03/03/2018

Le pied de Neymar ou la cathédrale Notre-Dame : quelle place reste-t-il à l’éthique et à la déontologie?

 

Le pied de Neymar ou la cathédrale Notre-Dame : quelle place reste-t-il à l’éthique et à la déontologie?

Nous vivons une époque absolument unique ; jamais dans l’histoire de l’humanité, nous n’avons connu une telle surabondance d’informations, de nouvelles, plus ou moins importantes ou même, tout simplement, dignes du moindre intérêt. Jamais, auparavant dans l’histoire du monde civilisée nous n »avons connu une époque au cours de laquelle, tout un chacun, pour peu qu’il se soit muni de l’application correspondante, peut prendre connaissance, voire même regarder, grâce à des caméras qui filment tout et partout, le moindre reportage, la moindre interview, en n’importe quel endroit de notre terre… Et même s’il n’en prend pas connaissance en direct, le podcast lui permet de tout voir et entendre en différé…

A une époque, la nôtre, où nous sommes censés avoir tout vu, tout vécu, tout su, il nous faut mener une réflexion, calme et sérieuse, même si elle va prendre plusieurs années, sur le type de société dans laquelle nous voulons vivre. A supposer, toutefois, que nous ayons encore la possibilité, la liberté de choisir et d’exprimer sans contrainte notre volonté.

Lire la suite

09:24 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

01/03/2018

La Pologne, les Juifs et Israël

La Pologne, les juifs et Israël

L’arrivée hier ou avant hier d’une délégation polonaise en Israël semble dessiner une volonté de deux parties, polonaise et israélienne, de régler la polémique soulevée par une grande maladresse de la part du gouvernement polonais. Ce n’est pas ainsi qu’il aurait fallu agir puisque l’intention des Polonais, si je comprends bien, n’était pas de réécrire l’histoire ni de masquer la grave responsabilité de certains citoyens polonais dans les crimes perpétrés par les Nazis et leurs sbires locaux sur le territoire national. Mais ce qui est fait est fait et aujourd’hui il convient de recoller les morceaux et de mettre un terme à tous les malentendus.

Examinons le sujet sans œillères ni à priori : les Polonais, nation historique mais dépourvue de géographie en raison de son intercalation entre deux puissances hégémoniques (l’Allemagne et la grande Russie) qui ont de tout temps pesé sur son avenir et menacé son indépendance, ont mal vécu une expression récurrente depuis la fin de la seconde guerre mondiale : les camps de la mort en Pologne ou, encore pire, polonais. Ceci donnait l’impression que l’Etat polonais en personne, en tant que personne morale, était responsable de l’ouverture de ces camps de la mort, alors que ce sont les Nazis qui ont jeté leur dévolu sur ce territoire qu’ils contrôlaient presque totalement. Certains objectent que ce n’est pas par hasard que les Nazis ont jeté leur dévolu sur la Pologne, ils l’ont fait, nous dit-on, en connaissance de cause : la haine antisémite du peuple polonais (dans son ensemble ?), leur aurait assuré une participation active d’au moins une frange, non négligeable de la population locale.

Lire la suite

09:44 | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook

28/02/2018

Que nous apprend la fête de Pourim?

Que nous apprend la fête de Pourim?

Fête extra-biblique, c’est-à-dire instituée par l‘autorité religieuse humaine, cette célébration porte même un nom qui n’est pas d’origine judéo-hébraïque puisque dans ce rouleau (meguillah), on fait suivre le terme lui-même (pourim, pluriel de pour) de sa traduction hébraïque, en l’occurrence, goral qui signifie destin ou plutôt tirage au sort. Comment se présente ce texte et que pouvons nous dire de sa position au sein du canon biblique, comprenant les fameux vingt-quatre livres (Kaw-dalét sefarim) ?

Le rouleau se présente comme la relation d’événements qui se seraient produits il y a fort longtemps, ce qui confère à l’ensemble du récit un halo d’ancienneté, de temps anciens, afin que le lecteur soit sous le charme de cette antiquité qui sied tant aux situations semi-légendaires. Déjà le tout premier verset imite les prédictions des prophètes, comme le début du livre d’Ezéchiel, pour ne citer qu’un seul exemple.

Lire la suite

09:03 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

27/02/2018

L’inextricable bourbier syrien et la crise humanitaire qui menace.

 

L’inextricable bourbier syrien et la crise humanitaire qui menace.

Plus on avance dans la reprise de tous les territoires perdus, par le régime syrien, et plus on se rend compte que la solution politique va être encore plus ardue que la conduite de la guerre. En effet, c’est une poupée russe à laquelle nous sommes confrontés en Syrie. On en vient presque à conclure que les USA ont eu partiellement raison de ne pas trop s’en mêler, donnant l’impression que les Russes étaient les seuls maîtres du jeu.

Aujourd’hui, on réalise que c’est bien plus compliqué que cela : certes, les Russes détiennent les principales cartes mais ils doivent, eux aussi, se plier à certaines servitudes inhérentes au bourbier syrien. Il se détache de plus en plus distinctement un jeu d’ombre et lumière entre des alliés de circonstance qui n’ont pas du tout les mêmes intérêts…

Lire la suite

09:27 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

24/02/2018

Jacques Héripret, le magnifique album-photos; Si je t’oublie Ô Jerusalem (Paris, 2017)

Jacques Héripret, le magnifique album-photos; Si je t’oublie Ô Jerusalem (Paris, 2017)

J’ignorais jusqu’à l’existence de ce splendide album-photos, mais un heureux hasard m’a mis en possession de cet ouvrage que je vous recommande à tous, tant il est éblouissant : il y a quelques jours, je fus l’invité principal du journal matinal de RCJ (FM : 94.8) et la sympathique directrice de cette radio libre, Madame Paule-Henriette Lévy, me l’a offert… Quel beau cadeau, je l’en remercie du fond du cœur! L’ayant regardé de près, je me suis demandé si je devais me risquer à le commenter dans l’un de mes éditoriaux dans la presse. Après moult hésitations, j’ai décidé de me mette à l’eau et d’observer le résultat. Mais la vérification finale, décisive, vous reviendra à vous, chers lecteurs

Lire la suite

13:31 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

23/02/2018

Jean-Noël PANCRAZI, Je voulais leur dire mon amour (Gallimard) Ou les affres de l’exil et de la séparation

Jean-Noël PANCRAZI, Je voulais leur dire mon amour (Gallimard)

                       Ou les affres de l’exil et de la séparation

Sorte d’autobiographie romancée, centrée autour d’un épisode douloureux, le plus marquant d’une vie, le départ précipité d’Algérie, une Algérie indépendante et musulmane qui rejetait les descendants de ceux qui vivaient sur place depuis le premier tiers du XIXe siècle, ce livre est un véritable chef-d’œuvre, tant l’écriture en est travaillée et l’émotion à peine retenue. Il est rare que je rende compte d’un tel ouvrage, me contentant de parler de livres de philosophie, mais dans le cas de Pancrazi, ce traitement exceptionnel allait de soi : quand vous prenez ce livre entre les mains, vous ne le déposez qu’après l’avoir lu dans son intégralité. Car l’ouvrage est d’une seule pièce, il n’y a pas de chapitre, ni de partie, juste un double interligne pour permettre au lecteur, avide d’en connaître enfin le dénouement, lequel est assez inattendu, de reprendre son souffle.

Lire la suite

14:40 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

22/02/2018

Esquisse de la kabbale chrétienne…

Esquisse de la kabbale chrétienne…

Les Belles Lettres ont bien de publier cette nouvelle traduction annotée de l’Esquisse de la kabbale chrétienne.

Qui a bien pu commettre ce petit monument d’érudition kabbalistique au profit avoué de la religion chrétienne dont les savants les plus éminents de l’époque, ont conçu le projet de convaincre, par ce truchement, leurs contemporains juifs de venir s’abriter enfin sous les ailes de l’Eglise ? On pense généralement que le projet a été réalisé par F.M. Van Helmont et porté à la connaissance du public cultivé en 1684. Le nouveau traducteur de cette Esquisse… Jérôme Rousse-Lacordaire, juge qu’il faut laisser ouverte la question de la paternité littéraire. Et il faut bien reconnaître que ce traducteur, appartenant à l’ordre des Dominicains, a mobilisé une érudition écrasante, notamment dans les notes qui dépassent en volume le texte de la traduction. C’est un travail d’orfèvre.

Parlons un peu du contexte dans lequel le monde chrétien de la fin du Moyen Age, et même un peu avant, a commencé de s’intéresser durablement à cet étonnant renouveau de la pensée juive, qui semblait renaître justement sous la forme d’un mouvement mystique et ésotérique. Les théologiens chrétiens qui avaient un peu hâtivement enterré le judaïsme, considéré comme une incompréhensible séquelle d’un passé révolu, virent apparaître sous leurs yeux médusés une nouvelle floraison de cette même pensée juive dont la fécondité, la profondeur et la fascination ne manquèrent pas de produire leur effet. Y compris et tout particulièrement sur les têtes pensantes du culte établi.

Lire la suite

11:06 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

20/02/2018

Gerard Nahon in memoriam: hommage d’un simple disciple à un grand maître

Gerard Nahon in memoriam: hommage d’un simple disciple à un grand maître

La triste nouvelle vient de me parvenir : Notre maître, le grand historien du judaïsme français, vient de passer à l’éternité. Il fut mon maître comme il fut celui de milliers de gens, tant en France que dans le reste du monde ; à tous il prodigua sans relâche son enseignement ou, mieux encore, des livres d’une remarquable profondeur, ayant toujours puisé aux meilleures sources. Je voudrais dans les lignes suivantes témoigner d’une relation humaine entre un simple disciple et un grand maître et faire ressortir les qualités éminemment humaines de ce grand savant dont la modestie et l’humilité étaient proverbiales.

J’ai été, ainsi que mon frère Samuel, élève de Gérard Nahon vers 1967-68, alors que nous étions internes à l’Ecole Maïmonide à Boulogne / Seine. C’est ce grand savant qui me parla pour la première fois dans mon existence (j’avais à peine seize ans) d’histoire juive spécifique. Mes camarades de classe et moi-même n’avions pas la possibilité de savoir qui nous prodiguait de tels cours sur une histoire juive, sur cette histoire dont nos ancêtres étaient les acteurs, et ce depuis les temps bibliques jusqu’à nos jours. Comment aurait-il pu en être autrement ? Je le revois, revêtu de sa blouse blanche, nous parlant de l’Antiquité juive, des patriarches, des héros bibliques, des personnages hauts en couleur de la diaspora et des grands noms de la philosophie juive.

Lire la suite

15:08 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

16/02/2018

De le religion, à propos d'un ouvrage récent.

De la religion… R. Brague. Au sujet d’un ouvrage récent (Flammarion)

 

C’est un regard à la fois critique et salutaire que ce petit ouvrage, recueil de publications déjà connues, jette sur un phénomène qui préoccupe de plus en plus nos contemporains, surtout en Europe, aux Usa et dans tous les pays marqués par l’héritage judéo-chrétien. Les questions posées le sont enfin après des décennies de déni de la part de l’Etat, et à présent que l’homogénéité de la population française, et bien au-delà, a disparu. Ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes dont les graves implications, notamment au plan identitaire, se font désormais sentir avec une acuité toute particulière.

Même si le titre est un peu prétentieux et promet bien plus qu’il ne peut tenir, Sur la religion, l’intention est louable et ne manquera d’apporter quelque lumière à un grand public cultivé, soucieux de comprendre les évolutions qui se produisent sous ses yeux. L’un des mérites de ces petits textes est de réfléchir sur des notions d’usage courant mais qui s’avèrent moins évidents qu’on ne le croyait jusqu’ici.

Faisons un brève rétrospective : depuis le vote de la loi de séparation de 1905, une loi aux motivations salutaires, bienfaisantes et censée éloigner du corps social la haine fratricide et l’exclusivisme religieux, nos pays européens ont changé. Le rôle où les sages législateurs du siècle dernier ont voulu confiner la pratique religieuse, quelle qu’elle soit, et jadis il ne s’agissait que du christianisme, est remis en questions de toutes parts ou presque

Lire la suite

10:53 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

14/02/2018

Qu'est ce que le bonheur? Comment être enfin heureux?

Qu’es- ce que le bonheur? Sur les traces de la morale d’Aristote avec Jean Vanier…

Les éditions Albin Michel ont opportunément réédité le sympathique petit ouvrage de Jean Vanier sur Le goût du bonheur. Parfois, des ouvrages simples, bien écrits, sans prétention, sont encore plus importants par ce qu’ils suscitent chez des lecteurs attentifs par leur contenu proprement dit… C’est incontestablement le cas de ce petit ouvrage, fourmillant d’aperçus judicieux, d’analyses fines et de mises au point bienvenues.

Ici, le maître, c’est Aristote, ce qui n’est pas pour me déplaire puisque c’est le philosophe que j’ai, après Maimonide et Averroès, le plus étudié. Sans jamais parvenir à épuiser tous ses riches enseignements. Mais je vais me concentrer sur la notion cruciale de bonheur, ses implications et sa place centrale dans la vie des individus que nous sommes.

Lire la suite

19:21 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook