28/10/2008

LES USA ET LA SYRIE : LES DESSOUS DE L’ATTAQUE COMMANDO À LA FRONTIÈRE IRAKO-SYRIENNE…

LES USA ET LA SYRIE : LES DESSOUS DE L’ATTAQUE COMMANDO À LA FRONTIÈRE IRAKO-SYRIENNE…

    Retour de Genève hier soir tard, j‘ai pu prendre connaissance du discours en anglais du ministre syrien des affaires étrangères Mouallem qui accusait sur France-Info les Américains de crime de guerre et de terrorisme. C’est vraiment inverser les rôles. Mais par delà les rhétorique habituelles des régimes autoritaires et anti-démocratiques, essayons de voir ce que cache cette opération militaire qui ne tombe pas hasard…
    Bref rappel des faits : depuis l’invasion de l’Irak et la chute de Saddam, les Irakiens et leurs allés américains considèrent que deux Etats sont majoritairement responsables de la recrudescence du terrorisme dans le pays du Tigre et de l’Euphrate : l’Iran et la Syrie qui alimentaient les insurges en hommes et en armes. Il suffit de se souvenir des mises en garde des chefs militaires américains basés en Irak adressées à l’Iran mais surtout à la Syrie. Cette dernière, isolée sur la scène internationale et craignant pour la survie de son régime, ne savait que faire jusqu’au coup de génie de Nicols Sarkozy qui sut la séduire et lui montrer que sa réintégration dans le concert des nations civilisées passait par une distanciation avec l’Iran.
    C’est, fort de ce soutien et de cette nouvelle mais éphémère respectabilité, que les Syriens se sont crus autorisés à se plaindre bruyamment dans la presse mondiale et à jouer les victimes. L’Etat auquel on reproche depuis des décennies des conduits inqualifiables au Liban et ailleurs au proche Orient a enfin l’occasion de jouer la victimisation. Renversement de situation assez spectaculaire !
    Pourtant, ce modèle de réaction est calquée sur les précédentes : lorsqu’Israël bombarda il y a plus d’une année un centre réputé nucléaire et servi par des ingénieurs nord-coréens, Damas a commencé par nier les faits et lorsqu’elle a reconnus, ce fut pour dire que le site était civil et que l’agression israélienne était une violation caractérisée de sa souveraineté. Mais lorsque les inspecteurs de l’ONU ont voulu inspecter le site, ce n’est, comme par hasard, plus possible…
    En effectuant leur dernier raid (car ce n’est pas le premier, les Syriens ont porté la chose sur la place publique car ils y avaient intérêt cette fois ci), les Américains savaient ce qu’ils visaient : un centre qui facilitait l’introduction en Irak d’armes et d’hommes destinés au soutenir les insurgés, au moment que les attentats terroristes dans le pays de Saddam stagnent à un niveau résiduel.
    Quels objectifs poursuivaient les Américains en agissant ainsi soudainement ? Probablement plusieurs. D’abord, il ne faut pas oublier que cette attaque pourrait renforcer l’un des deux candidats à l’élection présidentielle (devinez lequel !) en montrant qu’il faut un homme, un vrai, un soldat, un héros, à la tête des USA, qui sache traiter les crises et prendre les bonnes décisions.
    Ensuite, il ne faut pas oublier que les Syriens sont unis aux Iraniens par une sorte de contrat de défense et d’alliance mutuelles. Or, les USA attendaient peut-être une réaction de Téhéran, voire une riposte de la Syrie contre Israël, ce qui aurait permis aux Américains et aux Israéliens de donner une leçon à Téhéran en bombardant ses sites nucléaires.
    Au fond, Georges Bush n’a plus rien à perdre, il part dans un peu plus de 65 jours et aimerait bien régler une affaire qui lui tient à cœur.
    En conclusion, cette région du monde doit absolument être pacifiée par tous les moyens tant son impact sur le reste du monde est grand. Que l’on prenne garde à ce petit incident, inoffensif seulement en apparence car il ressemble étrangement à ce genre d’escarmouches aux frontières, annonciatrices de grands chambardements. C’est donc un double avertissement aux Syriens et aux Iraniens : a) les USA sont aux portes et frappent où ils veulent. B) les Syriens sont pu prendre la mesure de leur solitude et donc de leur vulnérabilité. Aucun pays arabe ne viendra à leur secours et l’Iran, lui, déjà troublé, par le drapier des lanciers de Damas, n’ont pas bougé. Sans même parler d’Israël qui n’en a toujours fini avec son voisin du nord.
    A quoi la paix, enfin ?

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