Vu de la place Victor Hugo

  • Pierre-André Taguieff ; Hitler, les Protocoles des sages de Sion et Mein Kampf (PUF)

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    Pierre-André Taguieff ; Hitler, les Protocoles des sages de Sion et Mein Kampf (PUF)

    Inépuisable antisémitisme nazi ou de quelque autre provenance que ce soit, mais chaque publication de notre éminent collègue et ami PAT est un événement qu’il convient de saluer à sa juste valeur. En l’occurrence, il s’agit d’explorer et d’étudier l’influence exercée par la lecture de ce célèbre faux, confectionné par des cercles proches de la police secrète tsariste, les Protocole des sages de Sion. Par de tels faits qui déshonoraient leurs auteurs, on entendait prêter aux juifs de noires arrière-pensées qu’ils n’avaient point, à savoir dominer le monde et asservir tous les peuples à leur autorité. Or, quiconque a, ne serait-ce que de très élémentaires notions d’histoire juive, sait qu’une telle affabulation relève d’un imaginaire morbide er totalement débridé. Mais les lecteurs de ce torchon ont été très nombreux dès sa parution vers 1920 en langue allemande ; parmi eux, on compte Adolph Hitler qui annonce dans son propre ouvrage Mein Kampf, volume I) qu’il a lu ce livre et y a trouvé de la matière qu’il incorpore à sa propre pensée déjà sursaturée d’antisémitisme.

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  • Tractations secrètes entre Washington et Téhéran… ?

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    Tractations secrètes entre Washington et Téhéran… ?

    Je dis cela à la suite d’une déclaration apparemment anodine du président Donald Trump, passée entièrement inaperçue par la grande presse américaine ou européenne : Téhéran et Washington pourraient négocier en secret d’ici au mois de janvier.. Pourquoi cette inattention ou ce manque d’intérêt ? Parce que les grands médias nourrissent une telle aversion pour l’actuel président US, accusé de tous les maux et de toutes les bassesses que même si on leur disait que Trump, semblable à Jésus, marche sur l’eau, ils lui reprocheraient de ne pas savoir nager !!

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  • Goethe, Les années de voyage de Wilhelm Meister (Gallimard)

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    Goethe, Les années de voyage de Wilhelm Meister (Gallimard)

    Si au moins deux hautes personnalités peuvent prétendre résumer à elles seules toute la spiritualité et la littérature germaniques, ce sont sans l’ombre d’un doute, Martin Luther et Goethe. Le Ces deux géants dominent tous les siècles, suivants même si d’autres penseurs et d’autres écrivains, se sont, à leur tour, illustrés.

    Le premier a traduit la Bible en allemand et toute l’histoire de la littérature allemande est tissée d’emprunts plus ou moins avoués à cette œuvre que même des philosophes juifs comme Franz Rosenzweig nommaient sans complexe, notre benne Bible de Luther (unsere gute Lutherbibel). Ce n’est pas peu dire, venant de la part d’un penseur qui consacra sa vie à l’étude des textes juifs. Quant à Goethe (1749-1833), ses œuvres sont entourées d’une sorte de halo canonique qui en fait des textes classiques. Je n’en citerai que quelques uns parmi les plus connues :. Les souffrances du jeune Werther, œuvre de jeunesse marquant une crise spirituelle, ses deux volumes consacrés aux Années d’apprentissage de Wilhelm Meister et à ses Années de voyage, sans oublier son Faust, œuvre de toute une vie.

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  • Israël et ses voisins arabes : sous la bannière du «Tikkoun Olam…»

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    Israël et ses voisins arabes : sous la bannière du «Tikkoun Olam…»

    Il y a quelques semaines, j’écoutais sur I24News les commentaires de Jean-Charles Banoun dans son émission sur l’Afrique. Il interrogeait un volontaire israélien qui effectuait des séjours réguliers dans ce continent afin d’alléger les souffrances de ses congénères. Le présentateur de cette émission posa au médecin la question suivante : Mais pourquoi faites vous cela ?. Le médecin répondit ainsi : par fidélité au principe juif sacro-saint : pour contribuer de mon mieux au tikkou, olam.

    Cette réponse, toute naturelle, m’a tant ému. Et pourtant, le médecin secouriste n’était pas un religieux mais il avait intégré le message le plus humaniste que la tradition juive ait jamais générée au cours de son histoire trimillénaire. Que signifie l’expression tikkoun, olam ?

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  • Sénèque, De la vie heureuse. Précédé de la briéveté de la vie. Gallimard, folio.

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    Sénèque, De la vie heureuse. Précédé de la briéveté de la vie. Gallimard, folio.

    Qui mieux que ce sage romain, n’é vers l’an 4 avant l’avènement du christianisme, pouvait nous révéler les secrets d’une vie harmonieuse ? En un mot, nous dire en quoo consiste le bonheur ? La réussite d’une vie ? Et pourtant ce grand philosophe n’a pas manqué d’être entraîné dans de sanglantes luttes pour le pouvoir dans une Rome gagnée par les intrigues, les empoisonnements, les rivalités de personnes et les batailles d’ego ? Cet homme, pourtant doué de grandes capacités philosophiques, développées dès son plus jeune âge par les cours privés de son père, a commencé par être banni en Corse sur ordre d’une impératrice qui ne l’aimait guère… Après la mort de celle-ci, il fut autorisé à revenir à Rome où il allait connaître des fortunes diverses, gravitant autour des milieux dirigeants avec leurs intrigues et leurs complots incessants. Il sera, durant un temps, chargé de l’éducation du futur empereur, Néron, mais suite à sa participation à une conjuration , celui-ci lui donnera le choix entre l’exil et la mort. En l’an 55, le philosophe décida de mettre un terme à cette comédie du pouvoir ; il se suicida en s’ouvrant les veines…

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  • Philippe Sands, La filière (Albin Michel)

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    Philippe Sands, La filière (Albin Michel)

    Derrière cet énigmatique titre se cache (à peine) toute une histoire passionnante, une enquête menée comme pour une affaire criminelle. Et, de vrai, c’en fut une puisque nous assistons à un chassé-croisé, plutôt : ce sont les fils d’un officier SS de haut rang, autrichien d’origine mais aussi nazi de la première heure, devenu au cours de la Seconde Guerre mondiale, gouverneur de Cracovie et de Lemberg (Lvov), et à ce titre, responsable de la déportation et de la mise à mort de centaines de milliers de juifs et de résistants polonais. L’auteur qui nous a donné une émouvante reconstitution de ces choses avec Retour à Lemberg, a perdu son oncle pendant l’occupation de sa ville par les nazis. Et à cette même époque, c’était bien Otto von Wächter qui organisait ou avalisait tous ces massacres. Le livre est donc une confrontation entre l’auteur qui veut savoir ce qui est arrivé à son oncle Léon et l’un des fils de l’officier SS, responsable d’une partie de la Shoah. J’ai dit chassé croisé ou va et vient : on part des albums, des archives familiales, du journal intime de la femme d’Otto von Wächter Un exemple, un chapitre portant sur l’année 2002 et se déroulant à Londres ou dans l’Allemagne profonde est suivi d’un chapitre datant de 1934 à Berlin. On voit évoluer deux situations parallèles On a parfois l’impression de lire un roman policier tant le suspense est grand. La structure elle-même est étonnante et donne envie d’aller jusqu’au bout de l’ouvrage.

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  • Eric Delbecque, Les silencieux. (Plon)

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    Eric Delbecque, Les silencieux. (Plon)

    Ce titre elliptique s’éclaire en lisant le bandeau blanc sur fond noir  de la coiuveture: Ne nous trompons pas, les salafistes menacent la République. Dès lors, tout est dit. Ce livre assez épais et bien documenté de première main, rédigé par un homme qui sait de quoi il retourne, montre que la situation est sérieuse pour la tradition républicaine de notre pays, la France, même si certains secteurs de l’opinion et de la classe politique ne prennent toujours pas cette menace au sérieux. Le titre, dès lors, se justifie : ceux qui minent les fondements de la société française effectuent leur sinistre besogne, loin des regards indiscrets ou de la vigilance des services de sécurité. Ceux qui détruisent l’essence même du pacte républicain, le font sournoisement, en silence, sans que l’on réalise vraiment ce qui se passe. Et après, il risque d’être trop tard, même s’il. faut éviter tout alarmisme et garder la tête froide. Mais il est indéniable qu’un travail de sape est à l’œuvre.

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  • Juifs d’ailleurs…(Albin Michel) (II) suite et fin

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    Juifs d’ailleurs…(Albin Michel) (II) suite et fin

    Dans le précédent article j’étais arrivé aux juifs du Kurdistan et du Caucase, appelés juifs des montagnes. Je ne pourrais pas m’arrêter sur chaque destination ou provenance, mais je compte évoquer succinctement les lieux les plus marquants et les plus inattendus.

    Les juifs d’Azerbaïdjan semblent avoir bénéficié de mesures éminemment favorables, notamment depuis l’indépendance du pays et la volonté de son dirigeant suprême de se libéraliser après tant d’années de main mise soviétique sur le pays. Bien que la majorité de la population soit de religion musulmane, les juifs sont unanimement acceptés et les autorités accèdent à la quasi totalité de leurs demandes, qu’elles soient administratives ou financières. Il existe une grande synagogue dans deux villes importantes, la capitale Bakou et l’autre ville Quba. Récemment, le grand rabbin séfarade d’Israël, M. Amar était en visite officielle dans le pays. Les juifs, de leur côté, ne cachent pas leur fier patriotisme azéri et leur identification avec les objectifs du pays. Mais l’auteur de la note sur ce pays souligne l’accroissement inquiétant des mariages mixtes dans la capitale, ce qui pourrait sonner le glas de la présence juive dans moins d’un demi siècle.

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  • Juifs d’ailleurs

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    Juifs d’ailleurs. Diasporas oubliées, identités singulières . Sous la direction d’Edith Bruder (Albin Michel)

    Cet ouvrage, somptueusement présenté, m’enchante car il élargit considérablement le champ de la judéité, de l’appartenance juive, du judaïsme religieux, du judaïsme terminable et interminable, pour reprendre une problématique magistralement traitée par le regretté Yossef Hayyim Yérushalmi.. Il est au cœur d’un débat qui anime la science du judaïsme depuis qu’elle existe à partir du XIXe siècle allemand, qui lui donna ses lettres de noblesse.

    L’éditrice qui a fait un travail remarquable a été bien inspirée de frapper cette formule un peu provocante, mais Ô combien juste : les juifs ne se limitent pas aux deux grandes subdivisions ; ashkénazes, d’un côté, séfarades de l’autre. Même si ces deux groupes démurent la majorité écrasante de la nation juive. 

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  • Phlip Roth, J’ai épousé un communiste (suite et fin)

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    Phlip Roth, J’ai épousé un communiste (suite et fin)

    Suite à ce qui précède, je m’arrêterai volontiers sur ce qui me paraît être l’apogée de ce livre, J’ai épousé un communiste, c’est la rencontre entre le p ère du héros (Nathan Zuckermann, i.e. Philip Roth) et le communiste juif, Ira Goldrinn qu’il soupçonne de tenter d’endoctriner son fils et d’en faire un adeptes de la cause prolétarienne. C’est très émouvant car l’auteur épilogue sur la défaite morale subie ce jour là par un père qu’il aime mais dont il rejette les méthodes autoritaires. Tout commence par une découverte banale et fortuite : un jour, le père surprend son cher fils en train de lire l’éditorial d’un journal syndical, infiltré par les communistes du coin, le Daily worker. C’est son mentor Ira qui lui avait recommandé de lire l’éditorial de cette revue.

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