemine pas nécessairement pas vers le progrès mais tend à conserver les acquis. Dans chaque société il y un divorce entre le philosophe et l’homme politique : nous ne sommes plus dans cette belle république platonicienne où le chef de l’Etat était aussi un philosophe, à la recherche la Vérité.

    Lire la suite

  • HAYOUN, M-R. REgrad de la Tradition juive sur le monde, Genève, Slatkine, 2020

    Imprimer

    La Collection Les Architectes de la Sagesse est fière de publier Regard de la Tradition juive sur le Monde. Cet ouvrage est né de la plume de l’un des grands philosophes et historiens de la pensée juive contemporaine, le professeur Maurice-Ruben Hayoun. De nationalité française, né en 1951 dans la ville marocaine d’Agadir, il fut professeur des universités à Strasbourg, Bâle, Heidelberg et chargé de cours au Département de philosophie de l'Université de Genève.

    Spécialiste de la philosophie juive en général et de la philosophie juive médiévale en particulier, ce professeur l’est également de la pensée judéo-allemande moderne (de Moïse Mendelssohn à Gershom Scholem) et de la philosophie arabo-musulmane de l'Age d'Or (Averroès, Ibn Badja, Avicenne).

    Le judaïsme n'est pas seulement une religion, c'est aussi une culture, écrit Maurice-Ruben Hayoun dans le livre que vous tenez en main. Et cette culture ne cesse d’irriguer les autres. Sans elle, chaque Européen, quelle que soit sa religion ou ses conceptions philosophiques, serait amputé d’une part essentielle de son identité.

    L’étude est le mot-clef dans le judaïsme. L’humain est ainsi mis en tension pour qu’il s’efforce de comprendre ce qui lui paraît incompréhensible, d’appréhender ce qui le dépasse, de saisir ce qui lui échappe. D’interroger encore et toujours.

    Saisir le regard du judaïsme sur le monde conduit à se forger ses propres outils pour travailler à l’amélioration de nous-mêmes et de la société. En ce sens, le professeur Hayoun est l’un de ces Architectes de la Sagesse qui nous peuvent nous permettre de mieux habiter cette planète en pleine tourmente.

     

    Jean-Noël Cuénod

    Directeur de la collection Les Architectes de la Sagesse

     

     

     

     

     

    La Collection Les Architectes de la Sagesse est fière de publier Regard de la Tradition juive sur le Monde. Cet ouvrage est né de la plume de l’un des grands philosophes et historiens de la pensée juive contemporaine, le professeur Maurice-Ruben Hayoun. De nationalité française, né en 1951 dans la ville marocaine d’Agadir, il fut professeur des universités à Strasbourg, Bâle, Heidelberg et chargé de cours au Département de philosophie de l'Université de Genève.

    Spécialiste de la philosophie juive en général et de la philosophie juive médiévale en particulier, ce professeur l’est également de la pensée judéo-allemande moderne (de Moïse Mendelssohn à Gershom Scholem) et de la philosophie arabo-musulmane de l'Age d'Or (Averroès, Ibn Badja, Avicenne).

    Le judaïsme n'est pas seulement une religion, c'est aussi une culture, écrit Maurice-Ruben Hayoun dans le livre que vous tenez en main. Et cette culture ne cesse d’irriguer les autres. Sans elle, chaque Européen, quelle que soit sa religion ou ses conceptions philosophiques, serait amputé d’une part essentielle de son identité.

    L’étude est le mot-clef dans le judaïsme. L’humain est ainsi mis en tension pour qu’il s’efforce de comprendre ce qui lui paraît incompréhensible, d’appréhender ce qui le dépasse, de saisir ce qui lui échappe. D’interroger encore et toujours.

    Saisir le regard du judaïsme sur le monde conduit à se forger ses propres outils pour travailler à l’amélioration de nous-mêmes et de la société. En ce sens, le professeur Hayoun est l’un de ces Architectes de la Sagesse qui nous peuvent nous permettre de mieux habiter cette planète en pleine tourmente.

     

    Jean-Noël Cuénod

    Directeur de la collection Les Architectes de la Sagesse

     

     

    La Collection Les Architectes de la Sagesse est fière de publier Regard de la Tradition juive sur le Monde. Cet ouvrage est né de la plume de l’un des grands philosophes et historiens de la pensée juive contemporaine, le professeur Maurice-Ruben Hayoun. De nationalité française, né en 1951 dans la ville marocaine d’Agadir, il fut professeur des universités à Strasbourg, Bâle, Heidelberg et chargé de cours au Département de philosophie de l'Université de Genève.

    Spécialiste de la philosophie juive en général et de la philosophie juive médiévale en particulier, ce professeur l’est également de la pensée judéo-allemande moderne (de Moïse Mendelssohn à Gershom Scholem) et de la philosophie arabo-musulmane de l'Age d'Or (Averroès, Ibn Badja, Avicenne).

    Le judaïsme n'est pas seulement une religion, c'est aussi une culture, écrit Maurice-Ruben Hayoun dans le livre que vous tenez en main. Et cette culture ne cesse d’irriguer les autres. Sans elle, chaque Européen, quelle que soit sa religion ou ses conceptions philosophiques, serait amputé d’une part essentielle de son identité.

    L’étude est le mot-clef dans le judaïsme. L’humain est ainsi mis en tension pour qu’il s’efforce de comprendre ce qui lui paraît incompréhensible, d’appréhender ce qui le dépasse, de saisir ce qui lui échappe. D’interroger encore et toujours.

    Saisir le regard du judaïsme sur le monde conduit à se forger ses propres outils pour travailler à l’amélioration de nous-mêmes et de la société. En ce sens, le professeur Hayoun est l’un de ces Architectes de la Sagesse qui nous peuvent nous permettre de mieux habiter cette planète en pleine tourmente.

     

    Jean-Noël Cuénod

    Directeur de la collection Les Architectes de la Sagesse

     

     

     

     

     

    La Collection Les Architectes de la Sagesse est fière de publier Regard de la Tradition juive sur le Monde. Cet ouvrage est né de la plume de l’un des grands philosophes et historiens de la pensée juive contemporaine, le professeur Maurice-Ruben Hayoun. De nationalité française, né en 1951 dans la ville marocaine d’Agadir, il fut professeur des universités à Strasbourg, Bâle, Heidelberg et chargé de cours au Département de philosophie de l'Université de Genève.

    Spécialiste de la philosophie juive en général et de la philosophie juive médiévale en particulier, ce professeur l’est également de la pensée judéo-allemande moderne (de Moïse Mendelssohn à Gershom Scholem) et de la philosophie arabo-musulmane de l'Age d'Or (Averroès, Ibn Badja, Avicenne).

    Le judaïsme n'est pas seulement une religion, c'est aussi une culture, écrit Maurice-Ruben Hayoun dans le livre que vous tenez en main. Et cette culture ne cesse d’irriguer les autres. Sans elle, chaque Européen, quelle que soit sa religion ou ses conceptions philosophiques, serait amputé d’une part essentielle de son identité.

    L’étude est le mot-clef dans le judaïsme. L’humain est ainsi mis en tension pour qu’il s’efforce de comprendre ce qui lui paraît incompréhensible, d’appréhender ce qui le dépasse, de saisir ce qui lui échappe. D’interroger encore et toujours.

    Saisir le regard du judaïsme sur le monde conduit à se forger ses propres outils pour travailler à l’amélioration de nous-mêmes et de la société. En ce sens, le professeur Hayoun est l’un de ces Architectes de la Sagesse qui nous peuvent nous permettre de mieux habiter cette planète en pleine tourmente.

     

    Jean-Noël Cuénod

    Directeur de la collection Les Architectes de la Sagesse

     

     

     

     

     

    Maurice-Ruben HAYOUN, Regard de la Tradition juive sur le monde, Genève, 2020, Slatkine édition.

     

     

     

    Lire la suite

  • Elie Wiesel, Le crépuscule, au loin (Grasset)

    Imprimer

     

    Elie Wiesel, Le crépuscule, au loin (Grasset)

    Dès que j’ai entamé la lecture de ce beau roman, moi qui en lit fort peu et qui préfère la philosophie et l’histoire des idées, je me suis fait à moi-même la réflexion suivante : ce livre est une histoire multiple, rehaussée d’une saveur fortement mystique… Et dès la page 43, mon appréciation se trouve confirmée par un échange entre le psychiatre et un visiteur. Qu’on en juge : Au commencement fut la folie, dit le docteur Benedictus de son air éternellement grave. Pas le verbe ? demande Raphaël. Non, la folie…. Et en bas de page, in fine : Vous vous exprimez en mystique et non en psychiatre…

    Et en effet, on se retrouve plongé dans du grand Wiesel, ce mélange de réel et d ‘imaginaire, cette incursion du rêve éveillé dans la vie de tous les jours, l’étiolement de la frontière entre ce que l’on vit et ce que l’on croit ou rêve.. Témoin, cette scène horrible où les hordes nazies débarquent dans une localité polonaise où toute la population (donc juifs et non-juifs) est convoquée sur la grande place. Pour décourager tout acte de résistance, les nazis présentent un juif au visage ensanglanté suite à de la torture, accusé d’avoir porté atteinte à la vie d’un soldate allemand. UN gibet est vite dressé et l’on pend le pauvre homme que le personnage principal croit reconnaître, ce vieillard aux yeux éteints qui passe pour un fou mais qui se sent lui, pleinement lucide. Mais voilà qu’après l’exécution par pendaison, l’homme, censé avoir été mis à mort, réapparaît aux côtés de ce même Raphaël. Est ce une vision ou une hallucination ?

    Lire la suite

  • John Steinbeck, Des souris et des hommes (2Dition bilingue, Gallimard)

    Imprimer

     

    John Steinbeck, Des souris et des hommes (2Dition bilingue, Gallimard)

    Cette collection bilingue que diffuse Gallimard a la main très heureuse. Ce n’est pas la première fois qu’elle tire d’un oubli immérité des œuvres classiques de la littérature mondiale. Et cette histoire Des souris et des hommes en fait absolument partie. Contrairement à la plupart des commentateurs et des critiques littéraires, je pense que par-delà le fameux rêve américain qui est ici soumis à rude épreuve, il s’agit plutôt d’un conte presque philosophique. En tout cas d’une réflexion allant bien au-delà d’une histoire de souris et d’hommes.

    Le titre reflète bien le contenu du livre mais occulte quelque peu le profond enseignement qu’il nous offre : il y a derrière la rudesse de la vie, derrière la volonté de survivre dans un univers implacable, aux lois d’airain, des ilots de beauté, de désintéressement et de bonté , même dans les lieux les plus sordides, les situations les plus inextricables de notre bas monde.

    Lire la suite

  • Robert-Noël Castellani, Vers l’apocalypse. L e syndrome de Tubalcaïn (Les impliqués éditeu

    Imprimer

     

     

    Robert-Noël Castellani, Vers l’apocalypse. L e syndrome de Tubalcaïn (Les impliqués éditeur)

    Ce livre m’a bien plu dès les premières pages, en raison de sa liberté de ton et de sa franchise.. Il se propose de déconstruire le mécanisme par lequel le Pouvoir , quel qu’il soit, tente, généralement, de dominer les populations du globe. Mais l’originalité de ce livre se situe aussi, selon moi, ailleurs : il réintroduit largement et avec discernement l’anthropologie biblique dans les débats politiques ou sociétaux les plus modernes. Ce qui est un tour de force puisque toute pensée qui s’inspire, en toute indépendance vis-à-vis des dogmes, de sources bibliques, est d’emblée considérée comme suspecte dans notre pays. Laïcité oblige.

    Ici, l’auteur avance étendard déployé car, dès le titre, on peut lire le nom et les qualités (sic) d’un personnage biblique, premier fabricant d’armes létales au monde, puisqu’il manie à longueur de journée, le fer et le feu, et aussi, hélas, par voie de conséquence, pourvoyeur de chair à canon, avant la lettre. Le dernier terme de la table des matières n’est autre que l’épithète : biblique. Et on reparle du premier meurtre de l’Histoire, Abel tué par son frère Caïn, dont l’auteur, de ce livre, préfet honoraire de la République, souligne la signification de la racine hébraïque (QNH, posséder, acquérir).

    Lire la suite

  • Stefan Zweig, Lettre d’une inconnue. (Edition bilingue, Gallimard)

    Imprimer

     

     

    Stefan Zweig, Lettre d’une inconnue. (Edition bilingue, Gallimard)

    Cette fois ci j’ai lu le texte de Zweig en langue originale, en allemand, mais pour ceux qui veulent le lire en traduction française, celle-ci figure en vis—à-vis. J’ai agi ainsi car je voulais voir de très près cette extraordinaire capacité de Zweig à lire dans le cœur des femmes. Comment fait cet écrivain pour se mettre dans la peau des femmes, et ce n’est pas la première fois. Il inspecte tous les recoins, tous les replis de l’âme féminine. Même si l’histoire est excessivement triste, la femme qui a été la maîtresse de l’auteur et qu’il a totalement oubliée, lui annonce sans détours et par lettre, elle qu’il ne l’a jamais vraiment prise en considération (erkennen) que l’enfant né de leurs amours éphémères vient de mourir dans ses bras. Et ce drame, évoqué en des termes très émouvants, reflète l’authentique douleur d’une femme qui a aimé cet homme de toutes les fibres de son être. Mais pour cet amant passager, coutumier du fait, elle n’existe guère et n’a jamais existé. L’éditeur français souligne avec raison les différents sens de ce verbe allemand que la femme utilise, kennen et erkennen. D’ailleurs, la mise en scène du début est très éloquente à ce sujet.

    Rentré d’une excursion qui a duré quelques jours, son valet lui présente le courrier arrivé durant sa brève absence ; et Zweig sait ménager son effet. Visiblement, il ne se doute de rien. L’homme regarde quelques enveloppes d’un air distrait, mais son attention est retenue par un pli bien plus volumineux que tous les autres tandis que l’écriture sur l’enveloppe, typiquement féminine, n’évoque à ses yeux rien de familier. Intrigué, il décachète cette lourde enveloppe et se trouve nez-à-nez avec plusieurs dizaines de feuillets… Intrigué, l’homme s’assoit et se met à lire le récit qui commence par cette annonce tragique : un enfant mort et l’homme ne peut pas deviner qu’il est le sien, un enfant non connu, non reconnu car cette pauvre femme, séduite et abandonnée, n’a eu qu’un seul amour dans sa pauvre vie, le père de son enfant , auquel elle adresse cette longue confession. Mais pour cet amant occasionnel, cette femme ressemble à une pièce rapportée et oubliée depuis belle lurette… Il ne se souvient même plus de son existence.

     

    Lire la suite

  • Maurice Blanchot, L’attente l’oubli (Gallimard)

    Imprimer

     

     

    Maurice Blanchot, L’attente l’oubli (Gallimard)

    Même pour les plus courageux parmi nous, l’entrée de plain pied dans ce curieux petit livre, ne sera pas des plus aisées. C’’est peu dire quand il s’agira de lecteurs plus rigoureux, désireux d’avoir les deux pieds sur terre, ce qui, d’emblée, ici est loin d’être le cas. Il convient de faire ce que l’auteur s’est bien gardé de faire, c’est-à-dire de tracer le tableau, dire de qui il s’agit, bref tourner le dos à l’imaginaire, préciser les choses, dévoiler l’identité exacte des deux protagonistes, expliquer pourquoi une inconnue (dont on ne saura rien d’autre) suit un homme dans une chambre située dans un hôtel de moyenne catégorie. Elle ne le connaît pas, lui non plus, mais il la connaît sans vraiment la connaitre puisqu’il évoque une précédente rencontre. Mais sans donner plus de détails…

    Lire la suite

  • Guy de Maupassant , Les dimanches d’un bourgeois de Paris (Gallimard)

    Imprimer

     

    Guy de Maupassant , Les dimanches d’un bourgeois de Paris (Gallimard)

    Tout le monde connaît la vie et la triste fin de ce grand nom de la littérature française du XIXe siècle et qui avait même fait une tentative de suicide vant de trépasser peu de temps après…

    . C’était le temps où la presse était une véritable matrice des plus belles plumes du pays. Mais je dois dire qu’en lisant ces textes de l’auteur de Bel-Ami, je n’ai, à aucun moment, eu envie de rire ou de me moquer car ce sont des scènes de la misère matérielle et morale que décrit cet auteur à la plume si alerte et parfois aussi, si cruelle. Certes, c’était la France de Napoléon III, ce même empereur, auquel un pauvre homme, dans les deux sens du terme, le personnage central , fait tout pour lui ressembler dans ses gestes et ses paroles, s’attirant par là même les rires de ses collègues de bureau et de ses supérieurs. Nous sommes dans un univers très hiérarchisé : chef de bureau, sous-chef de bureau, commis aux écritures, expéditionnaire…

    Sa personnalité manque tellement de relief qu’il pratique le mimétisme, devenu chez lui et en lui une seconde nature. Aujourd’hui il est réactionnaire, ou royaliste, demain, il se voudra républicain, au point de susciter un profond scepticisme dans son entourage. Inquiets, ses supérieurs finissent par lui accorder cet avancement qu’il souhaitait tant obtenir.

    Lire la suite

  • Stefan Zweig, Pays, villes, paysages. Récits de voyage (Belfond, 1981)

    Imprimer

     

     

     

     

    Stefan Zweig, Pays, villes, paysages. Récits de voyage (Belfond, 1981)

    On croit souvent connaître l’œuvre quasi-complète de son écrivain préféré, mais chaque jour que Dieu fait nous inflige un cinglant démenti en nous apportant de nouveaux écrits qui remontent à très loin dans la vie de l’auteur… C’est bien mon cas aujourd’hui et je pense que cela se poursuivra .

    Quand un simple touriste se promène dans des contrées inconnues et qu’il découvre pour la première fois, il fait fonctionner son appareil-photo ou son I-Phone, mais l’écrivain, quant à lui, attend de rentrer soit chez lui soit dans son lieu d’ébergement afin de livre au papier ses impressions. Et quand il s’agit d’un auteur aussi doué et aussi cultivé de Zweig, on a droit à plus qu’un simple tournée dans les musées ou à de simples cartes postales. Et le présent recueil (prêtée par Raymonde H.) ne fait pas exception à la règle.

    Les trois premières villes ou lieux de mémoire (Pierre Nora) sont New York, le canal de Panama et Bruges. La mégapole américaine fascine notre homme qui se dit ébloui par la vélocité et le bruit de cette ville unique au monde. Il a cette formule qui en dit long : ce pays, cette ville veulent rattraper en un siècle ce que l’Europe a mis deux millénaires à construire. Tout va vite ici. Et l’auteur qui n’oublie jamais son continent de naissance, l’Europe, décrit une grande différence avec la capitale française : même durant les premiers mois d’hiver, à Paris, les cafés et les restaurants mettent des chaises et des tables dehors, sur la terrasse, afin que les promeneurs puissent s’asseoir et faire une pause, deux choses que le génie new yorkais ne permet pas d’observer. Même les heures de repas ne sont pas observées  en toute tranquillité, on mangue en parlant, en travaillant et en lisant ! Et la nuit, l’auteur note que NY endormie est triste à voir. Il ne l’a pas connue à notre temps, elle est comme Tel Aviv, la ville qui ne dort jamais.

    Lire la suite

  • Adèle van Reeth, La vie ordinaire. Gallimard

    Imprimer

     

     

    Adèle van Reeth, La vie ordinaire. Gallimard

    Je ne sais plus qui a dit qu’on n’est jamais à l’abri d’une bonne sursise : c’est bien ce qui m’est arrivé avec ce livre d’Adèle van Réeth… Je ne recense jamais de roman (mais en est ce un ?) ni même de livre de femme avec un tel titre… Alors, pour quelle raison l’ai je demandé à Gallimard ? Pour la simple raison que j’étais curieux de voir de quoi il s’agissait et aussi parce que l’auteure m’avait jadis interviewé à deux reprises dans son émission sur France-Culture aux côtés de R.E. C’est elle qui m’avait accueilli avec tant d’égards, elle m’a expliqué que je pouvais donner des réponses aussi longues que je le souhaiterais et durant l’entretien préliminaire d’environ une petite dizaine de minutes nous avions parlé d’elle, de l’origine de son nom, de sa formation, etc… J’en ai gardé un très bon souvenir car il se dégageait d’elle une telle douceur, un tel apaisement que mon stress a fini par se dissiper. Pendant toute l’émission,, elle se trouvait assise en face de moi et j’ai pu contempler ses beaux yeux d’un bleu immense… Mais je ne l’ai plus jamais revue depuis.

    Dès les premières lignes de ce livre j’ai repensé à ses yeux et à cette sérénité. Je dirai aussi cette mesure dans l’évocation des choses qui font de la vie en général notre vie, en propre, une vie à soi comme elle nous le montre en parlant de son vécu. Je redoutais de lire des emprunts au bréviaire de quelques féministes enragées, des accusations portées contre les hommes, bref tout ce qui se lit ou s’écoute à longueur de journées dans les médias.. Il n’en est rien, le ton est mesuré, parfois même poignant quand AvR parle des choses et des gens. Quand elle évoque sa vie personnelle, ses ruptures amoureuses, ses chagrins, son avidité de vivre, elle garde la mesure.

    Lire la suite