04/12/2017

Jerusalem dans la conscience juive…

Jerusalem dans la conscience juive…

Je commence par prévenir tout préjugé qui verrait dans cette chronique historique le résultat de je ne sais quelle propagande ou panégyrique en faveur de telle ou telle conception. Il s’agit ici, simplement, de faire une rétrospective sur le statut de Jérusalem dans la tradition juive et donc dans la conscience de ses adeptes. C’est l’imminente prise de position du président Donald Trump sur ce sujet épineux qui justifie le traitement de cette question qui est d’une sensibilité extrême.

D’un point de vue purement historique, c’est-à-dire à l’écart de toute émotion, de toute référence à des écrits religieux, chargés d’affect, on ne s’explique pas les raisons objectives qui ont mené le peuple juif à mourir et à vivre pour Jérusalem, comme d’autres, il y a tout juste quelques décennies, avaient décidé de mourir pour… Danzig !

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03/12/2017

Dieu, l’Eglise catholique et le libre arbitre…

Dieu, l’Eglise catholique et le libre arbitre…

Depuis hier, toutes les télévisions, tous les medias de France et de Navarre annoncent la nouvelle : l’église catholique procède à une modification de l’intitulé de la plus vieille prière de sa liturgie, le fameux Pater noster (en hébreu ; Avinou). La modification ou plutôt la rectification est minime, vue de l’extérieur, mais au plan théologique et doctrinal, c’est une véritable petite révolution.

Procédons par ordre et examinons succinctement l’origine de cette vénérable prière qui exprime la foi naïve mais Ô combien profonde des croyants. Ce «Notre Père» se veut l’adaptation d’une oraison encore plus ancienne et qui lui servit de moule morphogénétique, le Qaddish hébraïque et juif qui occupe, depuis des temps immémoriaux, une place centrale dans la liturgie juive. Comme les premiers Apôtres et tous les premiers chrétiens ou judéo-chrétiens étaient tous des juifs, ils connaissaient, comme Jésus d’ailleurs, cette forme antique d’oraison et la récitaient sous ses différentes formes. Tous les spécialistes sérieux, hormis ceux qui, à l’instar de Marcion, refusaient de reconnaître la moindre racine commune entre le judaïsme rabbinique et le christianisme naissant, admettent cette filiation qui n’a rien de blessant ni de déshonorant. Après tout, les nouveaux adeptes du christianisme primitif n’avaient pas d’autre modèle, ils se saisirent de ce qui existait déjà et qui leur était familier.

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01/12/2017

La mémoie enfouie des Juifs, originaires des pays arabes

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La mémoie enfouie des Juifs, originaires des pays arabes

La mémoie enfouie des Juifs, originaires des pays arabes

Il est des passés qui ne passent toujours pas : La formule est éculée mais toujours valide. Nous l’expérimentons avec ce qu’il faut bien nommer la mémoire, si malmenée, si longtemps mise sous le boisseau, des Juifs issus des pays arabes où ils avaient pourtant fait souche depuis des temps immémoriaux. Mais voilà, les juifs ont plus un destin qu’une Histoire, et ce destin s’impose le plus souvent à eux : la naissance de l’Etat juif, ressuscité de ses cendres, après une hibernation bimillénaire, provoque la haine des pays arabes environnants ou plus lointains qui décident, du jour au lendemain, d’expulser leurs concitoyens juifs, considérés comme une insupportable cinquième colonne.

Paradoxalement, cette mesure cruelle et unilatérale, illustre la théorie hégélienne de la formidable positivité du négatif : ces juifs expulsés des pays arabes où ils avaient vécu depuis si longtemps, vont venir grossir les rangs d’un Etat d’Israël si faiblement peuplé et qui accueille avec joie ces frères qui émigrent en Israël, faute de mieux. Du coup , les autorités israéliennes accueillent avec une joie non dissimulée cette main-d’œuvre mal formée mais bon marché et surtout ces hommes jeunes nécessaires à la défense du pays. C’était faire contre mauvaise fortune bon cœur. Je me souviens de certains récits concernant ce qu’il faut bien nommer une ségrégation : certains avaient même honte de déclarer où ils étaient nés.

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29/11/2017

Des Confessions de Saint Augustin à Macron l’Africain

Des Confessions de Saint Augustin à Macron l’Africain..

                  De la vanité des choses de bas monde.

Ce titre involontairement énigmatique va en intriguer plus d’un. Je tiens à l’expliquer : hier soir, comme vous tous, j’ai suivi avec intérêt le show télévisé du président de la République française à l’université de Ouagadougou. Prestigieux numéro exécuté par un jeune dirigeant qui en redemandait, se sentait rajeunir encore un peu plus, provoquant un tantinet son auditoire étudiant, le tutoyant même, oubliant, au gré de certains esprits chagrins en métropole, la fameuse distinction du corps sacré du Roi, expliquée par Kantorowicz… Au vu de toutes ces images et de tous ces commentaires, je m’étais promis de consacrer à ce voyage l’éditorial de ce matin. Mais voilà, je me suis rendu compte que je devais commencer par achever l’exaltante lecture de plus de cent pages des Confessions du père de l’église, Saint Augustin, un livret intitulé L’aventure de l’esprit et publié chez Gallimard.

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28/11/2017

Prague, 111: Franz Kafka assiste à la circoncision de son neveu

Franz Kafka assiste à la circoncision de son neveu à Prague en 1911

Dans un récent ouvrage dont j’ai rendu compte ici même sur Le physique et le vivant dans le judaïsme, je suis tombé sur une longue citation de Franz Kafka qui s’était rendu à Prague en 1911 afin d’assister à la circoncision de son neveu. Son témoignage, consigné dans ses journaux intimes (1948, page 209s), se fait discrètement l’écho de cette pratique qui avait, au cours du siècle précédent, provoqué de très vifs débats au sein des communautés juives, opposant les partisans de ce rite ancestral fondateur (voir les chapitre 15 et 17 de la Genèse) aux rabbins libéraux et réformateurs qui, au cours de maints synodes rabbiniques (entre 1844 et 1845), considéraient qu’il fallait en finir avec cette pratique d’un autre âge.

La seconde partie de la déclaration de Kafka a des relents de la terrible Lettre au père où le fils s’en prend sans ménagement à son géniteur qu’il accuse de lui transmettre une coque vide en guise de tradition religieuse juive. A la fin de cette mention dans son journal intime, l’auteur du Procès souligne qu’il n’eut besoin que d’un bref laps de temps pour comprendre que le rite de la circoncision et même les jours du judaïsme de l’Europe de l’ouest (par opposition à celui d’Europe orientale et centrale) étaient comptés… Les gens, dira t il, se contentaient de porter plus loin ce qu’on leur avait transmis, sans chercher à comprendre.

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27/11/2017

Al-Andalus, un paradis terrestre qui n'aurait jamais existé?

Al-Andalus, un paradis qui n’aurait jamais existé?

C’est bien ce qu’affirme avec force, sur plus de sept cents pages, Sérafin Fanjul, l’auteur de ce véritable pavé, intitulé Al-Andalus, l’invention d’un mythe. Et pour être certain d’avoir été bien compris, il enfonce le clou en ajoutant un sous titre des plus explicites La réalité historique de l’Espagne des trois cultures. Tout est dit avec ces trois termes : l’histoire, à ne pas confondre avec la littérature ou la poésie, l’Espagne dont l’auteur va s’attacher à prouver sur des pages et des pages le caractère spécifiquement chrétien ou hispano-romain ou -wisigothique, et enfin les trois cultures religieuses que sont le christianisme, le judaïsme et l’islam, ces deux derniers ayant été sacrifiés sur l’autel de la monarchie catholique unificatrice, pour faire de la péninsule ibérique ce qu’elle est aujourd’hui.

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25/11/2017

La folie meurtrière des islamistes dans le Nord du Sinaï…

La folie meurtrière des islamistes dans le Nord du Sinaï…

Presque 250 morts, et le chiffre ira hélas en s’alourdissant car nombre de pauvres blessés succomberont à leurs blessures. Des scènes d’apocalypse, des meurtriers agissant méthodiquement, ne laissant aucune chance à leurs victimes. Dont le seul crime était d’être les fidèles d’une mosquée traversée par le courant spirituel des soufis, une secte quiétiste de l’islam. Cette obédience a compté dans ses rangs de grands théologiens musulmans dont le célèbre théologien médiéval Abuhamid al-Ghazali, mort en 1111 après une vie bien remplie. Orphelin à un très jeune âge, il fut élevé par un proche de sa famille. Au bout d’un certain temps, on le confia à une institution qui pourvut à ses besoins, lui donnant une bonne et sérieuse éducation.

Cet homme, qui avait reçu aussi une formation philosophique s’avéra être un implacable censeur de toute spéculation rationnelle et jeta son dévolu sur une foi profonde, qui n’avait guère besoin du soutien conceptuel des disciplines de Platon et d’Aristote. Cette vie fut une longue quête de certitude que seule la religion peut donner. IL a laissé dans l’histoire de la pensée le souvenir d’un auteur d’une double somme : les Intentions des philosophes, et la Destruction des philosophes. Ce qui lui attira une vive réplique d’un grand philosophe, Averroès, qui rédigea la Destruction de la destruction.

Mais cela n’a pas suffi à discréditer son enseignement puisque les philosophes juifs du Moyen Age traduisirent une bonne partie de son œuvre et que même un averroïste notoire comme Moïse de Narbonne (1300-1362) commenta ses Intentions des philosophes et alla jusqu’à dire que al-Ghazali n’avait fait que donner le change en se proclamant ouvertement adversaire de l’héritage de l’hellénisme tardif : en réalité, ce théologien-philosophe n’aurait fait que se prémunir contre les foudres des autorités civiles, gardiennes sourcilleuses de la tradition coranique.

C’est donc cet homme qui a le plus marqué au Moyen Age la tradition soufi qui se veut une sorte de quiétisme pacifique musulman, donnant au djihad un aspect pacifique : c’est l’action de pousser jusqu’au maximum de leur puissance les facultés intellectuelles du sujet, progresser parfois même au-delà de soi-même, bref une poursuite de la vérité. Or, le Coran lui-même donne de multiples noms à Dieu, y compris la Vérité (al-Haq). Ce sont donc d’innocents orants ou fidèles qui sont tombés ce vendredi sous les balles des assassins, musulmans comme eux, mais opposés à eux quant aux fins dernières tant de la religion que de la destination de l’homme sur cette terre.

Le Décalogue, charte de l’humanité civilisée, prohibe le meurtre et par là même sacralise la vie. Le Dieu que tous les adeptes du monothéisme vénèrent est une Dieu éthique qui ne saurait commander à quelque homme que ce soit de tuer son prochain en son Nom, au motif que cet Autre, ce prochain ou lointain, pense, prie ou croit différemment.

Mais en écrivant ces quelques lignes qui apparaissent comme une protestation posthume contre des actes inqualifiables, on se demande si de tels malfaiteurs peuvent encore être raisonnés ? Cela me paraît être comme la quadrature du cercle.

Mais d’autres questions se posent hic et nunc et qui mettent en cause le pouvoir égyptien actuel. Depuis que le président al-Sissi a pris le pouvoir, il n’a pas réussi à sécuriser sérieusement autre chose que les grands centres urbains, laissant le reste du territoire, notamment le Sinaï, à l’abandon, et ouverts à tous les trafics dans lesquels même quelques militaires seraient impliqués. On a l’impression que dans ce territoire, négligé au profit de l’Egypte utile, les Bédouins ont pris le parti des terroristes islamistes, considérant que Le Caire est trop loin, qu’il se désintéresse de leur sort et qu’il vaut mieux faire avec les moyens du bord.

Au plan sécuritaire, ce qui est bien plus important que l’aspect économique et social des populations, tant de questions se posent : comment une quarantaine d’hommes lourdement armés ont pu circuler avec une bonne douzaine de véhicules, sans être interceptés par personne, aucun barrage militaire, aucune contrôle, et approcher d’une mosquée bondée, un vendredi, jour de la grande prière, l’encercler, y faire sauter une bombe et tirer tous ceux qui cherchent à s’extraire du brasier ?

On a parlé de l’impréparation de l’armée égyptienne, équipée de matériels dernier cri par les USA mais qui n’est pas faite pour ce genre de combat. Or, cela fait longtemps que les terroristes tuent des soldats égyptiens dans le Sinaï, sans que cette armée n’ait jamais pu mener une offensive d’envergure contre ses ennemis. On parle du nord su Sinaï comme d’une zone entièrement investie par les survivants de l’Etat islamique, fuyant sa débâcle en Irak et en Syrie. Les autorités égyptiennes n’ont rien vu venir et il est donc grand temps qu’elles se ressaisissent… Faute de quoi on considérera que le président al-Sissi a échoué dans sa tentative de museler une fois pour toutes les velléités déstabilisatrices de ses ennemis.

Est à dire qu’il faut sans cesse renforcer le volet sécuritaire, sans se soucier du reste ? Non point, il faut agir sur les deux leviers en même temps. Mais sur le plan sécuritaire il est évident que l’armée n’est pas prête actuellement. Il lui faut un concours extérieur qui tarde à venir. Plusieurs options seraient à l’étude.

Peut-être que le petit mais très puissant voisin serait le bienvenu, quoique très discrètement. Il dispose d’une grand expertise dans le domaine de n’anti terrorisme.. Mais l’Orient est trop compliqué…

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24/11/2017

Les restos du coeur, le visage de la misère contemporaine…

Les restos du coeur, le visage de la misère contemporaine…

Lorsque Coluche, que son nom soit béni, a créé ce qui est devenu,
trente ans plus tard, une véritable institution à l’échelle nationale,
à savoir les restos du cœur, il ne se doutait pas que son œuvre
caritative lui survivrait. Et pourtant, le petite poignée de
nécessiteux des débuts, s’est transformée en interminables cortèges,
de gens touchés de plein fouet, soit par la crise soit par la
pauvreté, le chômage, la maladie ou plus globalement les accidents de
la vie.
Quand on regarde des reportages sur ce grave sujet on se rend compte
qu’il s’agit de gens comme tout le monde, Monsieur et Madame tout le
monde, parfois, il est vrai, de maghrébins ou d’Africains ou
d’immigrés qui sont frappés par le chômage ou par d’autres
vicissitudes de l’existence. Mais la misère ni couleur ni nationalité
spécifiques. Elle s’abat sur n’importe qui, indépendamment de ses
origines, de sa couleur de peau ou de lieu de naissance, voire de
milieu social.
Il faut rendre hommage à tous ces bénévoles qui se mettent au service
de leurs congénères, frappés par les aléas de la vie. On a affaire
principalement à des femmes seules, à des familles dites
monoparentales où il faut faire face avec des petits moyens. Des
personnes retraitées dont le logement accapare plus de la moitié des
revenus, déjà modestes en soi.
Ce problème des retraites est incroyable. Rappelons nous que François
Hollande lui-même évoquait le fait suivant quand il présidait aux
destinées de ce pays : plus de la moitié des retraités reçoit moins de
1200 € brut, mensuellement. Comment voulez vous vivre normalement avec
une telle somme à Paris ou en banlieue ou même en province ? Et que
dire de son successeur qui pense qu’avec cette somme, 1200 € par mois,
brut, on doit vous taxer plus que les autres au niveau de CSG ?!
Pour tous les retraités, c’est l’angoisse d’être déclassés, chassés
des centres urbains, rejetés vers la périphérie, généralement mal
desservie par les transports en commune, à un âge où la plupart n’ont
plus les moyens de s’offrir un véhicule, tant son entretien et son
paiement deviennent très difficiles ?
La plupart des retraités sont affiliés au régime de la répartition,
c’est-à-dire un système où les plus aisés cofinancent ceux qui moins
bien lotis. C’est-à-dire des nantis… Même si les intéressés contestent
à juste titre ce terme. Nous nous préparons des lendemains très
difficiles car eu égard au vieillissement de la population et à
l’allongement de la vie, des millions de nos concitoyens vont devoir
se réfugier dans des maisons de retraite dont les frais sont très
onéreux : parfois plus de 2000€ mensuellement… Or, avec 1200€
mensuellement, il faudra nécessairement des compléments. Qui va les
apporter ? La famille, les amis ? Qui ? Surtout si les revenus
n’augmentent pas afin de faire face…
Certains ont eu la prévoyance de prévoir des compléments comme, par
exemple, des appartements achetés durant les années d’activité
professionnelle. Mais pour cela, il faut avoir eu des revenus propres
aux classes moyennes supérieures, comme médecins, avocats, professeur,
hauts fonctionnaires, etc… C’est une frange de plus en plus réduite de
la population.
Comment faire pour tous les autres ? Surtout à une époque où les
grands parents sont tenus de soutenir leurs petits enfants car leurs
parents n’y suffisent plus. Franchement, je ne vois pas comment on
peut sortir de cette quadrature du cercle : de plus en plus de
personnes âgées avec des poly-pathologies onéreuses et répandues,
d’une part, et des ressources en nette diminution, d’autre part. Des
affections de longue durée touchent de plus en plus de gens. Les
laboratoires pharmaceutiques ne sont pas des institutions
philanthropiques ; par ailleurs, pour découvrir de nouveaux
médicaments il faut investir massivement dans la recherche. Et pour ce
faire, il faut réaliser de gros bénéfices… C’est le serpent qui se
mord la queue…
A propos de la pauvreté, un verset biblique me revient en mémoire : ki
lo yhdal ha évoyon mi-qérév ha aréts, car l’indigent ne disparaitra
pas  du cœur de la terre… Donc, le problème ne date pas d’hier. Il
nous poursuivra encore longtemps. Et il est intéressant que ce fut une
sorte de marginal qui a mis sur pied cette œuvre de bienfaisance que
sont les restos du cœur.
En effet, c’est le cœur de l’homme qui doit s’émouvoir de ce cette
plaie du monde contemporain où des hommes et des femmes, et souvent
aussi des enfants, ne mangent pas à leur faim, sont mal logés ou
souffrent du froid. Et je ne parle même pas des SDF qui dorment dehors
à Paris dans le froid…
 Il faut donc réagir.
Gloire à la mémoire de cet amuseur public que fut Coluche, ce fils
d’immigré italien, qui prit cette initiative bénie : voler au secours
des plus démunis, faire de leur cause une cause sacrée, une cause
personnelle de tous ceux et de toutes celles qui donnent de leur
temps, de leur argent et de leur solidarité.

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Les restos du coeur, le visage de la misère contemporaine…

Les restos du coeur, le visage de la misère contemporaine…

Lorsque Coluche, que son nom soit béni, a créé ce qui est devenu,
trente ans plus tard, une véritable institution à l’échelle nationale,
à savoir les restos du cœur, il ne se doutait pas que son œuvre
caritative lui survivrait. Et pourtant, le petite poignée de
nécessiteux des débuts, s’est transformée en interminables cortèges,
de gens touchés de plein fouet, soit par la crise soit par la
pauvreté, le chômage, la maladie ou plus globalement les accidents de
la vie.
Quand on regarde des reportages sur ce grave sujet on se rend compte
qu’il s’agit de gens comme tout le monde, Monsieur et Madame tout le
monde, parfois, il est vrai, de maghrébins ou d’Africains ou
d’immigrés qui sont frappés par le chômage ou par d’autres
vicissitudes de l’existence. Mais la misère ni couleur ni nationalité
spécifiques. Elle s’abat sur n’importe qui, indépendamment de ses
origines, de sa couleur de peau ou de lieu de naissance, voire de
milieu social.
Il faut rendre hommage à tous ces bénévoles qui se mettent au service
de leurs congénères, frappés par les aléas de la vie. On a affaire
principalement à des femmes seules, à des familles dites
monoparentales où il faut faire face avec des petits moyens. Des
personnes retraitées dont le logement accapare plus de la moitié des
revenus, déjà modestes en soi.
Ce problème des retraites est incroyable. Rappelons nous que François
Hollande lui-même évoquait le fait suivant quand il présidait aux
destinées de ce pays : plus de la moitié des retraités reçoit moins de
1200 € brut, mensuellement. Comment voulez vous vivre normalement avec
une telle somme à Paris ou en banlieue ou même en province ? Et que
dire de son successeur qui pense qu’avec cette somme, 1200 € par mois,
brut, on doit vous taxer plus que les autres au niveau de CSG ?!
Pour tous les retraités, c’est l’angoisse d’être déclassés, chassés
des centres urbains, rejetés vers la périphérie, généralement mal
desservie par les transports en commune, à un âge où la plupart n’ont
plus les moyens de s’offrir un véhicule, tant son entretien et son
paiement deviennent très difficiles ?
La plupart des retraités sont affiliés au régime de la répartition,
c’est-à-dire un système où les plus aisés cofinancent ceux qui moins
bien lotis. C’est-à-dire des nantis… Même si les intéressés contestent
à juste titre ce terme. Nous nous préparons des lendemains très
difficiles car eu égard au vieillissement de la population et à
l’allongement de la vie, des millions de nos concitoyens vont devoir
se réfugier dans des maisons de retraite dont les frais sont très
onéreux : parfois plus de 2000€ mensuellement… Or, avec 1200€
mensuellement, il faudra nécessairement des compléments. Qui va les
apporter ? La famille, les amis ? Qui ? Surtout si les revenus
n’augmentent pas afin de faire face…
Certains ont eu la prévoyance de prévoir des compléments comme, par
exemple, des appartements achetés durant les années d’activité
professionnelle. Mais pour cela, il faut avoir eu des revenus propres
aux classes moyennes supérieures, comme médecins, avocats, professeur,
hauts fonctionnaires, etc… C’est une frange de plus en plus réduite de
la population.
Comment faire pour tous les autres ? Surtout à une époque où les
grands parents sont tenus de soutenir leurs petits enfants car leurs
parents n’y suffisent plus. Franchement, je ne vois pas comment on
peut sortir de cette quadrature du cercle : de plus en plus de
personnes âgées avec des poly-pathologies onéreuses et répandues,
d’une part, et des ressources en nette diminution, d’autre part. Des
affections de longue durée touchent de plus en plus de gens. Les
laboratoires pharmaceutiques ne sont pas des institutions
philanthropiques ; par ailleurs, pour découvrir de nouveaux
médicaments il faut investir massivement dans la recherche. Et pour ce
faire, il faut réaliser de gros bénéfices… C’est le serpent qui se
mord la queue…
A propos de la pauvreté, un verset biblique me revient en mémoire : ki
lo yhdal ha évoyon mi-qérév ha aréts, car l’indigent ne disparaitra
pas  du cœur de la terre… Donc, le problème ne date pas d’hier. Il
nous poursuivra encore longtemps. Et il est intéressant que ce fut une
sorte de marginal qui a mis sur pied cette œuvre de bienfaisance que
sont les restos du cœur.
En effet, c’est le cœur de l’homme qui doit s’émouvoir de ce cette
plaie du monde contemporain où des hommes et des femmes, et souvent
aussi des enfants, ne mangent pas à leur faim, sont mal logés ou
souffrent du froid. Et je ne parle même pas des SDF qui dorment dehors
à Paris dans le froid…
 Il faut donc réagir.
Gloire à la mémoire de cet amuseur public que fut Coluche, ce fils
d’immigré italien, qui prit cette initiative bénie : voler au secours
des plus démunis, faire de leur cause une cause sacrée, une cause
personnelle de tous ceux et de toutes celles qui donnent de leur
temps, de leur argent et de leur solidarité.

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