07/11/2017

Une dépouille mortelle peut elle servir de monnaie d’échange?

Une dépouille mortelle peut elle servir de monnaie d’échange?

Le débat qui se déroule sous nos yeux en Israël autour de la récupération des dépouilles de deux soldats israéliens prouve, une fois de plus, que l’Etat d’Israël n’est pas un Etat comme les autres, à plus d’un titre.

L’Etat d’Israël se réclame, se prévaut d’une promesse divine, d’une Terre de promission, d’un système de valeurs intrinsèquement religieuses, accompagnées de principes démocratiques et humanitaires qui s’enracinent dans un humus dit laïc… C’est la relation dialectique entre ces deux domaines, c’est cette tension polaire, étrangère à toute entité politique, autre qu’Israël, qui fait la grandeur mais aussi la vulnérabilité morale de l’Etat juif.

David Ben Gourion, le réalisateur de l’utopie sioniste, était un Juif irréligieux (ce fut dur de le convaincre de passer à la synagogue le jour de la proclamation d’indépendance) mais qui brandissait toujours la Bible pour fonder de manière irrécusable les droits du peuple d’Israël sur la terre ancestrale. Il n’existait pas, aux yeux de Ben Gourion, cet athée juif (sic), de preuve plus absolue, plus accomplie de la légitimité d’Israël en tant qu’Etat-nation du peuple juif …

Cela a eu et continue d’avoir d’incroyables répercussions sur l’action de cet Etat juif qui doit, chaque jour que Dieu fait, de se battre pour rester en vie. Les racines qui le portent ne lui permettent pas d’agir à sa guise, il doit sans cesse veiller à ce que son action politique demeure conforme aux valeurs qu’il est censé incarner.

Aujourd’hui, il se bat par tous les moyens, surtout pacifiques et humanitaires, pour rendre à deux familles juives d’Israël, le corps de leur fils rué au combat. Le Hamas qui le détient comme il a détenu cinq années durant le soldat franco-israélien Gilad Shalit, au mépris de toutes les lois et conventions réglant le statut des prisonniers de guerre, refuse obstinément de rendre ces deux dépouilles dans l’espoir de faire monter les enchères et d’obtenir la libération de ses propres prisonniers, comme dans le précédent échange. Or, le pays tout entier a vécu cet échange comme un profond traumatisme. La mère de l’un des deux soldats tués a cru bon de saisir la cour suprême, connue pour son activisme et son orientation critique à l’égard des décisions gouvernementales.

La compassion la plus élémentaire nous commande d’accepter cette initiative, même si elle n’a aucune chance d’aboutir, la cour suprême ne pouvant pas dicter au gouvernement son propre mode d’action. Certaines voix autorisées s’élèvent pour condamner cette action au motif que cela renforce les exigences du Hamas… On se trouve devant une véritable aporie kantienne : les deux camps ont raison !

Mais il y a l’aspect moral, voire éthico-religieux, jamais passé sous silence dans ce pays qui veut respecter les droits de l’homme tout en devant se défendre, les armes à la main. Mais dans le contexte précis de ce jour, il s’agit d’un marché macabre : Israël a récupéré les cadavres de cinq membres du Djihad islamique. Sans l’avoir jamais dit clairement, on semble s’acheminer vers une sorte d’échange qui n’ose pas dire son nom ; le Hamas rend les deux dépouilles israéliennes et Israël rend les djihadistes morts qui sont en sa possession.

Ce n’est pas seulement la morale juive qui interdit une telle attitude, c’est la conscience humaine universelle. Même si, dans certaines situations, il est permis de faire flèche d e tout bois, ou de recourir à des méthodes que l’éthique universelle réprouve.

Le Hamas ne s’embarrasse pas de telles considérations,, pour lui, la fin justifie les moyens. Pendant cinq années de détention de G. Shalit, sa famille n’a presque jamais eu la possibilité de s’assurer qu’il était bien en vie alors que les prisonniers palestiniens en Israël jouissent d’un traitement conforme aux conventions de Genève.

Mais ce danger est secondaire, le vrai danger qui menace Israël, c’est le renoncement à ses impératifs éthiques, la trahison de ses idéaux humanitaires, proclamés par ses prophètes dont les plus anciens remontent aux IX-VIIIe siècles avant notre ère. L’humanisme de Jésus n’est pas né d’une génération spontanée, il s’enracine dans une tradition plurimillénaire. La défense du faible, l’amour de l’Autre, même de l’ennemi, la reconnaissance de la part qui lui revient au sein de l’humanité universelle, tout ceci et bien d’autres choses se trouvent dans le messianisme biblique.

Et la tradition postbiblique ne s’est guère écartée de ces valeurs, au contraire, elle les a renforcées, raffermies, même dans les situations les plus extrêmes. Ce judéo-christianisme structure aujourd’hui encore les fondements de nos sociétés occidentales. Dans ce sens, il y a une genèse religieuse du politique, sans que cela n’affecte le moins du monde la laïcité.

Pour finir : faut-il procéder à un échange macabre de cadavres ? Il faudrait arriver à un accord librement consenti par les deux parties, excluant tout marchandage avilissant.

Me revient en mémoire un adage talmudique attribué à Rav Hunna : Dieu est toujours avec ceux qui souffrent. Et si les hommes cessaient de se faire souffrir les uns les autres, tant de graves questions restées en suspend seraient réglées. Y compris celle-ci.

Maurice-Ruben HAYOUN

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06/11/2017

La démission du Premier Ministre libanais, le sunnite Saad Hariri

La démission du Premier Ministre libanais, le sunnite Saad Hariri

Le Moyen Orient m’a toujours fait penser au grand magasin La Samaritaine dont le slogan publicitaire favoris était : il se passe toujours quelque chose à la Samaritaine… Chaque matin que Dieu fait, en allumant la radio ou la télévision, les organes de presse d’Occident (Europe, USA, Australie) ne m’étonnent que dans des cas exceptionnels, mais quand je regarde I24News ou une télévision arabe comme Al-Jazira, il y a toujours de l’inattendu. Il se passe toujours quelque chose : la destruction d’un tunnel offensif, la récupération de cinq cadavres, les réactions, etc…

C’est exactement ce qui s’est passé hier ou avant hier avec la démission surprise de Saad Hariri, le fils du premier ministre libanais du même nom, tué lors d’un attentat avec toute sa suite. Le tribunal pénal international, après des années d’enquêtes et d’efforts, a lancé des mandats d’arrêt contre des membres du Hezbollah que cette organisation terroristes refuse de présenter à la justice et qui auraient trouvé refuge en Iran, dit-on.

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05/11/2017

Le physique et le vivant dans le judaïsme (Robert Jütte)[1] (II)

Le physique et le vivant dans le judaïsme (Robert Jütte)[1] (II)

Le judaïsme est célèbre pour ses appels répétés à une bonne hygiène de vie, seule garantie du maintien de l’homme en bonne santé. La Bible elle-même lance des appels (notamment dans les livres sapientiaux : Proverbes, Ecclésiaste, Psaumes…) à prendre garde aux maladies et à se protéger afin de rester en vie. Même les auteurs les plus réticents à l’égard du judaïsme admettent ce fait, y compris l’historien romain Tacite qui reconnaît aux Juifs une certaine robustesse physique. D’autres auteurs allemands du XIXe siècle cités par l’auteur de cet ouvrage expliquent ainsi une longévité observée, selon eux, chez les juifs. Mais la Tora ne s’en tient pas seulement à des exhortations, elle en a fait des commandements religieux, des injonctions. L’un des textes les plus fréquemment cités fait partie des Apocryphes, La sagesse de Ben Sira qui multiplie exhortations et adjurations dans ce domaine.

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Le physique et le vivant dans le judaïsme (Robert Jütte)[1] (II)

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03/11/2017

Réflexions sur un verdict controversé…

Réflexions sur un verdict controversé…

Il est encore trop tôt pour procéder à une analyse sereine et approfondie du verdict rendu hier soir par un groupe de magistrats professionnels qui se doutaient bien des contestations naissantes à la lecture de leur verdict. C’est pour cette raison qu’avant de se retirer pour un long délibéré, ils avaient prévenu qu’ils ne se laisseraient guider que par la lettre du droit et rien d’autre… Cette remarque provenant de juristes rassis et très expérimentés laissait déjà entrevoir que la condamnation du terroriste dont je ne souhaite pas prononcer le nom ne serait pas totale ; car, en effet, fournir la preuve d’une complicité qui était tout sauf tangible, matérielle, mais qui a bel et bien existé, était chose impossible. Apporter une telle preuve, à la fois matérielle et tangible relevait tout simplement de la quadrature du cercle. En revanche, tout un faisceau d’indices concordants prouvent que l’accusé n’était pas vraiment innocent. Il y a lettre de la loi mais il y a aussi son esprit… Mais laissons là cette question débattue entre juristes accomplis (dont je ne suis pas) et concentrons nous sur les relations entre le terrorisme, les juges et les législations existantes.

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02/11/2017

Le physique et le vivant dans le judaïsme (Robert Jütte)[1]

Le physique et le vivant dans le judaïsme (Robert Jütte)[1]

Ce livre a été rédigé en langue allemande et constitue une véritable somme de plusieurs centaines de pages. Son auteur ne s’est pas contenté de brosser un bel aperçu de l’histoire de la médecine au sein de la loi juive mais va bien au-delà : il présente un canevas du positionnement du judaïsme face à tout ce qui touche le corps, le physique et le vivant. Il ne se contente pas, non plus, de parler du passé mais étend aussi ses investigations depuis la Bible et le Talmud jusqu’au monde d’aujourd’hui en passant par la pensée juive du Moyen Age. En ce qui me concerne, je ne connais pas d’autre contribution de cette qualité à ce sujet qui remonte à une date récente. C’est dire combien la lecture attentive de cette somme peut être profitable au lecteur qui lit et comprend la langue de Gœthe

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Le physique et le vivant dans le judaïsme (Robert Jütte)[1]

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01/11/2017

Vers la fin du conflit israélo-palestinien?

Vers la fin du conflit israélo-palestinien?

C’est peut-être ce que nous sommes entrain de vivre. Cela me fait penser au titre du livre de mon ami Jean-Pierre Jouyet, Ils ont fait la révolution sans le savoir… Il est actuellement ambassadeur de France à Londres.

Que se passe-t-il en fait, entre les deux frères ennemis d’hier, le Fatah et le Hamas ? Comment se fait-il que la direction politico-militaire du Hamas a fini par se sentir contrainte de rendre les clés de la bande de Gaza à l’Autorité palestinienne, seule autorité reconnue par la loi israélienne et internationale ?

Il semble, à moins que tout ne trompe, que Mahmoud Abbas a reçu de fermes assurances de la part des USA mais aussi d’Israël, qu’un nouveau chapitre allait bientôt s’écrire dans leurs relations bilatérales. Il ne faut jamais mettre de côté la sensibilité, pour ne pas l’extrême susceptibilité des Arabes : sur les devants de la scène, ils expriment ce que la vox populi veut bien entendre, mais en coulisses ils sont moins regardants et veillent sur ce qui est leur intérêt compris.

Une rapide rétrospective : depuis quelques semaines, tout au plus quelques mois, Abbas a décidé de serrer la vis au Hamas de la bande de Gaza : restrictions des produits médicamenteux, de l’électricité, du paiement des fonctionnaires sur place, etc…. Bref, un étranglement à petit feu qui aura provoqué le déchaînement de l’opinion publique internationale si Israël en avait été l’auteur. Mais comme c’est un dirigeant arabe qui fait souffrir une population arabe, personne n’a rien dit…

La question qui se pose, avant tout, est la suivante : mais pourquoi donc Abbas a-t-il attendu plus d’une décennie pour user de tels moyens envers le Hamas qui s’est emparé du pouvoir à Gaza, les armes à la main, tuant sans pitié tout adhérent du Fatah, désormais renversé ? Il semble que l’Egypte, soutenue par les USA, ont pris des engagements auprès d’Abbas, notamment sur le plan économique. Car le chef de l’Autorité a enfin compris que même si un état palestinien voyait le jour, la question économique, i.e. la survie de cette enclave palestinienne se poserait.

C’est donc fort de ces assurances qu’Abbas a fait monter la pression sur le Hamas. Tous les observateurs ont noté que cette fois ci, le Hamas avait le dos au mur. On se souvient de toutes les tentatives de réconciliations en Arabie, au Qatar ou ailleurs. Aucune n’a abouti, toutes ont avorté, faute de la tenue des engagements par le Hamas.

Mais là, deux éléments apportent la preuve que l’on entre dans une nouvelle ère, même si de nouvelles velléités d’attaque par une faction palestinienne extrémiste ne sont hélas pas à exclure.

Je pense tout d’abord à la remise des points de passages avec l’Egypte et Israël, restitués ces jours ci à la police palestinienne de Ramallah. Pour les dirigeants du Hamas qui récoltaient des millions de dollars en taxes douanières grâce à ces points de passage, c’est une perte considérable. Je rappelle que Khaled Meschal, lui aussi grand dirigeant du Hamas, passe pour avoir accumulé une grande fortune au cours de ses différents mandats. Il est certain que Ismaïl Haniye et ses camarades n’ont pas renoncé à cette manne sans avoir reçu des assurances claires dans ce domaine. C’est bien connu : dans ces régimes, on défend d’autant plus les intérêts du peuple s’ils coïncident avec les siens propres…

Le second élément prouvant, sans conteste, qu’on change d’époque, est que Tsahal a fait sauter un tunnel offensif aboutissant en territoire israélien, causant la mort d’une demi douzaine de terroristes ; cela n’a pas été suivi par une dénonciation des accords entre les factions palestiniennes. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura de représailles, ultérieurement. Dans ce contexte, on a senti une certaine gêne dans le communiqué de Tsahal qui disait n’avoir pas cherché à tuer intentionnellement ces terroristes. Donc, cette retenue du Hamas marque son déclin et le constat de son échec.

Cette milice palestinienne armée, soutenue par l’Iran, a échoué pour une raison simple : l’absence de tout agenda politique. Même Arafat avait fini par comprendre qu’il ne pouvait lancer la lutte armée que pour aboutir ensuite à la table des négociations. Le Hamas en était conscient mais ne pouvait pas changer de cap puisqu’il faisait encore croire qu’il voulait fonder un Etat sur les ruines d’Israël et faire de Jérusalem sa capitale. Il ne faut pas se payer de mots car il arrive aussi que les mots se jouent de vous. C’est ce qui est arrivé au Hamas qui n’a pas su évoluer avec la situation politique.

En effet, la cause palestinienne est devenue un codicille, une sorte de note infra-paginale dans l’agenda des pays arabes qui ont subi les affres des guerres civiles, sans que l’Etat juif y soit pour quelque chose : le Liban qui se remet à peine, la Libye, la Syrie, l’Irak, tous trois à moitié en ruines, la Tunisie tentant de gérer ses islamistes, l’Egypte en proie à de violentes attaques terroristes dans le Sinaï et même au Caire ! Comment voulez vous que tous ces pays s’occupent de la cause palestinienne ?

Je pense qu’Abbas qui dispose d’une certaine expérience de la politique et des relations internationales a fini par comprendre : l’amélioration de la situation de son peuple ne peut venir que des USA, d’Israël et de… Dieu ! Autant dire de soi-même ! Et c’est là que nous arrivons au point nodal : les parties ont compris que le développement économique était la clef de voûte de tout le problème. Le sage représentant de Donal Trump, Jason Greenblatt s’agite dans l’ombre et prépare des plans de développement économique, des joint venture. C’est un bon début : quand les hommes bâtissent quelque chose, ils ont quelque chose à perdre. Et ils tiennent à préserver leurs acquis et ceux de leurs enfants.

Certes, tout n’est pas déjà gagné pour autant. Mais je maintiens qu’on est sur la bonne voie. Abbas a demandé qu’on lui remettre les armes, pour le moment le Hamas refuse catégoriquement et se permets même des rodomontades, du style on peut détruire Tel Avi, feignant d’ignorer que la moindre velléité conduirait Tsahal à en finir avec la direction politico-militaire du Hamas et récupérerait toute la bande de Gaza au profit d’Abbas.

La direction actuelle du Hamas a dû obtenir de sérieuses garanties sur son propre sort. C’est que des familles dont les membres ont été assassinés par ce même Hamas se sont constituées parties civiles et demandent des comptes. Il a fallu leur promettre une amnistie.

La situation a changé, mais le Hamas n’a pas changé. Il a dû se soumettre aux événements. Sauf en cas de scission du mouvement, je ne vois pas que le Hamas puisse un jour reprendre le contrôle de la bande côtière.

Israël a fini par l’emporter car il a su agir, avancer, construire, développer et prospérer. Alors qu’il est entouré d’ennemis, vivant tous sous l’état d’urgence (en arabe : hal al tawarek) depuis des décennies, il est resté sioniste et démocratique. Et est devenu la Start up nation.

Un jour, peut-être, les ennemis d’hier se rapprocheront de lui pour profiter de ses leçons et de ses bienfaits.

 

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Vers la fin du conflit israélo-palestinien?

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29/10/2017

Le royaume d’Espagne dans la conscience juive… (Spanya khalya)

Le royaume d’Espagne dans la conscience juive… (Spanya khalya)

Les problèmes traversés par la monarchie espagnole aujourd’hui -et que je souhaite passagers- m’ont fait penser à un événement que plus personne n’évoque, pas même les descendants des intéressés : les tumultueuses relations entretenues entre les juifs de la péninsule ibérique, victimes de sanglantes persécutions tant en Europe que dans le Nouveau monde, et les autorités civiles et religieuses de ce pays au cours du Moyen Age.

Pendant des siècles, les autorités religieuses juives décrétèrent l’interdiction de résider dans les domaines de la couronne castillane. L’Espagne devenait une aire géographique congénitalement hostile aux juifs et maudite. On l’avait frappée d’anathème, son seul souvenir était banni, proscrit et ce n’était que justice, comparé aux actes barbares et cruels que les tribunaux de l’Inquisition avait infligés à de pauvres juifs dont le seul crime était de vivre extra ecclesiam (hors de l’église)…

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