05/05/2017

L'élection présidentielle de dimanche

 

 

L’élection présidentielle de dimanche

 

 

 

On n’avait encore jamais vu cela : plus de 50% des électeurs qui se déclarent prêts à voter pour E. Macron avouent ne le faire qu’en vue de barrer la route à Marine Le Pen. En clair, cela signifie que le futur élu sera très mal élu. Nul ne pourra contester sa légitimité mais il n’aura pas le soutien populaire. Curieusement, les gens qui furent en 2002 confrontés au même choix n’osaient pas exprimer si ouvertement envers Chirac comme ils le feront 15 ans plus tard pour Marcon.

 

 

 

Parfois, je me demande s’il n’eut pas été préférable de reporter l’élection car cette élection a été viciée à la base : l’entreprise de démolition du candidat Fr Fillon a incontestablement ouvert la voie à Macron. Je n’insinue pas qu’il est pour quelque chose dans l’élimination de ce candidat mais il est incontestable que celui lui a profité.

 

 

 

Ces mains anonymes qui se sont permis de monter tout ce dossier contre un candidat ont frustré le peuple française de leur candidat et de leur victoire. Je n’ai jamais vu autant de gens reconnaître qu’ils vont voter presque sous la contrainte, faute de mieux et parce que leur candidat préféré n’est pas au second tour. Le résultat de cette élection s’en trouve faussé.

 

 

 

Une dernière remarque concernant la personnalité et le programme de Marine Le Pen.

 

 

 

Il est assez ahurissant de voir que le monde entier se ligue contre elle, lui prête de noires arrière-pensées qu’elle n’a peut être pas ; tous les grands organes de presse s’en prennent à elle, oubliant qu’elle a obtenu près de 7 millions et demi de voix.

 

 

 

La vraie question qui n’est hélas jamais vraiment posée est la suivante : que devons nous faire de tous ces millions de compatriotes qui ont jeté leur dévolu sur une candidate que nombre de gens vouent aux gémonies ? Oui, devons nous dire que ceux qui ont voté pour elle sont de mauvaise Français ? Cela risque de faire du monde…

 

 

 

En fait, la France est inquiète depuis de nombreuses années. Elle ne fait plus confiance aux partis traditionnelles qui ne l’écoutent qu’à l’heure de leur renouvellement de mandat. Désormais, ce petit jeu est révolu. Mais est ce MLP qui en est responsable ? Non point.

 

 

 

Cette levée de boucliers contre une candidate et un parti politique n’est pas bonne. Qu’un président soit élu démocratiquement, c’est bien, mais dans lec as qui nous occupe, ce ne sera pas le cas. Et c’est bien dommage, car en d’autres temps, il aurait eu toutes ses chances d’être un candidat bien élu.

 

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03/05/2017

Alexandre SAFRAN et les juifs de Roumanie durant li'nstauration du communisme, par Carol IANCU

 

Depuis de nombreuses années, notre éminent collègue, le professeur Carol Iancu  de l’université de Montpellier, consacre une énergie qui, Dieu merci, ne faiblit guère, à nous présenter de nombreuses facettes de la vie et de l’activité communautaire, politique et éducative de celui qui, à moins de trente ans, fut le guide spirituel des juifs de Roumanie. On l’oublie parfois, mais ce judaïsme roumain était, à la veille de la seconde Guerre mondiale, l’un des plus nombreux puisqu’il comptait pas moins de huit cent mille âmes.

 

Monsieur Iancu a déjà consacré plusieurs ouvrages à celui qui fut son compatriote, et dont il partage à la fois la langue maternelle et l’histoire. Sans ce travail d’historien qui se veut rigoureux et respectueux des mémoires qu’il nous offre, nous ne connaîtrions pas vraiment les mérites qui reviennent légitimement à un si grand pasteur d’Israël qui, à une époque très troublée et éminemment dangereuse, n’a pas ménagé sa peine, au point de parvenir à sauver des âmes juives promises à l’extermination.

 

Dans le présent volume intitulé Alexandre Safran et les juifs de Roumanie durant l’instauration du communisme : documents inédits des archives diplomatiques américaines et britanniques (1944-1948), titre un peu long mais reflétant fidèlement le contenu de l’ouvrage, Carol Iancu aborde un aspect de l’œuvre du grand rabbin, qui englobe l’international, la fin de la guerre, le début du retour des déportés dans certaines régions mais aussi, ou plutôt surtout, les relations entretenues avec les grands ce monde. Songez que le jour de la signature de l’armistice, le 8 mai 1945, le tout jeune grand rabbin du pays, en poste depuis à peine cinq ans, félicite le président Truman en personne pour l’action victorieuse des forces armées US. Ce sont les archives diplomatiques des alliés (principalement la Grande Bretagne et les USA) que Monsieur Carol Iancu a exploitées et qu’il a reproduites à la fin de cet imposant volume.. L’iconographie n’est pas oubliée puisque l’on découvre de très belles photographies du jeune Grand Rabbin, accompagné de son épouse et de sa chère fille, Madame le professeur Esther Starobinski-Safran… J’ai eu plaisir à voir les deux grands rabbins, côte à côte, celui de Roumanie évidemment mais aussi celui de Paris qui allait devenir le grand rabbin de France, Jakob Kaplan.

 

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur ce judaïsme roumain qui a traversé bien des épreuves, les introductions de Carol Iancu sont très éclairantes et très agréables à lire. Dans un style élégant et sobre, l’éditeur de ces archives rappelle les faits les plus marquants dont un m’a particulièrement intéressé en raison de son aboutissement : le ralliement de certains cadres dirigeants de la communauté juive roumaine aux communistes qui tissaient leur toile dans l’ombre et voulaient contraindre le grand rabbin à leur céder sur tous les points, ce qu’il se refusa à faire. A cette époque là, il n’était pas bon de s’opposer frontalement au régime communiste car l’armée rouge campait tout près, n’hésitant pas à prêter main forte à ses affidés… Dans sa belle autobiographie, le Grand Rabbin avait décrit une entrevue particulièrement éprouvante avec un officier communiste, juif de surcroît, qui posa sur la table son revolver chargé dans le but d’intimider son interlocuteur.

 

En fin de compte, après toutes ces attaques et cette guerre d’usure, le Grand Rabbin s’est trouvé dans l’incapcité de remplir sa mission et fut contraint à l’exil.

 

La reproduction de toutes ces archives confère à ce livre une très grande valeur pour la poursuite même de ce travail par de jeunes chercheurs. Et le professeur Carol Iancu s’est acquis  de très grands mérites en consacrant le meilleur de ses jours et de ses veilles à une grande figure du judaïsme contemporain, un homme qui dut quitter, sous la contrainte, son pays natal et qui continua de se dévouer à ce en quoi il a toujours eu foi : la vocation universaliste de la religion d’Israël, la défense de ses coreligionnaires et la propagation du messianisme des prophètes. Cet homme, grand croyant et grand érudit, avait acquis une grande science traditionnelle auprès de son propre père, lui-même grand rabbin, et parallèlement avait soutenu une thèse en allemand sur le sionisme en tant que problème universel. Il n’a jamais manqué de soutenir le projet de faire renaître un état juif sur la terre ancestrale, la terre d’Israël.

 

Remercions aussi le professeur Carol Iancu pour ce bel ouvrage dont il nous fait l’aubaine et qui représente pour lui tant d’années de travail et d’effort.

 

Maurice Ruben HAYOUN

 

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02/05/2017

Saül Friedländer et ses réflexions sur lanzisme (Le Seuil)

Saül Friedländer et ses réflexions sur le nazisme. Entretiens avec Stéphane Bou (Seuil, 2016)

Saül Friedländer est probablement l’historien le plus connu e t le plus sérieux de la Shoah, dans la mesure, toutefois, où l’intelligence humaine, soumise aux exigences de la science historique, est à même de rendre compte d’une tragédie qui dépasse les frontières de l’imaginable. Dès que l’on décide de rendre compte d’un ouvrage sur ce drame sans égal, unique, de l’histoire de l’humanité, les superlatifs s’imposent tout naturellement à notre discours, même quand on cherche, comme le fait l’auteur, à coller aux faits, à sacraliser les pièces d’archives et à jeter un regard sur soi-même, afin de savoir déjouer la ruse de l’inconscient qui, souvent, à notre insu, tient la plume.

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01/05/2017

La France indécise, retient son souffle

La France indécise, retient son souffle...

Voici une anecdote vécue hier soir : un proche parent m’appelle pour me dire la phrase suivante : je suis vraiment très préoccupé car je ne sais pas encore ce que je vais faire dimanche prochain… Et je lui répondis : mais que se passe t il donc dimanche ? Mais les élections, me répond il !!!

Cette anecdote reflète bien les deux sentiments entre lesquels les Français oscillent : que voter ? et que cela passe vite, car on n’en peut plus. Les deux candidats n’inspirent pas confiance, ils ne totalisent même pas, à eux deux, les 50% des suffrages, preuve que le corps électoral est très profondément divisé. Pourtant, les deux camps rivalisent d’ingéniosité pour l’emporter dimanche prochain. Faisons un bref retour en arrière.

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28/04/2017

Les Français et les élections, la rupture

 

Les Français et les élections: la rupture

Loin de dissiper les malentendus, de clarifier les choses, de ranger convenablement les enjeux, le résultat du premier tour de ces élections présidentielles nous fait pénétrer dans une vaste zone de turbulence, tant nous avons du mal à comprendre ce qui s’est passé. Ou plutôt nous comprenons l’étendue du bouleversement sans pouvoir nous y faire : à preuve, les réactions contradictoires au sein de ces grands partis d’hier, habitués à se succéder au pouvoir, à gérer seuls leurs petites affaires en se disant que de toutes façons il n y a pas d’alternative et que ce sont eux les politiques qui auront toujours le dernier mot. Mais voilà, cette ère est révolue.

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27/04/2017

Un dictionnaire Franz Rosenzweig ? (éditions du Cerf)

 

Un dictionnaire Franz Rosenzweig ? (éditions du Cerf)

 

Ce fut une bonne idée de consacrer un tel volume à l’œuvre de Franz Rosenzweig, un grand philosophe juif allemand, mort en 1929 des suites d’une terrible maladie, et redécouvert de ce côté ci du Rhin, grâce principalement  à Emmanuel Levinas et tout aussi essentiellement au regretté Stéphane Moses qui lui consacra sa thèse doctorat d’Etat. Il y eut aussi la remarquable traduction de l’œuvre maîtresse de Rosenzweig, L’étoile de la rédemption…

 

Par la suite, toute une lignée de penseurs jetèrent leur dévolu sur un penseur, promis au plus brillant des avenirs, , n’était la paralysie musculaire qui le priva même de la parole.

 

Mais en posant ce Dictionnaire après l’avoir lu de la première à la dernière page, on ressent un certain malaise, généré par le principe architectonique même qui a présidé à la réalisation conceptuelle de l’ouvrage : les thèmes, les entrées sont traitées suivant un ordre alphabétique qui provoque, involontairement, des voisinages cocasses. Ce qui ne permet nullement de parvenir à une vue unifiée du système de l’auteur. On passe vraiment du coq à l’âne : pour le spécialiste de l’auteur, cela ne prête pas à conséquence car il lit cet ouvrage par acquis de conscience, mais pour le débutant qui découvre, on manque du moindre fil conducteur.

 

La philosophie (sérieuse, appliquée, non médiatique) ne fait pas bon ménage avec le journalisme, même si, avec une touchante bonne volonté, on tente de se hisser sur les hauteurs d’une spéculation réputée difficile, et qui plus est, rédigée à l’origine dans une langue dont on ignore tout….

 

Comme toute main éditoriale est ici absente, les répétions et les redites sont légion car personne n’a relu la contribution de son voisin. De plus, les renvois d’une entrée à l’autre sont rarissimes : moins de cinq fois pour tout ce fameux dictionnaire.

 

Pour que ce dictionnaire puisse avoir la moindre utilité, il eût fallu mettre en tête du volume un bref exposé synthétique qui aurait esquissé les grandes articulations de la pensée philosophico-religieuse de Rosenzweig. On aurait pu aussi remplacer avantageusement l’avant-propos par l’interview de B-H. Lévy qui donne, elle, un petit aperçu de la noétique de l’auteur et de sa place dans l’histoire de la philosophie contemporaine.

 

Cette réflexion critique porte aussi sur les renvois bibliographiques clôturant chaque entrée : les redites sont innombrables, ce qui ne se serait pas produit si l’on avait identifié les livres dans une bibliographie générale.

 

Enfin, les contributions n’avancent pas toutes d’un même pas. Certes, quelques articles bien construits, fournis par d’authentiques spécialistes ou bon connaisseurs, cohabitent avec des essais moins robustes. Ces entrées réussies parviennent à laisser une impression acceptable de l’ensemble. Mais elles proviennent toutes d’authentiques philosophes germanistes qui savent de quoi ils parlent et sur quoi ils écrivent.

 

Maurice-Ruben HAYOUN

 

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26/04/2017

Les élections en France: l'étrange défaite

 

Les élections en France: l’étrange défaite…

 

Ce que nous vivons depuis quelques jours fait l’effet d’une bombe. L’électorat français, pourtant habitué à ce petit jeu politique depuis des décennies, a profité de cette vaste consultation électorale pour renvoyer à leurs chères études les partis, les deux plus grands partis qui structuraient jusqu’ici sa vie quotidienne. Et la meurtrissure est aussi cuisante à droite qu’à gauche : à droite car cette élection paraissait assurée, imperdable pour reprendre ce terrible néologisme, et aussi parce que le peuple de ce pays était en gésine d’alternance et voulait tourner la page Hollande. A gauche, car cet effondrement du PS intervient après cinq ans de pouvoir de cette même gauche. C’est un camouflet sans pareil que le peuple a administré à cette gauche qui n’a pas su se montrer une gauche de gouvernement, amie des réalités, en avance sur son temps, à l’écoute des desiderata des gens. Oui, à l’écoute des gens simples, qui paient leurs impôts, font avancer le pays et espèrent quelque chose en retour.

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19/04/2017

New York une ville juive

Suite et fin des Chroniques new yorkaises : New York est une ville juive

 

Baroukh atta ha-Shem….. ha-motsi léhem min ha arets : Béni sois tu Eternel qui fait jaillir la nourriture de la terre !

 

Ce n’est pas dans un monde clos, dans un domicile privé à NY que j’ai pu entendre chanter cette prière qui accompagne tous les repas des familles juives pratiquantes. Mais bien au second étage de ce restaurant italien SEFRAFINA, si prisé de Madison, et où les gens les plus distingués font la queue, le temps de leur trouver une table où dîner.

 

Mais hier, vers 19h30 à NY, c’est la fin de pessah et j’ignorais qu’à défaut de Mimouna comme en Israël ou en France, les juifs se rendaient dans des restaurants italiens afin d’y dévorer des pizzas et des pasta.

 

Nous arrivons parmi les premiers à Serafina puisque nous sommes logés au coin de la rue. Nous nous frayons un chemin parmi les clients parmi lesquels les Français ne sont pas rares. Nous croisons une dame française qui dit adorer les pâtes..

 

 On nous installe les premiers et je reconnais les serveurs, les latinos, ces pauvres hommes qui survolent les étages, les plats à la main. NY n’est pas un lieu facile pour ceux qui sont pauvres, inéduqués et désargentés. Leur seule ressource est leur force de travail. C’est ce que je souffle à l’oreille de Paul W. le fils de Sophie, lequel venait de rudoyer un serveur sous mes propres yeux. Rien de méchant. Lui aussi travailler dur

 

Nous sommes en train de passer commande quand arrive une nouvelle fournée d’invités, une bonne vingtaine, tout le monde embrasse tout le monde. Les hommes se donnent l’accolade, les femmes, embijoutées de la tête au pied, s’inspectent et se regardent, l’œil vif. Je dis à Danielle que ce sont des Italiens et qu’on ne pourra pas s’entendre, tant ces gens ont le verbe haut. Mais Jonathan qui est assis à l’autre bout de la table, me dit entendre la bénédiction juive de ha-motsi  léhem : nos voisins ne sont pas des Italiens mais de bons Juifs NY séfarades. Une nouvelle table, plus jeune, s’installe tout près de moi. Je lance un sonore hag saméah et la réponse de la table voisine fuse : hag saméah…

 

Par les temps qui courent, ce n’est hélas pas à Paris qu’une telle expérience pourrait être vécue. Et c’est bien dommage. D’ici, la France semble être la tête d’une aiguille dans un océan sans fin. C’est-à-dire peu de choses.

 

Un exemple ou plutôt deux : je croyais que nos musées, notamment le Louvre et d’autres endroits étaient les plus beaux.. Mais j’avais oublié le Met et surtout je n’avais encore jamais vu la Frick Collection. C’est quelque chose d’unique au monde, einmalig comme disent les Allemands. Mon indigence en histoire de l’art me prive de l’avantage d’en parler car ce serait tenir des discours d’analphabètes mais quand je suis ressorti de ce mussé, fondé par un éminent sidérurgiste US, originaire de Pittsburgh, je n’ étais plus le même : cet amateur d’art du début du XXE siècle a été un bon serviteur de l’humanité même si, dans sa jeunesse, il a financé des gens qui furent des briseurs de grève. Et au fond, s’il ne l’avait pas fait, aurions nous eu ces richesses artistiques inestimables ? Il y a des portraits faits par Holbein qui sont stupéfiants. Et les pièces d’exposition sont majestueuses ; qui peut encore vivre dans de telles demeures fastueuses ?

 

En quittant cette fastueuse demeure où le généreux mécène n’a pu passer que cinq années de sa brève vie, le soleil brille sans discontinuer, la rue est calme et nous nous amusons à lire les noms gravés sur les plaques à l’entrée des portes cochères : que des noms de juifs ashkénazes : des médecins, des avocats, des kinésithérapeutes, bref tout est représenté.

 

Le jeune Oliver Braunschweig, venu nous rendre visite l’après midi avec son père Monsieur Arthur Braunschweig de Zurich, m’apprend qu’avant d’arriver à ce statut, les Juifs ont eu à combattre bien des antisémites et à surmonter bien des obstacles.

 

NY est donc bien une ville juive d’après le nombre de nos frères qui y résident, d’après le nombre de ses synagogues : comme il était agréable, les précédents jours, de contempler tous ces hommes qui sortaient des offices religieux leur taléth sous le bras, leur kippa sur la tête. Quel singulier contraste avec d’autres pays où il est désormais dangereux de s’afficher juif.

 

New York, la nouvelle terre promise… Mais je dois bien dire : la mimouna chez Annie et Jacques A. Ma tant manqué.

 

Maurice-Ruben HAYOUN

 

 

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18/04/2017

Suite et fin des chroniques new yorkaises

Suite et fin des chroniques new yortkaises

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17/04/2017

Chroniques New Yorkaises: VII visite de la synagogue de Park Avenue

Chroniques new Yorkaises VII : le vendredi soir à la Park Avenue Synagogue

 

Vendredi peu avant 18heures : Danielle et moi sommes prêts pour nous rendre à la synagogue de Park Avenue qui est tout près : 10 minutes de marche à  pied. Nous hésitons quelques instants sur l’adresse mais opportunément un taxi s’arrête et en descendent les membres d’une même famille qui viennent prier.

 

18h35 : nous franchissons le portail de la synagogue. Mon attention est attirée par l’absence de toute garde armée statique. A l’intérieur, on nous prie seulement de laisser nos portables à l’extérieur. Cela tombe bien car  nous n’en avons pas sur nous.

 

Une voix féminine qui déclame les Psaumes du chabbat nous accueille : j’avais pourtant cru que cette synagogue était conservative mais je dois me rendre compte que conservative n’est pas orthodoxe… Car dans le talmud il est bien au sujet des femmes et de la prière : Qol ba isha erwa : la voix d’une femme est une nudité. Il est donc assez risqué de leur faire chanter des Psaumes le vendredi soir dans une synagogue. En ce qui me concerne, je n’en prends pas  ombrage car je considère, sans démagogie, que la place dans la femme dans le culte juif doit être réévaluée.

 

Cette PAS (c’est son diminutif actuel) est bien organisée puisque dès que nous entrons, on nous remet un dépliant narrant l’historique de l’institution.  Elle fut fondée en  1882. L’architecture est belle, quoiqu’un peu baroque, voire surchargée, avec des lumières très vives. Mais le public, un gros tiers des places est occupé, semble apprécier, et notamment ce petit orchestre qui accompagne la cantatrice, je veux dire la ministre officiante : un batteur, un guitariste, un pianiste, etc… Certes, on peut se réclamer de la harpe du roi David et dire que deux millénaires de persécutions ont conduit le judaïisme a se faire plus discret.

 

Le rabbin commence par faire venir à lui les jeunes qui viennent de célébrer leur bar mitswa, leur majorité religieuse. Ensuite il fait réciter un kaddish par les fidèles qui sont en deuil. Ensuite, on renoue avec la prière, pardon ici il est de bon ton de dire le culte (en bon anglais : to worship). On lit à haute voix le shema Israël, du moins la première partie, aux fidèles le soin de compléter le reste à voix basse. On se lève pour la amidah, de même que le rabbin prie les endeuillés de lever lors du kaddish.

 

En gros, rien de révolutionnaire mais un enrichissement pour moi au sujet du champ sémantique de conservatice judaism. Un détail, tous les hommes portent la kippah à la synagogue. C’est déjà ça… ,

 

J’ai tenu à me rendre à ce service religieux car, comme vous le savez probablement, j’ai écrit un livre sur  Le judaïsme libéral mais aussi il y a quelques années un QSJ ? sur La liturgie juive. Et vu l’indigence du judaïsme libéral et réformé d’aujourd’hui, je me suis focalisé sur les racines allemandes de cette même tendance religieuse au sein du judaïsme. Et je dois dire qu’aux premières décennies du mouvement, quelle richesse, que de contenu, que de densité !

 

Je suis partagé entre deux tendances contradictoires : d’une part, je crois en l’évolution du processus historique auquel rien n’échappe et d’autre part, je suis hésitant face à des aménagements arbitraires venus de personnes non autorisées, non qualifiées, ni par leur savoir ni par leur culture.  En gros, rien de révolutionnaire

 

Le débat autour d’un dépoussiérage du judaïsme remonte à de longues années. Je dois dire que je suis sidéré par la vacuité du discours de femmes rabbins, plutôt de rabbin journalistes qui font plus de public relations que de religion. Arguant que chacun a son judaïsme, que celui-ci est l’équivalent de la diversité, bref une forme moderne de bouddhisme ou plutôt une auberge espagnole.

 

Les sages du Talmud qui ne se disaient même pas rabbins alors qu’ils ont constitué l’ossature spirituelle d’Israël, eux qui ont formé la carapace défensive qui a permis aux juifs de traverser les siècles sans trop d’encombre… CVertes, à quel prix, mais tout de même.

 

Les gens devraient faire attention au discours que leur tiennent les non informés et les non savants. Ils ont le droit d’agir comme ils l’entendent mais ils doivent en savoir plus sur les sources. Chacun ou chacune a le droit de dire ce qu’il ou  ce qu’elle veut. Mais doit s’entourer d’un minimum de précaution. Car à trop suivre la mode on parle de la mode exclusivement et les modes se démodent vite. Or, le judaïsme, depuis plus de deux millénaires, n’a pas cessé de changer tout en restant lui-même.

 

Mainte prière juive dont je ne saisissais pas l’impact jadis me semble aujourd’hui lumineuse. Il convient donc de prendre ses propres dimensions et d’être au clair sur ses propres capacités. ET ceci vaut pour nous tous et aussi pour ceux qui tentent par tous les moyens de sortir des rangs et d’attirer l’attention.

 

Me revient à l’esprit, malgré la fièvre de l’autre jour, une phrase tirée du corpus midrachique et talmudique : oy lahém la biryot mé élwonah shel Tora Malheur aux créatures qui offensent la Tora.

 

J’ajoute aussi, pour finir, Dieu leur pardonnera tant la miséricorde divine n’a pas de fin.

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