Vu de la place Victor Hugo - Page 8

  • Israël, terre des constratses

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    Israël, terre de contrastes…

     

    On l’a souvent dit et répété à satiété : Israël se compose d’une infinie diversité de populations, issues de plus de cent vingt nationalités. On a aussi expliqué que si le système éducatif est un peu tribal, chaque clan ayant sa propre organisation scolaire où l’accent sera mis sur telle matière plutôt que sur telle autre, l’armée nationale, Tsahal, joue un rôle centripète, c’est-à-dire va vers le centre et se veut unificateur Tsahal est le véritable creuset du pays, il apprend à tous les citoyens à être des Israéliens.

     

    Mais je voudrais examiner ici de très près ce qu’est cette véritable cohabitation, car c’en est une où des juifs venus des quatre coins du globe sont obligés ou simplement désireux de vivre en semble, de fusionner et de réaliser une sorte d’harmonie sociale qui n’a peut-être jamais existé, pas même aux temps les plus anciens, comme par exemple, cette monarchie unifiée, plaçant sous un même sceptre Juda et Israël…

     

    A Natanya, située à moins de trente kilomètres de Tel Aviv, dans une rue appelée rehov Gad Machnès se trouve avant l’hôtel Blue Weiss un autre établissement qui ne désemplit jamais, tant les touristes des contrées les plus lointaines y envoient leurs touristes. Cet hôtel, l’hôtel résidence, a une spécificité : il abrite au premier étage un véritable oratoire qui fonctionne tout le temps et où les fidèles des rues adjacentes affluent, au point que le chabbat il est difficile pour les retardataires de trouve une place assise. A l’occasion du chabbat hatan de M. Jonathan M., j’ai dû fausser comapgnie à mes amis british de la New Synagogue, située rehov Macdonald, ce qui ne s’invente pas pour une telle maison de prière, fréquentée majoritairement par des Britannique. Et où l’excellent rabbin, venu d’Afrique du sud, prononce ses sermons dans la langue de Shakespeare…

     

    Eh bien, imaginez, si vous le voulez bien, l’abîme séparant cet oratoire tunisien (pur jus) où règne une joyeuse pagaille et où l’improvisation est la règle alors qu’avec mes bons Britishs tout est réglé comme du papier musique.

     

    Dès hier soir, à l’entrée du chabbat, j’avais été quelque peu intrigué : dès 19 heures, les psaumes du chabbat furent prononcés, ce qui m’a étonné. C’est après avoir prononcé le Lékhou ne ranéna (Allons, chantons les louanges..) que l’on revint vers le Cantique des Cantiques dont les différents chapitres furent lus dans une mélodie typiquement orientale, proche parfois de la voix de la chanteuse égyptienne Oum Kaltoum… C’est dire s’il y avait un peu de contraste. Mes Britishs se seraient ailleurs que dans une synagogue…

     

    Mais la suite ne l’était guère moins : un octogénaire tunisien, à la voie tonitruante a pris la parole pour donner connaissance de la siyute des opérations. Je n’avais encore jamais vu cela, pas même à Paris intra muros (mais peut-être que cela se fait en banlieue..) Il annonce d’une voix de stentor qu’il y a trois événements ce chabbat : une circoncision, une bar mitswa et un mariage et conclut ainsi : nous avons avec ces trois choses un véritable complet poisson… Ce qui m’a rappelé les plats que je dévorais chez Azar, rue Richer, quand j’étais jeune étudiant à Paris.

     

    Mais le meilleur était à venir le lendemain. Instruit par l’expérience de la veille, je me suis réveillé assez tôt pour être in situ vers 8h30, ce qui est un record pour votre serviteur.

     

    Et là encore, ce fut un festival de musique orientale : mes Britishs étaient bien loin, non pas géographiquement mais au plan culturel et civilisationnel. Je fermais les yeux pour me transporter par la pensée rue Mac Donald… Mais les trémolos dans la voix des chanteurs me ramenaient à la réalité…

     

    Je notais que les membres du comité se répartissaient les rôles et que rien ne pouvait se faire sans leur bruyant accord. Quelle vie ! L’un d’entre eux qui me connaissait par les émissions avec Josy sur France 2, ancien pharmacien à Paris XVIe, m’indiqua son âge, quatre-vingts ans et sa belle allure. L’autre, le plus vivace devait être de la même génération. Il maîtrise bien l’hébreu moderne et il n’a pas oublié son français.

     

    Dans mes rêveries d’évasion, j’imaginais ce qui devait se passer chez mes bons Britishs au même moment : un ministre officiant récite les Psaumes, pas un bruit dans la vaste salle de prière, sept montées régulières à la Tora, pas une de plus alors qu’ici règne plutôt une certaine inflation. Et durant tout ce temps l’heure avance. Chaque appelé à la Tora se voit gratifié de toutes bénédictions de la Terre. Je n’y ai pas échappé mais cela tombait bien, j’aime les bénédictions et y crois. Mais toutes ces manifestations de vie et de bonheur prennent du temps, ce qui fait que le personnel, chargé de nous servir un petit déjeuner- apéritif, ne nous voyant pas venir, a plié bagage et nous a laissés sans nos joyeuses agapes.

     

    Avant la fin de l’office religieux, j’observe deux adolescents israéliens qui sont pliés de rire en suivant ce qui se passe dans l’oratoire et le vainqueur à l’applaudimètre , si j’ose dire, n’est autre que notre homme à la voix tonitruante, spécimen grandeur nature du Tunisien authentique.

     

    Rien de tout cela chez mes Britishs qui, ququ’il arrive, achèvent leurs oraisons à 10h30. C’est alors que nous croisons les jolis chapeaux des élégantes qui se dirigent dignement vers la salle du Kiddoush où l‘anglais dépasse et de loin l’hébreu ou le français.

     

    Ceux qui me connaissent savent que je suis un nègre blanc, un séfarade passé à la moulinette ashkénaze, et ce depuis mon époque de lycéen à l’école Maimonide, à Boulogne sur Seine.

     

    Même si mon esprit me conduit à suivre mes bons Britishs, j’avoue que cette joyeuse pagaille tunisienne est synonyme de vie, avec un certain désordre mais la vie n’est elle pas désordre, improvisation, imprévus et humour ?

     

    Certes, oui. Mais peut on s’accommoder de tout cela tout le temps ? J’avoue que j’en doute. Mais une chose est sûre et certaine : le premier défi qu’Israël doit relever, est celui de l’harmonisation de toutes ces tribus. En hébreu, mizzug galouyot…

     

     

     

    Israël, terre de contrastes…

     

    On l’a souvent dit et répété à satiété : Israël se compose d’une infinie diversité de populations, issues de plus de cent vingt nationalités. On a aussi expliqué que si le système éducatif est un peu tribal, chaque clan ayant sa propre organisation scolaire où l’accent sera mis sur telle matière plutôt que sur telle autre, l’armée nationale, Tsahal, joue un rôle centripète, c’est-à-dire va vers le centre et se veut unificateur Tsahal est le véritable creuset du pays, il apprend à tous les citoyens à être des Israéliens.

     

    Mais je voudrais examiner ici de très près ce qu’est cette véritable cohabitation, car c’en est une où des juifs venus des quatre coins du globe sont obligés ou simplement désireux de vivre en semble, de fusionner et de réaliser une sorte d’harmonie sociale qui n’a peut-être jamais existé, pas même aux temps les plus anciens, comme par exemple, cette monarchie unifiée, plaçant sous un même sceptre Juda et Israël…

     

    A Natanya, située à moins de trente kilomètres de Tel Aviv, dans une rue appelée rehov Gad Machnès se trouve avant l’hôtel Blue Weiss un autre établissement qui ne désemplit jamais, tant les touristes des contrées les plus lointaines y envoient leurs touristes. Cet hôtel, l’hôtel résidence, a une spécificité : il abrite au premier étage un véritable oratoire qui fonctionne tout le temps et où les fidèles des rues adjacentes affluent, au point que le chabbat il est difficile pour les retardataires de trouve une place assise. A l’occasion du chabbat hatan de M. Jonathan M., j’ai dû fausser comapgnie à mes amis british de la New Synagogue, située rehov Macdonald, ce qui ne s’invente pas pour une telle maison de prière, fréquentée majoritairement par des Britannique. Et où l’excellent rabbin, venu d’Afrique du sud, prononce ses sermons dans la langue de Shakespeare…

     

    Eh bien, imaginez, si vous le voulez bien, l’abîme séparant cet oratoire tunisien (pur jus) où règne une joyeuse pagaille et où l’improvisation est la règle alors qu’avec mes bons Britishs tout est réglé comme du papier musique.

     

    Dès hier soir, à l’entrée du chabbat, j’avais été quelque peu intrigué : dès 19 heures, les psaumes du chabbat furent prononcés, ce qui m’a étonné. C’est après avoir prononcé le Lékhou ne ranéna (Allons, chantons les louanges..) que l’on revint vers le Cantique des Cantiques dont les différents chapitres furent lus dans une mélodie typiquement orientale, proche parfois de la voix de la chanteuse égyptienne Oum Kaltoum… C’est dire s’il y avait un peu de contraste. Mes Britishs se seraient ailleurs que dans une synagogue…

     

    Mais la suite ne l’était guère moins : un octogénaire tunisien, à la voie tonitruante a pris la parole pour donner connaissance de la siyute des opérations. Je n’avais encore jamais vu cela, pas même à Paris intra muros (mais peut-être que cela se fait en banlieue..) Il annonce d’une voix de stentor qu’il y a trois événements ce chabbat : une circoncision, une bar mitswa et un mariage et conclut ainsi : nous avons avec ces trois choses un véritable complet poisson… Ce qui m’a rappelé les plats que je dévorais chez Azar, rue Richer, quand j’étais jeune étudiant à Paris.

     

    Mais le meilleur était à venir le lendemain. Instruit par l’expérience de la veille, je me suis réveillé assez tôt pour être in situ vers 8h30, ce qui est un record pour votre serviteur.

     

    Et là encore, ce fut un festival de musique orientale : mes Britishs étaient bien loin, non pas géographiquement mais au plan culturel et civilisationnel. Je fermais les yeux pour me transporter par la pensée rue Mac Donald… Mais les trémolos dans la voix des chanteurs me ramenaient à la réalité…

     

    Je notais que les membres du comité se répartissaient les rôles et que rien ne pouvait se faire sans leur bruyant accord. Quelle vie ! L’un d’entre eux qui me connaissait par les émissions avec Josy sur France 2, ancien pharmacien à Paris XVIe, m’indiqua son âge, quatre-vingts ans et sa belle allure. L’autre, le plus vivace devait être de la même génération. Il maîtrise bien l’hébreu moderne et il n’a pas oublié son français.

     

    Dans mes rêveries d’évasion, j’imaginais ce qui devait se passer chez mes bons Britishs au même moment : un ministre officiant récite les Psaumes, pas un bruit dans la vaste salle de prière, sept montées régulières à la Tora, pas une de plus alors qu’ici règne plutôt une certaine inflation. Et durant tout ce temps l’heure avance. Chaque appelé à la Tora se voit gratifié de toutes bénédictions de la Terre. Je n’y ai pas échappé mais cela tombait bien, j’aime les bénédictions et y crois. Mais toutes ces manifestations de vie et de bonheur prennent du temps, ce qui fait que le personnel, chargé de nous servir un petit déjeuner- apéritif, ne nous voyant pas venir, a plié bagage et nous a laissés sans nos joyeuses agapes.

     

    Avant la fin de l’office religieux, j’observe deux adolescents israéliens qui sont pliés de rire en suivant ce qui se passe dans l’oratoire et le vainqueur à l’applaudimètre , si j’ose dire, n’est autre que notre homme à la voix tonitruante, spécimen grandeur nature du Tunisien authentique.

     

    Rien de tout cela chez mes Britishs qui, ququ’il arrive, achèvent leurs oraisons à 10h30. C’est alors que nous croisons les jolis chapeaux des élégantes qui se dirigent dignement vers la salle du Kiddoush où l‘anglais dépasse et de loin l’hébreu ou le français.

     

    Ceux qui me connaissent savent que je suis un nègre blanc, un séfarade passé à la moulinette ashkénaze, et ce depuis mon époque de lycéen à l’école Maimonide, à Boulogne sur Seine.

     

    Même si mon esprit me conduit à suivre mes bons Britishs, j’avoue que cette joyeuse pagaille tunisienne est synonyme de vie, avec un certain désordre mais la vie n’est elle pas désordre, improvisation, imprévus et humour ?

     

    Certes, oui. Mais peut on s’accommoder de tout cela tout le temps ? J’avoue que j’en doute. Mais une chose est sûre et certaine : le premier défi qu’Israël doit relever, est celui de l’harmonisation de toutes ces tribus. En hébreu, mizzug galouyot…

     

     

     

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  • Mais à quoi sert le G7

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    A quoi est censé servir le G7 de Biarritz ?

     

    Ce n’est sûrement pas manquer au patriotisme que de se poser cette inquiétante question, surtout quand on a une idée plus ou moins précise de ce qu’il aura coûté… Même la presse quotidienne régionale (PQR) ne se prive pas de poser la question. Et les commentaires les plus féroces fusent sans arrêt.

     

    D’abord, on se demande pourquoi la ville si célèbre du littoral a été choisie, et à cette période de l’année, lorsque les touristes sont en vadrouille dans tout ce territoire… Mais on prête surtout à Monsieur Macron de noires arrière-pensées visant par dessus tout à se redonner une stature internationale et à s’échapper des problèmes domestiques, style gilets jaunes… Bref, fuir les problèmes domestiques pour se rendre à l’étranger.

     

    Les commentateurs y voient le retour à l’aspect le plus contestable du gaullisme : fermer les yeux sur les questions intérieures les plus préoccupantes, parler aux Français de la grandeur de la France, d’une certaine idée de la France et de l’indépendance nationale… Tous ces dérivatifs pouvaient encore accomplir leur effet dans les années soixante alors qu’aujourd’hui, à l’heure des télévisions diffusant des nouvelles en continu, à l’heure de l’internet où l’information déborde de partout. Les citoyens français sont devenus plus exigeants et surtout plus ouverts sur le monde : l’Hexagone ne leur suffit plus.

     

    Du coup, on reproche à Monsieur Macron de se servir de ce sommet qui ne sert à rien pour faire redorer son blason. Notamment, de profiter de l’affaiblissement, voire de l’effacement de Angela Merkel, à un moment où l’Europe se cherche, inquiète du Brexit, préoccupée par le désordre de l’Italie, sans même parler des tensions dues à une rentrée qui promet d’être mouvementée.

     

    La question fondamentale que la presse, tant française qu’étrangère pose est la suivante : Monsieur Macron, ou la France contemporaine, a-t-il, a-t-elle les moyens de sa politique ? Vouloir profiter de l’affaiblissement de notre puissant voisin, de l’effacement progressif d’une dirigeante, Madame Merkel, ne signifie pas vraiment qu’on en a les moyens, ni que cela va réussir. Et Monsieur Macron a peut-être commis quelques impairs qui pourraient coûter cher au pays : s’autoproclamer porte parole de l’Europe, alors que cette même Union européenne est engluée dans un inquiétant Brexit, n’est pas sans risque. Recevoir de manière aussi publique le président Poutine ne rime pas à grand chose. Le président français se fait des illusions quand il pense que son interlocuteur russe va composer ou assouplir sa main mise sur la Crimée. Or, ce geste d’annexion est inouï : c’est la première fois depuis la fin de la seconde Guerre mondiale qu’on s’en prend aux frontières d’un Etat souverain, l’Ukraine. Un commentateur connu a résumé ainsi la méthode de V. Poutine : ce qui est à moi est à moi, ce qui est à vous est négociable…

     

    Même sur le dossier syrien, le président Poutine n’a cédé sur rien. A part quelques bonnes paroles concernant d’éventuels pourparlers avec le nouveau président ukrainien, M. Macron n’a rien obtenu. Si ce n’est une présence médiatique renforcée en cette rentrée où les problèmes intérieurs ne vont pas tarder à se rappeler à son bon souvenir. Donc, déploiement international presque sans précédent, en lieu et place de nos amis allemands. Lesquels pourraient très bien réagir, comme le fait régulièrement la nouvelle présidente de la CDU. Il suffit de se rappeler ses dernières déclarations peu amènes à l’égard de la France…

     

    Mais ce n’est pas tout, le pire est encore à venir. Le président français a décidé de recevoir la veille du G7 le ministre iranien des affaires étrangères ! On devine ce que sera la réaction du président Trump qui s’est lancé dans une croisade anti-mollah depuis sa sortie de l’accord sur le nucléaire iranien.

     

    Il faut appeler un chat un chat : la France, pas plus qu’aucun autre pays de l’UE, n’est en mesure de s’opposer aux sanctions US, ni même d’aider à les contourner. Le Secrétaire d’Etat US a souligné que son pays suivait à la trace le pétrolier iranien GRACE I et qu’il interviendrait militairement si le navire se rendait en Syrie pour y décharger sa cargaison… Et c’est dans ce contexte que Monsieur Macron reçoit l’ennemi juré de notre allié américain.

     

    L’arrière-pensée de Monsieur Macron est de montrer à la face de l’univers que la France parle avec tous. Mais cette ouverture a des limites. L’oublier pourrait nous exposer à un retour de bâton. Et on se souvient que Monsieur Trump a qualifié de stupide le président français lorsque ce dernier a proposé de taxer les profits des GAFAs…

     

    Imagine t on le tollé qui se produirait si le président Trump, qui est capable de tout, annulait sa participation au G7 ? Nous sommes tout près de l’incident diplomatique avec la venue du ministre iranien qui, de toutes façons, repartira les mains vides, avec, certes, quelques bonnes paroles…

     

    Ne soyons pas un oiseau de mauvais augure. Mais cette politique étrangère est risquée, voire même sans garantie.

     

    Est ce que la France est encore une grande puissance ? Je le souhaite, mais j’ai quelques doutes…

     

    Me revient en mémoire la petite phrase assassine de Henry Kissinger sur notre pays : La France est une grande puissance… de taille moyenne !

     

    La situation du pays lui donne hélas raison.

  • Juif, autrement ? Comment être juif en Israël …

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    Juif, autrement ? Comment être juif en Israël …

    Au fond, rien n’est simple quand il s’agit du peuple d’Israël et des juifs en général. Est ce un peuple, une religion, les deux à la fois ? Nul ne le sait vraiment car tout change et tout bouge. Chaque fois qu’on revient d’un séjour plus ou moins long dans ce pays, les observateurs les plus attentifs sont contraints de réviser leurs précédentes analyses, et partant, de modifier leurs précédentes conclusions. C’est ainsi. Cela revient à chercher la quadrature du cercle. Pourquoi en suis-je venu à reposer cette question aujourd’hui même ? C’est tout simplement en raison de cette insupportable campagne électorale, provoquée par quelques politiciens avides de pouvoir et peu concernés par le bien-être du peuple qu’ils prétendent représenter au parlement.

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  • Jean Kahn, président d'honneur du Consistoire central israélite de France, in memoriam.

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    Jean Kahn, président d'honneur du Consistoire central israélite de France, in memoriam.

    Jean KAHN, L’obstination du témoignage.( Paris éditions Plon)

     

             Une fois la lecture de ce beau livre de mémoires et de témoignage achevée, on ne peut que bénir la Providence qui a permis à des hommes tels que Jean Kahn de mettre leur talent au service de la communauté juive qu’il a toujours servie. Il ne s’agit pas ici d’une prose dont certains hommes, nostalgiques d’un passé glorieux, se croient autorisés à régaler un public avertu. En s’attachant à une telle lecture, j’ai découvert beaucoup de choses concernant un homme, un grand dirigeant que je croyais déjà bien connaître et dont l’action va bien au-delà des quatre coudées de la communauté qui l’a vu naître…  Mais il y a aussi et surtout dans cet ouvrage des passages poignants sur la Shoah qui revient comme un leitmotiv, mais sans mièvrerie. Qu’on en juge : Ces enfants que l’on chassait, nus, tremblants, effrayés, vers les chambres à gaz, ce sont nos enfants. Nous, survivants, qu’avons-nous à répéter aujourd’hui sinon que la Shoah est une tragédie juive, exclusivement juive, et qu’Auschwitz est exclusivement un lieu de mort. (p 36)

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  • Comment le judaïsme est devenu une nomocratie

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    Le destin du judaïsme dans son ensemble, avant même qu’il ne devienne rabbinique, c’est-à-dire inscrit dans deux cercles concentriques (loi écrite et loi orale), s’est joué à une époque où l’exil et la destruction du second temple de Jérusalem en l’an 70 de notre ère, faisaient encore partie de l’histoire récente,  douloureusement vécue par des milliers de survivants de cette double catastrophe : la disparition du temple de Jérusalem et, partant, la cessation forcée du culte sacrificiel, un double événement qui fut très mal ressenti par la population juive et qui entraîna le désarroi même au plan théologique ; l’occupation par la puissance victorieuse romaine de tout le territoire rappelait de sinistres souvenirs.

    Les Judéens avaient perdu et leur lieu de culte majeur et leur autonomie ou indépendance politique. Aucune institution ancienne ne fut épargnée : la famille royale avait été décimée et ses rares rescapés  contraints de vivre dans la clandestinité, les forces armées étaient vaincues et la caste sacerdotale qui gérait le culte sacrificiel ne servait plus à rien  Et comme si cela ne suffisait pas à discipliner ce peuple de Dieu, les Romains accélérèrent la déportation des vaincus, donnant naissance à un exil qui allait durer pas moins de deux millénaires. Seule une classe nouvelle émergente, celle des Docteurs ou érudits des Ecritures, semblait répondre aux exigences du temps présent. Cette classe qui va donner naissance aux commentaires talmudiques et à une abondante littérature exégétique, tenait entre ses mains l’avenir de tout le peuple.

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  • Gustav Meyrink et son livre le Golem (III) 

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    S’intéresser à la kabbale, même lorsqu’on voulait s’en servir pour démontrer la véridicité du message du Christ n’était pas sans danger. Cette fâcheuse expérience fut le lot de Raymond Lulle, grand missionnaire chrétien tant auprès des musulmans que des juifs. Cet ecclésiastique avait écrit dans son Ars magna que la kabbale juive était la quintessence de la Révélation naturelle et qu’elle trouvait sa forme la plus achevée dans le christianisme. L’accusation d’hérésie ne se fit point attendre.

    Il en fut de même de Pic de la Mirandole dont l’une des thèses stipulait que la kabbale et la magie démontraient mieux que toute autre science la divinité de Jésus et la vérité de la religion chrétienne…Outre les circonstances obscures de sa mort prématurée (les soupçons se portèrent sur son secrétaire qui l’aurait empoisonné sur ordre), une commission pontificale condamna ses thèses.

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  • Gustav Meyrink et  son Livre Le  Golem (II)

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    Dans la littérature talmudique, le terme Golem ne revet pas encore de signification mystique ni ésotérique. Il signifie simplement un écervelé, un etre dépourvu de raison, ou aussi une femme en age de procréer mais qui n’a toujours pas d’enfant. En revanche, sans jamais recourir au terme Golem dans le sens qui nous intéresse, cette littérature nous parle (Traité Sanhedrin fol. 65b) de deux illustres sages qui créèrent un veau et le mangèrent durant le sabbat ! Ces deux érudits des Ecritures seraient parvenus à leurs fins à l’aide de profondes spéculations sur les lettres du Nom divin Mais le talmud nous  parle aussi d’un homuncule créé par Rabba. La phrase est lapidaire et étonnante. La voici dans sa formulation araméenne originale : Raba bera gavra : Raba a créé un homme !! Il l’envoya chez rabbi Zéira qui s’adressa à lui sans jamais obtenir la moindre réponse. Il en conclut que cette création n’était pas une œuvre divine puisque privée de la parole et donc de la pensée. Là encore, nous retrouvons le facteur discriminant, la séparation hermétique entre le créer divin et le créer humain. L’œuvre humaine ressemble à celle de Dieu sans jamais pouvoir l’égaler.

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  • Alexandre Safran, hommage à l’un des plus grands penseurs juifs de notre temps

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    La réédition en version hébraïque, revue et augmentée, de deux ouvrages majeurs du grand rabbin Alexandre Safran, ancien guide spirituel du judaïsme de Roumanie et par la suite, la plus haute autorité religieuse de Genève, constitue un événement majeur, auquel il faut donner le lustre qui convient. Nos lecteurs ont déjà eu la possibilité de lire dans ces colonnes une présentation de la   vie et de l’œuvre de ce penseur religieux éclairé, solidement ancré dans la foi biblico-talmudique et ouvert aux apports de la culture en général.   Les deux ouvrages présentés ici sont une sorte d’essence du judaïsme, en hébreu Israël we-shorashaw (Israël et ses racines) et une présentation de la kabbale, Huqqat Olam we-razé olam : ha-niglé we-ha-nistar be-hishtalwutam ba-qabbala  (La règle et les mystères de l’univers : histoire du sens obvie et du sens ésotérique dans la kabbale).

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  • Gustav Meyrink et son livre Le Golem (1)

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    Quel ouvrage, quel roman et quel éclatant succès échéant à un homme déjà âgé de près de cinquante ans et qui ne signait pourtant que sa toute première œuvre. En effet, l’auteur, Gustav Meyrink (1868-1932) - curieux personnage venu à la littérature sur le tard, après avoir exercé d’autres métiers, dont celui de banquier - est considéré comme l’un des grands auteurs autrichiens de son temps ; il doit avoir influencé un autre écrivain, autrement plus célèbre, Franz Kafka, qui reconnut lui être redevable et lui vouer une vive admiration. Kafka, en personne, qui avait fait paraître deux ans plus tôt, en 1913, la fameuse nouvelle Devant la loi (Vor dem Gesetz).

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  • Résistances juives à la kabbbale depuis le Moyen Age jusqu’à la fin du XIXe

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    Comme on pouvait s’y attendre, la vision kabbalistique du judaïsme rabbinique ne s’est pas imposée du jour au lendemain ni n’a été épargnée par les critiques. Lors de son avènement, elle avait soulevé de fortes résistances dans certains milieux philosophiques, mais aussi à l’autre extrémité du spectre communautaire, c’est-à-dire au sein de l’orthodoxie et du camp conservateur. Cependant, dès la fin du XVe siècle, on peut affirmer que toute mise en cause de la théologie kabbalistique était considérée par les autorités religieuses comme une attaque frontale à l’encontre du judaïsme lui-même. C’est seulement après la redoutable crise provoquée par le sabbataïsme qui se solda par des milliers de défections que la kabbale et ses théologiens furent appelés à rendre des comptes. A partir de cette date, la kabbale fut suspectée d’avoir des idées hérétiques.

    Les premières contestations de l’antiquité du Zohar et de la paternité littéraire de Rabbi Siméon ben Yochaï.

    Voici la traduction française de l’introduction de Zacuto au texte d’Isaac d’Acre :

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